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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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PAX

PAUVRETÉ, s. f. Paupertas } pauperies-. Situationdc fortune opposée à celle des richelles, dans laquelleon est privé des commodités de la vie, & dont onn’est pas toujours le maître de sortir, M. l’Abbé Gi-rard. C’est pourquoi l’on dit que pauvreté n est pasvice. Une heureuse étoile ou d’heureux talens tirentde la pauvreté ceux qui y íont nés ; Sc la prodigalitéy plonge les riches. Les Lettres ne font guères culti-vées att milieu des richesses, & elles le font mal dansla pauvreté ; une fortune honnête est leur état conve-nable. La pauvreté est la mere de tous les crimes ; ellene donne jamais que de mauvais conleils. C’est unegrande tentation à la fraude & au mensonge. La Bru y .

^ La pauvreté d’un pays fe dît tant de la misere des ha-bitans que de la stérilité de la terre. Terra 3 regio in-feecunda , Jlerdis.

f * T On appelle pauvreté évangélique une renonciationvolontaire aux honneurs & aux richelles, aux bienstemporels de ce monde, pour acquérir les vrais biens,suivant le conseil de l’Evangile. Les hommes aposto-liques n’ont point de plus riche trésor que leur pau-vreté, ni de fonds plus íiìr que celui de la Providence.

VJ" La pauvreté d’eíprit consiste dans un détachemententier des biens de ce monde. Ce ne font pas les pau-vres en général que J. C. dit être heureux, mais feu-lement ceux qui vivent dans la pauvreté évangélique,qui sacrifient les biens de ce monde, pour acquérir lesbiens éternels.

'■< La pauvreté d une Langue fe dit de la disette desmots , de la sécheresse de fes expressions. Voye\Pauvre.

Pauvhbté íc dit aussi des choses baises, ridicules,méprisables qu on dit ou qu on fait. C’est un hommequine dit que d c.s pauvretés. Quelle pauvreté !

J’al vu la Satyre des femmes ,

Jufle ciel , que de pauvretés ! 'Senecî.

'On dit proverbialement, cn grande pauvreté 3 n’y apas grande loyauté. Ou dit : Pauvreté engendre triche-rie pour duc, que tel qui a fait une ballclíe, ne l’au-toit pas faite s’il n’avoit pas été dans l’indigcnce. Lors-que quelqu’un fait un bon repas, il dit, que qui a unebonne heure en fa vie ,n’apas toujours pauvreté.

V'É Pauvreté , Indigence , disette , besoin , nécessité 3lynonymes. La pauvreté est Roppolë des richesses.L 'indigence enchérit lu r la pauvreté. La disette est unmanque de vivres. Le besoin Sc la nécessité ont plusde rapport au secour s qu’on attend & au remède qu’oncherche. Voyc\ ces mors.

PAUVRETÉ, en Mythologie. Ilparoît par le Plutusd’Aristhophane qu’clle avoir été personnifiée & miseau rang des Dieux par les Anciens. Les habitans deGadara l’honoroient d’un culte particulier , parcequ’ils la regardoient comme la mère de 1 industrie &de tous les Airs, comme Arriéra le rapporte. Aristo-phane & Théocrite lui donnent aussi les mêmes titres.Voyeç l’Idylle XXI de Theocrite , & le Plutus d’Anf-wphane , Aci. II. Scen. IV 3 & V >auvreté jurée. Paupertas jurata . On appela ainsi,mus la seconde Race de nos Rois ; la pauvreté desCblats, qui donnoient leurs biens à une Eglise : ou àun Monastère. Foyer Oblat.

p^HATAR Powhatan. .

VX. í. m. pi. Vieux mot. Cheveux, poils. On dit aussieux.

P AX.

PAX, ou PAXI. Nom d’un bourg de la basse HongrieP axa. H est ssir le Danube , entre Bude & Tolna,onze lieues de la première , & à une Sc demie de 1derniere. On prend Pax pour Rancienne Lusjoniumou LujJ unium , petite ville de la basse Pannonie.

PAX. Vieux mot. Lods & ventes.

PAXOS. f. m. Fruit des 'iles Philippines, ressertblant à peu-près à nos olives, d’un bon goût quanil est mûr. Vert, on le confit au vinaigre.

PAXU. Foyci Pach5u.

P A Y 6

P A Y.

|fT PA-YA. Titre d’honneur que le Roi de Siam donneaux Seigneurs de fr Cour qu’il veut favoriser. Il neRaccorde pas toujours aux Princes de ion Sang.

PAYABLE, adj. m. Sc í. Terme de Négoce. Qui fe doitpayer, qui fe doit acquitter dans un certain tems, ouà certaines personnes. Solvendus. Cette Lettre, ce bil-let de change, est payable au porteur, à un tel, à ionordre ; elle est payable à vue ; à quinzaine, en tel tems.Les amendes íont payables par corps , Sc quelquefoisfans déport. L’Académie écrit ce mot Sc les íuivansavec un y : payable, payant , paye , Scc. Et cn esset, ilferoit mieux de retenir Y y dans tous les mots où Ri ap-partient auffi-bien à la première syllabe , qu’à la se-conde ; Sc où il est en quelque façon double. Cette pra )tique s’étabht de jour en jour , Sc est la meilleure.Voye^ la Grammaire du P. Bustier.

Billets payables au porteurEnflent ton crasseuxporte-lettre jMais je tiens d’un fort bon auteur ,

Que tu les fais pour les y meure.

SÉNECÉ, V. ipl*

ffT Quand on dit qn’un billet, qu une obligation estpayable , on entend que le terme du payement est échu.PAYANT , ANTE. adj. Qui paye. Solvens. Il y avoir àla Comédie dans le parterre tant de payans , fans lespalle-volans. A cet écot il n’y avoir que quatre payans •les autres croient des écornitìeurs.

PAYAS. 1 . m. pi. Soies blanches du Levant, qu’on tireparticulièrement d’Alep.

Payas. Ce íont aussi des cotons filés, qu’on tire du Le-vant par Alep.

PAYCO. f. m. Liante du Pérou à laquelle les habitans dupays ont donne ce nom. Ses feuilles reílemblent pour laforme Sc pour la couleur a celles du plantain : étant sè-ches, elles font fort déliées & fort acres au goût. La pou-dre de ces feuilles prise avec du vin, est bonne pour lesdouleurs néphrétiques. La plante cuite, dans l’eau &appliquée en forme d emplâtre íur la partie malade,produit le même effet. C, Bauhin Rappelle PlantagoIndica ; & Clussius P ay co herba. Monard.

Le P ay co croît aussi au Chili : c’est une plante demoyenne grandeur , donr la feuille est fort déchique-tée ; elle a une odeur forte de citron pourri ; fa déco-ction est ludorisique , très-bonne contre la pleurésie.Frézier , p. 107. A Coquimbo , le Payco est pluspetit & plus aromatique qu’à V alparaiílo, par consé-quent un meilleur iudorifique. Id. p. 122.

PAYE. í. f. Solde qu’on donne aux gens de guerre chaquejour pour le prix de leur ícrvicc. Stipendium. Nous nevous servirons pas feulement pour la paye , comme desmercenaires, mais paratìection. Ablanc. L’armée s’estconfédérée Sc révoltée, faute de paye. La paye dessimples Soldats est fort modique.jfJ’ On appelle haute paye , une solde plus forte que lasolde ordinaire. Tel Soldat est à la haute paye. On ledit de même de ceux qui reçoivent la haute paye. Leshautes payes font des bas Officiers qui ont plus depaye que les autres, comme les Sous-Brigadiers, Ser-gens, Caporaux, Anfpelfades.íjfT On appelle morte-paye , si f. dans les Troupes, unsoldat entretenu dans une garnison tant en paix qu cn

guerre. . r

On appelle morte-paye dans une maison , un vieuxdomestique, ou quelque autre homme qu on y en-tretient, sens qu’il y ait aucune fonction , m qu st y

rende aucun ícrvicc. Ac. Fr-

Ce mot,félon Du Gange,vient dc papua, ou paga 3qu’ona dit en la meure lignification, auffi-bien quepagamentum , d’où est venu payementPaye , fe dit quelquefois pour payeur. Les Courtisims fontde mauvaiícs payes. Malum nomen. On frit crédit vo-lontiers aux Bourgeois , car ee íont de bonnes payes.

On dit proverbialement, qu ii faut tirer d’une mau-varfc paye ee qu’on peut ; pour dire, que quand un dé-