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ifT ORTHODOXE, adj. m. & f. Qui est conforme aux 'décisions de PÉglise, à la laine doctrine en matièrede Religion. Ce Prélat est orthodoxe. On le dit auílide la Doctrine. Toutes les propositions contenuesdans le livre de cet Auteur, íont orthodoxes. Ce quiétoit hérétique dans les Sémi-Pélagiens, devient ortho-doxe dans vos écrits. Pas c.
On ne me verra point tomber dans le Déisme,
Ni sectateur d’Arnaud,prêcher le Jansénisme ,
J u mystique douteux s ôte F obscurité,
Et ma plume orthodoxe écrit la vérité. Duc de Nev.
Ce mot vient de SQis , droit, Sc de éo '^a , opinion,jugement.
fCT Linnatus appelle Botanistes orthodoxes , ceux qui ontformé leurs méthodes fur les fondemens de la nature.Sc ont partagé en conséquence les plantes en genres &cn dalles, conformément aux caractères des partiesde la fructification.
Orthodoxe , s’emploie an fil quelquefois substantive-ment. Ainsi, on dit les Orthodoxes, par opposition auxHérétiques.
fsT ORTHODOXIE, f. f. Saine doctrine , faine opinionfur tous les points qui regardent la foi. S ana Doctrina.Ce Docteur a écrit pour justifier son orthodoxie. Mém.de TrÉv. C'est Popposé d hérésie ou hétérodoxie.
Orthodoxie. Terme de 1 Office Ecclésiastique. Ortho-doxie. On appelle le premier Dimanche de Carême,le Dimanche de \’orthodoxie. MM. de Port-Royal fefont servis plusieurs fois de ce mot dans leurs livresde la Perpétuité. Cette fête fe célébrois à Constantino?pie, & dans PEgliíe Grecque, pour le rétablissementdes images, après les períécutions des Iconoclastes.Méthodius ayant été ordonné Patriarche de Constan-tinople , Pan 842, 8c le premier Dimanche de Carê-me j selon les Grecs, qui, selon nous, feroit le se-cond, il passa la nuit en prières avec PlmpératriceThéodora, & tout le peuple dans l’Eglife de Notre-Dame des Blaquernes, d’où le matin ils allèrent en
f iroceffion à sainte Sophie ; la messe y fut célébrée, &es Images rétablies folemnellement. Ensuite Plmpéra-trice donna un festin dans le Palais à tout le Clergé &aux Confesseurs qui avoient souffert pendant la persé-cution ; & elle continua cette fête toute sa vie. On lanomma la fête de P orthodoxie , comme qui diroit ; durétablissement de la Religion Chrétienne ; 8c PÉgliseGrecque la célèbre encore le même jour, c’est-à-dire,le Dimanche qui termine la première semaine de Ca- ,renie. On y chante l’Office de la nuit, une hymne duConfesseur Théophane de Jérusalem, qui fut or-donné Archevêque de Nicée , en récompense de sesfoustrances ; & on y lit une légende qui contient 1 hé-résie des Iconoclastes, mêlée de quelques fables. Lematin on fait la procession, où on porte la vraie Croix,& les images ,8c on y chante un canon , ou hymneattribué à saint Théodore S tudite ; mais qui paraîtplutôt fait après fa mort. Tout cela fe lit dans le Tri-sodion qui contient l’Office Grec du Carême. Fleur y.Vyy T I e Glossaire de Meursius, 8c Léo Allatius dansson Traite des Dimanches & des Fêtes des Grecs. LesAct. SS. Feb. F. I.p. s 47 j No t. q. & Baronius, T.IX, à Pan 842 ,n. 27, &fuiv.ORTHODOXOGRAPHE. f 8c adj. Orthodoxographus.Terme dogmatique, dont M. Dupin fe sert pour dé-signer les Auteurs qui ont écrit fur les dogmes catho-liques, & les ouvrages de ces Auteurs. Le Proto-Evangile de S. Jacques donne au public par Néander,& inféré dans les orthodoxographes. Dupin.fCT ORTHODROMIE. f. £ Terme de Marine. Routeque fait un vailleau en droite ligne , en suivant unmême vent. Uorthodromie est opposée à la Loxodro-mie.
Ce mot vient de Fpó/xog, course , & de opBoç, droit.ÌPè ORTHOGONAL, ALE. adj. Terme de Géométrie,synonyme de perpendiculaire. Orthogonal , qui estperpendiculaire, ou à angles droits. Perpendicularis.C est encore l a même chose que rectangle , ou qui ades angles droits.
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O11 le dit des figures planes dont un dès côtés estperpendiculaire à Pautre, 8c des solides, dont l’axeest supposé perpendiculaire à Phorison.
ORTHOGONALEMENT, adv. Perpendiculairement,à plomb, à angles droits. Perpendiculariter.
ORTHOGRAPHE, f. f. Terme de Grammaire. C’est lascience qui enseigne à écrire correctement les mots ,8c avec toutes les lettres convenables & nécessaires»Il ne faut point chercher la véritable orthographedes mots Grecs & Latins, ailleurs que fur les an-ciens marbres 8c fur les anciennes médailles. De Vign.Marv.
Ce mot vient du Grec, ypapav, 8c de cpboç , rectascriptio. ' .
La diversité qui fe trouve en notre langue, entrele parler & Y orthographe, provient de la même sour-ce que la Langue Françoise elle-même; caries Gauloisayant formé du Latin, un nouveau langage , qu on ap-peloit Roman, empruntoient leurs paroles, & les na-turaliíoient selon îa commodité de leurs esprits 8c deleur langue. Ainsi ils rédigeoient vraisemblablementpar écrit les mots comme ils les prononçoient. Ce-pendant, parce que les mots proférés avec toutes leurslettres étoient trop rudes, 8c blessoient les oreilles dé-licates , on réforma cette grossière façon de parler, 8cIon commença à prononcer plus doucement. O11adoucit donc cette âpreté qui résultoit du.concours 8cdu heurt des con sonnantes ; mais parce que Yortho-graphe n’ossense point les oreilles , elle demeura dansle même état. Depuis on tacha de réduire 1 écritureselon la prononciation, & cela a produit de grandescontestations. Pas c. Ceux qui ont voulu changer Yor-thographe, furent Jacques Dubois, dit Silvius, Doc-teur en Médecine, Jacques Pelletier du Mans , quisoutintqu’il falloir écrire comme on parle, & aprèslui Pierre la Ramée , dit Ramus , Jean-Antoine deBaïf. La chose est encore en contestation,& Pon n J a puconvenir dune maniéré uniforme P orthographe-, Mé-nage 8c ceux qui ont voulu la réduire à la prononcia-tion , n ont point été suivis. Louis Maygret écrivit en-core fur ce sujet avant le Pelletier, & ils furent sui-vis par Honorat Ram haut, Maître d’ECole à Mar-seille , Laurent Jouberr, Claude d’Expilly , JacquesGevry, Louis de Lesclache , Lartigault, Jacques d’Ar-gent, le P. Vaudelin, Augustin Réformé , l’Abbé deS. Pierre , 1 Abbe de Courcillon de Dangeau , M. daMas, &c. Il parut à Poitiers en 1739 , un Traité d hn-thographe en sonne de Dictionnaire in-4 0 . Cet ouvragea ete réimprimé en 1747. MM. de P Académie ont d’a-bord retenu Pancienne orthographe , 8c ont gardé leslettres mêmes qui ne fe prononcent point. D’autres ontpris un tempérament entre Pun & Pautre orthographe ,en retranchant les lettres inutiles, comme Pr dans uneinfinité de mots, & en conservant pourtant dans lesmots P orthographe qui marque leur origine. Ceux quiecrivent tems au lieu de temps , semblent défigurer lemot de temps, 8c lui faire perdre toutes marques deson origine Latine ( tempus. ) Ainsi beaucoup de bonsAuteurs écrivent ortographe, 8c ôtent P h, qui étantjointe avec le t , marque que ce mot est composé duGrec opBoc, qui signifie droit.ftT Notre orthographe est assurément moins vicieuse quepar le passé ; elle se rectifie tous les jours ; mais il res-
te encore beaucoup à faire, 8c ce n’est pas Passaired’un jour. Ce ne doit être Pesset que d’une longue fuited’années.
§CF On convient que la prononciation devroit être laregie , de 1 orthographe ■ car enfin, lecriture est la pa-role ecrite , une représentation de la parole , qui cte-vroit fe modeler sur son original, fur la parole même,dont elle devioit peindre le son; mais ce feroit peut-etre un remede pire que le mal, d’en venir tout duncoup à une reforme générale. Elle doit fe faire, elle léfera ; mais il ne faut pas précipiter ses pas.
IJCP II y a donc deux vices contraires contre lesquels le spersonnes sensées se précautionneront toujours, fe roi-du en faveur de Pancienne orthographe,ne vouloir pasy .ouffrir le moindre changement -, les partisans dc laraison étymologique, donnent tous dans cet excès p s-