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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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S 2 M O U

Mourant, signifie au figuré , languissant. Languens 3languidus. Un teint mourant. Exprimer sa paillon pardes yeux mourans 3 des yeux languill'ans Sc pleins depaillon.

Mourant se ditaullì figurément des choses inanimées.Pallidas. Du bleu mourant , c’est du bleu-pâle, tirantfur le blanc.

On dit en Jurisprudence féodale, qu’il faut que lesgens de main-morte qui tiennent des fiefs, donnentau Seigneur un homme vivant & mourant , & confisscant, pour donner ouverture aux profits du fief. Scfaire qu’il y puisse avoir de tems en tems des muta-tions. Voyei^ Main-morte.

Mourant , se dit aussi substantivement. Morte n s , defi-ciens. Les morts & les mourans demeurés fur le champde bataille fuioient un spectacle d’horreur. Pour ceuxqui ne meurent qu’en vers, ils ne me font point defrayeur ; on voir assez que ce font des mourans qui seportent bien. M. Sc. Les longs discours d’un mourantexpriment plus son regret à la vie , que sa résolution àla mort. S. Evr.

Mourant. Terme de Menuisier. Il faut scier ou couperce morceau de bois en mourant , c'est-à-dire, deíorreque l’épaisseur diminue insensiblement, & vienne àrien.

MOURGON. s. m. Terme de Marine. On appelle ainsisur la Méditerranée le Plongeur qui va chercher aufond de la mer ce qui tombe des galères. Urinator.

fp* MOUR JAN. Ville de Perse, à 84 d. iy ra. de long.3c à 37 d. 2y ra. de lat. scionTavernier. Uoye ç deFerse, Z. 3.

j pT MOURINGON. s. m. Arbre des Indes orientales quiproduit la grofle espèce de noix. Ben.

fpr MOURIR, v. n. Decedere 3 vitâ excedere , è vitâ , èjvivis abite. Je meurs 3 tu meurs 3 il meurt 3 nous mourons 3 ,vous mesures ils meurent. Je mourois , je mourus 3 je fuis,mort 3 je mourrai. Que je meure 3 je mourrais 3 je,mourusse. Finir ses jours , perdre la vie, mourir dejmort naturelle , de mort violente, de maladie. Mou-rir de faim , d'un coup d epée. Je ne me consoleraisjamais de mourir 3 si tout le moiîde ne mouroit 3 disoitun homme fort attaché à la vie. M. Es p. En comparant.l'éternité qui fuit la mort, avec la courte durée dune viepassagère , l’on ne devrait songer qu’à mourir. M. de 'P. La plupart des hommes ne meurent point par réso-lution , ils meureût parce qu’on ne peut s’empccher demourir. La RoCH. Quand on meurt glorieusement, cen’est pas mourir 3 c’est sortir heureusement de la vie.S. Evr. Les impies eux-mêmes font émus à la vue dela mort : ils n’oíent se hasarder à mourir comme ils ontvécu. Nie. Il faut apprendre à mourir toute fa vie. Nie.Mourir est si peu de choie aux Angloís, qu’il faut pourles toucher, des choseá'plus funestes que la mortmême. S. Evr. Nous sommes avertis qu’il faut mourirparla mort de tant d’hommes qui disparaissent à tout‘moment à nos yeux. Nie.

Quand on connoít les misères humaines ,

Mourir n efi pas le plus grand des malheurs.

Des-H.

On dit familièrement, mourir tout en vie u pourdire, mourir d’une maladie vive Sc prompte -, être em-porte par la violence du mal, loríqu’on a encore toutela force Sc la vigueur que l'on avoir en santé. :

On dit'd’un homme qui meurt en soufrant de gran- .des douleurs, qu’il meurt martyr. Ac. Fr.

On dit mourir de ía belle mort ,• pour dire , mourirde fa mort naturelle. Mourir dans les formes ; pourdire, mourir en se saisira t traiter selon les règles ordi- •naires de la Médecine.

On efi ne pour mourir : il y faut vivre aujfi ,

Et ne fie donner point d’inutile souci.

Uinnocence des moeurs efi le plus fur remède 3

Contre ce mal affreux , à qui tout autre cède.

M. Scud.

Se Mourir, c’est erre prêt à expirer. Animam agere 3

M O U

vitâ defici. Cet homme fie meurt : c’en est fait.. M. dela Monnoie a mis dans cette belle Traduction des versde siiintc Thérèse,

Je me meurs de regret de ne pouvoir mourir.

ffT Comme verbe réciproque , il ne se dit guère qu’auprésent Sc à l’imparfair, U se meurt , il se mouroit.

Mourir civilement. C’est être retranché Sc exclus detous les droits de la société civile ; soit volontaire-ment, qumd on quitte le monde, pour faire profclsiondans un Monastère , auquel cas on dit qu’un hommeest mort au monde ; soit par autorité de Justice, quandon est condamné aux galères, ou au bannissement à per-pétuité.

Cn dit que les Communautés ne meurent point ,parce quelles se renouvellent toujours , Sc que lecorps de la société entière ne meurt jamais.

Mourir fans langue. Morte fiubitâ corripi. Ancien-nement on parloit ainsi, pour dire, mourir de mortsubite*, sans avoir eu le tems de le confcilèr & de te-ster. Les Seigneurs confisquoient les biens de ceux quiétoient ainsi décédés. r

Mourir , se dit aullì des arbres. Sc des plantes qui n’ontplus de végétation. Perire 3 'interire. Le grand hiver afait mourir tous mes cyprès, tous mes orangers. Quandon ôte l’éçorce des arbres , cela les fait mourir. Lesarbres meurent dans un mauvais fond.

fKT Mourir, se dit aullì des choses inanimées, dont lemouvement finit peu à peu. Cn dit que le feu se meurtsaute de bois ; qu’une lampe , une chandelle, un flam-beau , se meurt. J’aimerois mieux dans ce cas me ser-vir du verbe éteindre. Le boulet de canon est venumourir à mes pieds, La boule est venue en mourant aubut.

jfU On dit d’un homme qui traîne ses paroles, qui parletrop lentement, que les paroles lui meurent dans labouche.

jfT On le dit R-peu-près dans le même sens de certaineschoses qui finissent par une dégradation insensible.Dans la peinture , les couleurs se perdent en mou-rant les unes dans les autres. On le dit de même dessons.

ffT On dit , fiaifon-morte ,.en parlant du. tems de l’an-née où le commerce & les affaires languissent. Les va-cations du Parlement est raie fiaifon-morte pour lesaffaires du Palais.

Mourir , le dit hyperboliquement cn parlant des gran-des douleurs qu afflictions, qui rendent la vie tristeSc languissante. P ra dolore 3 moerore 3 occumbere. Mou-rir de douleur, de déplaisir. Ce pere infortuné a desenfans débauchés qui le font mourir de tristesse. Uneaffliction si sensible le consume peu à peu , & le faitmourir comme à petit feu. Je meurs de désespoir d’a-voir perdu ma fortune par mes imprudences.

ffT On dit dans le même.sens mourir de faim, de soif,de misère. P r a inediâ dejicere. On meurt de chaud ,de froid.

KèT On le dit de même des désirs Sc des efforts violensde l’ame. Mourir d’envie , d’impatience de voir ou defaire quelque chose qu’on souhaite ardemment.

ífT En parlant des choses morales, des passions, desproductions de l’esprit Sc des ouvrages de l’Árt, mou-rir 3 c’ést finir , s’éteindre. Deficere , extingui. Sagloire , fa mémoire, ne mourra jamais. Rien ne faitplutôt mourir 1 amour que 1 absence. M. Sc. C’est unechose fort incommode que de voir mourir lu conversâttion à tous momens ; j aimerais autant avoir à entre-tenir le feu désVestales. Id. Les ouvragçs de cet Artistene mourront jamais.

Laisse infienfiblement mourir un long artiour.

GoitNEU.

Mourir , se dit aussi en choses spirituelles & morales.Mori peccato 3 vitiis nunciúm remittere. Il faut mourirau peche , au vice , au monde , c’est-à-dire, y renon-cer. Les iles croient peuplées de personnes qui sai-sirent profession de mourir à l’amour du monde, pat