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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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PAS

Ii le premier sait ; & c est ainsi qu’il travaille jufqu’auont de son alignement. On dit, je ferai planter dela vigne an pas. Cette vigne a été plantée an pas. Li-ger.

Pas d’Armes. Terme de Chevalerie. Les pas d’Armescroient des lieux que son entreprenois de défendre ,comme des ponts, des grands chemins, & des palla-ges, qu’on ne pouvoit traverser sans combattre ceuxqui les gardoient. Les Chevaliers qui tenoient le pas ,attachoient leurs écus armoyés de leurs armes à desarbres , à des pals, ou à des colonnes dressées pour cesujet. Ceux qui vouloient acquérir de 1 honneur dansces combats, touchoient avec leur lame un de cesécus ; de forte que celui à qui il appartenois, étoit obli-gé de combattre ; 8c celui qui étoit vaincu,devoit don-ner au victorieux le prix dont on étoit convenu. P. Ho-noré. Les Auteurs disent communément qu Henri IIsut bielle dans un tournoi ; mais les Lettres de Défi di-sent que ce fut un Pas d’Armes , parce que ces com-bats d’honneur se prennent souvent l’un pour l’autre ,quoiqu’il y ait quelque différence. Le Duc de Valoisayant formé en x 514, à Abbeville le dessein d’un tour-noi , il y fit publier, par permissiondu Roi Louis XII,que le pas scroit ouvert à Paris au mois de Novembrepar lui, 8c par neuf de ses compagnons, pour être tenucontre tous venans à pié & à cheval.

Pas de Haubans. Voyer Enfléchure. C’est la mêmechose.

Pas. Particule négative, de gçand usage en la Langue ,qssoiqu’elle semble superHue, étant toujours 'précédéede ne , ou non , qui est une autre négative. Ne , non. Jene le veux pas. Cela n’est pas bon. Neveux-tu pas ve-nir ? Je n'ai pas beaucoup de te m s à perdre. On dit aus-íì, non pas cela. Je le conlidère, non pus comme monmaître , mais comme un bon ami. Pas un homme ,pas une femme. On n aime pas iong-tems quand onn’est pas aimé.

Pas ne dirai l'adreste ,

Pas ne dirai les gestes, les discours ,

Que fit P Amant pour montrer fa tendresse ,

Pour gagnersa maîtreste.

' M. DE Thémiseul.

il y a des gens qui mettent cette particule en des en-droits , où plus communément & mieux, on ne l’a-joute point. Il est même décidé aujourd’hui que c estune faute. L’Abbé de la Trappe aimoit ce pléonasme.

Le monde seroit plus édifié , qu’il ne Lest pas de leurconduite. Si notre foi étoit plus vive, 8c notre charitéplus ardente quelle ne lest pas , on auroit plus decrainte de commettre un seul péché, que de souffrirdix mille morts. Abbé de la Trappe.

Il en est de Tancréde dans la Jérusalem délivréeconnue de Sancerre dans la Princesse de Clèves, leuraffliction est plus naturelle au commencement qu ellene Lest pas dans la íuite. Manière de bien penser., in-12,p. 408. Il faut retrancher pas suivant la remarque deVaugelas, intitulée Pas & P oint , T. //_, p. 684. deVédition avec les notes de Thomas Corneille. Il est sur-prenant que le P. Bouhours, qui a écrit avec tant depureté, 8c qui nous a laiíïé de h bons Ouvrages furnotre Langue 8c fur ffautres sujets, ait fait cette faute.

On ne met jamais pas on point devant deux m. Ilne faut être ni avare ni prodigue ; & non pas , il nepoint , ou pas être, &c.

On ne les met jamais devant le que qui signifie stnonque. Je ne ferai que ce qu’il vous plaira. Je ne jouequ’aveC les gens de bien. Je ne mange qu une fois lejour.

On ne les met point devant jamais. Il ne fera jamaisaussi méchant, &c. ni devant plus , je ne ferai plus^omme j’ar fait ni après plus , s’il fuit une négative.

II est plus riche que n’a été celui-ci.

fkí On ne les met point devant aucun ou nul. Il ne m’afait aucun mal, nul mal ; ni devant rien. 11 ne veut rienfaire.

§3 Les deux ni, jamais, rien , nul, aucun , nient as- Ifez d’eux-mêmes, fans y ajouter les particules négati- {

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ves, pas ou point : 8c le que qui signifie stnon que ,étant un mot de restriction, on ne nie pas absolument ;ainíì on ne se íèrt ni de l’une ni de l’autre de ces par-ticules négatives.

On ne les met point encore après fans ,fans nuage ,fans faute; ni quand on parle de quelque tems,ni aprèsqu’on en a parlé. Je ne le verrai de dix jours. Il y adix jours que je ne Lai vu : parce que toutes les foisqu’il est question de rems, il y a toujours restrictionde ce même tcms-là, qui empêche que l’on ne nie ab-solument.

gCF On les supprime d’ordinaire ave le verbe pouvoir. Ilne le peut faire. Il ne poiivoit mieux faire : de mêmeavec savoir quand il signifie pouvoir. Il ne fauroit fairetant de chemin en si peu de tems.

03 * U faut fur tout cela consulter Lissage ; mais il fauttoujours se souvenir que point nie bien plus fortementque pas.

| fT Pas un signifie nul. Pas un ne le dit, il n’y a pas unhomme, pas une seule personne.

H 3 " Pas & point synonymes. Pas énonce simplement lanégation. Point appuie avec force, 8c semble l’assir-111er. Le premier souvent ne nie la chose qu’en partieou avec modification. Le second la nie toujours abso-lument, totalement & sans réserve. Voilà pourquoil’un le place très-bien devant les modificatifs, & quel’autre y auroit mauvaise grâce. On diroit donc n’êtrepas bien riche, & n’avoir pas même le nécessaire :mais si l’on vouloi: se servir de point, il faudroit ôterles modifications, & dire , n erre point riche , n’avoirpoint le nécessaire. Syn. Fr.

fK? Cette même raison fait que pas est toujours employéavec les mots qui fervent à marquer le degré de qua-lité ou de quantité, tels que beaucoup , fort, un , 8cautres semblables : que point figure mieux à la fin de laphrase, devant la particule de, 8c avec le mot du tout,qui, au lieu de restraindre la négation , en confirmela totalité.

Pour 1 ordinaire il n y a pas beaucoup d’argent chezles gens de Lettres , Sc s’il falioit acquérir des riches-ses aux dépens de la probite , ils n’en voudroient pointà ce prix. La plupart des philosophes ne font pas fortraisonnables. Qui n’a pas un fou à dépensés, n’a pasun grain de mérite à faire paroître. Il n’y a point de rcsisource dans une personne qui n’a point d esprit. Rienn’est fur avec les capricieux ; vous croyez être bien,point du tout ; Lin stant de la plus belle humeur est suivide la plus fâcheuse. Voye-q encore Point & Ne.

PAS. Nom d’un bourg avec titre de Baronie. Pastìum. Ilest dans l’Artois, province des Pays-Bas, fur l’Authie,à deux ou trois lieues au-dessus de Dourlens. Mat y.

Pas d’Adam. Nom que l’on donne à un pic, ou monta-gne de l’ile de Ceylan. Adami pastus , vestigium. Voicice qu’en dit 1 Auteur Arabe dune Relation d’un voya-ge à la Chine, traduit par M. l’Abbé Renaudot. Ontrouve plus avant dans les terres une montagne appe-lée Rahoum , fur laquelle on croit qu’Adam est monté,& qu’il a laissé un vestige de son pié sur une roche , auhaut de la même montagne, Il n’y a qu’une seule traced’un pas d’homme, qui a soixante & dix coudées en lon-gueur , 8c on dit qu’Adam avoit alors l’autre pié dansla mer. Autour de cette montagne il y a des mines ; dAuon tire des rubis , des opales & des améthystes , furquoi le Traducteur fait cette remarque. Ce que les Ara-bes rapportent de ce vestige fur le haut d’unc monta-gne , qu’on dit être le pié d’Adam , est rapporte par laplupart des Auteurs Arabes, qui sont tres-cui ìeux depareilles Fables, & confirmé par la tradition du pays,conservée jusqu a notre rems. Rober t kno , Anglois,qui a demeuré deux ans dans cette rie 8c qui en a pu-blié une ample Relation en 168 r, en parle de cettemanière : Au sud de Conde-Uda 1 y a une montagne,qu’on suppose être la plus haute de cette rie , qui s’ap-pelle Hamadell en Langue des Chrngulas , mais queles Portugais & les autres Nations d’Europe appellentPic d!Adam. Elle est fort escarpee en forme de pain desucre, & au sommet il y a une pierre plate, sur laquelleon voit, imprimée la figure d’un pié d homme , nuisplus grande que le naturel, étant d’environ deux pies