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fées, & recourbées presque à la façon de celles de 1nos martagons. Chaque Heur est compoíée de cinqfeuilles étroites, longuettes, & dispoiées en rose àsenteur d’un tube cannelé, conique, mais tronquepar le bout, & de même couleur que les feuilles quil’entourent. Du fond de ce tube il fort un pistil, sem-blable à une petite colonne rougeâtre, divisée par lehaut en cinq petits filets, recourbés en dehors , Scgarnis chacun d’un petit sommet fait en façon d’u-ne plaie, Sc tout couvert d une poussière jaunâtre.Au milieu de ces cinq filets il y a un petit bouton'vert, ovale, & surmonté de trois autres filets, ouétamines rouges, & terminées par une petite têteverte. Toute la Heur est située dans le milieu d’uncalice dune feule pièce; mais fendu en cinq quar-tiers jusqu’à sa base, laquelle relsemble à un petitbassin godronné ; chaque partie a bien la même fa-çon & couleur des feuilles ; mais elle est un peuplus grande. L’embryon, ou ce petit bouton vert ova-le , devient ensuite un fruit très-semblable à nos ju-jubes j excepté qu il est teint d’un très - beau violetobscur. Il est extrêmement tendre, rend un íuc vio-let , Sc contient dans fa chair plusieurs semences noi-res , & comme chagrinées. Le fruit est insipide , c’estpourquoi on ne le voir jamais gâté par les animaux.On trouve cette espèce en plusieurs endroits de l’IledeSaint-Domingue, particulièrement au quartier du portde Paix. Cet article est tout entier du P. Plumier, Mi-nime.
MURUCUJE. f. m. Fruit d’un grand arbre qui croît auBrésil, & qui est fort semblable au poirier sauvage.On le cueille vert, mais on le fait mûrir, Sc alorsil est de bon goût Sc de facile digestion. L’arbrequi porte le murucuje est rare, parce que les Sau-vages ont coutume de l’abattre , pour en cueillir lefruit plus aisément. Quand on incise le tronc , ilen sort une liqueur semblable à du lait, qui étantépaissie, peut être employée au lieu de cire a cache-ter les lettres. De Laet appelle cet arbre Murucugisera arbor.
MURVIEL. Ville de France dans le Bas-Languedoc,fur le Caulazon , à quatre lieues de Montpellier.
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MUSA. f. f. Déesse des Païens qu’on invoquoit, Sc à
laquelle on sacrifioit, pour empêcher les médisan-ces , on la nommoit autrement Tacita. On la difoitfille du Heuve Almon. Elle étoit originairement ba-billarde , Sc elle rapporta à Junon, les amours deJupiter avec Juturna. Ce Dieu en fut si irrité, qu’illui coupa la langue, & ordonna à Mercure de laconduire aux enfers, comme étant indigne de voir lejour. Mercure en la conduisant, fut touché de sa beau-té ; en jouit, & en eut deux enfans nommés Lares ,qui font les Dieux tutelaires ou les Génies, qu’oncroyoit être les gardiens des hommes pendant leurvie. Il ne faut pas la confondre avec Mutime , Dieu dusilence, dont il íera parlé cí-après.
Musa. f. m. Plante qui croît dans plusieurs Provincesdes Indes orientales Sc occidentales. C’est propre-ment cette plante ' qu’ón appelle Bananier dans lesIles de l’Aijiérique. Il y en a deux espèces, qu’on nedistingue que par la longueur des fruits. Celle dontles fruits sont plus longs, s’appelle simplement Bana-ni cr , Sc celle dont les fruits font plus courts, Figue-hananier. Son tronc est gros ordinairement comme lacuisse d’un homme, spongieux, couvert de plusieursfeuilles écailleuses, couchées les unes íur les autres.Ses feuilles font fort longues Sc fort larges , affermieschacune par une grossie côte , qui règne tout du longau milieu, & q U i le répand en travers. Le sommet de«ette plante jette un seul rameau gros comme le bras,termine enhaut par une tête formée en pomme de pin ,j. ^f rrue de Heurs rouges, ou jaunâtres : ce rameau estivi e en plusieurs nœuds , qui produisent chacun dou-ze ou quatorze fruits, de forte que quelquefois on voitjulqu a eux cents fruits suspendus le long de ce ra-. Lc fruit est appellé par les Indiens Amusa , ou
Musa. Il est oblong, de la grandeur d’un de nos con-combres ; il renferme une chair moelleuse , & mollecomme du beurre , d’un goût agréable , Sc fort bonneà manger , mais de difficile digestion. Les Egyptiensen font une décoction, qui est fort bonne pour lerhume.
MUSAGE. f. m. Vieux mot. Retardement.MUSAGETÈS. Terme de Mythologie , c’est-à-dire , lcConducteur des Muscs. Ce nom fut donné à Apollon ,parce qu’on le représentoit souvent accompagné ouenvironné de ces doctes sœurs. Hercule eut le mêmesurnom. Le culte de cet Hercule Musagétes fut ap-porté de Gréce à Rome par C. Fulvius , c^ui lui bâtitun Temple auCirque.de Flaminius, où croient aussiles neuf sœurs. L Hercule Musagétes est désigné parune lyre qu’il tient dune main , pendant qu’il s’ap-puie de l’autre íur fa massue.
MUSARABE. Voyey Mozarabe.tst MUSARAIGNE , mieux que MUSARAGNE. f. m.Mus araneus. Petit animal quadrupède, qui a beau-coup de rapport à la souris & à la taupe. Il est de cou-leur de belette, Sc de la grosseur dune souris. Il ale museau long & pointu, la queue fort menue, Scquatre rangs de petites dents, qui font doubles enchaque mâchoire. On trouve la Musaraigne dans lesécuries, dans les basse-cours, &c. Les chats lui fontla chaise , Sc la tuent ; mais ne la mangent pas. On lacroit venimeuse, & l’on prétend que sa morsure estdangereuse pour les chevaux : mais c’est un préjugéqui n’a aucun fondement. On l’appelle en quelqueslieux muset ou musette.
fsT On a découvert, il n’y a pas long-tems, une autreespèce de Musaraigne différente de celle qui étoit con-nue des anciens Naturalistes. Elle a le museau unpeu plus gros , la queue & les jambes plus longues &plus garnies de poil ; elle en diffère aussi par la cou-leur du poil. On trouve cette dernière à la source desfontaines & fur le bord des ruisseaux ; aussi est-elleamphibie. On lui donne le nom de Musaraigne d’eaupour la distinguer de l’autre.
MUSARD, ARDE, adj. Qui s’arrete en quelqu’endroitfans nécessité, au lieu de lc dépêcher de retourner à sontravail, de rendre le service qu’il doit à son maître. Ilest vieux. Cesator , deses. Un Laquais musard. On aautrefois appellé musard , tout homme oisif, lâche ,paresseux ; c’étoit l’opposé de guerrier ; Sc on a dit mu-sa rdie , pour dire, paresse.
0CJ” On dit substantivement, c’est un musard. Il est éga-lement populaire.
MUSARDIE. f. f. Inutilité, bagatelle. Glossaire sur Ma-
man.
rot.
MUSARS. f. m. pi. C’étoient autrefois des espèces deFarceurs ou Bâtelcurs, la plûpart Provençaux, quichantoient, jouoient des instrumens, Sc récitoient desvers.
MUSC. f. m. Est une manière de sang bilieux fermenté,caillé Sc presque corrompu, qu’on tire dune vessiegrosse environ comme un œuf de poule , laquelle setrouve sous le ventre, vers les parties génitales dunebête sauvage à quatre pieds , Sc qui porte le mêmenom. Moschus. Quelques-uns l’appellent Gabelle desIndes. C’est une espèce de chevreuil fort léger, quiestassiez commun dans le Royaume de Tonquin Sc deBoutan.
L’animal qui porte le musc est de la couleur d Unebiche: il naît au Royaume de Boutan, de Tonquin ,&en plusieurs autres ; comme à la Chine,dans la Provincede Xensi , où l’on dit qu’on l’appclle Xe. Mais les plusestimés viennent au Tibet, Sc dans lc territoire, de laville de Tibet. Il habite les bois Sc les forets où 1 on vale chaster. Lorsqu’il a été tué, on coupe lavessie qu’ila sous le ventre ; on en séparé le sang caille, lequel onfait sécher au soleil, d s y réduit en une matière mous-seuse , légère, presque en poudre, de couleur rougeâ-rrc-óblcure, Sc H y acquiert une odeur forte Sc assezdésagréable : on 1 enveloppe alors dans fa vessie même,pour lc transporter. C est le musc qu’on emploie. Ce-lui du Tibet est un peu jaunâtre. Ce que les Anciens enont écrit, est fabuleux , disant qu’il venoit des testi-
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