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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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ou pour la fuite du mal qui te présente. Le reste des■esprits animaux descend avec violence dans le cœur,les poumons, le foie, la rate, Sc les autres viscères,afín de tirer contribution de toutes ces parties, Sc deles hâter de fournir en peu de tems les elprits néces-saires pour conserver le corps dans faction extraor-dinaire où il doit être pour l’acquilition du bienou pour la fuite du mal. La cinquième est une émo-tion sensible de lame qui sè sent agitée par ce dé-bordement subit d’eíprit. Cette émotion sensible ac-compagne toujours ce mouvement des esprits. L’ameétant unie au corps, Sc le corps à l’ame , leurs mou-vemens font réciproques. La sixième font les senti-mens differens d’amour, d’aversion, de joie, de trií-telîe,de désir, &c. causés par les différons ébranle-mens que les esprits animaux produisent dans le cer- :veau. La septième est un certain sentiment de joie , .ou plutôt de douceur intérieure, qui arrête lame dansfa passion, Sc qui lui témoigne qu’elle est dans l’étar ’où il est à propos qu’elle soit par rapport à l’objet ‘qu’elle considère. C’est cette douceur qui nous rendtoutes nos pasions agréables, Sc qui nous porte ànous y abandonner. Nous tentons que tout cela sepasse chez nous quand nous sommes agités de quel-que pasion. !

D3* Toutes les pajjions humaines font naturellementmisanrropes, Sc ne tendent, si on les laistoir faire ,qu’à' la destruction totale de 1 homme. La colore enveut à fa vie , lambition à fa liberté, l’avarice à sesbiens, l’envie à son mérite ou à ses succès, la plusbasse dc toutes, à son honneur & à sa vertu : il falloitdonc un frein pour arrêter la licence. Ce frein est labarrière de Tordre, ci vil. &Ja politique qu’on leur aopposé.

$3“ Les Philosophes ne s’accordent pas fur le nombreàespajjions. LespaJfions .de l’appétit concupiscible,sont le plaisir Sc ía douleur ; le désir 8c la fuite ; l’a-mour & la haine. Pajfiones appetitus concupiscibi-lis sunt voluptas , dolor 3 cupiditas & fuga 3 amor &odium. Celles de Tappétit irascible sont la colère, Tau-dace, la crainte, l’espérance & le désespoir. C’estainsi qu’on les divise communément. Pajfiones ap-petitus irascibilis psunt ira 3 audacia 3 timor 3 spes &desperatio. Les Stoïciens en faisoient quatre genres,

Sc se prérendoient être exempts de toutes passions.

AT Quelques-uns réadmettent qu’une passion 3 qui estl’amour, à laquelle ils rapportent toutes les autres.L’ambition , diíênt-ils, n’est qu’un amour de Thon-neur. La volupté n’est.qu’un amour du plaisir. Maiscomment rapporter à l’amour les passons qui lui pa-roissent directement opposéestelles que la haine,la colère, &c. Voye\ T Abrégé de Gaílendi, & sur-tout Descartes, qui a fait un beau traité des passonsd’une manière physique. Coeffeteau a fait le ta-bleau des passions ; la Chambre, les caractères des pas-sons ple IL Senaut, l’uíage des passions,

ffT Passion ,.se dit particulièrement de l’amour. Dansce sens , on ne le dit point au pluriel. On ne dit pointmes passions .pour iîgnisier mon amour. Corneille apourtant dit dans Pompée, mes passions feesettes;mais en cela, il n’est pas à imiter. Déclarer fa pas-sion. Première passion. Passion> naissante. S.Evr. ditqu’il n’y a rien de li honnête qu’une ancienne amitié;& rien de si honteux qu’une vieille passion. L’hommele plus simple que la passion fait parler, persuademieux que le plus éloquent que la pasion n animepoint. La Roch. Le plaisir de l’amour est d aimer ,&Ton est plus heureux par la passion que 1 on prend, ,que par celle que Ton donne. Idem. Un cœur use parmille coquetteries n’est pas capable d’une grande pas-sonsûíam de la vertu pour être capable de ces grandsattachemens. M. Scud. Quelle différence ! des dégoûtsd’une vieille pasion 3 à la délicateffe d’une passionnaissante. S. L vit. Notre siècle est grossierI on nevoit plus guère, de ces passions désintéressées, qui n en ,veulent qu’au cœur. Dac. Un peu de jalousie est insé-parable d’une ardente pasion. Vile. La pajsion estun orateur qui persuade toujours. La Roch. On ap-pelle .unv belle passion,, un amour fidèle Sc constant; -

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on entend quelquefois par-là une pasion un peu ou-trée , Sc un peu romanesque. Pasion honnête, estTattachement qu’on a pour une personne de grandevertu , & de grand mérite, tans aucun sentiment gros-sier : au contraire , on appelle pasion aveugle, bru-tale , dérégLe, emportée, celle qui a pour bur lesplaisirs sensuels. En ce sens, on dit, être maître ou es-clave de ía passion ; dompter ta pasion 3 s’abandon-ner à ía pasion , en íuivre tous les mouvemens, tousles transports.

f£? Passion , te dit aussi de la chaleur, de l aideur aveclaquelle on fait quelque chose. Ardor, sudium. Il nefaut pas défendre nos amis avec trop de pasion , depeur de leur attirer des choses fâcheuses par unechaleur indiscretre. Bel. Il sert ses amis avec beaucoupde pasion.

§3“Passion, se dit auílì du penchant, de Taffectionviolente qu’on a pour quelque chose. Cupiditas , ar-dor. Cet homme a une furieuse pasion pour le jeu.Propenso. Rien ne peut refroidir la passion que j’alpour vos intérêts. Vous ne sauriez douter de la passion quej’ai à vous honorer. Voix. Les impies ontde la pasion pour le vice. P A sc. Avoir de la passionpourl .loquence. Ablancourt. Il a une grande pasfion pour les tableaux, pour les médailles. Il a la passon des tableaux , des médailles.

§3* On le dit austi de Tobjer de la passion. Sa plus fortepassion , c’est le jeu, la chasse , &c.

D3° ÊAssiON, se prend encore pour l’exprestìon vivedes passions que Ton traite dans un ouvrage d es-prit. On dit en ce sens que les pasions £ont bien traitéesdans une pièce, qu’elles y font bien entendues; quel’Auteur lait bien toucher les passons.

fí3“ On dit en Rhétorique, en Poëlìe, en Peinture Sccn Musique , que toute Tadresse 3 ou la finesse de Tareconsiste à émouvoir, à exciter , ou bien à représen-ter les paf ions. Affeclus movere, commovere , exci-tare. Un Orateur véhément, un Poëte Dramatique,tâchent d’exciter la pasion dans Tesprit des auditeurs.Les anciens Musiciens excitoient, ou appaisoient lespassions, comme on dit de la harpe de David, à Té-gard de Saisi, des stutes de Timothée àlegard d’Ale-xandre. Ce Peintre exprime bien les passons. Ce Co >médien entre bien dans les pasions de ceux qu’il re-présente.

#3* On sait, dit M. Rollin, que les passons font commel’ame du discours ; que c’est ce qui lui donne une im-pétuosité & une véhémence qui emportent & entraî-nent tout, Sc que l’Orateur exerce par-là fur ses Au-diteurs , un empire absolu, Sc leur inspire tels senti'mens. qu’il lui plaît : quelquefois en profitant adroite-ment de la pente Sc de la disposition favorable qu’iltrouve dans les esprits ; d’autrefois , en surmontantroute leur résistance par la force victorieuse du dis-cours , & les obligeant de se rendre malgré eux.

fCPDans la Poésie les pasions font les sentimens , l £Smouvemens 3 les actions passionnées que le Poct e -donne à ses personnages. Elles sont l’efprit Sc la v ie•de la Tragédie Sc de la Comédie. La pitié & la terreutsont les passons que la Tragédie so propose d’excU er *Des pasions d’un autre genre, la joie & les surp r *s eSagréables conviennent à la Comédie. Voye% e«cot eMouvemens pathétiques. L’admiration est h paf 10 ' 1la plus propre au poème épique, mais comme il tientle milieu entre-les deux autres , il participe aux es'.pècesde/>sl/7sivw qui leur conviennent. Chaque épo-que a outre cela ía passion particulière , & .cette p a Jsson fuit toujours le caractère du Héros. La terreur cla colère dominent dansTlliadc , parce qu’AchiU eemporté. L’Enéïde est remplie de pasions plus d° 11 'ces, parce que rel est le caractère d’Énée.

Passion, en Peinture, se dit d’un mouvement du corp S >accompagné de certains traits fur le visage quiquent une agitation deTame. Le Brun, qui a exce , Sdans cette partie, a fait un Traité d espacions, f > §démonstrations des principaux traits qui fervent acaractériser. Dictionnaire de Peinture et d’A rCtecture. . p r

Passion. En terme dc Blason, on appelle clous st c ■*