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On dir proverbialement , qu’avec le tems 8c la paille.»les nêHes mûriHent ; pour dire qu’il y a un certainpoint de maturité qu’il faut attendre dans toutesles aflaircs de même que dans les fruits. C’est le pro-verbe Italien. Co’l tempo e la pagliafi matorono lenespole.
MURMURATEUR, f. m. Qui murmure. Ce mot ne fetrouve guère que dans les ouvrages de Port-Royal.Murmurator , mujjìnator. Ces murmurateurs aflectoicntla souveraine Prêtrise. Arn. Dieu commanda de teséparer des murmurateurs. Royaumont. M. Racinele fils s’est servi de ce mot dans son Poème de laGrâce, en parlant de l’indocilité du Peuple Juif.
Ce Peuple dont un voile obscurcissait les yeux ,Murmurateur, volage , amateur des faux Dieux }A fies Prophètes sourd , à fies Rois infidèle ,
Porté toujours un cœur incirconcis 3 rebelle.
Chant I. v. 24.9.
ífT Ce terme , appliqué aux Juifs dans l’Ecriture, nedésigne pas simplement des gens mécontens qui feplaignent de quelque tort qu’ils prétendent avoir re-çu ; mais bien plutôt ceux qui annoncent leur mécon-tentement par un esprit de désobéissance 8c de ré-volté , accompagné de pensées 8c de paroles injurieusesà la providence divine. C’est ainsi que les Juifs mur-murèrent dans plusieurs occasions , dans la terre deGctfcn , à Mara, à Sin , à Raphidim, &c.
M. Bollìiet emploie auisi ce mot dans fa premièreInstruction fur l’Eglise.
MURMURE, s. m. Plainte de plusieurs personnes mal-conrentes, pour quelque caute que ce toit. Conquestio ,questus j querimonia , querela 3 murmuratio. On ne putappaiser le murmure des troupes qui alloicnt à une sé-dition ouverte. MÉz. Le - bruit d’un nouvel impôt a ex-cité un grand murmure parmi le peuple. Je fis des mur-mures contre mon étoile, qui ne m’étoient point en-core échappés. H. S. de M. Les murmures 8c les impa-tiences accompagnent d’ordinaire la mauvaise fortune.La Pl. Quand on voit la prospérité des scélérats, ona de la peine à faire taire les murmures de la raisoncontre la Providence. Id. Le Tyran voulut étoufferjusqu’aux murmures 8c aux plaintes les plus innocentesde la Nature. S. Évr.
Murmure, sc dit quelquefois en bonne part, des ap-plaudilsemcns. L&ta admurmuratio , plausus. Quandon entend quelque bel endroit d une Tragédie , il s é-leve un murmure qui témoigne 1 applaudissement desspectateurs. Lc mutKjure du mensonge, qui flatte 1 hom-me au-dehors, nclauroit étouffer la voix de la véritéqui l’humilie au-dedans. Fléch. Les ornemens dugenre médiocre, dit le P. Gilbert dans son Traité del’Eloquence chrétienne, suffisent pour exciter des mur-mures flatteurs dans un auditoire : tandis que le genresublime, par fa grandeur 8c par son poids, étouffanten quelque façon la voix de l’auditeur , lui imprimeje ne fais quel silence qui le surprend 8c le rend im-mobile.
Murmure , se dit auffi du bruit confus qui résulte de lavoix de plusieurs personnes qui parlent ensemble, tansqu on en puisse discerner aucune en particulier. Mur-mur. Quand on entre dans la Salle du Palais, on en-tend un murmure que font tous les plaideurs.
Murmure » te dit auffi du bruit doux 8c agréable quefont des chosos inanimées. Murmur , susurrus, il estagréable de rêver au doux murmure d’un ruisseau. Lemurmure de la mer provoque lc sommeil. Le chant desoiseaux 8c le murmure d un ruisseau, font sentir unedouceur naturelle 8c tranquille, qu on ne connoît pointdans le tumulte du moiide. Le Crf. de M. Le murmuredes zéphirs qui agite doucement les feuilles des arbres.
MURMURER, v. n. Faire du bruit en sc plaignant,ar simple mécontentement, ou par esprit de déso-éiflancc. Murmurare j commurmurare _> conqueri. Toutse monde murmure contre lui, contre sa conduite. Lepeuple est accoutumé à murmurer contre ceux qui legouvernent. Murmurer contre la tyrannie. Murmurerçontre tés Supérieurs, Le Peuple Juifmurmuroit fou-
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vent contre le Seigneur ; & 011 lui donnoit l’épithèccde murmurateur. Voye £ ce mot.
Murmurer , se dit encore du bruit sourd qui courtde quelque affaire, de quelque nouvelle. Mussare ,mussitare. On n’oíc parler ouvertement de cette affaire,mais on en murmure. On dit que nos troupes ont étébattues ; cela n’est pas bien assuré ; mais on commenceà en murmurer. Dans ce sens il n’est que du discours fa-milier.
Murmurer, se prend quelquefois dans un sens actif,8c signifie, dire quelque chose en grondant, parcequ’on est mal satisfait. Mussare , mussitare , conqueri.Ecoutons ce qu’il murmure entre ses dents. Abl.
Murmurer , sc dit auffi au figuré, du petit bruit confusque font les eaux 8c ses vents, en agitant doucementl'air , ou ses feuilles. Murmur , vel susurrum edere.N'est-ce pas quelque choie de bien agréable, que d’en-tendre ces ruisseaux murmurer? Lc vent qui rompt lesilence, murmure dans ces buissons. Sar.
MURO. Murus. Petite ville d’Italie au Royaume de Na-ples , dans la Bafìlicate , au pied de l’Apennin.
MUROS. Ville d’Espagne dans la Galice, fur la rive sep-tentrionale d’un petit golfe que la Tambre forme à sonembouchure.
MURAI. Province maritime d Ecosse , au couchant deBuchan, entre la rivière de Spey à l’orient, 8c leNairnau couchant.
MURRHART. Petite ville d’Allemagne au Cercle deSuabe dans le Duché de Virtemberg, fur la Murr.
MURRHINE. f. f. Boisson composée avec du vin doux8c des aromates qui lui conservoient toujours íâ dou-ceur. Murrhina. Il ne faut pas confondre cette liqueuravec un autre appelée P'inum mirrhatum , qui étoit uneboisson fort amère, à cause de la myrrhe qui y étoitmêlée, 8c que les Juifs donnoient aux criminels quel’on alloit supplicier.
MURTILLA. s. m. Nom que les Espagnols donnent à unarbre qui croît au Pérou. Ceux du Pays l’appellent Unni.Il porte des fruits en grappe , gros comme des pois,de la forme 8c de la couleur des grains de grenade,d’un goût moyen, entre doux 8c lacre. On en tiré uneliqueur claire qui approche fort du vin, 8c qui se dé-charge de soi-même de íâ lie. On cn fait auffi de très-bon vinaigre.
f!CP MURU. Ville du Japon, dans la presqu’île de Ni-phon , Province de Biren.
MURUCUCA. s. f. Herbe du Brésil fort belle à voir ,sur-tout quand elle est en Heur. Elle rampe comme lelière contre les murs & les arbres, 8c porte un fruit rond,quelquefois ovale, noir, brun, 8c de diverses couleurs.Ce fruit contient au dedans quelques noyaux environ-nés dune siibstancemucilagineuse, d’un goût agréable,mais aigrelet ; il est assez bon. Les feuilles de la muru-cuca pilées avec un peu de calcante , guérissent les ul-cères malins.
MURUCUJA. f. f. C’est un nom général que les Sauvagesde l’Amérique donnent indifféremment à toutes cesplantes que M. Tournefort nomme coranadilles , danslès Institutions Botaniques. Il a pourtant établi ungenre de murucuja , fur une sorte particulière, à causeque fa Heur est dune construction un peu disterente ,8c quelle n’apas ces franges qu’on voit durs les au-tres. La murucuja poulse quantité de íârmcns sortmenus , 8c ronds ; elle ne laisse pas de monter sorthaut, 8c de couvrir de grandes haies , en s’y atta-chant par des tenons sort déliés. A chaque nœud deces sarmens il y a une feuille faite en façon de crois-sant , dont les cornes sont émoustees, ou comme lesailes étendues d’un papillon. Elles sont unies & d’unvert un peu foncé, ayant par-deísous trois petites cô-tes qui en distribuent de moindres íur les côtes. Ellesont près d’un pouce de large , 8c deux pouces déten-due d’un bouc à Fautre. Leur pédicule est fort court,n’ayant tout au plus que trois lignes de long, 8c étanttant soit peu tortu. 11 sort des mêmes nœuds uneHeur rouge comme de l’écarlate. Lorsqu’elle n’est pasencore épanouie, elle relsemblc à un petit cône, longde prés d’un pouce, enHé 8c godronné par en bas.Quand elle est épanouie, elle a les feuilles fort éva-
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