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Gouverneurs de province. Iis ont été institués à l’exem-ple des anciens Pairs de fiefs, vassaux & hommes defief, & non point à l’excmple des Patrices Romains,comme quelques-uns Pont cru ; ces vaílaux étant ap-pelés Pairs de fief, Pares curis, comme mouvant d unmême Seigneur , lequel ils étoient obligés d’aísisterdans le jugement des caules des fiefs. Ainsi les Pairs deFrance ne font autre chose que renans fiefs du Royau-me , & relevans immédiatement de la Couronne, &c’est par cette railon qu 1 ils font Conseillers du Roidans Ion Parlement. Dans les Coutumes & dans l’Hisitoire de France , il est souvent fait mention des Pairsde fief II semble qu ils ne connoilsoient que des ma-tières féodales : les contestations qui arrivoient entreles vassaux pour leurs fiefs, ou leurs dépendances, doi-vent être terminées par le Seigneur supérieur desdeux contendans, 8c parles Pairs dufief Si le procèsétoit entre le Seigneur & le vassal,le Seigneur n’enpou-voit connoître, & les Pairs desfiefs cn jugeoient seuls.
Pair , ne se dit point d une femme veuve d’un Duc &Pair. Oraison funèbre de la Duchesse d Aiguillon ,Pair de France. FlÉch. Fœmina Par Francis. Madamela Duchesse d’Aiguillon 11’étoit point veuve d’un Duc8c Pair. Elle étoit veuve d’Antoine du Route, Sei-gneur de Combalet. Si donc elle prenoit le titre dePair j c’est parce qu elle pollédoit de. son chef uneDuché-Pairie femelle que le Roi lui avoir creee & don-née depuis Ion veuvage. .
On a vu autrefois des Pairs femelles assister au Par-lement avec voix délibérative, comme les antres Pairsde France. Témoin Mathide ou Mahault, Comtessed’Artois, qui eut séance & voix délibérative au Par-lement avec les autres Pairs en 1314, dans le Procès-Criminel fait à Robert Comte de Flandres. &c. Aujour-d’hui une femme peut bien posséder une Pairie , maiselle ne peut exercer l’office de Pair, dont la principalefonction consiste dans l’administration de la justice.
Pair , se dit adverbialement en ces phrases. Jouer à pairou à non. Ludere par impar. C’est une espèce de jeu oude gageure, dans laquelle on devine si un nombre deschoses cachées dans la main ou fous le chapeau, est pairou non.
De Pair , façon de parler adverbiale ; dune manièreégale. Il va de pair avec lui, c’est-à-dire, il est sonégal. Ce qu’il faifoit avec méditation & avec foin ,marchoit du pair avec les ouvrages les plus raresde {'Antiquité. Sar. La postérité fait marcher depair l’excellent Poète, & le grand Capitaine. Racine.Faire aller de pair une personne avec une autre. Ali-quem ex square cum alio.
Être pair a pair. adv. Être égaux. Nous voilà donc pairpair. EJfe squales, pares.
Pair , se dit proverbialement en ces phrases. Ils traitentde pair à compagnon ; pour dire , ils font égaux. Exsquo agere cum aliquo. On dit aussi qu’un homme s’esttiré du pair, qu’il est hors du pair ; pour dire , qu’ils’est élevé au-dessus des autres. On dit bien aussi qu’unhomme s’est tiré hors du pair , quand il s’est tiré d uneassure qui étoit dangereuse.
Pair. Terme de Musique. Un ton pair, ou un mode pair.Les tons ou modes pairs sont les quatre tons plagaux ,parce que dans la table des tons, ils font exprimés parles quatre nombres pairs 2,4,6,8. Vjye^ Bros-sard, Dicl. de Musique, p. 20 f.
Sans pair. Sine pari. Epithete qu on donne a une vei-ne qui est la même que Ya^ygos.
Pair , ou plutôt Paer. f. m. Nom d homme. Pater-nus. S. Paterne, Evêque dAvranchesau VI e siécle ,que le vulgaire de France appelle S. Pcùr, avoit eteMoine dès fa jeunesse au Monastère d Ansion, qui de-puis fut appelé de S. Jovin au Diocèse de Poitiers, fapatrie. S. Pair fut fait Evêque à foixante-dix ans, &assista en y/7, au UT Concile de Paris. S. Pair naquità Poitiers lan 48 a. Il fut Moine d’Ansion ou de S. Ga-vin. En y y 2 , il fut choisi pour remplir la place de S.Gilles, Evêque d’Avranches, & mourut en y 62, le 16Avril. Voye^ les Bollandistes à ce jour, 8c le secondsiécle des Acia Sanci. Benediclinorum.
PAIRE- f f. Terme collectif. Deux choses sembla-
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blés, dont l’une ne se vend point ordinairement finsl’autre ; qui vont ou nécessairement ou ordinairementensemble. Bini , duo , gemini , &c. Il se dit plus souventdes choses artificielles que des naturelles. On dit unepaire de gants, de bas, de jarretières, de souliers, demanches, de manchettes, de pendans d’oreilles, &c.8c 011 ne dit point une paire de mains, de bras, de jam-bes , de piés, d’yeux. On dit pourtant en burlesque,une belle paire de fesses. Cet âne a une belle paire d’o-reilles. Scarron a dit,
Elle avoit au bout de ses manchesUne paire de mains fi blanches.
On le dit aussi pour couple d’animaux de la ìnêniCespèce , mâles & femelles. On le dit particulièrementd’une couple de certains volatiles. Une paire de pi-geons. Columbarum par. Une paire de poulets, de din-dons. &c. On dit aussi une paire de bœufs liés ou atta-chés au joug. Jugum boum.
On le dit aussi des choses qui font composées de deuxparties semblables, quoiqu elles ne fassent qu’un toutqui n’est point séparé. Une paire de caleçons, de haut-de-chausses ; une paire de pincettes , de ciseaux, deforces, de tenailles, de mouchcttes.
Paire , se dit aussi d’un assortiment de plusieurs chosesqu on assemble pour en rendre une autre complette.Comme une paire d’habits, qui est composée d’unpourpoint, d’un haut-de-chaude & d’im manteau , oUd’un juste-au-corps. Veflis completa. Une paire d’ar-mes, composée d’un casque, cuirasse, brassarts, tasset-tes, &c.
Je lui donne tous les ans deux paires d’habits, unepaire d’hiver & une paire d’été... Deux paires d’habitsdevroient faire quatre habits, comme deux paires debottes font quatre bottes... Cependant une paire d’ha-bits j suivant le langage de la Bourgeoisie de Paris, n’estqu’un habit. Suite des mots à la mode ,p. / 6p , 1 7 0*| fT Paire , se dit aussi par extension, d’une chose quiest unique , 8c qui n’est point appariée. Ainsi on dit,une paire d’heures, pour dire un livre de prières, quicontient celles du jour 8c de la nuit.ífT Pair , 8c couple, synonymes. Couple sedit de deuxchoses de même espèce qu’on met ensemble. Une cou'pie d’œufs. Une couple de pigeons : mais ne se dit ja-mais des choses qui vont nécessairement ensemble. Onne diroit pas une couple de souliers, une couple degants, &c. mais une paire.
ífiF En parlant de deux personnes, de deux ouvrages dcmême caractère, on dit familièrement, mais toujoursen mauvaise part, les deux font la paire.
On dit figurément & proverbialement,voici bienun eautre paire de manches, pour dire, voici bien une aU-tre aflaire.
IssT Paire. Terme d’Anatomie. Les Anatomistes donneurle nom de paire aux divisions des nerfs qui ont un corigine commune. Par nervorum. Parce qu’il y en 3toujours deux de même sorte ; l’un d’un côté, 8c l’att—tre de l’autre côté.ll y a trente paires de nerfs qui par-tent de la moelle de l’épine du dos, & dix qui sortentde la moelle allongée. La première paire qui fort del*moelle alongée est l’olfactoire ; la féconde, font 1 £Soptiques ; la troisième, les moteurs des yeux. On ap-pelle la quatrième paire pathétique ; la cinquième paF 6est plus grossie que les autres, 8c se divise cn trois r* 1 'meaux, l’ophthalmique, le maxillaire supérieur, 8c I emaxillaire inférieur. La sixième paire est celle que l eSAnciens ont appelée mal-à-propos gustative. La sep-tième paire est 1 auditive. La huitième, celle qu’on ap'pelle vague , a cause de la distribution de ces nerfs t’ 11plusieurs parties du corps. La neuvième 8c la dixiemfpaire n’ont point de nom particulier. De celles ss 11sortent de 1 epine du dos sept partent du cou, dosfdes vertèbres du dos, cinq de celles des lombes, &.de 1 os sacrum. Toutes ces paires de nerfs n’ont p°ssde noms particuliers. On dit aussi conjugaison de Q& ^§ 3 * PAIREMENT. adv. Terme d’Arithmétique qui 11 ed’usage que dans ces phrases. Pairement pair, 8cpfi- lTí ’ment impair. Pariter ,par , pariter impar. Voy e I * AIun arithmétique. pAIRESSH-