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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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biens qnc la nature ou l'habitude leur y fait trouver ;amour aussi naturel que Tamour de nous-mêmes & denos parens , qui naît en nous par instinct, mais quife confirme par la raison, qui s’aceroît par Thabi-tude ; mais qui fe fortifie par la réflexion ; qui réta-blit d abord par Tintérêt, mais qui fe soutient parThonneur 6c par la vertu ; qui s’aliumc, pour ainsidire, par le zélé pour fa propre maison, mais qui s’en-flamme par celui des aut-ls ; qui réunit ainh tous, lesmotifs divins & humains, pour nous lier ensemble in-séparablement sous les idées les plqs touchantes, lesRois à leurs peuples, comme à leurs enfans ; les peu-ples à leurs Rois, comme à leurs peres ; les peu-ples entr’eux, comme les enfans d une même fa-mille : car, en ester, voilà les idées que nous pre-íente naturellement le nom de patrie ; un pere, desenfans, une famille réunie fous la meme autoritépaternelle.

AF' Il n’en falloir pas moins pour maintenir tous lesEtats chacun dans fes bornes, pour les conserver en-tr’eux dans ce bel équilibre, que la politique humainechercherait en vain, lì la nature ne lui en fournií-soit le restort 6c le point d’appui neceflaire dans hu-mour de la patrie ; enfin pour tenir chaque peuple at-taché au lieu de fa naiflànce, quoique souvent très-mal partagé des biens de la vie ; à ía forme de gou-vernement , quoique íouvent très-dure ; à fes loix 6cà fes coutumes, quoique íouvent très incommodes. Iln’en falloir pas moins pour produire tous ces mira-cles de constance.

ft? 1 On convient dans tous les íy sterne s que cette vertuest la plus néccllàire dans un Etat, à fa conservation,à son bonheur au dedans, 6c à fa gloire au dehors. Ilfaut donc, ou renoncer à vivre dans un Etat, ouque chacun des Membres qui le composent, soitclans la constante résolution de sacrifier tous fes in-térêts à futilité publique. La loi de Tordre y est ex-,preste. Un membre fe doit tout entier au service ducorps. La partie ne fe doit compter pour rien quandil est question du tout. Un vrai Citoyen doit mêmevouloir le bien de l’Etat, non-feulement pour le teinsde fa vie, lorfqu’il y participe ; mais pour tous les siè-cles qui suivront sa mort, quand il ne pourra plusV avoir aucune part. C’est la maxime, qui pendantles six premiers siècles de la République Romaine ,forma dans Rome un peuple de Héros plus redou-table par cette conspiration des mœurs au bien com-mun , que par la politique de son Sénat, ou par lavaleur de ses soldats. L’amour du public étoit commePâme de tout l’Empire.

AZ" 11 n’y a rien de si grand que cette vertu, quand onla considère ainsi dans son principe, qui est la loi deTordre naturel. Il n’y a rien de si mince ni de si bas ,quand on la considère dans le système de T amour in-téressé. A quoi s’y termine t elle 5 Supposons que Ta-mour de nous-mêmes soit le pere de tous nos amours,quel fera d’abord le premier objet de l’amour du pu-blic ? Un simple particulier qui fe regardera nécessai-rement comme le centre de tout. Quelle fera danschaque particulier, la mesure eflentielle de son amourpour le public î son propre bonheur, ou si vous Tai-rez mieux , celui des autres pour le sien. Voilà pourle présent. Pour l’avenir, quel sera le terme ? jusqu’oùportera-t-il ses vues publiques ’ Le rems de íà vie , &rien au-delà, car après la mort, qu’importe à 1 amourpropre que l’Etat périsse , ou qu’il fe conserve ? Pen-dant ma vie, son malheur entraînerait le mien. Ufaut donc empêcher sa ruine. Après ma mort, sonbonheur n’est plus rien pour moi. Il faut donc enailler le soin à mes furvivans. C’est leur affaire.

n *T e peut disconvenir que toutes ces confequen-ces ne íoiçnx parfaitement bien tirées dans la logiqueamour intéresse. Mais si de cette logique on feai une morale comme il est fort naturel, où réf-éra e o r maïs 1 amour du public , tel que la raison,1 honneur, la conscience nous le demandent’ Où trou-vera-t-on des âmes généreuses qui soient prêtes à luisacrifier leur repos, leurs biens, leurs personnes’ Oùtrouvgra-t-on des Codrus . ou des Léonidas, qui se

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dévouent à la mort pour le salut de leurs peuples ?Des Aristides , qui après une longue administrationdes affaires publiques, demeurent pauvres en laiíîàntl’Ecat dans /'opulence î Des Régulus, qui donnent àleur patrie des conseils contre leurs propres têtes,plutôtque de souffrir qu elle le déshonore en les sauvant ’

|ssT Dans le système de Tamour intérelíé, il est évi-dent que l’Etat ne trouvera jamais d’Amateurs à ceprix-là. Non pas qu’il puisse en manquer tour-à-fait ;mais ils seront d un caractère bien différent des Ama-

- teurs du public, tous formés par les mains de Ta-mour propre , & qui s’empresieronc à le servir avectout le zde que peut inspirer le propre intérêt. Ostambitionnera les grandes places pour s’attirer dansle monde une considération agréable 6c profitable.On briguera les offices publics pour le bénéfice quien revient. On les achetera même, s’il le faut, com-me des fonds de terre , pour les faire valoir. On s’en-gagera volontiers dans les affaires du Roi pour mieuxfaire les siennes,fous un nom qui consacre tour. Onfe chargera de bon cœur des recettes publiques pourbien payer le Receveur ; on mettra même Thonneurà profit; on regardera le commandement d’une ar-mée comme la direction d une banque militaire ; uneprovince à gouverner, comme un pays de contribu-tion; un emploi de justice comme un emploi de fi-nance. L’intéret donnera des ailes aux conditions lesplus obscures, pour s’élever aux plus éclatantes. Onpaffera même quelquefois, comme les anciens Ro-mains , de la charrue au timon de TEtat ; pais onfe gardera bien d’y retourner comme eux, après sonadministration, pour vivre encore du labourage. L’a-mour propre aura trop bien fait les fonctions de Ta-mour du public , pour avoir jamais besoin d’une pa-reille reílource.

ÏTOr y que doic-on penser d’un système de Philoso-phie, ou 1 amour du public ne peut subsister quepar l amour propre ? où la vertu , Tamicié ; où la libé-ralité , la reconnoi (lance ; où la íociécé des mœurs nepeut avoir d autre principe réel que futilité qu’on enretire, ou que Ton s’en promet.’ Lest le sentimentque Torquatus , grand Admirateur d’Épicure, sou-tien r avec beaucoup d’esprit dans le second dialo-gue de Cicéron, fur le souverain bien. Voye-^ com-ment Cicéron combat ces principes, de finibus , Z.//, P. André.

îfiT PATRIPASSIEN. f. m. On dit auflì PATROPAS-SIEN. Nom qu’on a donné aux Sectateurs dc l’Héré-lie de Sabellius, qui furent ainsi appelés , parce qu’ilsne croyoient pas que ce fut Dieu le Fils, mais Dieu lePere, qui eût été crucifié. Voye | Sabellien,

ïfT PATRIQUES, f. m. & pi. Sacrifices que faifoientautrefois les Perses à Thonneur du Dieu Mithra. Pa-trica. Les Patrìques étoient la même chose que lesMithriaques. Voye% ce mot. On les appeloit Patrï-ques, parce que le Prêtre qui les faisoic, s’appeloir Pa-ter. Voye^ Saumaise , fur Lampridius , p . 117 , His-toria Àuoujia.

PATRIUMPHO. f. m. Idole des anciens Prussiens. Par

triumpho. Ils nourriffoienc de lait un serpent à Thon-neur de ce Dieu. Voye 5 la Sarmatie Européane deGuaguin de Vérone,

’ATRIUS. si 011 adj. m. Surnom d’ApoIIon. P atrius. Lesuns disoient qu’il fut ainsi appelé par Icadius son fils,qu’ilavoit eu de la Nymphe Lycia, & qui lui bâtitbeaucoup de Temples, ou du moins a cauíe de cesTemples bâtis par son fils Icadius. D autres disentqu’il fut ainíi nommé de Patras , ville d Achaïe, ou

il étoit particulièrement honoie. Servius, Eneide ,

Liv. III , v. 332. Enfin , Pollux dit que warp^? >étoit une épithète d Apollon. Les Athéniens 1 hono-raient fous ce nom. ,

’ATROCINER. v. n. Vieux mot ecorehe du Latin, quisignifiait autrefois , plaider. Patrocinari. Mais présen-tement il signifie dans le style comique Sç burlesque ,parler longuement à une personne, pour la porter àquelque sentiment qu’on voudroir qu’elle prit, enblamant celui qu elle a. Il se joint ordinairement avecle verbe prêcher.