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beaucoup à venir. Voye% Moutardier. Ondit auffid’un homme fort ruse, qu’il est fin comme moutarde.On dit encore : sucrer la moutarde , pour dire,adoucir quelque reproche fâcheux. Dans le mêmesens on dit : La moutarde prend au nez, c’est-à-dire,qué la raillerie est trop piquante, que quelqu’uncommence à s’impatienter de ce qu’on lui dit, oude ce qu’on lui fait.
De trois -choses Dieu nous garde,
Du bœuf salé sans moutarde jD’un valet qui se regarde 3D’une femme qui se farde ,
MOUTARDIER, f. m. Petit vaisseau dans lequel onsert la moutarde sur la table. Sinapedochos. Moutar-dier d’argent, moutardier de fayance.
ÇCF Moutardier , est auffi le nom de celui qui faitSc qui vend de la moutarde, Sc du petit vaisseaude bois dans lequel il met la moutarde, Sc qu il roulefur une brouette.
Moutardier , est un nom qu’en proverbe on a donne àceux de Dijon. Cela vient de ce qu’en 1382 Charles,Roi de France, allant avec son oncle Philippe le Har-di j Duc de Bourgogne, au secours de Louis Comtede Flandre, contre les Gantois , qui croient rebelles,da ville de Dijon leva, à ses frais, mille hommes pourgrossir leur armée. En reconnoiílance de quoi le Duc-donna entr’autres privilèges à la ville de Dijon , deporter ses armes, &c leur donna son cri, qui étoitMoult me tarde, qu’on écrivoit en forme de rouleauen cette façon, moulte me tarde ; en sorte que les deuxmots moult , tarde , étoient l’un proche de l’autre, &-comme dans la même ligne ; au lieu que me étoit horsde la ligne, Sc dans un repli du rouleau abaiííe au-dessous des deux autres mots ; mais plusieurs par igno-rance , ou promptitude, ne lisoient que les deux motsd’enhaut, moult tarde ce qui a donné occasion d’ap-peler ceux de la viHe Moutardiers , &mon pas à causede-la moutarde qu’on y fait, comineiplusieurs pensent.Voyc\ au -mot Moutarde.
Moutardier. On dit d’un homme de basse extraction,qui se donne des airs Sc fait l’homme d’importance :Il se croit le premier Moutardier du Pape. M. duNoyer a dit dans les Mémoires, parlant de fa femme :La qualité de Madame la Consule de Nisines l’avoitrendue si fière, qu’elle se croyoit la première Moutar-dière du Pape.
MOUTASSEN. f. m. Sorte de coton qui vient de Smyr-ne , par la voie de Marseille.
MOUTE. s. f. Terme de Coutumes. On appelle droitde moute , moutage , ou moulage , ce que payent lesvassaux pour moudre leurs blés au moulin banaldu Seigneur. Moletrinum, vel molitorum jus. Plu-sieurs Coutumes l’ont réglé au l'í*. On y apportecette limitation, que le vassal n’est obligé dallermoudre au moulin banal que le blé qu’il consumepour la nourriture de íà famille, ou qu’il achete dansl’etendue de la banalité. En Normandie, le droit demoute se prend (ur tous les blés que le vaílal con-sume , soit qu ils se vendent ou qu’ils s’achetent dans1 etendue de la banalité, ou hors de la banalité, quel-quefois les vassaux qui font resséans hors de la banalité,íont obligés à payer un droit qu’on appelle de vertemoute j il íc paye à la 16 e gerbe de ce que le vaílalconsume ; il est distinct de la banalité, Sc il faut pourcela un titre spécial.
MOUT H. s. m. Nom que les anciens Espagnols don-noient à Pluton , ou a la Mort, a qui ils rendoientun culte particulier à Cadis. ^
MOUTIER. f. m. Église ou Monastère. Le Roi ira dela chambre où il sera vêtu, au Moutier. Le Sénéchaldoit v porter le sceptre, &c. Ordonnance de Lauriere.Voyez Montier.
ÇO* MOUTIERS, MOUSTIERS, ou MOUSTIER.Monajlerium. Ville du Duché de Savoie } capitaledu Duché de Tarentaise , à six lieues de Saint-Jeande Morienne. C’est le nom moderne de la viHe deTarentaise.
C’est auffi le nom d’une ville de Provence, à l’o-
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rient de la viguerie d’Aix Monajlerium par corrup-tion Moufierium , Sc de quelques autres lieux dcFrance, où il y a quelque Couvent.
MOUTIL. Foyei MOTIR.
MOUTIQUE. Nom d’une ville de la presqu’île del’Inde deçà le Cange. Moutica. Elle est fur la côtede Malabar, entre Calécut Sc Cananor, 8 c elle estcapitale d’un petit pays qui a titre de Royaume, Scqui dépend du Roi de Calécut. Maty.
MOUTON, f. m. Agneau qu’on châtre, pour empêcherqu’il ne devienne bélier, afin qu’il s’engraiíle plusfacilement, Sc qu’il soit plus tendre. Vervex. Lesmoutons de Bcauvais font gras extraordinairement.La viande de boucherie, ou l’ordinaire bourgeois ,est bœuf, veau Sc mouton. L’éclanche, le gigot demouton. La langue Sc les pieds dc mouton. Un quar-tier de mouton.
ÇO* On comprend quelquefois fous le nom de mouton ,les brebis, les béliers, les agneaux, quand ils font entroupe. C’est dans ce sens qu’on dit : un troupeau dcmoutons ; garder les moutons. v
Helas ! petits moutons , que vous êtes heureux !
Vous paisse £ dans nos champs fanssouci 3 sans alarmes,Aujst-tôt aimés 3 qu amoureux. Des-H.
Paisses 3 moutons, paisse ^ sans règle & fans science ,Maigre la trompeuse apparence ,
Vjus etes plus heureux 3 & plus sages que nous. Id.
ÇO* La chair de cet animal fournit un bon aliment,de facile digestion, convenable à tous les âges , Stdont les gens vigoureux Sc occupés au travail Rac-commodent auffi-bien que ceux qui font oisifs Scdélicats.
Ce mot vient de l’Italien montone, qui a été fait demont , parce que les bons moutons paillent d’ordinaireen lieu haut Sc sec. Il est formé de mutus , selon M.Huet. On a donné le nom de mouton à cet animal ,parce qu’il est fort silencieux.
Quand le mouton est repreíente en termes d’armoi-ries autrement que pallant , on 1 appelle sautant.
Il y a au Perou de certains moutons plus hauts quedes ânes , qui portent ordinairement deux cens livrespesant, Sc servent à voiturer la raine aux lieux où onla purifie.
Il y a des moutons vers le cap de Bonne-Espérancequi n ont point de laine, mais du poil comme les chè-vres. La seule queue des moutons de Madagascar pèsequinze ou seize livres. Il y a un mouton de Candie,que Belon appelle Strepliccros , à cause qu’il a lescornes tournées en vis.
Les moutons du Chili ont la plupart quatre cornes,quelquefois cinq & six ; j’cn ai vu qui en avoient sept,quatre d’un côté Sc trois de l’autre ; ou trois de cha-que côté, & une au milieu. Frézier,^. iii.
Les moutons de Tartarie, selon le témoignage dcJean Kinfon, ont des queues si grosses, qu’elles pè-sent quelquefois quatre-vingt livres. Ceux de l’Indos-ían ont auffi la queue large & pelante, Sc la lainefort courte Sc fort fine. Il y en a d’autres en Perse,dont toute la laine est très-sine, Sc tombe en certainstems de l’année.
Mouton marin, est une eípcce de poiston , ainsi nom-mé à cause qu’il est blanc , Sc qu’il a les cornes re-courbées comme le mouton terrestre. Aries piscis.
Ça* On donne auffi le nom de mouton ou moiton , à unoiseau du Brésil,un peu plus grand que le paon. Il aune belle hupe fur la tête. Ses plumes sent blan-ches Sc noires. Sa chair est un excellent manger. Uy en a de plusieurs espèces.
ÇO* On dit figurément d un homme qui est d’unehumeur douce Sc traitable, que c’est un mouton ,qu’il est doux comme un mouton. Dans le style sou-tenu , on diroit la douceur d’un agneau.
ça On dit de même en style vulgaire , que le peu-ple fait comme les moutons , qu’il fait ce qu’il voiefaire aux autres ; de même que les moutons jaaísenttous où ils Voient qu’un autre mouton a paflé.