Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
583
JPEG-Download
 

V

PAS

sion , ceux qui sont faits comme ceux dont on cruci-fia Notre-Seigncur , pour les différencier des autresclous ordinaires. Les Machiavelli de Florence portentd’argent à la croix d’azur angléc de quatre clous de laPassion.

§LP On nomme aullí croix de Passion , dans le Blason ,une croix qui est: croisée vers le haut, comme celleíur laquelle notre Sauveur est mort ; au lieu que lescroix ordinaires font croisées dans le milieu.

Passions. Terme de Peintres-Doreurs. On nommeainsi dans le commerce des Peintres-Doreurs, cer-taines bordures, ordinairement de bois uni, qui fer-vent à encadrer des estampes d une grandeur détermi-née. Ces bordures portent 6 pouces 7 lignes de haut,fur 5 pouces 6 lignes de large. Elles Rappellent pas-sons , parce que les premières estampes pour lesquel-les on en fit, représentaient la Pajson de Notre-Sei-gneur.

As? Passion. ( Les Confrères de la ) On donna ce nomà une société de gens qui s’étoient unis pour représen-ter des poèmes pieux en dialogues. Ce nom leur futdonné , parce qu’ils représentaient íouvent le mystèrede la Passion. Charles VI leur accorda des lettres pa-tentes pour leur établissement à Paris, en 1548. ParArrêt du Parlement, il leur fut ordonné de*ne repré-senter que des pièces profanes, avec défenses de repré-senter aucun mystère. Il nous reste encore quelques-unes de ces pieuses sottises.

CLE Passion de Jésus-Chnfl. ( Ordre de la) Ordre deChevalerie fondé vers fan 1380 , en Angleterre parRichard II , 8 c en France par Charles VI , lorsque cesPrinces eurent irormé le dellcin de conquérir de nou-veau la Tcrre-Sainre. Dans les íolcmnités, les Cheva-liers portaient un habit de pourpre, & íur la tête unecapuche rouge. Leur habit ordinaire étoit couvertd’un sur-tout de laine blanche, qui avoit sur le devantune croix de laine rouge. On devoit recevoir dansl’Ordre des veuves pour soigner les malades. Cet Or-dre fat bien tôt éteint.

£sy PASSIONNÉMENT, adv. Avec beaucoup de pas-sion. Ardenter , ardentiore studio. Il íouhaite passion-nément que son mariage s’accomplisse. Il aime passion-nément cette fille. O 11 le dit de l’amour 8c du deíir.

PASSIONNER, v. a. Animer ce qu’on dit, ou cequ'on chante, y donner un caractère animé qui mar-que de la passion. Afficitur ipse dicendo , vel cantando ,& afficit auditores. Le mot de passionner , en ce iens,& dans le régime actif, est assez nouveau, 8c ne sedit qu’en parlant Fe Musique, ou de déclamation. Peut-être même feroit -011 mieux de ne s’cn pas servir. CeComédien passionne extrêmement sa déclamation.Cette femme passionne bien tous les airs qu clic chan-te. Bouhours.

ffcTP assionner, fe dit aussi par quelques-uns à l’actif,pour , desirer quelque chose avec ardeur, avec pas-sion. Concupiscere j desiderioflagrare. Il passionne fortcette affaire , pour dire, il la sollicite avec ardeur.Cependant j Vaugelas & Corneille condamnent abso-lument cette façon de parler, 8c les bons Auteurs 11 een fervent point.

Passionner , avec le pronom personnel, est fort enusage pour signifier , fe préoccuper de passion, s’mté-jfller avec chaleur pour quelque chose. Un hommea gc ne se passionne jamais, V"ir sapiens nimio ardorenon afficitur. U fe passionne fort pour cette affaire. Ce

3 11 osi pas toujours fe préoccuper aveuglément.

passionner , signifie aussi, réanimer, s’éinouvoir, fe

at ler aller a la passion ; fe laisser toucher par quelque

fais" 1 " IT' 01 ' 3 ) ' Cable, &c. Excitari, inflammari. Jc

estent o n fouet une de ces langueurs qui tou-

fínnns' * ai Vu plus d une aimable personne se pas

le tour 1 ^«Présentations. Le C». d’H. La pensée,

ctfnnpçct,‘ UTar >gement des mots, tout les charmoit,

l’Odvssissi ^ 1 ' e P Prononçant les vers de Plliade ou de

nent erre À* ^ \ C pa ~f l0n noicnt fur leur harmonie, qui

E né f ’ïï 1b °“‘“= "un.it fait pitié à Hom tememe. De la Motte.

tif A t SI f NN s ’ P a!t - qui réemploie comme adjec-j c ìgmheiempli de passion. Il le dit de ce qui

PAS 583

porte le caractère de quelque passion violente, íurtout de l’amour. Avec íes airs passionnés , son ton ra-douci , fa face minaudière , je le crois un grand Co-médien. Le Sage , Turcarct , acl. /, sic. 1 . Un Amantpassi.onné _> rempli de passion. Amore incensus , accen-sus j amafius. Des regards passionnés. Des dehrs paf-stonnés j qui expriment, témoignent de la passion. Sespetites colères ont quelque chose de passionné, quisait qu’on n’est pas fâché de lavoir irritée. P. de Cl.Le caractère dune lettre d’amour est d’être tendre

8c passionnée, 8c de dire des choses qui aillent aucœur , plutôt que des choses qui divertissent l’esptit.M. Scud. Les femmes de la Cour íont plm galantes quepassionnées. S. Evr. On dit, une expression passion-née. Un air tendre & passionné. Un geste touchant 8cpassionné. Le C. a je ne fais quoi de fin, & de pas-sionné qui le rend capable de plaire. S. Evr. Commecette femme avoit lame passionnée , je mélois à nosentretiens ce que je connoilîbis de plus tendre. Idem.

Passionné , signifie encore, touché, affectionné, empor-té , ardent. Ardens , accensus. Quelque passionné quevous soyez pour les richesses , fouvenez-*vous qu’ellesvous quitteront un jour malgré vous. Avidus. Port-Roy. On dit , passionné pour la gloire. Cupidus , ap-petentijsimus ; mais quand il s’agit de l’amour ; 011dit, passionné de. L’amour exerce un cruel empire ,8c dès qu’on est devenu passionné d une femme , onest esclave. Réel. On dit qu une femme est passion-née pour les ajustemens. Quand on dit en généralqu un homme est passionné , c’est-à-dire, qu’il est em-porté j échauffé, prévenu.

L’ Académie écrivant à M. de Boifrobert, Pun deses Membres , & ne voulant ni lui faire une incivili-té , ni le traiter d’égal, résolut de souscrire, vos très-passionnés serviteurs ; comme un peu plus civil quetres-assectionnés, Sc un peu moins que très-humbies.Rél.

Passionné , ee. adj. Vieux mot, mis à mort, qu’on a faitsouffrir. GLofl.stur Marot.

PASSIVEMEN1. adv. D une manière passive. Passive.Il y a plusieurs verbes qui le prennent passivement.

PASSIVETÉ. í. m. Terme de dévotion mystique. Etatde lame passive 8c contemplative. Status passivuscontemplativorum. S. Paul, en bannissant les mouve-mens turbulens que donnent les soins du monde, nenous ordonne point de demeurer dans l’inaction 8cdans la passion. Boss. Dieu entraîne fa créature com-me il lui plaît ; 8c dans les opérations de la grâce, ily a une certaine passivité qui en est inséparable,parce qu’il y a plus d’aótion de la part de Dieu,que d’essort de notre côté. Boss. La passiveté descontemplatifs n’est point t:n état de souffrance ; ellen’est opposée qu’à faction 8c à l’activité. Id. ffioye\Actif, Contemplatif.

PASSO DEL CANE. Nom d’une montagne de la Sy»ric. Transitus Canis , anciennement Climax. Elle estdans la Phénicie, près de Cibler, à lept lieues de Tri-poli , vers le midi. Maty.

PASSOIRE, f. f. Ustensile de Cuisine , ou d’Apothicai-rc. Colum. C’eít un vaisseau de cuivre, ou d’étain, per-cé de plusieurs petits trous, qui sert à passer des poispour en tirer la purée, des groseilles , 8c autres fruits,pou t en tirer le jus. .

PASSULAT. adj. Epithète qv.e l’on donne au miel pré-paré avec des raiíins de Damas cuits dans 1 eau chaude.Le miel postulat s appelle ainsi à cause des laiíins cu.tsque les Médecins appellent uvapaflu.

ffij PASSULES. f. fi. pi. PaffiuU. Galien appelle postules,tous les raisins léchés au soleil, fans avoir égard a leurpetitesse, ni à leur grosseur ; ce qui fait connoitre qu’ilne met aucune différence entre les^raiiins de Damas,appelés tibibum par Rs Apothicaires, ni ceux qu’onapporte de Smyrne, ou de Candie. Mathiole dit quetous raisins secs n’ont pas la meme propriété ; ceux quifont doux, ayant d’autres qualités que ceux qui sontâpres , & ceux qui ont des pépins en ayant aussi d’au-rres que ceux qui sont fans pépins. Ceux qui n’en ontpoint étant doux , non-seulement ne sont point astrin-gens, nuis ils íont laxatifs &lénitifs. Au contraire, les