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Ce mot vient de utile 3 ou utensile. Du Gange ditqu’en la basile Latinité, on a dit atìliia dans la même li-gnification.
| fT Outil & Instrument, synonymes. On voit assez parla définition du mot outil qu il ne faut pas toujoursconfondre ces deux mots. Instrument est le terme générique. Tout outil est un instrument ; mais tout instru-ment n’est pas appelé outil. Voye\ Instrument.
Outil àfust. Les outils que Ton appelle dfufl , font desoutils de Menuisier, qui font composés de fust, de fer,& d un coin de bois, qui tient le fer dans la lumière.Félibien compte treize outils à fust.
Outil en ondes. C est une machine dont on fe sert pourpousser des moulures en ondes , fur f ébène , fur l’oli-vier, Sc autres bois durs. Elle est composée d’une roueavec une échelle au-dessous ; audestus de 1 échelle il ya deux ressorts , & fur les ressorts une vis, qui faitappuyer fur le bois un fer taillant, qui le coupe Scle façonne en ondes aulli avant qu on le veut. Il y aauiîì des scies d’une manière propre à ces fortes d’ou-vrages. Félibien.
ffT Outil crochu, f. m. Espèce de ciseau tranchant, dontse servent les Sculpteurs & Marbriers. Il est tout d’a-cier, ou du moins de fer bien acéré par un bout qui està demi courbé en crochet. C’est avec ce ciseau qu ilsatteignent où le ciseau carré ne peut entrer, & ou lepointu ne suffit pas. Ils s’en fervent pour tourner lescheveux des bustes & des statues, pour bien evider lesplis des draperies, &c.
Outil plat. Les Lapidaires appellent ainsi un petit cy-lindre, loit d acier , soit de cuivre , attaché au boutd’un long fer dont ils fe servent dans la gravure despierres précieuses. Ils le nomment plat, parce quela section du cylindre tournée du côté de la pierre, estplate & unie.
On dit proverbialement d’une chose qu’on veutmépriser, voilà un bel outil. On dit auísi, qu’un mé-chant Ouvrier ne sauroit trouver de bons outils.
OUTIN. Voye 3 Eutyn.
OUTOMCHU. í. m. Nom d’un arbre de la Chine. Il estsemblable au Sicomore ; les feuilles en font longues,& larges de huit à neuf pouces, attachée à une queued’un pied de long ; il est extrêmement toussu, & char-gé de bouquets li pressés, que les rayons du soleil nesauroient le percer : le fruit en est extrêmement petit,quoique l’arbre soit des plus grands. Vers le moisd’Août, ou à la fin de Juillet, il fe forme fur la pointedes branches de petits bouquets de feuilles disterentesdes autres ; elles font plus blanches, plus molles,moins larges, & tiennent lieu de Heurs ; íur le bord dechacune de ces feuilles , naillent trois ou quatre petitsgrains , comme des poids verts, qui renferment unesubstance blanche, d’un goût allez agréable , & sem-blable à celui d’une noisette qui n’est pas encore mûre.P. le Comte.
sb OUTRAGE, f. m. Insulte faite avec un excès de vio-lence. Probrum contumelia. Les Juifs firent mille outra-g es à Jésus-Christ. S. Ignace souftrit sans fe plaindre ,les railleries, & les outrages les plus langlans des li-bertins. Fl. C est faire un cruel outrage à une femme ,que de lui ravir son honneur. Les femmes ne pardon-nent guère les outrages qu’on fait à leur beauté. Vill.Je .veux lui montrer que je fuis Chrétien, en souffrantles outrages avec patience. Bail. Essuyer les outragesa un faquin. Boil. ,
Outrage. Ce mot s’emploie aulli figurément en plu-sieurs phrases. Combien de femmes ont recours à sart,pour réparer Y outrage, des annees ? Bell. Il faut s ac-coutumer aux outrages de la fortune, Voit. Volubili -tati j inconstantis. , instabilitati fortuns. jerviendum est.Fortunet injuriis assuefieri.
Dutems qui détruit tout, je crains peu les outrages.
Des-Houl.
Toutes fois fi quelqu’un de mes foibles écritsjDes ans injurieux peut éviter /’outrage. Boil.
Affront, insulte , outrage , avanie, synonymes. L’ in-sulte 3 dit M. l’Abbé Girard, est une attaque faite avec
OUT
insolence ; 011 la repousse ordinairement avec vivaci-té. U outrage ajoute à Y insulte un excès de violence quiirrite. Il est difficile de décider en quelle occasion Y ou-trage est plus grand , ou de ravir aux Dames par vio-lence ce qu elles refusent, ou de rejetter avec dédaince qu’elles offrent. Voye 3; les autres mots.
Du Cange dérive ce mot d ’ultragium , qu’on a dit ence sens dans la balle Latinité, c’est-à-dire, outre meju-re , d’où vient qu’on a dit auísi excès.
fstT OUTRAGEANT , ANTE. adj. Qui outrage. L <e-dens 3 offendens j injuriosus. Ce discours, ce repro-che , est outrageant. Procédé outrageant.
|CF OUTRAGER, v. a. Faire outrage. Contumelia offi-cere. On outrage du geste Sc du discours. On outragequelqu’un en la personne , en son honneur, en sa ré-putation. Celui qui reçoit Youtrage n’est qu’à plain-dre , celui qui outrage est à mépriser.
La seule patience chrétienne a le privilège de cal-mer Sc d’adoucir le cœur de ceux qu’on a outragés. M»Es p. Celui qui aura outragé Yua de ses citoyens, feratraité comme il aura traité l’autre. Port-R. Un dis-cours trop sincère aisément nous outrage. Boil.
OUTRAGE , EE. part. Lusus , vexatus. Les images del’Empereur ( Léon ) furent renversées en divers en-droits. Il se crut outragé en sa personne ; on lui repro-cha un semblable outrage qu'il fit à J. C. & à ses Saints,& que de son aveu propre sinjure faite à l image re-tomboit íurl’original. Bossuet,
fsTOUTRAGEUSEMENT. adv. D’une manière outra-geuse. Contumeliose injuriose. Il attaquèrent outra-geusement la mémoire de votre pere. Vaug. Il a ététraité outrageusement. Quelquefois il signifie avec ex-cès. Il a été battu outrageusement.
OUTRAGEUX, EUSE. adj. Qui outrage. Atrox } im-portunus 3 contumeliosus 3 injuriosus. Un satyrique peutrailler, mais il ne doit pas être outrageux. C’est lcpropre des harangères d’être outrageuses en paroles.
A? Ce mot n’est pas usité ; mais de bons Auteurs s’cnfont heureusement servis. Corneille a dit dans Po-lyeucte, cesse de me tenir ce discours outrageux. Nousne sommes pas assez riches pour devoir nous priver dcce que nous avons.
De Beaumanoir dans ses Coutumes, donne à ce motla signification A’exceffij. Don outrageux. Nimius 3 ex-cedens.
ffT OUTRANCE, f. f. Qui n’est d’usage que dans cesphrases adverbiales , à outrance , à toute outrance 3pour dire avec excès. Ultra modum. Les Allemans boi-vent à outrance. Il a poussé son cheval à outrance , àtoute bride, il l’a crevé. On le dit particulièrementdes combats.
fCF On appeloit autrefois combat à outrance , à ferémoulu, un duel qui ne devoit fe terminer que par lamort d’un des deux combattans.
On le dit auísi dans les disputes en fait de doctrine.Ces Docteurs Sc ces Ministres disputent à outrance fur1 Eucharistie. Il n’est pas de la politesse de disputer à• toute outrance. Bell. Ce vous eût été peu de gloire dcmener à outrance un homme déjà outré. Voit. On ditauiïï qu’un homme est plaideur d outrance , qu’il pour-suit sa partie d outrance ; pour dire , fans relâche, fansmiséricorde , qu’il la pousse à bout , qu’il la veutperdre.
ífT‘ OUTRE. s. m. Peau de bouc cousue Sc préparée,dans laquelle on met des liqueurs. Uter. En Espagne ,on met le vin dans des outres pour le transporter. EnFrance on y met ordinairement l’huile. Homère a feintqu Eole enferma les vent? dans un outre , Sc en fit pré-sent a Ulyste. Dac. Les Danseurs de corde vinrent àl’occasion des outres qu’on faifoit fauter,& fur les-quels on danfoit. Spon. Une outre de vin. Une outred huile.
Lc mot d outre vient du Latin uter.
Outre. Préposition de lieu qui signifie, au-delà, auqndsens cette préposition n’a d’uíage que dans certainsmots composés. Trans, ultra. Ainsi on dit, il a fait plu-sieurs voyages d outre-mer 3 c’est-à-dire , en Orient,au-dela de la mer Mediterrannée. Les voyages outre-mer commencèrent fous le règne de Philippe I. & íolíS
l’autorite