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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Mouton , se dit proverbialement en ces phrases : Bœufsaignant, mouton bêlant, porc pourri, tout n’en vautrien, s’il n’est bien cuit. On dit aussi : à l’Ascensiongras moutons. On appelle les hommes qui ont quelquemarque fur le nez, moutons de Berri. On dit d’unhomme qui veut tirer dune chose plus que ce quellepeut fournir, qu’il cherche cinq pieds à un mouton.On dit de ceux qui puent par les aisselles, qu’ils sen-tent 1 épaulé d ç. mouton. On dit aussi d’un avare , qu’ilne jette pas les épaules de mouton toutes rôties par lesfencfres. On dit aussi , revenir à ses moutons , pourdire : revenir à un propos commencé Sc interrom -pu ; proverbe tiré de la farce de Patelin, dans la-quelle est introduit un Marchand, qui en plaidantcontre un Berger pour des moutons qu’on lui avoitvoles, quittoit souvent le dilcours qu’il avoit com 7xnencé , pour parler d’un drap que l’Avocat de fapartie lui avoit volé ; de forte que le Juge lui criaplusieurs fois de retournera ses moutons, comme aremarqué Pafquier dans ses Recherches. C’est à peu-près le de tribus capellis de Martial. On dit d’unhomme qui n’obtient pas la récompense qu’il pré-tendoit, qu’il ne vend pas sa marchandise le prixqu f il croyoit, ou qui se trompe dans son calcul,qu’il est bien éloigné de ses moutons.

Mouton -, est aussi une peau dc mouton préparée, quiimite le maroquin. Pellis vervecina abutaria. Cesbottes ne íont pas de vrai maroqifin, ce n’est quedu mouton.

Mouton , est aussi un lourd billot de bois garni defer, qu’on éleve Sc qu’on laisse retomber fur despieux pour les enfoncer en terre. Fistuca. On a faitmarché d’enfoncer tant de pieux jusqu’à refus dumouton , rant que le mouton les pourra faire enfon-cer. Lá hie est differente du mouton , en ce qu elleest plus pesante , & qu’on la leve avec un engin par!le moyen d’un moulinet, pour la laisser ensuitetomber en lâchant la déclique, Sc ainsi faire un plusrand effort. Le mouton est dans une sonnette unout de poutre, fretté d’une frette de fer, retenupar des clefs au-devant des deux montans, Sc levépar des cordes à force de bras, pour enfoncer, enretombant, les pieux Sc pilotis. Il y a apparence quece mot a succédé à celui de bélier , qui étoit unemachine de guerre dont les anciens se lervoientpour enfoncer les portes, & abattre les muraillesdes villes. Le mot Latin fistuca , signifie dans Vi-trave, non-sculement le mouton Sc la hie ; mais engénéral toute machine propre à enfoncer les pieuxSc les pilotis, même la demoiselle dont se ferventles Paveurs pour enfoncer le pavé. Daviler.Mouton , terme de Charron , le dit des pièces debois posées à plomb íur l’essieu des carrollés , oùl’on attache les soupentes qui portent le corps ducarrosse , Sc le soutiennent en l'air. Rheda stereo-bata.

tstT Les deux moutons de devant servent; pour formerle siège du cocher, Sc sont enchâsiés dans des mor-toises pratiquées fur le liíoir de devant.ftT Les mourons de derrière font des picces de bois en-châssées par en bas dans le liloir , Sc surmontées parl’entreroise. Ils servent pour l'ornement du carrosse ,pour aider aux domestiques à monter derière, Sc pourleur servir de garde-fou.

Les moutons sont débités dans les forets de six pieds& demi de long , de cinq à six pouces de large , & detrois à quatre pouces d épaisseur.

Mouton , dans la fonte des cloches est un gros morceaude bois, dans lequel on fait entrer les anses de la clo-che pour la tenifsuspendue. Campam instruclus.Mouton étoit aussi une ancienne monnoie d’or, sur la-quelle étoit un mouton avec ces mots, Ecce Agnus& e i. Dans la basse Latinité cette monnoie s’appellemulto st tnuto. Rabelais Rappelle Mouton à la grandelaine. C est Saint Louis qui sir faire des deniers d or àl’aignel, qu’on nomma depuis Moutons d’or. Cettemonnoie valoir seize fols six deniers tournois ; ce qu’ilfaut entendre des fous de ce tems-là , qui étoient d’ar-gent fin. Quelques-uns croient cette monnoie plus an-

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derme que S; Louis. Us prétendent qu’on la fit battrepour payer les Croisés dans la guerre des Albigeois,Sc qu’on la marqua d’un agneau, à cause que les Chefsde la Croisade avoient fait peindre un agneau fur leursdrapeaux. Mais il résulte des Ordonnances de Philippele Bel & de Louis Hurin,que cette monnoie est deS. Louis. Apparemment qu’il y fit un agneau par piété,parce que l’agneau est le symbole du Sauveur du monde.Le Blanc. Il est souvent parlé dans les liècles précé-deras de florins au mouton , de florins de l’aignel, dedeniers au mouton.

Petit Mouton. Monnoie de l’an 13 37. Elle étoit d’or fin.à la taille de cent quatre au marc, Sc valoit douze foussix deniers. Le Blanc.

■ §CP Le mouton étoit aussi une ancienne monnoie ro-maine , qui portoit empreinte une figure de mouton.Cette monnoie , ainsi que celle qu’on appeloit bœuf jpar une semblable dénomination, fut frappée sousServius Tullius, sixième Roi de Rome. L’amende à la-quelle un Magistrat pouvoit condamner pour manquede respect pour sa dignité, ne devoir pas excéder lavaleur de deux bœufs ou de trente moutons. Vertot.

Pain de mouton , est un très-petit pain semé par-dessus de grains dé blé, qu’on donne aux étrennes auxenfans. Voye% Pain.

Moutons , fur mer, ce font des vagues blanchissantesqui s’élèvent lorsque la mer commence à s’agiter. Onle dit aussi des vagues qui s’élèvent fur les grandes ri-vières. Spumantes fiucìus. Voye £ Moutonner , verbeneutre.

Moutons , en fait de cascades. Ce sonr des eaux quitombent rapidement dans des rigoles, Sc qui étant ar-rêtées par une table de plomb dans le bas, íe relèventen écumant.

MOUTONNAGE. f. m. Terme de Coutumes, qui sedit d'un droit seigneurial qui se levé sur ceux qui ven-dent ou achetent des moutons dans Retendue du fiefd’un Seigneur. Jus vervecinum , dans la baff e LatinitéMultonagium. En d’autres endroits on Rappelle ton-lìeu.

MOUTONNAILLE. f. f. Servum pecus. Se dit burles-quement, de ceux qui suivenr Pexemple des autres.Cette expression est très-populaire, & hors de toutbon usage.

MOUTONNE, s. f. Est une coiffure qui a été long-temsen usage chez les femmes. C’est une treffe de cheveuxfort touffue & frisée, qui s’appliquoit fur le front.Cincinni muliebres ad frontem.

MOUTONNER, v. a. Rendre frisé & annèlé comme lalaine d’un mouton. Crispare > cirrare , Convolvere. ILn’a guère d’usage qu’au participe. Tête moutonnée.Coiff ure moutonnée. Perruque moutonnée. Tems mou-tonné. On dit que le tems est moutonné, quand l’airest couvert dc minces nuages, éparpillés comme de lalaine dc mouton, ce qui est signe de vent Sc de pluie.On dit en proverbe , tems moutonné Sc femme far-dée , ne font pas de longue durée, ou, il ne faut pas s.’yfier.

Moutonner, v. n. Terme de Marine, qui se dit de lamer, lorsqu'elle est agitée , Sc qu’il y a plusieurs va-gues , houles, ou lames qui la blanchissent d’écume,& qui paraissent comme un troupeau de moutons,alors on dit que la mer moutonne. Spumantibus fluc-tibus inhorrescere.

Moutonner, v. n. Terme de Jardinage. Toute cette eaucoule par des rigoles , Sc tombe en moutonnant dansle bassin où il y a des bouillons d'eau. Jardins de pro-preté. Voye ç Moutons.

Moutonné, ée. part. Sc adj. Crispatus , agitatushorri-dus. La mer paroiffoit fort groife Sc fort moutonnée .

P. Laval. ,, . _

MOUTONNET. s- m- Nom d une monnoie qui fe fa-briqua en 1410 fous Châties VI. Elle fut à n karats- à zo, à 18» à 14, Sc à 1Z , & de deux deniers depoids- Le BIanc.

MOUTONNIER, IERE. adj. Ce mot est burlesque, Scfe dit dans le meme sens que moutonnaille. La plu-part des hommes, des Auteurs , font moutonniers .Veryeeum in morem exemplis ducuntur , pr&euntemse-