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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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MUS

fions harmoniques pour mettre tout en règle dans sescompositions. Sous ce point de vue, on peut la défi-nir la Géométrie des sons.

Il y a trois fortes de musique , la diatonique , lachromatique Sc f encharmonique 3 qui font expliquéesà leur ordre. On prétend que ce font les oiseaux quiont appris à fhommc à chanter. Leur ramage Sc leursgazouillemens lui firent apperccvoir combien les dif-férentes infiexions, Sc les divers tons de la voix íontcapables de siatter agréablement f oreille , Sc il tâchade les imiter. Les Poètes diíent que la musique est unprésent des Dieux favorables, qui ont accordé auxhommes ce moyen innocent d écarter & d’affoiblir letriste souvenir de leurs maux. C’est une douce occupa-tion qui suspend & qui charme les ennuis ; qui enadoucit l’amermme, & en distrait le sentiment.- Ondit que Pythagore est le premier qui ait réduit la mu-sique en art, c’est lui qui en observant des Forgeronsbattre le fer dans les boutiques, trouva le diatejsaron jle diapente , Sc le diapason.

Les anciens failoient six genres de musique 3 commeremarque M. Perrault dans le Traité qu’il en a fait. Larythmique 3 qui régloit les mouvemens de la danse ;la métrique qui fervoit à la cadence de la récitation ;Yorganique , qui régloit le jeu des instramens ; la poé-tique , qui prescrivent le nombre Sc la grandeur despieds des vers , 1 ' hypocritïque 3 qui donnoit la règle desgestes des Pantomimes ; Sc Y harmonique , qu; donnoitcelle du chant. Nous sommes fort mal instruits de lamusique des anciens ; elle est entièrement perdue ; Scquelques efforts que l’on faste, l’on ne parviendra ja-mais à transposer quelqu’un de leurs modes, fur unmode qui nous soit connu. Dac. Au commencementla musique étoit simple Sc fort sévère : Horace opposela sévérité de l’ancienne musique à la molleife & à lalasciveté de la nouvelle. Id.

La Musique est un art allez ancien en France, preuveque nos aïeux n’étoient pas aussi grossiers qu’on vou-droit nous le faire croire. Le Gendre. Les Anciensn’ont point connu la musique à plusieurs parties. Tousles Orientaux ne la regardent encore que comme unedésagréable Sc ennuyeuse confusion , 6c ne peuventsouffrir ce contraste de sons graves Sc de Ions aigus,de dièzes , de fugues , de syncopes, en quoi consiste,selon nous, ce qu’il y a de merveilleux & de divin dansla musique.

En 102 y, ou environ, Gui, dit l’Arétin, cest-à-dire, né à Arrezzo dans le Ferrarois, Moine Bénédic-tin de Notre-Dame de Pompose dans le Ferra t ois ,inventa, à ce que l’on dit, la musique à plusieurs par-ties. Id. C’est aussi lui qui inventa les lignes, la gam-me , les clefs Sc les six fameuses syllabes, w, re 3 mi]fa 3 sol 3 la. Dans le dernier siècle, le fi fut imaginépar un François nommé le Maître. Cette septième syl-labe , à ce que disent les gens de l'art, est si commodepour entonner & pour connoître les intervalles, quemalgré tous les vains efforts Sc toutes les ligues desvieux Maîtres, il n’y a point eu de Musicien en France,qui ne s’en soit servi depuis. Id.

Par rapport aux- moyens d’exécuter la musique , onla divise en vocale Sc instrumentale. Il y a quatre sys-tèmes de la musique vocale & instrumentale, Sc quatremodes principaux, ou phants authentiques. Les Turcsquand ils mangent, ont des Musiciens à leur mode ,qui criaient, Sc qui hurlent plutôt qu’ils ne chan-tent. Du Loir, si *73- Et hien qu’ils se vantent depratiquer aussi bien que nous les douze modes de lamusique } ils ne savent point faire d’autre accord queI Octave, íi ce n est qu en touchant ils en rencon-trent quelques autres par hazard, Sc jamais par re-cherche. Id. , „ r

Quelques-uns dérivent ce nom des JMuJes , qu oncrost avoir inventé la musique. Mais le Pcrc Mersennecroit au contraire, que le nom de Muse a ete dérivé demusique j Sc que celui-ci a été dérivé du Grec ,uù>ìOwqui lignifie chercher 3 on sous-entend des accords.íusique , est aussi 1 exécution de cette science, le chantmême, un concert de voix 6c d’instrumens. Musica 3modulatio 3 symphonia 3 harmonia. Mettre des vers en

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musique , faire des accords de musique , un concert demusique , un chœur de musique. Chanter fa partie enmusique. Instrumens de musique. Musique de voix ,musique d’instrumens, qu’on appelle autrement sym-phonie. Il y a des animaux qui semblent aimer la mu-sique j comme le rossignol, la linote , la fauvette, lechardonneret, le sérin. Quelques Auteurs l’ont ditaussi du cerf, du sanglier Sc des dauphins.

Musique, se dit aussi des Musiciens qui chantent en-semble. Symphoniaci , symphonie chorus. La musiquede la Chapelle du Roi. Il y a quatre Maîtres de mu-sique de la Chapelle du Roi servans par quartier. Ily a la musique de )a chambre , du petit coucher : elleest composée de deux Sur-Intendans, deux Maîtresde la musique , Sc des Pages de la musique 3 &c. Il ya musique entretenue à Notre-Dame, à la Sainte-Cha-pelle, &c. Les Auteurs qui ont écrit de la musique desanciens, font Aristoxène, Psellus, Nicomachus, Ali-pius, Bacchius , Aristides , Quintilianus , Cassiodore,Martianus, Capella , Ptolomée, Euclide , Plutarque,Athénée, Porphire, Boëce, S. Augustin, &c. Et desModernes, Zarlin, Salinas , Cérone, Vincent Galilée,Doni, le Pere Mersenne, le Pere Paran, Salomon deCaux, M. Rameau, &c. M. Descartes a fait aussi untraite de la théorie de la musique 3 qu’il composa à 1 1ans, fur lequel le Pere Poiílbn de l’Oratoire a faitde savantes observations. Le Pere Ménestrier a fait untraite des représentations en musique que l’on nommecommunément Opéra , où il y a plusieurs remarquescurieuses touchant la musique Sc ces représentations.M. Brollard, dans son Dictionnaire de musique , adonné les noms qu’il a pu trouver de ceux qui ont écritfur cet art.

On dit proverbialement Sc figurément d’une chosequi a un ordre certain, qu’on n’outrepalse point, celaest réglé comme un papier de musique. Et l’on dit d’unhomme réglé Sc concerté dans tout ce qu’il fait, qu’ilest réglé comme un papier de musique.

On appelle notes de musique 3 les marques dont onse sert pour faire connoître les divers tons de la musi-que. Voye\ Ton.

|KT Et livre de musique 3 papier de musique 3 un papieroù les airs sont écrits avec ces sortes de notes.

On dit encore ironiquement Sc en contresens, voilàune étrange musique , d’un charivari, Sc d’un autrebruit importun Sc étourdiífant, comme celui des ivro-gnes qui chantent, des liarcngères qui se querellent.On appelle aussi un mauvais concert, une musique en-ragée.

On dit proverbialement, c’est la musique des 88. In-nocens , la plus grande pitié du monde. Ce proverbe serapporte à la Parodie des 88. Inhocens de Paris, quipasioit autrefois pour avoir une fort mauvaise musi-que.

T La différence du goût des différentes nations pourla musique , vient probablement de l’usage, de i’ha-bitude. Les fibres de l’organe accoutumées aux im-

Í «restions d’un certain genre de musique , acquièrenta facilité de s’y prêter, Sc ne sauroient après cela sefaire à d’autres genres de musique 3 pdree qu’il faudroitse replier dans un sens contraire.

Tous les hommes ont du goût pour la musique , lesanimaux mêmes y parodient quelquefois sensibles. N’a-t-on pas vu un âne sauter, danser, faire la révérenceau son des instrumens ? N’a-t-on pas vu ( c’est le P.Schott qui le rapporte ) des dauphins attirés par lebruit d’un concert, s attrouper, íauter, voltiger, s’é-lancer en 1 air autour d un vailleau où l’on chantoit.fJCP Mais les hommes sont plus ou moins touchés parles sons harmonieux de la voix Sc des instrumens,parce qu’ils ont les fibres de l’organe de fouie plus oumoins susceptibles des vibrations sonores. Voye^ Sonet Vibration.

§7? Ce goût est différent dans différentes personnes, Scsouvent dans la même en differens tems.

Dans différentes personnes les tempéramens sontdifferens , les fibres sont différemment disposées, plusou moins flexibles, plus ou moins sèches, plus oumoins dures ; les esprits animaux plus ou moins abon-dons