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point : elles s’embarrassent mutuellement, quand onles confond. Chez les Romains , il y avoir Yordre desSénateurs , celui des Chevaliers , ôc celui du peuple.On dit aullì tous les ordres du Royaume ; pour diretoutes les conditions. Les Gens d’églile, les Gens d’é-pée , les Gens de robe, les Marchands 3 les Artisans,les Laboureurs, &c.
%Cs' A bon droit 3 dit Y Ami des hommes, les Ministresde la Religion ont-ils le premier rang dans une So-ciété bien ordonnée ì La Religion est fans contredit, lepremier & le plus utile frein de l’humanité. C’est lepremier relîort de la civilisation.... Après les Minis-tres de la Religion, viennent de droit les Défenseursde la Patrie. Sans la Religion , les assemblées d’hom-mes n’euffent jamais pris forme de société ; sans la va-leur de les défenseurs, la société eût été auffitôt dis-persée qu’établie; & fans les loix, les pallions l’au-roient détruite aullì promptement que les efforts exté-rieurs. Ceux qui font préposés au maintien ôc à l’exé-cution des loix, ont donc, après les deux premiersordres 3 une prééminence fondée en droit ôc en raisonindispensable.... Il falloit des Magistrats aux villes.C’est ainsi que la Magistrature est à la tête du Tiers-Érat, ôc le représente.
Crenier , íe dit aullì de la bonne disposition que chacunmet dans les affaires, relativement au manîment deson bien ôc de son négoce. Œconomia 3 difpojìtio. Lebon ordre est celui qui maintient le bien, la maiion ôcla fortune. Les livres d ’1111 Marchand qui ne font pointen bon ordre 3 ne font point de foi en Justice. En cesens on dit : c’est un homme d ’ordre , il aime Y ordre 3il donne ordre à ses affaires. On dit aullì qu’un hom-me est bien en ordre , ou mal en ordre, selon qu’il estriche ou pauvre, qu’il est bien ou mal vêtu, meubléou équipé, selon qu’il est bien ou mal dans ses affai-res. On dit la même chose des maisons ôc des familles,ou des terres bien ou mal cultivées.
A3Ordre, lignifie aullì presque en ce sens , remèdes,précaution; pr&cautïo, remedium. Cet homme ne laitplus quel ordre il peut mettre à les affaires, quel re-mède il y peut apporter. Il faut mettre ordre à cettefluxion, íe précautionner par la laignée, de peur quellene tombe fur la poitrine. Mettre ordre 3 donner ordre,c’est pourvoir.
Ordre j signifie aullì les loix, la police, les réglemensqui entretiennent un Etat, une ville, une communau-té en paix, en splendeur. Disciplina 3 civilis ,vel po-liticum institutum. Ce font les bonnes loix qui main-tiennent Yordre dans un état. Un bon Magistrat doit ré-tablir Y ordre par tout; contenir le píuple dans Yordre 3dans le devoir; ne faire rien, ne souffrir rien que dans
I ’ordre. La plus rigoureuse justice n’est pas un moyenaullì lûr de maintenir Yordre, que la volonté mutuelledc la garder. M. Esp. La Religion est la mere de lasubordination ôc de Y ordre : ôc de-là naît la félicité pu-blique. Fiéch. Lc bon ordre au-dedans d’un Royaume,le met en état de ne rien craindre au dehors. M. Scud.On dit qu’ur.e procédure est dans Y ordre, dans les rè-gles , c’est-à-dire, selon les formes requises.
Ordre, signifie aullì commandement d’un Supérieur,de Dieu , du Roi, ôc de ses Ministres.' Facultas 3 po-testas j mandatum. Les ordres du Ciel font toujoursexécutés. Les ordres ôc les arrêts de 1 équité font tem-pérés par la douceur, fouie. Il faut qu on obéisse ponc-tuellement aux ordres du ReL Un Ambassadeur, enexécutant les ordres dc ion Maître, doit agir cl une ma-nière qui justifie fa propre conduite, lors meme qu’onn’approuve pas les prétentions de son Maître. Wicq.
II est venu ordre sur ordre de faire marcher 1 armée.Cet Exempt ne peut faire autre chose, il a son ordrepar écrit. Cet homme a été exilé par ordre de la Cour,par une lettre de cachet. On appelle contre-ordre, larévocation d’un ordre 3 un ordre contraire. Ce Courti-san est disgracié. Il demeurera dans ses terres jusqu ànouvel ordre , c’est-à- dire, jusqu’à ce qu’on lui donneordre ou permillìon dc revenir à la Cour.
ÇCT Ordre , Règ[ e% Synonymes. Ils font l’un & l’autreune sage disposition des choses ; mais le mot d ’'ordre aplus de rapport à l’effct qui résulte de cette diíposi-
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tion ; ôc celui de règle en a davantage à l’autorite ôc aamodèle, qui conduisent la diípolition. On observe Yor-dre : on suit la règle. Le premier est un effet de la se-conde. Syn. Franc.
Ordre. Commandement, précepte , injonction ,juffîon. Ordre ôc commandement sont de l’ulagc ordi-naire ; précepte du style doctrinal ; injonction ôc jujstonsont des termes de Jurisprudence ôc de Chancellerie.Le mot de commandement exprime avec plus de forcel’exercice de l’autorité : on commande pour être obéi.Celui d ’ordre a plus de rapport à l’instruction du subal-terne. On donne des ordres afin qu’ils soient exécutés.
fCP Ordre , signifie aullì, mandement, commìllïon quinous donne pouvoir de faire quelque chose. Manda-tum , licentia, provincia. Un Procureur, un Agentqui fait quelque chose sans ordre, fans pouvoir , fansprocuration, est sujet à désaveu. Cette lettre de chan-ge est payable à un tel, ou à son ordre , pour dire à sonmandement, à sa rescription. Lettre payable au por-teur ou à ordre.
On dit parmi les Banquiers ôc gens d’affaires : vouspayerez à un tel, ou à son ordre , pour dire : Vous paye-rez à un tel, ou à celui qu’il substituera en fa place. Ac.Franç.
§3° L’Ordre dans ce sens est un endossement ou écritfuccint que l’on met au dos d’une lettre ou billet dcchange , pour en faire le transport, ôc la rendre paya-ble à un autre : un transport ou cession que l’on fait àun autre , d’un effet commerçable, en mettant au dos:pour moi, payez à . . . valeur reçue dudit sieur.
Ordre , en termes de Théologie , se dit des Anges Ôc desEsprits bienheureux. Ordines Angelorum. Les Séra-phins font d’un ordre supérieur aux Chérubins. LesAnges font divisés en trois hiérarchies, dont chacunea trois ordres , qui font les neuf chœurs des Anges. Ily a au ciel plusieurs dégrés de gloire, divers ordres desBienheureux. V ordre de 1a grâce prévaut fur Y ordre dcla nature.
§3“ Dans l’Église, on dit Y ordre hiérarchique, pourmarquer les différens dégrés de dignité, d’autorité ôcdc juridiction.
H3° On dit figurément, un esprit du premier ordre 3 pourdire , lublime, bien au-dellìis du commun.
Ordre. f. m. singulier , ou Ordres, f. m. pf Le sixiè-me des Sacremens de l’Église Catholique, qui don-ne un caractère particulier aux Ecclésiastiques, lorí-qu’ils fe consacrent au service de Dieu. SacramentumOrdinis. Anciennement ordres , pour Sacrement,etoit indifféremment masculin ou féminin. Aujour-d hui il est toujours du masculin ; ôc ce n’est qu’unvieil usage qui fait.dire, les Saintes Ordres. Mén.Corn. Le Concile de Trente oblige , fous peine d’a-nathême, de croire qu’il y a sept ordres dans l’Église.L’Epifcopat n’y est point compris. On distingue lesordres en séculiers , ou mineurs ,- ôc en ordres ma-jeurs, ou sacrés. Les quatre ordres mineurs font celuide Portier, d’Exorcisle, de Lecteur ôc d’Acolythe.On les appelle autrement les quatre Mineurs , ou lesquatre moindres, on sous-entend Charges de /’ Eglise.Ceux qui ont pris les ordres mineurs sc peuvent ma-rier sans dilpense. On ne regarde plus ces ordres mi-neurs que comme des formalités ôc des dégrés néces-saires pour monter aux ordres supérieurs : cependantle Concile de Trente ne voulant pas qu’on les regardâtcomme des titres vains, ôc leurs fonctions commedes antiquités hors d’ufage, a enjoint que ceux qui lesreçoivent, entendent au moins le Latin, ôc recom-mande aux Evêques d’observer les intervalles pour lesconférer, afin de donner aux Clercs le loisir d’exer-cer les fonctions de chaque ordre , mais en même-tems, il laille aux Evêques la liberté de dispenser deces règles, enforte que bien souvent ils confèrent cesqUatre ordres eu un même jour, ôc l’on n’en fait com-mencer 1 exercice que pour la forme dans l’ordination.Fleury. Les Grecs ne connoissent point les trois or -dres mineurs de Portier , d’Exorciste & d’Acolythe ;mais ils font palier immédiatement le Lecteur au f°u-diaconat, comme il est manifeste par les intersticesmarqués dans le Concile VIII e , tenu l’an 870 . On trou-