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H y ena dune autre espèce qui est assez semblable àcelle-ci, hormis qu’elle n’a pas le bec dentelé ; sa queueest aulìi très-courte, son pennage est d un gris cendré;les pieds font comme ceux de l’elpèce précédente.
II y en a une autre lotte qui est fort grande , & ale bec dentelé & courbé en pointe, son cou est toutcouvert de plumes en façon de poils; ses plumes fontpar-tout d’un cendré mêlé d un peu de brun, particu-lièrement fur le dos ; fa queue est très-courre Sc me-nue ; les pieds font robustes, Sc de même couleur queceux des deux dernières.
Les oies privées & sauvages se plaisent extrêmementdans les lieux marécageux, & aux environs des eaux ;elles tirent néanmoins leur nourriture des blés & desgrains, & se mettent quelquefois en lì grande troupe,qu elles gâtent en peu de tems tout un pays, à causeqtfelles arrachent les grains Sc leurs racines , & queleur fiente est fort brûlante. Dans l’Ethiopie & dans lespays septentrionaux, il y en a grande abondance, ai n stque le rapporte Olaiis Magnus , Sc principalement autans de leur couvaison, qui est au mois d'Avril, parcequ en ce tems elles viennent des pays méridionaux,Sc se retirent aux pays froids , à cause qu’elles fontd un naturel très-chaud. Les personnes qui ont voyagédans l’Amérique , rapportent que l’on y voie pareille-ment grande quantité d oies Sc de cannes, principale-ment au mois de Décembre : elles volent à la manièredes grues, Sc elles font de très-grancles traversées depays , comme le témoigne Georgius Agricola. Quandelles reviennent l’hiver, elles font leur passage, lors-que le vent souffle du septentrion au midi, parce qu au-trement il leur seroit contraire, Sc retarderait leurvoyage. Albert-le-grand dit qu elles font des cris forthaut en volant, afin d’avertir celles qui les suivent dela route quelles doivent tenir. Ambrosius ajoute à cela,que les plus fortes secourent les plus foibles, en lessoutenant Sc les attendant. Quand elles volent bas, sil'on en tire quelqu’une , Sc qu’elle tombe, les autresdescendent comme pour la ramasser. Oppien dit queles oies íe mettent dans le bec quelque petit cailloupour s’empêcher de crier, lorsqu’clles paílènt le montTaurus , dans lequel il y a grande quantité d’aigles.
Les oies sauvages du château de Pirou en Baílê-Nor-mandie font célèbres. Au pied des murailles de ce châ-teau on compte dix-huit ou vingt niches de pierre,est l’on a foin tous les ans^de mettre des nids faits depaille ou de foin pour les oies sauvages , qui ne man-quent pas le premier jour de Mars de venir la nuitfaire plusieurs rondes autour du château, pourvoir auclair de la lune Sc des étoiles, si leurs nids font prêts :les jours suivans elles prennent possession des nids quileur semblent les plus mollets Sc les plus commodes :ce qui ne se fait pas lans coup férir. Quelquefois àgrands coups d’ongles Sc de bec, ces oiseaux se mettenttout en sang. Quand tous ces nids font pris par les plusbraves d’entre les oies , on en met six ou sept autressiu les parapets des murailles, qui ne demeurent paslong-tems vides. Comme ces murailles font extraor-dinan ement hautes, les oies qui y couvent, ne man-quent pas, dès que leurs petits font éclos, d’avertir encriant, qu’on vjenne les descendre dans le folié ; quesi on ne leur rend pas ce bon office, les meres y des-cendent elles-mêmes, & étendant leurs ailes , reçoi-vent leurs petits à la descente, de crainte qu’ils ne le
blessent. ^
Chaque oie a son mâle auprès d elle ; Sc il est remar-,quable que ce sont de véritables oies sauvages • quequelquefois il ne parait aucun de ces ciseaux dans lescampagnes voisines, pendant qu il y en a des milliersqui flottent fur les lacs de Pirou.
Quand ces oiseaux sont hors du chateau, on ne sau-rait approcher de six cens pas fans les faire envoler ;mais quand ils sont dans le château , cessant pour 1 a-mourde leur hôte d'êtresauvages, ns viennent pren-dre du pain Sc de l’avoine à la main ; Sc quoique 1 oncne, ou que l’on tire des coups de fulsis dans les cours,-ilsues’en effarouchent point. Ils couvent depuis lecommencement de Mars jusques dans le mois deMai. Lorsque leurs petits font assez forts pour les
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suivre, ils les dérobent la nuit, Sc se retirent par desfaux-fuyans dans les lacs prochains, pour ne revenirque satinée suivante.
Les spéculatifs du pays prétendent ( comme on ledit en Suisse & en Hollande des Cygognes ) que c estun bon signe , quand il vient à Pirou grand nombred 'oiessauvages. Le Seigneur de ce château a grand soinque leurs nids soient bien mollets, Sc que la nourri-ture ne manque point.
J’ai connu un vieux Gentilhomme Bas-Normand,qui disoit, quêtant enfant, il avoir appris à lire dansune très-ancienne Chronique , qui rapportoit quequand il nailsoit un garçon dans l’illustre maison dePirou , les mâles de ces oies paroiíTòient revêtus deplumes grises, Sc prenoient le dessus du pavé dans lescours du château ; mais quand c’étoit une fille, les fe-melles en plumes plus blanches que neige, prenoientla droite fur les mâles. Que si cette fille devoir être re-ligieuse , on remarquoit une de ces oies entre les au-tres , qui ne nichoit point ; mais demeurait solitairedans un coin, mangeant peu, Sc soupirant dans soncœur, je ne sai pourquoi. De Vign. Mar.
On dit tirer so/e, pour exprimer une sorte d’exer-cice que font les bateliers, en attachant à une cordefur la rivière une oie en vie, qu’ils sont obligés d’arra-cher par morceaux avec les dents. Ac. Franc.
Oie d’Ecosse , Anser Soticus , est un oiseau qui est ap-pelé dans le pays Solendguse. Cette espèce i’oie est pluspetite que l’oie nonette ; mais par la figure Sc par lavoix, elle lui est tout-à-fait semblable. Elle fait sonnid dans la mer d’Ecosse dans les rochers élevés defile de Bas. Dans tous les autres Royaumes de l’An-gleterre, il ne s’en rencontre point ; cette oie aimeses petits avec tant de tendresse , que lorsque les en-fuis de ce pays vont pour les dénicher, ils ne le peu-vent faire fans péril de leur vie. Elle a tant de graisse,que l’on ne peut voir d’oiseau plus gras, Sc les Ecoí-íois s’en fervent à la composition de plusieurs excel-lens remèdes : elles ne s’éloignent de file de Bas que desix mille pour le plus, en telle forte que cet oiseausemble être propre à cette île seulement, & particu-lièrement près du fleuve Furt, qui coule près de la villed’Edimbourg dans FEcosse.
Oie Nonette , en Latin, Vulpanser y est de la taille Scde figure d’une oie ordinaire , Sc ce surnom lui vientde ce que son pennage est divisé comme l’habit d’uneNone. Elle est plus petite qu’une oie , mais plusgrande qu’un canard ; elle a les plumes du dessus de latête, du derrière du cou & du devant de l’estomac fortnoires ; depuis le dessous du bec devant le gosier jus-qu a la moitié du cou, Sc au-deslous des yeux elle estblanche ; fa queue est courte Sc noire ; ses ailes, ainsique le dessus de son dos, sont de couleur plombée;elle a des plumes madrées aux deux côtés de ses cuisses,comme l’oie Sc la canne de mer ; elle est haut enjam-bée; ses pieds font plats, larges Sc très-noirs, commeses jambes, son bec Sc ses yeux ; son bec est rond Scplus court que celui de l’oie. Quand elle s’apperçoitque quelqu’un a trouvé ses petits, elle y court, Scfait comme si elle se vouloit laisser prendre, ou commesi elle avoir une aile ou la jambe rompue ; Sc pendantque l’on s’amuíe à la poursuivre, se s petits s échappent,Sc lorsqu’elle s’en volt éloignée, elle prend son vol àson ordinaire. La perdrix rouge, aufsi-bien que lagrise , en font de meme.
Merde d’Oif. , est une couleur jaunâtre mêlée de vert,qui ressemble à Fexcrément des oies.
Patte d’Oie, en termes de Jardinage, se dit de troisallées qui viennent aboutir en un même centre. Pal-ma anserina. Il y a une patte d’oie dans le jardin deChamlmay, qui est fort belle. Liger.
Petite Oie , est ce qu’on retranche d’une oie , quand oul’habille pour la faire rôtir, comme les pieds, les boutsd’ailes, le cou, le foie. Volatilium minuta,partes.
Petite Oie , sc dit figurément des rubans Sc garnituresSc ornemens qui rendent un habillement complet. Os-natus adjeclus. La petite oie coûte souvent plus q llC1 habit. La petite oie consiste dans les rubans pour gar-nir l’habit, le chapeau, le nœud d’épée , les bas, les
gauds,