352 O P I
OPHTHALMIQUE. adj. Qui concerne les yeux. Oph-thalmicus. Les Médecins font plulìcurs eaux & remedescphthalmiques. Les plantes ophthalmiques. La racineSc l’herbe de l’œillet, ont une vertu ophthalmique.Académie Leopold. Dec. III . An, I. p. 244. On faitun excellent remède ophthalmique avec le sucre deSaturne. Ibid. p. 227. Nerf ophthalmique,
La cinquième paire de nerfs se divise en trois bran-ches, dont) a première est appelée ophthalmique. Dio-nis. Ce premier rameau est appelé ophthalmique , parcequ il va à l’œil. Il se divise en deux branches , aprèsavoir donné plusieurs petits filets, qui entourent lenerf optique , & qui íè distribuent à la choroïde. Laplus groíle de ces branches fe divise encore en deux,dont lune fort par un trou que l’on appelle Orbitaireexterne , & sature par le trou surcilier, en se perdantdans les muscles du front & dans l’orbiculaire des pau-pières , à la glande lacrymale & au sac nasal. La der-nière branche partant par le trou orbitaire interne, vase perdre sur les membranes des lames oiseuses du nez.Dionis.
OPHTHALMOGRAPHIE. s. f.Termed’Anatomie. C estune partie de l'Anatomie, qui traite de la compositiondel’œil, & de Pusage de ses parties, Sc des principauxeffets de la vision. Plempius a fait un excellent livre deY op hthalmographie. Guillaume Briggs , Anglois, en afait un autre depuis, fous le meme titre.
Ce mot est Grec, & vient dïipflettyios, tx.il ,& de■j-pai p>i, description.
OPHTHALMOSCOPIE. s. f. C’est une partie de la Phy-sionomie ; Sc celle qui considère les yeux d une per-sonne pour en tirer la connoiísance de son tempéra-ment , de son humeur r de ses mœurs. Ophthalmosco-pia. Naudé emploie ce mot dans son Mascurat,p. 60 7.
OPHTHALMOXYSTRE.s. m. Instrument de Chirurgie.Brosièpourla scarification des paupières, faite avec desépis d’orge. D 'opflatytoqasi/ , Sc ratijse 3 je racle.
O P I.
OPIAT. f. m. quelquefois OPIATE. Terme de Pharma-cie. O piatum, C est un nom qu’on donne souvent auxconfessions, antidotes & clectuaires, quoiqu'on ne ledût donner qu aux compositions molles, dans lesquellesentre Yopium qui leur a donné Ion nom. C’est en géné-ral un remède interne diversement composé de pou-dres , de pulpes, de liqueurs, ou de miel, réduits enconsistance molle , Sc propre à être enfermée dans despots. On vante fort Yopiate de Salomon, ainsi nomméed’un certain Médecin qui portoit ce nom, laquelle áété premièrement mise par écrit par Laurent Joubert.
f[C f On appelle ausiì opiat une certaine pâte & une cer-taine poudre rouge dont on se sert pour nettoyer lesdents. On fait des opiates qu’on appelle incarnâmes 3pour incarner les dents Sc les gencives , avec de l’alunde plume, des balaustes Sc du Sumach ; du bois d’alocs,du souchet, de la myrrhe Sc du mastic qu’on réduiten poudre.
OPICONS 1 VES. C f. pi. Terme d’Histoire. Opiconfìva.Nom d une fête qu’on célébroit à Rome le huitièmedevant les Calendes de Septembre, ou le 25 d’Août à1 honneur e a Deelle Opiconfìva j c’est-à-dire, de laDéesse Opis f qm H nommoit aussi Confira , de conse-ro 3 parce qu elle paíioit pour l’inventrice de l’Agricul-ture. Cette Deelle avoit un Oratoire fur le mont Pala-tin , où il n’y avoit que le Prêtre & l cs Vestales quipussent entrer. Varron parle de cette fête au livre 5 dela langue Latine. Et Volhus, de Idolol. L. II 3 c . jS’.
OPIGÈNE. f. f. Surnom de Junon, qui vient àlops , opis 3secours. Opigena. Les Dames Romaines honoroientJunon fous le nom à’Opigène 3 parce qu elles croyoienten être assistées Sc secourues dans leurs couches. Fes-tus 3 du Latin ope/n gerere.
& 3 T/PILATIF, IVE, ou OPPILATIF. adj. Oppïlatìvus 3obfiruclivus , oppilans. Qui a la qualité de boucher lespartages, les conduits du corps des animaux. Les vian-des visqueuses, difficiles à digérer, font opilatives ,ne coulent pas aisément, s’arrêtent à l’embouchure desvain eaux.
QPILATION, OPPILATION. f. f. Oppilatio 3 ob-
O P I
struclìo. Obstruction des passages ou des conduits quiservent aux fonctions animales. Une opilation de foie,de rate.
A? OPILER, ou OPPILER, v. a. Boucher les conduitsdu corps, empêcher le partage des humeurs. Oppilare ,obftruere , offercire. Ces alimenssont capables a 0pilerla rate , d’en boucher les vaisseaux Sc les conduits. Onle trouve quelquefois employé dans un sens figuré.
|CF II nous fallut malgré nos dentsTronquer un repas d’importanceOne ne le pûmes acheverDont deuil plus cuisant nous oppileQue fi. nous avions vu creverToutes les vieilles de la ville. Sénecé.
$3 OPILÉ, OPPILÉ, ÉE. part. Obfiruclus , oppilatus.
OPIME, adj. Riche , abondant. Terme d’Antiquité. Onappeloit dépouilles opimes celles que remportoit leChef de 1 armée Romaine fur le Général des ennemis^après lavoir tué de fa main. Spolia opima. Opime nese dit que dans la phrase qu’on vient de lire.
A 3 Ce mot vient d ‘opimus 3 abondant. Ager opimus jchamp fertile, d’un grand rapport. Opima spolia , des:dépouilles par excellence. On les consacroit à JupiterFérétrien.
OPIMIUS , A. s. m. Sc f. Nom d’une famille de l an-cienne Rome. Opimius , a. Les Médailles écriventOpei. Opeim. Opeimi. La famille Opimia, dont il est:souvent parle dans les Écrivains Romains étoit Plé-béienne. Il y eut un L. Opimius Nepos Consul avecQ. Fab. Maximus , l’an de Rome 63 1. Le vin fut si boncette année-là, qu’il parta en proverbe d’appeler toutbon vin, du vin Opimien , ou d'Opimius. Opimianumvinum. Pline, L. XIF, c.4 3 & r4. Les Inscriptionsfont aussi mention des Opimies. Foye^ GruteiyCXZA^7 j & CDXLF 3 7.
OPINANT, f. m. Celui qui opine dans une délibération.'Opinans , opinator. Ils étoient trente opinans en cetteassemblée , qui ont tous donné leur voix en faveurd’une telle proposition.
’sT Les Romains appeloient opinatores 3 opinateurs, ceque nous nommons Commissaires des vivres , Vivriers.Foyet^ ces mots.
OPINER, v. n. Donner son suffrage, dire son avis, dansune élection , dans une délibération, ou une consulta-tion de Juges, d’Avocats, de Docteurs, de Médecins.'Sententiam dicere. La moitié des Juges opinèrent à lamort. Ma cause étoit si claire, qu’on n’a opiné quedu bonnet. Lcs Médecins consultés ont opiné à la sai-gnée. Ces Avocats ont opiné à recommencer la procé-dure. On fit cette élection de vive voix, Sc la plupartopinèrent en faveur d’un tel. Pour bien opiner , cen’est pas allez de dire son avis , il faut l’appuyer deraisons.
§3 Opiner du bonnet 3 c’est être de l’avis des autresfans y rien ajouter ni diminuer ; parce qu’un Juge nefait qu’ôter son bonnet, sans rien dire, quand il est del’avis de ceux qui ont opiné avant lui.
§ 3 'Opiner de la main. Manière d’opiner en uíàge chezles Athéniens, en étendant la main vers le Magistratqu’ils élisoient, ou vers l’Orateur dont ils suivoientl’avis. C’est ce qu’ils appeloient XiipoTovia. Porriguntmanus 3 dit Cicéron en fe moquant de cette manièred ’opiner 3 qui n’est appuyée fur aucune raison, 8c pse-phisma natum est. Ils étendent les mains ; Sc voilà undécret rendu.
A 3 OPINIATRE, adj. quelquefois f. Ce mot n’est pointsynonyme d entete, d’obstiné, de têtu, comme on 1®dit dans nos Dictionnaires. L’hommc opiniâtre est pro-prement celui qui est trop attaché à ion sens par uneconstance mal entendue qui le confirme dans ses vo-lontés , & qui lui faisant trouver de la honte à avouerle tort qu il a, l’empêche de se rétracter. Pervicax 3pertinax. Opiniâtre Sc obstiné 3 dit M. l’Abbé Girard,designent un défaut plus fondé fur une volonté reve-rs que fur une conviction d’esprit ; & dont l’cffetparticulier tend directement à ne íè point rendre ausens des autres, malgré toutes les lumières contraires >
av«c