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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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MUT '11 s

d’homme plus mutin 3 de femme plu § mutine. Espritmutin. C’est un mutin , un petit mutin.

V:tre plus court fera 3 Madame la mutine,

D 1 accepter fans façon V époux qu on vous dejìine .

IpT On le dit dans ce sens des pallions , du coeur, &c. Sespetites pallions mutines ne me déplaisaient pas. H. S.de M. Le cœur de cette belle est: un peu mutin. S. Évr.

Ménage dérive ce mot du latin, motinus , à moven-do j dont on a fait auílî meute ôc émeute.

On a dit autrefois hutin pour mutin : ce qui a donnele surnom à Louis Hutin 3 selon l’avis de Du sillet ôcde Paul Emile. On voit dans Froilíard, que ce mot*lignifioit autrefois noise 3 querelle.

Mutin. Voycç Mutun.

MUTINER. Qui ne se dit qu’avec le pronom personnel,v. récip. Refuser d’obéir, se révolter contre son maî-tre , contre son devoir. Tumultum excitare 3 ciere 3 se-ditionem concitare. Les Romains décimoient les trou-pes qui s’étoient mutinées. Le peuple se mutina poufrétablissement des nouveaux impôts.

Mutiner , se dit aussi pour dépiter. Indignari 3 Jloma-chari. Cet enfant se mutine pour la moindre chose.Un amant se mutine aisément, & s’appaise de mente.Des-H.

IfT Se mutiner contre une chose, est une expressionbourgeoise, dit Voltaire ; on ne l’employe qu en pat>lant des enfans. Voye\_ au mot Mutinerie.

Mutiné , ée. part.

Mutiné , íe dit aussi figurément & poétiquement deschoses qui résistent, ou qui détruisent, qui sont con-traires ; comme les vents mutinés , les Ilots mutinés jpour dire les vents impétueux, les flots agites.

Im MUTINERIE, f. f. Soulèvement, révolte. Seditio ,tumultus. La mutinerie des peuples , la mutinerie destroupes. L’adresse de Drusus calma, appaisa la mutine-,i . . rie des légions.

MUTILER, v. a. Couper, retrancher quelque membre. § 3 “ Le terme de mutinerie , dit Voltaire , est trop fami-Mutilare, Mutiler quelqu un d un bras, d une jambe. lier. Révolte, sédition, tumulte, soulèvement, íont

Les Chirurgiens ont cruellement mutilé ce pauvre ma- ' les termes usités dans le style tragique ôc dans le style

lade. On dit aussi quelquefois mutiler ; pour dire, cha- noble.

trer ; & si l’on est obligé de se servir de ces fortes d’ex- £CP Le mot de mutinerie convient mieux pour exprimer

pressions, il vaut mieux dire mutiler 3 qui se dit alors l’obstination d’un enfant qui se dépite. Pervicacia. Cor-

absolumcnt. Il y a des hommes qui se mutilent. Port- riger un enfant de sa mutinerie. Il a été puni de ía mu-

R. Origene par un transport de zèle se mutila , ôc arma tinerie.

ses propres mains contre lui-meme. Herman. MUTIR. v. n. Ce mot se dit en parlant des oiseaux de

MUT

planche que ce Prince a fait graver pour servir 'd laversion qu’il a faite dune partie des Commentaires deCéíar, où il appelle un demi-tour une simple mutation.

Il le voit, dit-il, par le traníport des Enseignes, quece mouvement ne se fit pas par une simple mutationou demi-tour, mais par une révolution chorique , oucontre marche par files. M. Rollin emploie ce termeen parlant de la victoire que Manlius Alcidinus rem-porta iur les Celtibériens l’an de Rome y 66 , qui au-roit.eu de plus grandes fuites lans l’arrivée de ion suc-cesseur dans le Généralat, il dit : cette mutation desGénéraux étoitun inconvénient considérable attache ala forme du Gouvernement des Romains, mais com-pense d ailleurs par de grands avantages.

On dit aussi en Astrologie, que les divers aspectsdes astres font cause des diverses mutations de Pair.trT Mutation , en Géographie & dans les Itinéraires.ìfT On appeloit ainsi chez les Romains , des endroitsoù les Couriers publics & ceux qui voyageoient pourle service de l’État, trouvoient des relais, ôc chan-geoient de chevaux. Dans la fuite, il y en eut pour tousles Voyageurs qui vouloient payer. C’étoit à-peu-prèsla meme chose que nos Postes.fsT On couchoit ou l’on séjournoit dans les maisons.

Manfio. On relayoit dans les mutations. Mutatio.MUTE. 1 . f. Sorte de consonne. Muta. Voycç_ Muettequi est le vrai mot.

MUTILATION, s. f. Retranchement de quelque mem-bre. Mutilatio j membri amputatio. Les conclusions àpeine afflictive ne se donnent guère qu’il n’y ait muti-lation de membre. Dans la cangrène, on ordonne lamutilation 3 le retranchement du membre cangrené.Mutilation d’un bras, d une jambe.

On le dit aussi par extension, des statues , des bâti-mens qui ont quelque imperfection, quelque membrequi leur manque, qui est estropie , ou coupé , commelorsque la frise, corniche, ou architrave est inter-rompue

Mutiler , se dit aussi en Architecture, d’une corniche,dont on a retranché la saillie, ou d’une statue à laquelleil manque quelque partie. Admutilare. Alcibiade mu-tilait d’une main sacrilège les statues des Dieux. Abl.UT Mutiler un livre, un ouvrage , c’est en supprimer ,en retrancher quelques endroits.

Mutilé , ée. part. U íe dit au propre & au figuré. Mu-tilatus j mancus. Membre mutilé. Les périodes tropcoupées, ôc comme mutilées 3 estropient le sublime.Boil. Une pensée mutilée & estropiée, est une penséedont le sens n’est pas complet. Bouh. ■

MUTIME. f. m. Dieu du silence , qui étoit révéré par lesPaïens, pour en obtenir le don de garder son secret,& de retenir ses pensées cachées. Mutimus. Son nomvenoit de mutire 3 qui signifie parler entre ses dents ,comme isolant s’expliquer ouvertement. Il ne fautpas confondre ce Dieu avec la Déesse Muta , muette ,dont on a parlé ; car ces deux Divinités prélìdoicnt àdistérentes choses.

MUTIN , INE. adj. Souvent employé substantive-ment. 11 se prend en deux sens disterens , comme syno-, nime de séditieux, ou comme synonime d’obstiné.ífT Dans la première acception , il désigne celui qui estenclin a faire sédition, à se révolter. Seditiosus 3 tur-bulentus. Esprit mutin. C’étoit un peuple léger ôc mutin.Les séditions commencent par quelques mutins quiveulent secouer le joug des Loix & des Magistrats.On punit les Chefs des mutins. Il est plus usité que sonsubstantif mutinerie.

UT Dans la seconde acception , il désigne une volontérevêche qui rend intraitable, & qui fait qu’on ne veutjamais céder. Pervicax 3 contumax. Je ne comtois pas

proie, ôc signifie, se décharger le ventre, fienter : Ster-cus egerere. Richelet prétend néanmoins qu’il ne se ditplus j & qu’il faut dite fienter 3 aussi-bien des oiseauxde proie , que des poules, des pigeons , &c. ôc cela est

vrai.

MUTISME, f. m. État d’une personne muette , qui nepeut parler par quelque empêchement naturel, ou pacquelque accident.

M. Andry termine son Orthopédie par un examendes principaux vices qui concernent l’organe de la lan-gue & de la voix. Ces vices font entr’autres le mutisme,le bégayement, le bredouillement, la difficulté de pro-noncer certaines lettres ôc certaines syllabes, &c. Lemutisme qui procède d’une paralysie de la langue,peut se guérir par le suc de feuilles de vigne récem-ment exprimé, ôc pris en boist'on, & par de grandsefforts pour parler. Observations fur les Ecrits mo-

dernes 3 t. 26. p. 117.

Ce mot est analogue à plusieurs autres de notrelangue.

MUTPATENEIN. Voye-ç Emimmutpagi.

MUTSIE. f. f. Petite mesure des liqueurs dont les dé-railleurs fe servent à Amsterdam. Le mìngle se diviseen deux pintes , en quatre demi-pmtes , & en huitmutfies. ,

MUTU. f. m. Espece dc poule fort privée du Brésil, quia une crête comme un coq , tachetée de petits pointsnoirs ôc blancs. Ses œufs .-»*• gros, blancs, & li durs,i que si on les choque 1 un contre l’autte, ils raisonnent| comme du fer. On tient que qiioioue leurs os soientmortels aux chiens, ils ne nuisent point aux hommes.

MUTUEL, ELLE. adj. Terme relatif, qui se dit de ce

Pij