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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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tarions du corps qu’il faut faire pour fe mouvoir agréa-blement en cadence. Cette fille danse mal, car quoi-qu elle marque les pas , elle n’a point le mouvementdu corps convenable.

On appelle air de mouvement 3 un air dont la messireest marquée. Les menuets font des airs de mouvement.

Chanter , jouer de mouvement , c’est observer lamesure en chantant ou en jouant de quelque instru-

ment.

Mouvement , en Méchanique, se dit de faction des ma-chines pour ébranler, ou pour enlever des corps mas-sifs , ou pel'ans. Motus 3 motio 3 impulsus 3 vis. On metles machines en mouvement par des leviers, des roues,des vis, &c. Voye\ ci-dejfus. Le grand problème dumouvement perpétuel est de trouver une machine quiait en elle-même le principe de son mouvement 3 qui feremonte toute feule, ce qui ne fe trouvera jamais, caril y manquera toujours quelque chose pour emporter1 équilibré, fans compter ce qu’il faudroit pour vain-cre la résistance du frottement des parties. M. de laHire en a démontré l’impolïibilité, parce qu’il fau-droit qu’un même corps fut en même tems plus léger<Sc plus pesant. Le P. Pardies soutient auslì l’impoffibi-lité du mouvement perpétuel.

On appelle chez les Horlogers un mouvement , le de-dans d'une montre ou d’uneHorloge,leurs disterens res-sorts , i’aísemblage des parties qui les composent, lansavoir égard à la boîte, au cadran, & autres choses qui ypeuvent servir d’ornemenr. On dit que le mouvementd une montre est bon, qu’il est mauvais. On le dit aussiau pluriel. Cette montre est belle, mais les mouvementn’en valent rien.

Les Organistes appellent aussi mouvement le fil desert qui sert à prester la languette des tuyaux d’anchc,6c à les accorder, 6c à leur donner un mouvement juste.Ils l’appellent autrement Rafette.

MOUVER. v. a. Terme de Jardinier. C’est remuer laterre dans un pot, ou dans une caisse, & y faire uneespèce de petit labour avec quelque petit outil afin quecette terre étant bien mouvée 6c rendue meuble, seaudes arrosemens y puilfe facilement entrer. Fodere ,movere. La Quint.

AT Mouver , dans les Rafineries à sucre, c’est détacheravec un couteau des parois de la forme, le sucre qui s’ycolleroit fans cette précaution.

|sT Mouver dufond. v. n. Terme de rivière. Les gens derivière disent que la rivière mouve du fond , quand ildoit arriver une grande crue d’eau, c’est-à-dire , quel’cau du fond de la rivière coule plus vîte que d’ordi-naire.

MOUVOIR, v. a. Je meus 3 tu meus 3 il meut 3 nous mou-vons j vous mouve^ 3 ils meuvent. Je mûs. J’ai mû. Jemouvrai. Que je meuve. Je mouvrois. Que je musse ,mouvant. Faire changer de place, transporter d’un lieuà un autre. Movere , commovere , incitare. Tout corpslibre se meut en ligne droite : nul corps ne peut êtredéterminé à se mouvoir sur une ligne courbe. Le P.Pard. Archimède ne demandoit qu’un point fixe pourmouvoir toute la terre. Aristote croyoit que des intel-ligences failbient mouvoir les cieux. Les Epicurienssoutiennent que les corps ne se pourroient mouvoir ,raréfier, ni condenset , s’il n’y avoir du vide. Les Car-tésiens au contraire supposent que le monde est plein ;ainsi pour rendre raison du mouvement, ils disentqu’un corps qui s e meut en poulie un autre, Sc celui-ciun autre, eníorte que ceux qui font poussés successive-ment , vont prendre la place de celui qui est mû íepremier. Ainsi quand un corps íemeut, il faut qu’il yait une certaine quantité de matière qui se meuve cir-culairement, 6c en anneau. Roh.

Que Rohault vainement sèche pour concevoirComment tout étant plein 3 tout a pu se mouvoir.

Bon..

Mouvoir , s e dit aussi en parlant du principe naturel quihà agir & subsister tous les corps. Emovere 3 excitare.la chaleur 6c les esprits font mouvoir tous les animaux.

M O X

Cc font de secrets ressorts qui font mouvoir tous lesautomates.

Mouvoir , lignifie aussi remuer, agiter. Agitare , exci-__ tare 3 dimovere. Les vents meuvent , 6c agitent la merpendant la tempête* Il faut bien mouvoir 3 6c remuerle grain , quand on braise la bière. A peine ce pauvreparalytique pcut-il se mouvoir.

Mouvoir , se dit figurément en choses spirituelles 6cmorales. C’est donner quelque impulsion,exciter, faireagir. Applicare ad agendum. C’est fentendement quimeut la volonté. La grâce efficace meut le libre arbitre.Pas c. Les objets meuvent les puissances. Un bon Ora-teur doit mouvoir les passions, mouvoir les esprits,mouvoir à compassion. Nous sommes enflammés sui-vant les divers objets qui nous meuvent. Vaug.Mouvoir , fe dit aussi des corps politiques. Impellere 3incitare. C’est 1 esprit de ce Ministre qui fait mouvoirtout l’État, qui en fait agir les membres. C’est le Gé-néral qui fait mouvoir l’armée.

Mouvoir , en Jurisprudence féodale, se dit des Fiefsen tant qu’ils relèvent, ou dépendent les uns des au-tres. Obnoxium esse 3 servire. Cette terre est vendueà la charge de payer les droits aux Seigneurs dont ellefe trouvera mouvoir , dont elle peut mouvoir.Mouvoir , fe dit au Palais , pour dire, commencerun procès. Intentare. On fait les transactions fur lesprocès mûs 6c à mouvoir. On le dit aussi des querelles& même des guerres. ?

|K? Le Roi, dans íe dispositif de ses Édits, emploiecette formule : A ces causes 3 & autres considéra-tions , à ce nous mouvant 3 c’est-à-dire , portant 3 ex-citant 3 6c c.

Meu & mieux, Mu , ue part. Motus 3 commotus.Les corps mûs , ou poussés , vont toujours du côtéqu’ils font moins pressés. Maleb. Il a tout le sens deson verbe mouvoir.

MOUVOIR, s. m. Terme de Chandelier. C’est un ou-til de bois en forme de bâton, duquel les Chandeliersfe fervent pour remuer le suif liquide dont est rem-pli le moule où se fabriquent les chandelles plongées ,crainte qu’il ne s’épaiffilse trop.

MOUWER , s. m. Mesure de grains dont on se sertà Utrecht. Les six muddes font cinq rnouwers , 6cvingt-cinq muddes le last.

MOUZON. Mosomum. Petite ville de France en Cham-pagne , assez près de Sedan, du Gouvernement du-quel elle fait partie. Long. 22 . d. 45 . m. lat. 49 . d.y 2 . m.

M O X.

MOXA. f. f. C’est une plante de la Chine, qui ap-proche de l’armoise ordinaire, excepté que ses feuillessont plus grandes.

tsT Les Japonois font sécher les feuilles de cetteplante après en avoir ôte les fibres dures 6c lesparties les plus rudes. Ensuite en les pilant 6c en lesbroyant, ils en forment une espèce de duvet sem-blable à de la filaílè , fort doux au toucher, dont011 fait de la mèche. C’est cette mèche qu ’011 ap-pelle proprement la Moxa. Les Chinois, les Japo-nois, 6c même les Angldis, dit Lémeri, en font desmèches grosses comme le tuyau dune plume, des-quelles ils fe servent pour guérir de la goutte. Onmet un morceau de cette mèche sur la partie dou-loureuse. On y met 1$ feu, & l’on prétend que ce-la soulage, sans que ce feu causé de douleur. M.Bonnet, dans le troisième livre de ses Observationsseptentrionales fur la Médecine, parle beaucoup decette Moxa , & de son usage pour la goutte. Guil-laume Temple a fait un petit ovvrage intitulé :Ejsai du Moxa pour guérir la goutte. On voit que cetAuteur fait Moxa du masculin; mais l’ufage com-mun est de le faire du féminin. M. Caperon , dansses Réflexions fur la bizarrerie des usages , le faitaussi masculin, 6 c en conteste l’effet ; aussi dit-il que ceremède caustique a fait peu de progrès. Le P. Charle-voix, dans son Histoire du Japon, dit qu’on vend chezles Libraires, & qu’on crie même dans les rues , lamanière de fe servir du remède-appelic Moxa.