O I G
ganeis , &c. Que vous semble de ma petite oie ? Moi.
On appelle petite-oie , en termes de galanterie , lesprivautés qu’on prend avec une femme, les menuesfaveurs qu’on en obtient avant la dernière.
On appelle jeu de Voie celui qu on joue avec deuxdés, fur une carte où il y a 63 cases ou cellules diver-sement marquées, & qui ont des figures d oies dispo-sées de neuf en neuf. Anserinus ludus. Le jeu de Yoleest, dit-on renouvelle des Grecs.
Hërbe aux oies. Plante qu’on appelle autrementArgentine. Argentïna. Voye^ Argentine.
Oie se dit dans quelques phrases en termes du grand Art.Oies d’ Hermes j c est le Mercure Philosophai. Oied’Hermogene , c’est la matière qui s’élève étant blan-che , après que la noirceur est paliée.
Proverbialement un conte fait à plaisir, une fable ,telle qu’on en dit aux enfans, s’appelle un conte de mamere Voie ■ parce qu’il y a de ces contes, où l’on fait agirSc parler une mere oie , une vieille oie .
Et ne m’esmeut non plus quand leur discours fourvoie ,Que d.’un conte d’Urgande , ou de ma mere V oie.
Reg.
Mouiller en pate A’oie. Terme de Marine ; c’est degros tems mouiller trois ancres, une au vent, les autresà tribord & à bas bord de celle-là, eníorte que lestrois ancres soient disposées en triangle, ce qui figurepâte d’oie j au dire des matelots. Guiliet.fM” Oie d’Amérique ou Toucan, terme d’Astronomie.C’est une constellation très - méridionale, fous le PôleAntarctique, du nombre de celles qui ont été nouvel-lement découvertes, & qu’on ne voit point dans nosclimats. On l’appelle aníli Toucan.
OIE. Nom d’une île de la mer de Gascogne. Ogïa , O gla-ça > Ogea. Elle est fur la côte orientale de llle dc Ré.Oie est fort petite, & n a rien de considérable. Maty.Oie. Nom d’un bourg avec un bon château. Oya. 11 estdans le pays reconquis, en Picardie , entre Calais.&Graveline, à deux lieues de la première, Sc à une dela dernière. Oie donne le nom au Comté d’Oie, dontCalais est la capitale. Maty.
O I G.
OlGNEMENT. f. m. Action par laquelle on oint,on par-semé. Unclio j inunclio , unelura. Le lavement & l’oi-fnement des pieds ctoit une honnêteté que les JuifsLiifoìent à leurs hôtes, à ceux qu’ils vouloient hono-h er > connue celui que fit la Magdelène au Sauveur,seieu ordonna à Moïse de composer cet oignement dediverses fortes d’aromares , dont Maimonidcs fait la^delcription. République des Hch. de Cunnus.
J Ce mot ne sc dit point, & devroit sc dire, puisquenous n’en avons point d’autre qui exprime la mêmec hosc. Nous avons besoin de termes pour toutes les*dées que nous voulons exprimer. C’est cette pluralitédes mots, qui vient de la diversité, qui fait la richessede la langue. Le mot d’onclion qui lignifie la mêmeenosc, paro'ìt restreint par l’ufage à quelques pratiquesde religion , soit dans l’administration de certains Sa-Oîr\ mCns -doit dans quelques cérémonies de l’Eghíé.l GNON. fi m . Quelques-uns écrivent ognon. Cega ,ce pe. Plante potagère bulbeuse, dont les feuillessent hftuleuscs, étroites, longues d’un pied, acres aug0u ',‘ 11 s’élève d’entre ces feuilles une tige nue, droite,vers *1 ' ■ te d’environ trois ou quatre pieds, grosse
c j e n c milieu, portant en son sommet un bouqueteUlS Com P°sces chacune de six feuilles blanchesrond* 1 d* 111 mes,disposées en rond. Son fruit est presque011e VC dc Uois coins, rempli de semences pref-rie en fi. J noir «res. Sa racine est une bulbe qui va-menr ro.AT ’ en golfeur , & en couleur, ordinaire-Peaux rouaese ^^Iquesois oblongue , composée de- f ou blanches, appliquées les unes fur les
autres dune odeur sorte &désagréable, d’un goût
Ceue rarine^esv’ r ' 1 ” 112 en dessous de quelques fibres.r ln t; t • °A nor > qu’on emploie dans les cui-
vulgaris - C - 1,y ^ pIu -
O I G Z2I
sieurs aUtres espèces d’oignon. La ciboule est plus forteque Y oignon rond. L‘oignon roux est plus fort que leblanc , 1e íec que le verd, le cru que le cuit, 011 quecelui qui est confit au sel. Les oignons ascalonitess’appellent échalottes. Cepula ascalonia. Les oignonsfendus , íonr ceux qu’on tond au primeurs, & qu’onfend par le bas pour les faire regermer. Les oignonssecliles sont ceux qu’on plante en quartiers, qui oncplus de peine à germer. Il y en a de gros, de petits ,de longs, de ronds , Sc de plats. Il y en a de rouges,dc rouísátres, de verts, & de blancs, & ceux-ci sontles meilleurs. Une longue botte d 'oignons s’appelleglane > Cepelegium. Une loupe à Y oignon refait la têted’un ivrogne. La sauce à Robert est faite d’oignon &de moutarde.
Les Egyptiens ont adoré les oignons & les ciboules.
En bannie 1368, Alphonse Roi de Castille, fit unOrdre de Chevalerie qu’il appela l’Ordre de la Bande.Il leu r défendit par les statues de manger des aulx, nides oignons , & ordonna que les contrevenans s’abstien-droient pendant un mois de pratiquer la Cour, ni lesautres Chevaliers. Matth. Vie de Louis XI. Liv. VI*aux Apostilles*
Ménage dit que ce mot vient de uniones , parcequ’ils nom qu’une tête, après le témoignage de Co-lumella , qui emploie ce mot en la même signification.Il vient plutôt du mot Celtique , ou Bas-Breton P en.oignon. Cep a bulbus , cepa caput bulbaceum qui li-gnifie la même chose.
Oignon , le dit auísi des racines dés plantes bulbeuses.Bulbus j bulbesa radix. Un oignon de tulipe. Un oignonde lis. Un oignon de safran. Cette tulipe est venue degraine, & celle-là à’oignon. Dans un oignon du tulipe,avec un bon microscope , dès le mois de Janvier, onvoit en petit les six feuilles de la Heur, la tige, le pistilqui doit porter la graine, & les petits filets qui portentles étamines.
$3* Cette malfe charnue d’où sortent les plantes qne l’onappelle particulièrement bulbeuses , est formée de cou-ches qui s’enveloppent les unes les antres. De ce genresont les poireaux, les oignons qu’on emploie dans lescuìiines, les jacinthes, les narciíles. D’autres, commeplusieurs espaces de lis, ont leur bulbe formée enécailles. Cette substance qui forme le corps de la bulbe,ne doit pas être regardée comme une vraie racine. Ondoit plutôt la regarder comme un bouton qui ren-ferme en petit les productions qui doivent le déve-lopper au primeurs. La vraie racine est une espèce deplateau charnu qui supporte Y oignon. C est cette par-tie qui donne naissance aux racines chevelues.
(CT Les Jardiniers nomment encore assez improprement,tantôt oignons , tantôt tubercules , des productionssemblables, pour la forme, aux vrais oignons ; maisqui en diffèrent en ce que leur Insistance intérieure estuniforme, comme la chair d’une pomme, & qu’ellen’est formée ni par écailles, ni par couches, commeles vrais oignons , par exemple, le crocus.
sT Ces eípèccs à’oignons Ont leurs boutons à leur sur-face , ainlì que les plantes qui ne sont vivaces que parleurs racines ; Sc comme les feuilles de ces oignonsprennent leur origine du plateau, M. Duhamel inclineà les regarder, avec M. de Juisieu , comme des tiges,ou à peu-près de la même nature que les racines char-nues. Voye\ Racine.
Il y a à la Chine une espèce d 'oignon qui ne vientpoint de graine comme ceux d’Enropez mais à la findc la saison on voit sortir de petits fil amen s_ fur lapointe, otiíur la tige des feuilles, au milieu defquellessc forme un oignon blanc, semblable à celui qui germedans la terre. Ce petit oignon pousse avec le rems desfeuilles, comme celles qui le soutiennent, lesquellesà leur tour portent un troisième oignon fur leur pointe ;de manière néanmoins que leur groíleur & leur hau-teur diminuent à meíure qu ils s éloignent de la terre.Il semble que ce loit un ouvrage de l’art, tant il y ad’ordre & de proportion dans ces disterens étages ; ouque la nature ait voulu nous apprendre, que même ensc jouant, elle est plus parfaite que l’art le mieux en-tendu & le plus régulier. p. le Comte.
Sf