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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Bélisaire, Général de l’Empereur Justinien, qui parleur moyen soutint le liège de Rome pendant un ancontre Vitigés Roi des Goths. Les moulins à vent sontde plus moderne invention. Le modèle en fut apportéd’A fie en Europe aux tems des expéditions de la guerresainte. Le manque d’eau qui se trouve en tout l’O-rient, a fait que la nécelïité a contraint les habitansd’avoir recours à cette invention. Platine remarqueque le Pape Célestln III qui vivoit en ce tems-là, a dé-claré les profits des moulins à vent ; qui étoient alorsnouveaux, sujets à la dîme. Vctir. un moulin à vent;c est mettre les voiles aux volans. Il faut 104 aunes detoile, ou de treillis pour vêtir un moulin à vent. Etrexêtu comme un moulin à vent, c’est une phrase bur-lesque qui signifie, être vêtu de toile. Dom Quichoteprit des moulins à vent pour des géans. V ayqr le dé-tail des pièces 8c de toute la structure du moulin à ventdans. la nouvelle édition de la Charpenterie de Jousse.Cette édition est revue, corrigée Sc augmentée par M.de la Hire le fils. Voye £ austì le Traité des bois deCaron.

Moulin banal, est celui d’un Seigneur, qui peur obli-ger tous les habitans de la Seigneurie d’y venir mou-dre le blé. Indictiva moletrina. Ce droit a peut-etreété dans les premiers rems, une usurpation des grandsSeigneurs qui ont contraint leurs vassaux à venir mou-dre leurs blés à leurs moulins. Cette banalité produitun profit qu’on appelle droit de moute. Les moulinsbanaux ne rétablissent point fans titre , parce que c’estune servitude. Parl'arri 72. de la Coutume de Paris,un moulin à vent ne peut être banal.

En termes de Blason, on appelle fers de moulin ,des fers dont plusieurs Seigneurs chargent leurs écus,Sc particulièrement en Flandre, qui font faits en for-me de sautoirs alaises & arrondis en dedans, pattésaux extrémités, Sc maclés au cœur. Moletrina scuta-ria. Les fers de moulin ont entré dans les armoiries,pour marquer le droit de banalité qu’avoienr plusieursSeigneur fut les moulins.

Moulin , est austì une machine qui sert à la fabricationdes monnoies; pour préparer les James ou bandes demétal, Sc les rendre dune épaisseur, Sc d'une duretéconvenable, avant que d’être marquées. Moletrinanummaria. Cette machine est moderne, elle n’a paruen France que vers l’année 1638. On a cru alorsqu’elle étoit de l invention de Briote, ou de Varin,fameux Graveurs, qui ont fait les premiers la fontedes louis d’or Sc d’argent ; mais il est certain qu’elle estvenue d’Aile magne, où elle étoit en usage long-temsauparavant, comme le prouve Fréhérus, par un té-moignage tiré ex Herculeo Stephani Pigkii Campen-Jls , p. 232 j où il l’a décrit ainsi. C’étoit un moulindont la roue tournoit par le moyen de l’eau. Il avoirplusieurs roues dentées comme celles des horloges,qui fuioient mouvoir deux cylindres d’acier, entrelesquels on faisoit passer les lames ou bandes de lamonnoie , pour les disposer suivant l’épaisseur qu’onleur vouloir donner. A cette imitation, Briote 6c Va-rin firent au Louvre une forte machine de charpenteen forme d un grand travail de Maréchal, qui faisoittourner de semblables cylindres d’acier ; Sc parce qu’onles faisoit tourner par le moyen dune jument qu’onenfermoit au milieu de la machine, cela lui fit austìdonner le nom de Jument. On l’appelle maintenantLaminoir. Du Cange dit pourtant que la monnoieau moulin a été établie en France par Édit donnéà Blois le tj Janvier ijyo , 6c que ce fut dans lamaison de Bains, où est aujourd hui la Place Dau-Pbine.

Moulin , sc dit aussi de toute autre machine, qui etantmue par une force extérieure , donne une violenteimpression fur les choses. Fecles versatiles 3 verforii 3decussati vecles sucula. Un moulin de Lapidaire estpropre pour tailler les pierres. Les moulins a sucreservent à froisser les cannes de sucre. Les moulins àhuile servent à casser les noix, les olives, 6c autreschoses dont on exprime le sue pour en faire de 1 huile.Les moulins à foulon font des moulins à eau , qui fontlever Sc baisser des pilons ou maillets de bois dans

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des vaisseaux que l’on nomme pots ou piles, pourfouler, piler, dégorger Sc dégraisser les étoffes de lainequi font dans ces piles à fouler les draps, qu’on a ap-pellés en latin, batatoria Sc batanderia. Les moulins àtan servent à réduire le tan en poudre, par le moyende trois gros pilons pointus. Moulin à papier , est ce-lui qui a plusieurs martinets qui battent le drapeau,qui le réduisent en très-menues parcelles. Moulin àscie , celui qui sert à scier des planches. Moulins àforge , qui serve à élever un très-lourd marteau pourbattre le fer. Il y a aussi des moulins pour élever deseaux , vider des bâtardeaux, sécher des marais , &c.soit par le moyen des pompes, des godets, des cha-pelets, comme on voit en Hollande 8 c à Versailles:Des moulins à poudre à canon, comme ceux d’Essone ;des moulins à forer les canons des armes à feu, com-me ceux de Cofne ; des moulins à faire des lames d’é-pée, comme ceux de Vienne.

Les Tireurs d’or appelentz-â/i/r, une petite ma-chine composée de deux cylindres d’acier, qui sert àaplatir le fil d’or, ou d’argent, Sc à le réduire en la-mes ; comme ceux de la monnoie. Cylindri chalybeiverforii. Ils ont aussi des moulins à dévider Sc à mettrele fil d’or fur la foie , qui font composés de plusieursrangs de bobines qui tournent en même tems par lcmoyen d’une manivelle.

Moulin , sc dit proverbialement en ces phrases. C’estlui qui fait venir l’eau au moulin , c’est-à-dire, quiprocure beaucoup davantage à la maison, qui y amènede la pratique. On envoie les ânes, les ignorans aumoulin. On condamnoit autrefois les esclaves ad pis-trinum. On dit aussi de toutes les méchantes compa-raisons qu’on veut blâmer, cela lui ressemble mieuxqu’à un moulin à vent. On appelle austì un moulinqui chomme souvent faute d’eau, un écoute s’il pleur.On dit aussi, il viendra moudre à mon moulin , pourdire, il aura besoin de moi, j’aurai ma revanche. Ondit ordinairement à la fin des contes 6c des fablesque l’on fait aux enfans. Jc jettai mon bonnet par-dessus les moulins , Sc je ne fais ce que tout devint :ce qui se dit, ou lorfqu’on ne fait plus que dire furquelque sujet, ou lorsqu’on ne veut pas dire tout ceque l’on en fait. On dit : va bien au moulin qui y en-voie fa poche on son âne, pour dire que ce qu’on faitfaire, est comme si on le faisoit soi-même. Il vautmieux aller au moulin qu’au Médecin.

fjCTMOULINAGE. s. m. Terme de Manufacture de Soie.Dernier apprêt qu on donne aux soies filées en lesfaisant passer par le moulin. Serici trituratio. Le mou-linage dt la soie est ce qu’on doit particulièrementconsidérer dans la fabrique des étoffes. On donnecette façon aux foies après qu’elles ont été cuites ;c’est-à-dire, mises dans l’eau bouillante, enferméesentre deux linges, pour les rendre plus ou moins tor-tes, suivant la fabrique des étoffes ou elles doivent êtreemployées.

§CT MOULINER la Soie. Terme de Manufacture. C estdonner cette apprêt aux Soies, par le moyen du mou-lin.

Mouliner. Terme de Fleuriste. Il se dit des vers quandils creusent la terre. Molere 3 perfodere. Quand íe potà sieurs est posé à terre plate, les vers entrent par lestrous des pots, moulinent Sc renversent inceflammentla terre. Cult. des Fleurs. ^

C’est à-peu-près dans ce même sens qu’on dit, dubois mouliné ; pour dire, du bois vermoulu, piquépar les vers.

| fT Terre moulinée , chez les Fleuristes, est celle que lesvers ont criblée.

MOULINES-CAMPES. C f. plur. Sortes de laines quis’emploient à la fabrique des draps d’Usseau 6c desserges de Beauvais, en y mêlant des tierces de Sc-govie.

MOULINET j f. m. Petit moulin. Pïftrìllum. Les en-fans sont des moulinets de cartes. Plusieurs Artisansont des moulinets 3 dont ils se servent à plusieursusages.

Les Meuniers des moulins à vent appelent de ccnorn une petite roue, autour de laquelle il y a des

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