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pêche aux filetsqu’on nomme orphilières, ou haran-guières , parce qu’ils servent également à la pèche desorphies Sc des harangs.
§ 3 * ORPHIQUE, s. m. Nom fous lequel étoient con-nus , dans l’antiquité, certains Philosophes mystiques,dont la secte profeisoit une morale & des dogmesqu’ellc prétendent avoir reçus d’Orphée. Comme ad-jectif, ce mot se diedes dogmes & des mystères dontcet Orphée paífoit pour auteur. On appelle chez lesSavans une vie orphique , celle qui est sage, réglée,Sc où l’on pratique les vertus. M. l’Abbé Fraguier afait une savante diílèrtation sur la vie orphique. On latrouve dans l’Histoire de l’Académie Royale des In-scriptions & Belles-Lettres, T. III. Il y fait voir quela vie orphique dont parle Platon, ne consiste pas feu-lement à se priver pour sa nourriture, des choses ani-mées, comme le dit ce Philosophe , mais que íuivantle sentiment d’Euripide, dans l’Hippoloste, dont ilrapporte ce palsage, il y avoit trois points qui consti-tuoient la vie orphique j savoir, la Religion, l’Etude,& l’Abstinence. Cette vie orphique tire son nom d’Or-phée , ce célèbre Musicien Sc Joueur d’instrumens,dont parlent tant les Poctes, & dont toutes les chosesextraordinaires qu’ils ont attribuées à lui & à fa lyre,réduites à leur juste valeur , signifient qu’Orphee parla douceur & 1 harmonie de fa voix Le de ses instru-mens, & peut-être encore plus par Ion éloquence na-turelle, gagna fur les peuples de la Thrace de neplus s’entreruer, ni s’entremanger, comme ils fai-soient; Sc de peur qu’ils ne retournassent à cette bar-barie , il leur fit un devoir de Religion, non-seule-ment de ne plus s’entremanger, mais même de nemanger d’aucune chose qui eût eu vie. Il leur inspiraen outre , l’amour de l'étude, afin de les détacher desvices, Sc qu’ils pussent s’instruire de la manière de vi-vre policée des autres nations ; en sorte que c’est l’ob-servadon de ces trois articles, la Religion,l’Abstinen-ce & l’Etude, qui font ce qu’on appelle une vie or-phique.
Orphiques, adj. f. pi. C’est un surnom des Orgies deBacchus , qui leur a été donné en mémoire de ce qu’Or-phée avoit perdu la vie dans la célébration des Orgies.D autres ditent , parce qu’Orphée avoit apporté d’E-gypte les mystères des Orgies.
ORPHNÉE. f. m. Nom de 1 un des chevaux de Pluton.Orphneus. Ce mot lignifie ténébreux,ào. ténèbres,
obscurité.
ORPIMENT, s. m. ou OR PIN. C’est un minéraljaune tirant sur le brun. Les Latins l’appellent auripig-'mentum. On le trouve dans les mines d or, Sc plus or-dinairement dans les mines de cuivre. Il est fait d ti-ne exhalaison qui semble brûlée. Celui qui est de cou-leur d’or. Sc qui fe lève par écailles, comme le talc , estle meilleur. Celui qui tire fur le rouge , ou la sandara-que , Sc est onctueux , est le moindre. La sandaraqueSc l ’orpiment ne diffèrent qu’cn couleur. La sandara-que est plus cuite & plus rouge ; ce qui paroît cn ceque quand on pousse l ’orpiment au feu , il devient san-daraque, & alors quelques-uns Rappellent *orpin rou-ge. On tient que Yorpin est une marque assurée duneanine d’or, parce qu il y a toujours quelque petite par-tie d’or dans Yorpin. On en fait trois espèces ; le blanc,qui est Y arsenic ; le jaune, qui est le vrai orpiment ;Sc le rouge, qui est le réalgal. On en fait aussi d’arti-ficiel, qui est le blanc, en le mêlant avec du sol, & enle cuisant & le sublimant, comme on fait dans la Chi-mie. Pline dit qu’un Empereur en rira de 1 or, en en fai-sant fondre une grande quantitcpnais que cela ne valoirpas les frais. C’est au reste un poison corrosif, quiproduit des effets très-violents Sc mortels, fi l on n’estsecouru promptement. Les Indiens emploient avecsuccès contre les fièvres, l’aconit, corrige dans de Bu-rine de vache, & Y orpiment corrige dans le suc delimon. Lettres Édifiantes , IX, Rcc.p. 426.
Orpiment des Philosophes. Terme du grand Art. C’estle soufre , qu’on appelle aussi semence masouline Scagente. Ce mot signifie aussi la pierre parfaite au blancSc au rouge. Orpiment blanc , c’est le mercure qu’ilfaut cuire, c est-à-dire préparer.
ORS
ORPIN, se dit aussi d’une plante qui croît à la hauteurd’un pied, &: dont les tiges sont droites, rondes, soli-des, selevant à mcíure qu’elles sortent de terre. Sesfeuilles naiíîènt le long des tiges ; elles sont en grandnombre, épaistes , succulentes, plus longues que cellesdu pourpier, de couleur verdâtre , mêlée quelquefoisd’un peu de rouge, crénelées en leurs bords. Ses Heursviennent au sommer des tiges Sc des branches, engros bouquets, & presque en parasol, de couleurblanche ou purpurine ; chaque Heur est à cinq feuillesdisposées en rose. Ses semences sont sort menues. Sesracines sont formées de plusieurs tubercules blancs.J. Bauhin l’appelle anacampseros , vulgò faba craffa.Elle est astringente, vulnéraire & détersive. Il y a plu-sieurs autres espèces (Yorpin.
OR Q.
%YT ORQUE. f. f. Monstre marin. Orcus. Voye% Epau-
LARD.
IjCF ORQUESTRE, plus communément ORCHESTRE.f. m. C’est parmi nous, le lieu où l’on place la sym-phonie dans nos salles de spectacles. C’est un petit re-tranchement au-devant du théâtre, qui sépare le théâ-tre du parterre. Orchefira. En Grec opxóçpx, du motcpKwiç , danse.
§ 3 ” En parlant du théâtre des Anciens, ce mot est fémi-nin. Chez les Grecs elle occupoit une partie de la scè-ne. C’étoit la partie la plus basse du théâtre, où l’ondansoit les ballets. Elle étoit faite en demi-fcercle, en-fermé au milieu , entouré de dégrés. Comme elle étoitentre les deux autres parties du théâtre , dont luneétoit circulaire & l’autre carrée ; elle tenoit de laforme de l’une Sc de l’autre, Sc occupoit toutl’espacequi étoit entre elles.
§CF Dans le théâtre des Romains, c’étoit le lieu où scplaçoient les Sénateurs, & à peu-près ce qu’on ap-pelle le parterre parmi nous.
On a appelé aussi orquestre , le jubé, ou le pupitrede l’Égliso , à qui on donne dans les vieux titres , lenom de orciftra. En Latin odeum , en Grec déuov. Pul-pitum symphonia pulpitum.
ORQUESTRIQUE. adj. m. Sc f. Qui appartient à la dan-se. Orchestricus , a , um. Les exercices qui dépendentuniquement des mouvemens du corps peuvent fe ré-duire à deux genres, qui sont Yorquefirique Sc le pa-lestrique. Burette, Acad. des Belles-Lett. M. T. I »p. 211. Voye-[ Orchestique.
O R R.
ORRACA. f. m. Nom d’une liqueur que les Indiens fontavec le suc vineux qu’ils tirent par incision du coco,Sc qu’ils appellent Jura , ou taddi. Ils cuisent lur le sou,,ce suc , pour en faire un vin doux, qu’ils appellent otrraca. Lémery, Traité des Alim.
ORRON. Nom d’une rivière du Berri. Utrio. On écritAurron , mais mal, à ce que prétend Valois. UOrrortprend fa source fur les confins du Bourbonnois, est"tre Sancoin à l’orienr, Sc Sainr-Amand à l’occident :il passe à Dun-le-Roi, à Bourges, où il reçoit l’EvsoouYévre,avec laquelle il va fe mêler au Cher à Viet-zon. Voye\ Valois , Not. Gai. p. 86.
ORRUBLE. Vieux adj. m. Sc f. Horrible. Borel, Hos'ribilis.
ORS.
ORSE. Terme de la mer du Levant, qui signifie main-gauche, ou bas bord,pars Jìnisra. Aller à orse. Orfiest un terme de commandement parmi les Levantins?pour dire au lof, quand il faut serrer Sc maintenir 1 event. C est le contraire de pougé. Guillet.
ORSER. Aller à orse. Terme de Marine. Siníftrorshm n a 'yigare. Il y en a qui disent que c’est aller au vent, all ercontre le vent, se soivirdes rames pour aller contrele vent.
ORSEILLE. f. f. C’est une drogue dont se servent l eSTeinturiers, qui est une petite mousse, ou croûte q^vient fur les pierres Sc les rochers des montagnes,qui étant apprêtée avec la chaux Sc l'urine,fait une rot