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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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fient conférer , conférence , communiquer , traiter.De Lauriére.

PARLEMENTAIRE, f. m. Qui est du parti du Parle-ment. CurUsuprême sectarius. Il ne se dit guère qu’encas de trouble , ou de révolte , quand il y a un partiformé du Parlement contre celui du Roi. Les Parle-mentaires d’Angleterrc.

Parlementaire íe dit auílì adjectivement. L’autoritéParlementaire , un esprit Parlementaire , le zèle Parle -mentaire se réveilla.

PARLEMENTER, v. n. Composer, entrer en Traité,capituler. Il ne se dit guère que des rebelles , ou desvilles assiégées. Faire Sc écouter des propositions pourrendre une place. De conditionibus dedenda urbis , velarcis j articulat im agere. La garnison a battu la cha-made , elle demande à parlementer. Les Mécontens ,dégoûtés de la guerre, commencent à parlementer.On dit mieux capituler.

Parlementer , se dit aussi figurément en matières d’affai-res Sc négociations particulières. De rebus vel negotiiscomponendisJimul colloqui, Mes Parties font la îles deprocès , elles veulent parlementer. Cette femme, à quion a fait des propositions, commence à parlementer ,à entrer en voie (Raccommodement.

A peine Mars se présenta , '

Que la Belle parlementa. La Font.

On dit proverbialement, ville qui parlemente est ademi rendue. Et cela fie dit figurément des personnesqui écoutent les propositions qu on leur fait pour lesamener à quelque composition.

PARLER, v. n. Prononcer , articuler des mots. Lo-qui j sari, proferre sermonem , vocem mittere. Un en-fant qui commence à parler , qui ne fait pas encoreparler. Cet homme est mort fans parler, il y a des gensqui parlent gras. Vous paries si bas que je ne vous en-tens pas.

AT PARLER vient de parole ; & on a dit autrefois pa-roler , pour dire , parler.

§3“ Parler , dans un sens plus étendu, signifie faire en-tendre fa penfee par des termes convenables, manife-ster ses sentimens par les ions articules de la voix.Mentem suam explicare cogitata verbis exe qui. C estun homme qui ne veut pas parler nettement. J ai faitce que j.’ai pu pour le faire parler 3 il n y a pas eu moyend’en venir à bout. Que voulez-vous que je faste ? Vous

' n’avez qu’à parler. Parler au nom de quelqu’un. LeRoi a parlé ; c’est à nous à obéir.

|Cr Parler, signifie aussi , sexpliquer en quelque ma-nière que ce soit. Il y a des muets qui parlent par signes,qui se font entendre par signes. Verhïs aut signis men-tem aperire. Les Pantomimes s’exprimoient fans parler,leurs postures parloient pour eux ; ils parloient de tou-tes les parties de leur corps. Il y a des gens qui parlentou semblent parler du ventre. Voyez Gastriloque 8cEngastremithe. Brebeuf appelle Fart de sEcriture ,Fart ingénieux de peindre la parole, Sc de parler auxyeux.

Parler, se dit aussi quand on s explique parla bouche, oupar la plume d’autrui. Dieu a parlé par la bouche de sesProphètes. Dieu parle aux hommes par ses Loix, Scpar les écrits de ses Prophètes. íjéT II parle au cœur despécheurs, il leur envoie de saintes inspirations, il leurdonne de bons mouvemens.

Parlez, Seigneur , parlez ; mon ame efl attentive ,

Aux oracles sacres de votre sainte Loi.f L’Abbé Têtu.

Dw, maigre tout le bruit qu excite autour de nousi dfsion j la chair & le monde ,

I arlez, Seigneur, parlez ,je rìécoute que vous. Id.

Les Rois parlent par la bouche de leur Chancelier àleurs lujets, aux étrangers par la bouche de leurs Am-baíïadeurs, a leurs ennemis par la bouche de leurs ca-nons. Les Avocats commencent ainsi leurs plaidoyers,Je parle pour un tel contre un tel, c’est-à-dire je plaideTome FL.

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pour un tel. L Avocat Général n’a parlé m pour l’un,ni pour Fautre ; c’est lui qui parle pour le Roi. On ditaussi , qu’on fait parler un homme, fíGP quand on luiprete un discours qu'il n’a pas tenu ; quand on ajouteà ses paroles, ou qu’on leur donne un mauvais sens.

Parler , signifie encore, murmurer , dire tous bas, Scexpliquer fa pensée avec crainte & circonspection.Murmurare. Il court un bruit lourd de cet Edit, qn enparle , on en murmure. On ne parle que de cette mau-vaise nouvelle dans la ville.

§7? Parler bien , parler mal de quelqu’un ; c’est-à-dire,en dire du bien, du mal ; le louer ou le blâmer. On nedoit jamais parler mal des absens, du prochain. On ditqu’on parle fort d’une choie dans la monde , pour di-re qu’elle fait le sujet de l’entretien du public , Sc celase dit également en bien & en mal.

Qu on suive Mars , ou l’ Amour _, ou le Prince ;

Alle %, vene%, coures , demeure% en Province ;

Prsne\simme , Abbaye , emploi , Gouvernement ,

Les gens en parleront, n en doutes nullement.

La Font.

C’est pourquoi l’on dit qu’il faut laisser parler lemonde ; c’est-à-dire, qu’il ne faut pas se mettre enpeine de ce que le monde dit mal-à-propos.

ífP On dit d’un homme qui a fait des choses d’éclat, Scdont tout le monde s’est entretenu , qu’il a bien faitparler de lui ; d’une entreprise ou autre chose sembla-ble , qu’il en sera parlé, qu’on en entendra parler ,pour dire qu’elle fera du bruit, de l’éclat dans le mon.-de ; & d’une action mémorable ; qu’il en fera parlé àjamais ; pour dire que la postérité en conservera lamémoire.

fn? On dit qu’un homme n’a point fait parler de luipour dire qu’il n’a rien fait qui lui ait donné de la ré-putation ; & qu’une femme n’a jamais fait parler d’elle,pour dire que fa conduite a toujours été sage Sc irré-

, prochable.

•frOn dh dans un tens contraire, d’une femme, oud une fille, que C est une femme, une fille dont on aparle , pour dire, que fa conduite , au moins équi-voque , a donné prise à la médisance. La femme laplus vertueuse est celle dont on a le moins parléFl.

Je veux croire quau fond il ne se passe rien ,

Mais enfin , on en parle , & cela nesi pas bien.

Mol.

Parler , signifie aussi laiíser échapper un secret. Divul-gare j evulgare. Il faut que quelqu’un de nous ait par-lé, puisqu on sait notre délibération. Les habiles gensont tant d artifice pour nous faire parler , qu’il est présqu’impossible de leur rien cacher. Bouh. Cela vient del’inclination naturelle que nous avons à parler, Sc duplaisir que nous prenons à apprendre aux autres cequ’il s ignorent. Id. Il y a une grande différence entrela sincérité, & une certaine démangeaison de parler ,qui fait qu’on s’ouvre à rôtîtes fortes de personnes.Bell.

Parler , s’emploie aussi quelquefois pour appeler, fairevenir à foi. Parles ho ! Venez çà. Parles , mon ami ,&c. Veni hue.

fiCP On dit qu’un homme parle d’une chose bien à sonaise, pour dire qu’il lui est aisé d’en parler comme ilfait • ce qui se dit de tous ceux qui parlent de sangfroid, des malheurs auxquels ils n’ont aucune part ,qui font à couvert des inconveniens que peut causerla chose dont on parle. . ,

IKT Parler en Maître , avec autorité. Parler a che-val à quelqu’un , durement & avec hauteur. Style deconversation. Populairement, parler des grosses dents.

On dit figurément qu’un homme parle haut, parlebien haut , pour dire qu il parle Tans ménagement, Scquelquefois avec insolence. Je laurai bien l’empècherde parler li haut.

Parler, signifie ordinairement, discourir , s’entretenir,fiait en public, soit en particulier. Dicere. On parlepeu quand la vanité ne fait pas parler. La Roch. On

Y y y