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aime mieux dire du mal de soi-même , que de n’enoint parler. Id. Les petits esprits ont le don de parlereaucoup, 8c de ne rien dire. Id. Il y a des gens quisongent plus à parler , qu’à s’expliquer. Le Ch. de M.On reconnoît ceux qui parlent trop , par le petit nom-bre de choses, 8c par le grand nombre de parolesqu’ils disent. M. Scud. En parlant peu, on peut ac-quérir quelque estime avec un mérite médiocre. Bell.Un Ancien difoit : Parle , afin que je te voie ; c’est-à-dire , afin que je te connoille. Il faut des raisons pourparler ; mais il n’en faut pas pour se taire. Nie. Ceuxqui parlent bien se donnent d’ordinaire le privilège deparler beaucoup. S. Evr.II faut bien avoir de la har-diesse pour parler en public, 8c un talent heureux àparler de bonne grâce. Le privilège de la conversa-tion , c’est de parler avec moins d’art & d’étude ; ilfaut que chacun y parle à son tour. On trouve unesecrète douceur à parler de loi, & de sa mauvaise for-tune ; l'amour propre en est flatté. Bell.
On dit : ne parlons plus de nos différends passés.Brisons là, n’en parlons plus ; parlons d’autre chose ;c’est-à-dire , oublions-les. Ad alia transeamus. Cetteaffaire est manquée , il n’en fera plus parlé ; on n’enentendra jamais parler. On n’a jamais oui parler depareille chose. Je vous p trie en ami; c’est-à-dire li-brement & sincèrement. Quand vous proposez cet ex-pédient,c’est bien parler, c’est bien dit. |Ì3“ On dit aullìqu’un homme parle dune chose en l’air, sans aucundeííein, ou bien fans fondement, 8c fans etre in-struit ; au hasard , à la boulevue, c est-a-dire, témé-rairement de ce qu’oti ne sait pas bien ; legerement,c’est-à-dire, fans être suffisamment informé; com-me un perroquet, c’est-à-dire, d’après les autres , oufans sçavoir ce qu’on dit ; comme un livre, c’est-à-dire j correctement, comme on écriroit ; en maître,c’est-à-dire, en homme versé dans la matière , 8c dansun sens contraire, en écolier. On dit qu’un hommeparle d’or, pour dire qu’il parle, qu’il répond com-me on souhaitoit qu’il fît, ou qu’il dit des choses ex-cellentes. Tout cela est du discours familier. Voye\ lereste aux phras es proverbiales.
Parler , se dit quelquefois pour signifier, recomman-der. Commendare. Je lui ai parlé de votre affaire , j’enai parlé de la bonne forte , je la lui ai bien recom-mandée.
Parler , en termes de Grammaire, se dit des paroles,8c des constructions justes & élégantes. Eleganter 3concinne , soluté , nitide eloqui. Voilà une belle fa-çon de parler , une belle phrase. Il faut éviter lesfaçons de parler fastueuses. Bouh. Ce font des cho-ses fort différentes, de parler bien, 8c de parlergrammaticalement. La M. le V. On ne parle pas ju-ste , quand on ne parle que par la peur de se taire. S. .Evr. Que sert de bien penser, si on parle mal ?Bouh.C’est un homme qui parle comme un livre , il par-le comme un Ange, comme un oracle ; il parlejuste & pertinemment. Le bon art, qui fait qu’onexcelle à bien parler ^ ne íe montre que sous uneapparence naturelle ; il n’aime que la beauté simple8c naïve. Le Chev. de M. Il est aisé de parler mal,en voulant parler auffi-bien que Balzac. Bouh.tsT Parler- v. a. On dit parler une langue, parler Fran-çois , Latin, Grec, &c. Parler la langue Françoise,Latine, &c. S'énoncer dans ces langues. Gallicè Lati-ne loqui. Les Apôtres, après avoir reçu le Saint-Esprit,parloient toutes íortes de langues. Ce Docteur parleLatin , & ne fait pas fa propre langue. Nous ne par-lons plus le langage de nos peres.tfT On dit d’un homme qui parle fa langue avec pureté,8c élégance, qu’il parle bien.
$3“ Parler Bas-Breton, Haut-Allemand, &c. se dit fi-gurément d’un homme qui ne se fait pas plus enten-dre que s’il íe servoit d’un langage inconnu à ceux àqui il parle. Parler Phœbus, employer un langageampoulé. Parler François, expliquer nettement sonintention sur quelque affaire.
§3“ Parler blason. Parler guerre , chicane, &c. c estsavoir s’exprimer en termes de guerre, de blason , dechicane , èc. Peritè disserere de re aliquâ. Parler lit-
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térature , parler épigrammes , parler Horace. Bouh.
ffT Parler, se dit encore activement par rapport à lamanière de prononcer une langue. Ainsi, Ion ditqu’un homme parle Gascon ,parle Normand, pourdire qu’il parle François avec un accent Gascon, ouNormand.
IJCT Parler , s’emploie aussi réciproquement. La langueFrançoise se parle par toute l’Europe.
|sT Parler , lignifie aullì, s’obliger en un contrat, yintervenir. Obflringerese. Je ne veux point prêter del’argent à cet homme-là, si fa femme, ou son filsmajeur, ne parlent au contrat, ne s’obligent solidai-rement avec lui.
|KF Parler , se dit figurément en choses morales &inanimées. Les murailles parlent ; c’est-à-dire, que lesaffaires qu’on croit les plus secrètes , se découvrent ;qu’il se trouve toujours des témoins des choses lesplus cachées. Parietes habent aures. Les cieux 8c tou-te la nature parlent de la gloire du Seigneur , annon-cent fa puillance. Tout me parle ici de vous ; c’est-a-dire, m’en fait ressouvenir ; & je luis toute occupéede votre idée. L. Port. Cette affaire parle toute icii-le ; c’est-à dire , qu’elle est claire, qu’elle n’a pointbesoin d’explication, ni de défense. Ce contrat ne par-ie point de cette clause, c’est-à-dire, qu’il n’y en estfait aucune mention. On dit d’un portrait, qu’il parlequand il ressemble bien. Son amour parlait par sisyeux. Sa douleur parloit , & éroit peinte fur son visi'ge. On dir aussi se parler par lettres, pour dire com-muniquer ses pensées par lettres.
Parler , se prend pour les impressions qne les objetsfont fur l’esprit 8c le cœur. Que votre silence m’aparlé fortement au cœur. Bouh. Xay. L. III.
On dit que le sang, que la nature parlent, pour direque les sentimens naturels se réveillent dans certainesconjonctures. On dit que le mérite, les services dequelqu’un parlent pour lui, en fa faveur, pour diteque Ion mérite 8c ses services font des titres suffi'fans pour rendre ses prétentions légitimes. En ma-tière d’affaires, on dit qu’une pièce parle contre quel-qu’un , pour dire qn’elle est contraire à ses préten-tions.
fss? On dit d une chose que l’on comprend aisément,fans qu’il soit besoin d’explication, cela parle tout seul»cela parle de soi-même.
Parler , s’emploie encore figurément en plusieurs au-tres occasions, selon lesquelles il signifie différenteschoses. Boileau dit des mauvais Poetes , que Calliopejamais ne daigna leur parler ,• c’est-à-dire, les inspires.Inspirare , suggerere.
Elle seule ( l’Ecriturc) savantes, peindre la Nature-
Sait , & parler au cœur , & le faire parler. Vill.
fsi? Parler , se dir aussi de quelques oiseaux , commedes perroquets, pies, sansonnets , des linottes , d £Sgeais, des corbeaux, & de plusieurs autres oiseau*dont la langue & les autres parties qui contribuent 3la formation des sons , font plus propres à modifi erl’air, & à lui communiquer les vibrations dans sis'quelles consiste l’articulation des sons. Vrye\ SoN »Voix humaine ,Parole. A l’égard des bêtes, Pline»Plutarque, vElicn 8c autres Historiens , font menrioude quelques-unes qui ont parlé. Homère fait parisXante, le cheval d’Achille; en quoi il a été imspar Oppian. Tite-Live rapporte qu’un bœuf a par 1 e ',8c Philostrate donne le même privilège aux navsi eï8c à Tonneau, dans la vie d’Apollonius ; mais toU ccela est fabuleux Le serpent d’Eden & lànesse de ss l "laam ont parlé ■ mais par miracle. Dans les Fabsi s »dans les Apologues, on fait parleras arbres, sis r °'chers, &c.
Un jeune paysan Allemand, badinant avec s°!^chien, crut entendre quelque son, qui approch°,íjd’un mot Allemand, 8c là-deffus, tout enfant sssiétoit, il se mit en tête de le faire parler ,8c il y a r etl 'Le Baron de Léibnitz assure qu’il a vu & entenduschien parlant à Zeitz, au mois de Décembre de a1714 . Ce chien prononçoit plusieurs mots A.lsi nian ’