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me laissent la liberté de les oublier. B. Raiì. Les emplois& les occupations nous emportent , nous divertissenten faisant que nous nous oublions nous mêmes. Nie.II vaut mieux oublier fa douleur, que de la combattre.S. Evr. On oublie bien tôt les absens : à plus forte rai-son oublie- t-on les morts, qui le font pour toujours.Id. Y oubliai ma colère, & ne fus que pleurer. Rac.En ce sens on dit, que quand un pere oublie à fairemention de ses enfans dans son testament, cela le rendnul. Il les faut exhéréder nommément. Oublier en cesens, c est manquer à faire du bien. Ceux qui entrenten Religion doivent oublier leurs parens , leurs amis ;pour dire, renoncer à toutes choses. Omnibus nuntiumremittere.
Oublier , se dit aussi de ce qui n est pas présent à la mé-moire; ce qui en est échappé seulement pour quelquesmomens ; ce dont on ne se souvient pas fur ï’heure ,quoiqu’on n’en ait pas perdu tout-à-fait le souvenir.Non recordari , oblivisci. Oublier se s gants, son man-chon , sa bourse, c est les laisser quelque part parinadvertance. J’avois oublié ce passage, mais vous m’enfaites souvenir. 3’oubliojs de vous dire, de vous écrire,cette circonstance ; c est un tour d’expreílìon pourrevenir à une chose dont on ne s etoit pas souvenu. J’a-vois oublié de vous dire : c’est ce que diíent ceux quin'ont point d'ordre dans leurs pensées, & de qui le ju-gement n aide point à la mémoire, lorsqu’ils font unlong récit. Log. Ne trouvez-vous pas plaisant ce qu unhomme m’écrivoit : j 'oubliois à vous dire qu’il y a troisjours que ma femme est morte. M. Scud.
Oublier , signifie encore , témoigner qu on a plus derestentiment, qu’on a perdu le souvenir de quelquechose. Non amplius recordari • oblivione delere. Dansles accommodemens on oblige les parties 3’ oublier lepassé. Dans une amnistie le Prince promet d ’oubliertous les désordres précédens. Nous prions Dieu tousles jours <3’ oublier nos péchés.
f£CF Oublier ses parens , ses amis , c’est négliger de leurrendre les devoirs de la parenté, de lamifié.
Oublier une injure, une offense, c’est n’en plus gar-der de ressentiment.
Oublier son devoir, le respect qu’on doit à quel-qu’un , c’est y manquer.
A? Oublier qui l’on est, c’est se méconnoître.
Oublier, signifie auíîì, omettre, négliger. Omittere ,negligere. Il n’a rien oublié pour régaler son ami, pourlui faire un repas magnifique. Il n’a rien oublié pour lepersuader. Ablanc. Il n a rien oublié pour faire bien éle-ver ses enfans. La nature qui avoir été si libérale pourCorneille, en des choses extraordinaires, Lavoir com-me oublié dans les plus communes. S. Evr.
On dit qu’un homme a oublié à chanter, à danser, &c.
> pour dire, qu’il en a perdu Lissage, L habitude. Ac. Fr.
S’Oublier , signifie, manquer à ce qu’on doit à foi, ouà autrui, perdre le respect, devenir fier ; ne se plussouvenir de ce qu’on a été. Deejfe suo officio , non serecipere , esc sua sortis immemorem. Cette Dame s’estbien oubliée de faire une si basse alliance ; elle a bienoublié ce quelle étoit. On ne doit jamais s’oublier de-vant ses Supérieurs. Les gens de fortune s’oublient ai-sément ; ils deviennent insolens dans la prospérité. Les, personnes même qui ont de la probité, s ’oublient quel-Ruesois dans le malheur, & le dérangement de leursaffaires. Bell. Le méchant s oublie dans la prospérité.
auc. On dit à une personne qui perd le respect, &qui s emporte , vous vous oublie ç. On dit d’un hom-i ^ • e ím e naissance , élevé à une haute fortune, quiAii t ient • 5 ^orgueilleux, qn’il s 'oublie. On dit d’uni*?. r qui ” e k soutient pas par tout également, qu’ilPlTrn, qUelquefois - Boileauditde Xénophon & demêmeV ^ U r C . CS , s^tos de l’Antiquité, s 3 oublient eux-choses a ^' er échapper dans leurs écrits, des
à malheurs ci ks& où l’on Denr U,Vei l t 7 C1U on sensible jusqu a l’excès,Dis c. d’El Si f ° u ¥ ler ontierement avec bienséance,blés aux hommes ., einmes rendoient plus redouta« ilXnfcí sW, “P"“P*déliés
Oublier , avcc le pronom personnel lignifie auffiqoel-
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quefois s’égarer, se laisser transporter. Officii non me-minijje • officio deejfe , efferri ■ fui oblivisci. L’esprit,dans ce nectar, heureusement s’ oublie. Boil.
£ÌCPOn dit encore s’ 'oublier , pour dire , négliger ses in-térêts , ne pas profiter de l’occasion. Il ne s 3 oublierapas dans cette occasion. On dit en ce sens, est bien fouqui s oublie.
Oublier , se dit proverbialement en ces phrases. On ditd’un homme attaché à la recherche de ses intérêts ,qu’il n oublie rien pour dormir. Nullum non movet la-pidem ut. On dit auffi d’un homme avide à voler ou àexiger, qu’il n oublie pas tes mains, qu’il ne va pas fansses mains. Marot dit de son valet qui le voioit, qu’iln 'oublia rien,fors à lui dire adieu. On dit aussi, qui bienaime , tard oublie. On dit qu’une chose est mise au rangdes péchés oubliés , quand on la néglige, quand on enfait plus de cas, ou quand on n’en parle plus. On ditaussi par une formule de quête, n oublis^ pas les pau-vres malades , l’Hôpital général, le service du SaintSacrement, pour exciter les gens de bien à faire quel-que libéralité pour ces choses.
OUBLIÉ, ÉE. part. Oblitus , oblivione deletus.
OUBLIETTE. í. f. Lieu qu’on dit être en quelques pri-sons , où l’on met ceux qui font condamnés à une pri-son perpétuelle, qu’on a tout-à-fait oubliés. Carcerperpetuus , oblivium perpetuum. Froiffard fait mentionde ces oubliettes. Boissons dans les Antiquités de Paris,rapporte la condamnation de Hugues Aubriot, Prévôtde Paris qui fut condamné à être dans l ’oubliette , aupain & à l’eau ; c’est-à-dire , dans une prison perpétuel-le : & dit, il fut prêché & mitré publiquement au ParvisNotre-Dame j & après ce condamné à être en /'oubliet-te au pain & à l’eau. Du Cange dit qu’on appelois au-trefois oubliette , la prison de l’Evêque de Paris, parceque les Clercs qui avoient failli, y étoient si long-tems,qu’on les tenoit pour oubliés. On ne dit plus ce motqu’au pluriel.
Il y avoir autrefois en Perse un château que les Grecsappeloient c étoit ce que nous appelons oublïet-te. Ceux qui croient enfermés dans ce château , dé-voient erre tellement oubliés, qu’il étoit défendu, furpeine de la vie , de prononcer leur nom.
Le peuple dit d'une personne qu’on a exécuté secrè-tement en prison, qu’il a passé par les oubliettes ; lepeuple donne encore un autre sens à cette expression,& il dit, que passer par les oubliettes , c’est être tour-menté dune manière extraordinaire dans quelque lieusouterrain dune prison, & y être mis à mort par unsupplice cruel.
OUBLIEUR. s. m. ( On prononce oublieux. ) GarçonPâtissier qui va crier des oublies. Cruftularius. On faitdire des chansons à Y oublieur , quand on a vidé soncorbillon d’oublies.
On dit proverbialement qu’on feroit chanter unhomme le pied à l’eaucomme un oublieur-, pour dire,qu’on lui feroit fiiire toutes choses, pour lui en ac-corder une qu’il souhaite. Le proverbe vient de cequ’autrefois lorsqu’on avoir gagné tout le corbillond’un oublieur , on le forçoit à mettre les pieds nus dansl’eau, & à dire une chanson.
OUBLIEUX , EUSE. adj. Celui qui n’a point de mémoi-re , sujet à oublier. Obliviosus , immemor. Il saut chaí-ser ce valet, car il est trop oublieux. Jupiter fut oublieuxen plusieurs occasions. Cost.
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OUCHAR. Foyer Eucher. . • a
OUCHE, ou OCHE. f f. Vieux mot François qui est en-core en usage en plusieurs provinces, qui lignifie uneterre labourable cksse de fosses ou de haies : en Anjoudans le Maine, la Touraine, le Berri & ailleurs c estun jardin fermé de haies & plante d arbres fruitiers ,fous lesquels on seme quelquefois des légumes ou duchanvre. Pomarium. Dans la Coutume de Nivernois ily a hofcìie. On La appelé en Latin, olea 3 olcha , olchia ,d’où l’on a faits le verbe occare, pour dire, labourer ,& ager occatus , pour dire, champ labouré. Du Can-ge. L’Abbaye de Chalivoy a plusieurs ouches dans sondomaine.