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Tome cinquieme. [JAN - MIS.]
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a un port entre la ville de Stutgard, 8c celle d’Hail-bron. Marbachìum. Les François la prirent, & labrûlèrent en Juillet 1693.

Chanoine régulier de Marbach , Congrégation deMarbach. Cest une Congrégation de Chanoines ré-guliers , instituée par un saint homme nommé Ma-negolde, qui prêcha en Alsace contre le schismede l’Empereur Henri IV & d’Othon Evêque deStrasbourg son adhérent. Congregatio Marbachien-fis , Canonicus regularis Marbachienfis. Elle prit ionNom du premier Monastère que ce saint homme fitbâtir à Marbach , & qui devint chef dune Congré-gation très-considérable, qui commença à suivrela règle de S. Augustin, dans le XII e siècle. Voye\Franc. Guilliman, Hifi. Epis. Argentin. Dans la vied’Othon 43 e Evêque. Du Chesne , Hifi. Franc. T.IV, p. 8p. Le P. Heliot, T. II, c. 15.

MARBELLA. Nomd’une petite ville ou bourg de l’An-dalousie en Espagne. Marbella. Ce lieu est à Fem-bouchure du Rio Verde, entre Malaga 8c Gibral-tar , à neuf lieues de la première , & à douze dela dernière. Quelques Géographes prennent cetteville pour Pancienne Barbesola , petite ville des,Bas-tules, que d’autres mettent à Estepona. Maty.

MaRBONÉEN. Voyey Masbothéen.

Marbre, f. m. Sorte de pierre extrêmement dure,solide, qui reçoit un beau poli, qui est difficile àtailler. Marmor. On en fait les ornemens des beauxédifices , comme les colonnes, les autels, les sta-tues , 8c quelquefois des Eglises entières, dans leslieux où il abonde. Les incrustations de marbreétoient fort à la mode au siècle palíè. Le stuc estfait de poudre de marbre.

II y a plusieurs fortes de marbres , qu'on ne dis-tingue que par les differentes couleurs , ou par lespays d’où on les tire. Il n’y a que le marbre blancqui soit transparent, quand il est debite par tran-ches minces. Sous le genre de marbre on comprendle Porphyre , qui est le plus dur , & qui se tiroitautrefois de la Numidie , en Afrique. Le plus beauest celui dont le rougé est le plus vif, 8c les tachesles plus blanches 8c les plus petites. Le Serpentin ,qui est d’un vert brun. Le Granit , qui se tiroit de laThébaïde , & dont sun est rougeâtre tacheté deblanc, 8c l’autre bleuâtre tacheté de gris. On considère les marbres , ou comme antiques , ou commemodernes. Pàr les antiques , on entend ceux dont lescarrières font perdues , ou inaccessibles à notreégard, 8c dont on ne volt plus que des morceaux.Par les modernes, on entend ceux dont les carrièresfont ouvertes, &dont on peut tirer des blocs d’é-chantillon. Celui qui est composé de diverses cou-leurs s’appelle Jaspe. Le marbre de Grèce est ex-trêmement estimé pour ft blancheur. On tire de très-beau marbre des montagnes de Gènes. On a trouvédes carrières de marbre dans les Pyrénées. On ap-pelle marbre statuaire , le marbre qu’on emploie àfaire des statues.

Le marbre Africain est en partie rouge-brun , avecquelque veine de blanc-sale, & en partie de couleurde chair , avec quelques filets verts. Le marbre d’Au-vergne est couleur de rose , mêlé de violet, devert & de jaune. Le marbre de Bacalcaire en Gas-cogne est verdâtre , avec quelques taches rouges,8c un peu blanc. Le marbre Balbato , est d’unbrun clair sans taches , mais avec quelques filets grisf déliés , qu’ils ressemblent aux cheveux qui com-mencent à griíonner. Le marbre de Barbancon enMainaut , est noir veiné de blanc. Ce marbre estâssiez commun. Le marbre de la sainte Baume enProvence est blanc 8c rouge , mêlé de jaune. Ler narì, re g r is noir est antique. Le marbre blanc desPyrénées vers Bayonne, est moins fin que celui deCarrare, ayant de plus gros grains. Il reílemble aumarbre blanc Grec antique , dont les statues Gre-qttes sont sculptées, mais il n’est pas si beau. Ons en sert pour les ouvrages de Sculpture. Le marbreblanc veiné , est mêlé de grandes veines > de tachesgrises, 8c de bleu foncé fur un fond blanc. Il vientTome V,

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de Carrare. Le marbre blanc Sc noir antique esttrès rare, parce que les carrières en font perdues.II est mêlé de blanc pur, 8c de noir très - noir parplaques. Le marbre bleu Turquin, est mêlé de blancsale, 8c vient des côtes de Gênes. Le marbre deBoulogne en Picardie , est une espèce de brocatelle,mais les taches en font plus grandes, & mêlées dequelques filets rouges. Le marbre de Bourbonnais estd’un rouge sale, 8c d’un gris tirant fur le bleu ,mêlé de veine d’un jaune sale. Il y a encore une sortede marbre qu’on appelle brèche. C’est un nom com-mun à plusieurs sortes de marbre , qui font par ta-ches rondes , de diverses grandeurs , & couleurs ,formées du mélange de plusieurs caillons, & quin’ayant" point de veines comme les autres , se caílèntpar brèches : ce qui leur a fait donner ce nom parles Ouvriers. Voye^ Daviler , qui en compte jusqu a 78. sortes. Il y a à un vieux village , distantde deux lieues de Caen , une forte de marbre rou-geâtre avec filets, ou de taches blanches en formede jaspe. Ce marbre est très-beau & fort estimé; onl’appelle aussi marbre de Caën. Il y a long-tempsqu’on n'en a tiré de la carrière. Le marbre de Carrarefur la côte de Gênes est très-blanc ; c’est le plus par-fait pour les ouvrages de Sculpture.

En parlant des défauts du marbre , on dit qu’ilest fi er > c’est-à-dire, trop dur, & sujet à s’éclater;filardeux , c’est-à-dire, qu’il a des filets ; pouf, c’est-à-dire , qui ne retient pas ses arrêtes , terrajfeux, c’est-à dire, qui a des tendres qu’on appelle terrasses ,qu’il faut remplir avec du mastic. On dit que lemarbre est brut, quand il est par blocs d’échantillon ,& tel qu’il vient de la carrière ; marbre dégrossi,lorsqu’il est équarri avec la scie, 8c avec la pointe ,selon une forme d’échantillon de commande ; marbreébauché , est celui qui est travaillé à double pointepour la sculpture. Marbre fini , est celui qui est tra-vaillé avec le petit ciseau, Sc la râpe qui adoucit,8c dont les creux sont évidés avec le trépan , pourdégager les ornemens, & mettre l’ouvrage en l’air.Marbre poli , est celui qui après avoir été frotte avecle grai^&s le rabat , 8c ensuite repalîe avec la pierrede ponce, est enfin poli au bouchon de linge à forcede bras avec la potée d’émeri, pour les marbres decouleur , 8c de la potée d’étain pour les marbresblancs. En Italie on polit le marbre avec un mor-ceau de plomb, & de l’émeri. Les taches d’huilefur le marbre blanc ne se peuvent ôter , parcequ’elles pénètrent.

On appele marbre artificiel, une composition degyp en manière .de stuc, dans laquelle on mêle descouleurs pour imiter le marbre naturel. On appellemarbre feint, toute peinture qui imite autant ladiversité des couleurs que les veines & les accidensdu marbre.

On dit par comparaison, qu’un homme est froidcomme marbre , qu’une chose est dure comme mar-bre. On dit d’une chose extrêmement froide , qu’elleest froide comme marbre. Les Artisans disent meur-trir le marbre, pour dire le travailler à plomb, enfrappant destus avec quelques outils. On dit aussidans un íens figuré, une maison , une ville est toutede marbre, pour dire , qu’elles font remplies d’ou-vrages de marbre. M. L’Abbe de la Chambre, enparlant du Cavalier Bernin , a dit, Rome lui estredevable de ses plus beaux ornemens. Il la trouvatoute de brique , 8c il l’a laillée toute de marbre.On avoir dit la même chose d’Auguste, qui avoirembelli Rome de plusieurs temples & édifices pu-blics, ce qui a donné occasion à Ovide de l’appellerTemplorum pofitor , templorum fancle repertor.

Ce mot vient du Latin marmor. Et marmor duGrec pcippuoiHv, qui signifie reluire. .

On appelle aussi le marbre , la pierre qui sert àbroyer y íoit des couleurs , foit des drogues. Les Itn-primeurs appellent aussi marbre , la pierre fur la-quelle ils mettent les caractères arrangés pour lesimposer 8c corriger les formes. Les Poètes disentqu’ils chargeront le marbre & le porphyre des faits

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