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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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tre j <ssc qu’on y trouvera seulement quelques idéesd’Aristote & d’Averroès fur le naturalisme ; & ailleursil dit qu’il u oppose aux meilleurs argumens pour prou-ver l’existence de Dieu , que les plus grandes fadaises,ou le naturalisme le plus impie.

|KT Naturalisme se dit dans un íens qui n a rien d’o-dieux, de la cause naturelle, de la raiíon physique d’u-ne chose. C’est aux Philosophes que nous avons l’obli-gation de nous avoir montré le naturalisme de tant dephénomènes qui eftrayoient nos peres. Mém. de Tr.fjlT M. l’Abbé Guyon donna en 1744, l’Histoire desIndes Orientales anciennes & modernes, où l'on com-

{ srend le naturalisme, la Géographie, la Religion &es Mœurs du pays &c. Par le naturalisme , il entendl’Histoire naturelle du pays. L’Autcur se jette dans lenaturalisme j il décrit le bézoard &c. Mém. de Trév.NATURALISTE, f. m. Celui qui a étudié la nature,qui connoît les êtres naturels , sur-tout ce qui regardeles métaux, minéraux, pierreries, végétaux & ani-maux. Auteur qui écrit fur ces matières. Physicus Na-ture indagator , Physicarum rerum peritus. Pline, So-lin & Théophraste, étoient de grands Naturalistes ,mais ils font tombés dans beaucoup Terreurs, corri-gées par les Naturalistes modernes. Aldrovandus est leplus ample, Sc le plus complet des Naturalistes mo-dernes. Son ouvrage a dix-lept volumes in-folio.ffN On donne encore le nom de Naturalistes à'ceux quipour toute Religion n'écoutent que la nature, quiréadmettent point de Dieu ; qui croient qu’il n’y aqu’une substance matérielle , revêtue de qualités quilui font elscntielles, en conséquence desquelles s exé-cute tout ce que nous voyons dans le monde. Bodin aété accusé avec raison d’ítre naturaliste , puisque dansson Traité du Naturalisme dont je viens de parler,Sc qui étoit le quatrième Dialogue de Ion Heptaplo-meres , il fait remporter la victoire à l’Interlocuteurqui soutient le Naturalisme. M. Huet le réfute forte-ment dans fa Démonstration Évangélique.NATURALITÉ. 1 . f. Qui ne se dit guère qu’en cettephrase, lettres de naturalité : ce font des lettres quedes étrangers obtiennent en Chancellerie , pour jouirdes privilèges des naturels habitans. Jus civitatis alie-ne. , diploma Principis civitatis extero collate. Les let-tres de natui alité doivent être vérifiées à la Chambredes Comptes & au Parlement, pour avoir leur ester.Les Suisses , les Savoyards Sc les Ecostòis n’ont pas be-soin de lettres de naturalité. Ils font réputés regni-coles.

ÍKr NATURE, f. f. Natura . que Voisins fait venir deyimiTKie , d’où s’est fait yma-xa , gnascor Sc nascor . LeP. Perron, qui ne voyoit que du Celtique partout,fait venir ce mot du Bas-Breton natur , qui signifie larncme chose. Mais n’est-il pas évident que ce motBas-Breton, vient lui-même de natura , Sc que c’estun de ces mots qui se mêlèrent au Celtique aprèsla conquête des Romains ; au moins cela peut être :ainsi, l’on ne peut assurer que natura vienne du Cel-tique natur.

fst? Quoi qu’il en soit, ce mot a chez nous plusieursacceptions tout-à-hut distérentes, de même que lemot <pcV/í des_Grecs, & le mot natura des Latins,qui lui correspondent. On développera ces disterenssens dans les articles íuivans.

AT Nature, signifie quelquefois tout l’Univers, la ma-chine du monde, l’alfemblagc de tous les êtres. Na-tura , mundi machina , orbis universus , rerum creata-rum collectio. L’Auteur de la nature a disposé touteschoses dans un ordre merveilleux. Il n’y arien en toutela nature qui ne soit admirable. La nature publie qu ily a un Dieu. Dieu a donné le branle & le mouvementà toute la nature. Le Cl. Je regarde de toutes parts. Scjne vois par-tout qu’obscurité : la nature ne m’offrerienqui ne soit matière de doute & d inquiétude. Pas c.Notre folie est de croire que toute la nature est desti-née à notre usage. Font. On dit que le soleil est l’œilde la nature , parce qu’il éclaire l’Univers. On dit qu ilest le pere de la nature, parce qu’il échauffe la terre, Scqu’il la rend féconde. On dit, il n’y a rien de si beau ou-de lì -méchant en toute la nature : c’est une hyperbole

N A T

ordinaire dont on se sert pour exagérer les choses.

Bien des gens prétendent que dans ce cas, pouréviter l’abus qui peut résulter de l’usage de ce mot, ilvaut mièux dire, tout le monde , ou iVnivefs.

Nature , dans un sens plus étroit, comprend les diversgenres des êtres créés ou incréés, spirituels ou corpo-rels. Rerum genera 3 species. La nature divine s est unieà la nature humaine dune maniéré ineffable dans le^ mystère de l’Incarnation. La nature angélique est lepremier de tous les êtres créés Sc incorporels. La na-ture humaine se dit de tous les hommes ensemble ,qui possèdent une ame spirituelle & raisonnable. LesScholastiques disent la nature naturante , Sc la naturenaturée , Natura natur ans , & natura naturata 3 en par-lant de Dieu , qui est la nature naturante , par oppo-sition aux créatures, qui font la nature naturée. La na-ture naturante est celui qui donne l'être Sc la nature àtout le reste , & tout ce qui le reçoit est la nature na-turée j mais ces termes ne se disent plus, ou presqueplus, même dans l’Ecole.

N ature , sedit plus particulièrement encore de l’ordre,du cours de la matière , Sc des caules secondes : desloix que Dieu leur a impostes, du mouvement qu’illeur a imprimé. C’est dans ce sens qu’on définit la Phy-sique, 1 etude de la nature. Simplicius pretendoit quela nature , en chaque choie , est le principe de sonmouvement. Piellus définit la nature , une loi divine ,stable Sc permanente , & qu’on ne peut enfreindre.Saint Thomas, II. Phyfic. L. XIF. text. S6. dit que' c’est une espèce d’art divin donné aux êtres, qui lesporte à la hn à laquelle ils sent déterminés. La naturen’est autre chose que cet enchaînement, cu cette fuitede causes Sc d’effets que Dieu a établie, & l’ordre qu’ila imprimé fur la face de son ouvrage. Bail. Les Chi-mistes se vantent d’être les seuls dépositaires des se-crets de la nature. Roh. Il y a des mystères dans lanature comme dans la grâce , incompréhensibles àl’esprit humain. Bou. La nature est moins obscure Scmoins mystérieuse qu’Aristote. Roh. C est dans le mê-me sens qu’on dit, que les miracles sor.t des effets au-deílùs des forces de la nature, Sc qui ne font point unefuite des loix naturelles. On prend quelquefois pourdes miracles*, les choses qui arrivent par des loix de lanature qui nous sont inconnues. On dit que l’art forcela nature par des machines mouvantes, &c. parcequelles produisent des effets qui surpassent les forces,ou le cours ordinaire de la matière.

Nature. Ce mot, selon M. Harris, a trois sens, 1 °. Dansle sens le plus étroit, il signifie la disposition des par-ties de chaque corps particulier. C’est en ce sens qu’ondit, la nature du poisson est de vivre dans Peau, i°.Dans un sens plus étendu, il signifie la disposition gé-nérale de tous les corps. En cette signification , la na-ture n’est autre chose que la providence de Dieu, puistqu’elle gouverne & dirige toutes choses par certainesrègles, ou loix, conformément à la nature des choses.3 0 . Nature se prend encore pour l’elfence de chaquechose, avec les attributs qui lui appartiennent. C’estainsi qu’on dit, c’est la nature de Dieu d ette bon. Deuscujus natura bonitas. Dans le sentiment des Carté-siens , rejetté par toiss les autres, la nature de l’ame estde penser.

Nature , se dit aussi de Faction de la Providence, duprincipe de toutes choses ; de cet esprit universel quiest répandu, qui agit en tous les corps, qui les remue,Sc qui leur donne certaines propriétés, strovidentia ,principia rerum 3 spiritus universalis. La nature n’estautre chose, que Dieu agissant lui-même, Sc selon cer-taines loix qu’il a établies. S. Evr. Appeliez destin ,nature, Intelligence, ce qui gouverne tout ici bas ,c’est toujours une sagesse infinie. Evr. Les Anciensont dit que la nature est l’art de Dieu fur la matière.Si la nature est un esprit intelligent , je l’appelleDieu. La Br. Cependant toutes ces phrases où l’onemploie le nom de nature, ne peuvent pas s’appli-quer à Dieu. On dit que la nature est industrieuse ,bizarre ou capricieuse. La nature est d’une épargneextraordinaire dans l’exécution, quoiqu’elle soit d’u-nc magnificence incroyable dans le dessein» Font. La