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servitude , dès le moment qu’ils y avoient pris leur do-micile , ou après l an & jour. Des Seigneurs voisinsfirent ensemble des traités par lesquels leurs habitansfrancs, & non nobles, pouvoient parcourir 8c entre-courir, & établir réciproquement leur domicile danslu n 8c 1 autre pays, fans crainte de servitude. On don-na le nom de parcours 8c entrecours à ces lottes de so-ciétés ou traités. Ainsi le parcours , ou l 'cntrecours,quand il étoit fait entre deux Seigneurs qui avoientdroit de Souveraineté , étoit une société, au moyen delaquelle les sujets d’un de ces Seigneurs pouvoient li-brement 8c fans danger de tomber dans la servitude decorps, le venir jétablir dans fêtât de 1 autre. Le par-cours contracté entre deux Seigneurs de Fief, étoit faitou au sujet de leurs estagiers, & de leurs hommes decorps ; ou des bestiaux de leurs sujets. Quand il con-cernoit les hommes de condition servile, cetoit unesociété au moyen de laquelle l’estagier & l’hommc decorps d un Seigneur pouvoir aller s’établir dans le Fief8c la Justice d un autre, 8c prendre femme de la con-dition dans la terre de f autre Seigneur , fans dangerde formariage. Le parcours pour les bestiaux étoit unesociété entre deux Seigneurs , ou deux villages, aumoyen de laquelle les sujets de l’un pouvoient menerpaître leurs bestiaux dans les vains pâturages de f autre.Ce parcours est encore en usage. Voye ç les Coutumesdu Comté de Bourgogne, C. XVI , art. 10 3 _> de Lor-raine , Tit. XVj art. Ij &c.De Laurière.
Bourgeois de parcours , étoit un franc homme, qui,en vertu du parcours , ou d’une société qu’il y avoir en-tre son Seigneur ou son pays , & le Seigneur ou le paysdans les terres duquel il s’établissoit nouvellement,avoitdroit de décliner par simple aveu. Sc fans prendre delettres-patentes, la juridiction du Seigneur de ce lieu,8c de devenir justiciable des Juges Royaux, 8c Bour-geois du Roi, en vertu du parcours ; ce qui s’appeloitBourgeois de parcours. Voye% De Laurière, Glojf.P. II, p. 193 3 &fuiv.
Parcouru, ue. part.
PARDAO, ou PARDO-XÉRAFIN. f. m. Monnoie d’ar-gent de mauvais aloi, que les Portugais fabriquent auxIndes orientales, qui a cours à Goa 8c fur la côte deMalabar. On donne vingt fanons, ou fanons d’argent,pour le pardao.
PARDACS de Réales. On nomme ainsi les réales, oupièces de huit, qui lont les seules de toutes les mon-noies d’Espagne qui aient cours aux Indes.
PARDÉLA. f. m. Nom d un oiseau semblable au pigeon,d’un plumage mêlé de blanc & de noir fort régulière-ment , d’où vient que nos Matelots les appellent desDamiers , & les Espagnols pardéla. Ils ont le bec long,un peu crochu , 8c percé au milieu de deux narines ;leur queue développée, restèmble aux écharpes en fal-banade petit deuil. Frézier , p. 2j.
Ce nom est un diminutif de pardo , qui, en Espa-gnol signifie un léopard; & on fa donné à ces oiseaux,à cause de la couleur de leur pennage.
PARDERRIÉRE. adv. Par la partie de derrière, Pone.il 1 a pris en trahison, il Fa pris parderrière. Il est bos-su pardevant 8c parderriere. Gibbosus antrorsàm & re-trorsum.
PARDESSOUS. Préposition qui se dit de ce qui est in-férieur. Suh , J'ubter. Il a tant d avantage sur vous,qu’il vous joueroit p arde fous la jambe. Il est aullì ad-verbe. Il pasta parde (fous.
Fief parde fous , dans l’ancienne Coutume de Nor-mandie , ce font ceux qui descendent des Fiefs che-vel,& leur font soumis, comme les vavassoreries,qui font tenues par hommage 8c par service de che-val. De Laurière. Feudum inferius , alteri fubjeclum 3obnoxium.
tfT PARDESSUS, s. m. Ce qu’on donne par gratifica-tion au de- là du prix dont 011 est convenu, ou de lamesure ordinaire. Corollarium. Les Marchands quiveulent achalander leurs boutiques, donnent quel-que chose pour le pardessus. On donne le treizièmepour le pardejfus.
APPARUES sus.Préposition. Plus haut, aude-là. Supra ,altiàs, ulterius. Il s’est sauvé pardessus les murs. Il a des
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dettes pardejfus la tête. On met un manteau pardejfusles autres habits.
On dit proverbialement qu’un homme vend fa mar-chandise pardefus les maiíons, pour dire qu’il la vendà un prix excellis. Carius.
Pardessus, est austi quelquefois adverbe. L’eau coulepardefus. Cherchez premièrement le Royaume deDieu, & toutes choses vous íeront données pardejfus ,dit Jésus-Christ.
|fT Pardessus de Viole, f m. Terme de Lutherie.Instrument à cordes , construit de la même manièreque le delsus de viole ; mais plus petit, & monteplus haut. Il sonne la quarte au-dellìis.
PARDEVANT. Préposition. Terme de Palais, qui se ditde la comparution qu’on fait devant une personne pu-blique. Ante , coram. Pardevant les Coníeillers, No-taires , Gardcnotes du Roi, fiit présent, &c. C’est unacte palle pardevant un T abellion. Il estalligné à com-paroir pardevant les Juges. On prétend que pardevantest un peu vieux en ce sens , & que ceux qui parlentbien diront plutôt un contrat passé devant Notaires,que pardevant Notaires.
Pardevant , est aussi adverbe, 8c en usage dans le dis-cours ordinaire. Antrorsum. Il avoir déjà reçu neufbleílures pardevant 8c par derrière. Vaug.
PARDEVERS. Préposition relative à certain côté donton parle. Penes. Cet insolent a toujours eu des coupsde bâton pardevers lui. Les gens adroits tiennent tou-.jours le bon bout pardevers eux.
PARDI, PARDIENNE. Sorte de jurement burlesque 8cGascon. Il est formé de, par Dieu.
ss-F PARDON. í. m. Rémission d’une faute, d’une of-fense. Venia , condonatio. Nous demandons tous lesjours à Dieu le pardon de nos fautes dans foraisondominicale. Le pardon des ennemis est commandedans f Evangile. Le pardon des injures.
IJT On fait excuse dune faute apparente. On demandepardon d’une fuite réelle. L’un est pour se justifier,& part d’un fond de politesse. L’autre est pour arrêterla vengeance ou pour empêcher la punition, 8c désngne un mouvement de repentir. Syn. Fr.
££? Je vous demande pardon ; formule de civilité dansle dilcours familier, loríqu’on veut interromprequelqu’un , ou qu’on est d’un avis différent du sien,& généralement quand on fait quelque mal à quel-qu’un par mégarde. Je vous demande pardon , si jevous interromps. Je vous demande pardon si je fuisd’un autre avis que vous. Excusatum me habeas , ve-nia fit dicto bonâ veni 'â audies , ou venia hoc bondtua dixerim.
fCF Pardon. En termes de Théologie & de disciplineecclésiastique , signifie aussi l’indulgence que le Papeaccorde aux Fidèles pénitens, la rémission des peinesdu purgatoire j qu’ils ont méritées pour la satisfactionde leurs péchés. Indulgentia. Il faut aller gagner lespardons , qui font à une telle Eglise, à une telle Station,à une telle Confrérie. Les grands pardons font en temSde Jubilé. Cette Bulle porte 40 mille ans d'indulgence8c de vrai pardon.
Il y a à Rouen une foire dite du pardon , dont lenom n’a point d’autre origine. Voye ^Dom du Plessis,Defcript, Géog. &HiJl. de la Haute-Norm. Tome litp. 19.
Le grand Pardon. Autrefois on appeloit ainsi leJubilé.
Pardon , est aussi une salutation Angélique qu’on dità la Vierge, au son de trois petits coups d’une clochequi sonne le matin , à midi 8c au soir ', pour gagne 1 'des indulgences. Salutatio publica Angelica. Voilà lepardon qui sonne. C’est l’avertissement de faire cetteprière. On Rappelle aujourd’hui Y Angelus.
fCP Pardon , en Jurisprudence, se dit des lettres duPrince, expédiées en petite Chancellerie, par leiquelle*il accorde la grâce à celui qui est accule d’un crime p° lirlequel il n'échet pas peine de mort, 8c qui néaninoin sne peut être excusée. Condonatio , remijfio. Elles dif-fèrent de la grâce & de l’abolition , en ce que le put-don s’accorde à celui qui a été seulement présentquelque action qui mérite punition corporelle, & T 111