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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Il cil ainsi appelé, quaspecunia oblatio. Le péculat íessiten droit de tout larcin public fait d’une chose sa-crée , religieuse, publique ou fiscale , comme aussi duburin. Coup.tin. Il y en a de diverses sortes mention-nées dans tout ie titre de la Loi Juiia, De Pecul. UnFinancier ne peut être accusé de péculat , qu aprèsavoir rendu les comptes, quand il y a des omissions,ou des dépeníes frauduleuses. Le péculat se poursuitcontre les héritiers de celui qui l’a commis. Le péculatpar l’Ordonnance de François I, de Fan iyqi, le punitde mort, quand les Officiers en font convaincus ; & debannissement, quand ce font d autres personnes. De-puis cette Ordonnance Ton a érigé diverses Cham-bres de Justice pour la recherche & la punition des Fi-nanciers , & de ceux qui avoient manié les deniersloyaux ; mais aucun n’a été châtié selon la rigueur deFOrdonnance, & ils en ont été quittes pour des taxes.De Lange. Chez les Romains ceux qui étoient convain-cus de ce crime, étoient punis de mort, lans aucuneelpérance d’abolition.

PÉCULE, f. m. Cest le fonds de celui qui est en puif-íance d'autrui, comme un fils-de-famille, ou un escla-ve ; ce qsson peut acquérir par fa propre industrie ,•lan,s avance ni secours de la part de son pere , ou de Ionmaître, mais feulement avec fa permission. En un mot,c’est Fargent que les esclaves épargnent pour eux.Courtin. Une partie appartient au Maître, & l’autreappartient à l’efclave. Id. & Grotius , III. 14. , 6, 2.IÍ y avoit chez les Roipains un pécule civil 8c un pécu-le militaire. Voye\ au Digejèe. r. I. Ij. tit.

ï/ér Ce mot vient de peculium Latin, que Cujas prétendêtre originaire Gaulois: mais on le dérive communé-ment « pecunia & pecoribus , parce que tout le bienconsistoit autrefois en argent 8c en bestiaux. Ou bienl’on a dit peculium , quasi res peculiaris , chose propreà celui qui a ce pécule , 8c dont il lui est permis de dis-poser.

Pécule , se dit aussi dans le même sens de ce que chaqueReligieux épargne , 8c possède en particulier. Pecu-lium 3 peculiare. On prétend que le pécule d un Reli-gieux devenu Curé, ne laisse pas d'appartenir au Mo-nastère , & que le Religieux n'en a jamais la pro-priété.

L’Abbé est successeur du pécule : il est censé son hé-ritier , 8c tenu de íes dettes. Le pécule d’un Religieuxétant réclamé , & par le Monastère qui lavoir reçu àprofession , 8c par celui où il étoit transféré , la CourFa adjugé aux pauvres en 16q 1.

Le Droit Canonique reconnoît deux espèces de pé-cule; celui des Clercs 8c desEccléhastiques, 8c celui desMoines ou Religieux. Le pécule des Clercs est encore dedeux fortes ; Fun que les Canonises appellent profecti-ce,8c l’autre qu’ils nomment advcnctice. Le pécule pro-se,ctice est celui qu’ils acquièrent à l’occasion de leursBenéfices, & ces biens appartiennent après leur mort à1 Egide , par le moyen de laquelle ils ont été acquis :c est la disposition du Chapitre I. Extra de pecul. Cle-ric. Et par le Chapitre ; , eod. titulo, le Prélat est te-nu délaisser à 1 Eglise rousles biensqu’il a acquis aprèsfa consécration; 8c il n’a pas la faculté d’en pouvoir dis-poser par testament : Cap. Relatum 3 Extr. de testam.Le pécule adventice consiste dans les biens que les Ec-clésiastiques ont acquis d’aillcurs qu a l’occasion deleurs Bénéfices ; & ce pécule paílè à leurs héritiers ; 8cils ont la faculté d’en disposer par dernière volonté. Cap.Sint manifesti. 12. q. I. C • G dc Cap. Quia\ Extr. deTesam. Mais cette disposition canonique n est pas re-çue en France. Plusieurs de nos Coutumes ont statué aucontraire, que les héritiers des Ecclésiastiques leur suc-cèdent dans tous leurs biens, quoiqu’acquis de 1 épar-gné du revenu de leurs Bénéfices, 8c leur ont accordéla faculté d’en disposer par dernière volonté. Voye^l’Article 33 6 de la Coutume de Paris.

Le pécule des Religieux consiste dans ce qu’ils ontacquis de leur épargne dans le revenu de leurs Bénéfi-ces , ou autrement, comme par leurs prédications 8cles aumônes qu’on leur fait. Par le Droit Canonique iln’est permisqu’aux Religieux qui ont des Bénéfices oudes offices perpétuels d’avoir un pécule ; 6c à 1 égard

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[ des autres, il leur est défendu d’en avoir fans la pe»1 mission de leur Supérieur. Chapitre 2. Extr. de StatuMonach. Celui qui a un pécule du consentement de. son Supérieur, peut en disposer par actes entre vifs.C ’est le sentiment des Docteurs fur le Cb. Cum ad Mo-naser. Extr. de Statu. Monach. Mais ils ne peuvent[ point disposer par dernière volonté , leur pécule ap-[ partenant après leur décès à l’Abbé ou au Supérieur auCouvent. Les immeubles ne font point compris fous lenom de pécule, 8c l’on ne permettroit pasqu’un Moi-ne fit des acquisitions d’immeubles ; s’il en avoir fait,le Couvent pourroit fe les approprier.

PECULIER , ERE. adj. m. 8c I. Du Latin peculiaris. Par-ticulier, propre a quelqu’un. Nicot. Monet. Cot-grave. C’est un de ces mots expressifs que nous avonslaillé perdre, & qui ne íe trouve plus que dans nos an-ciens Auteurs. Henri-Etiennc est du nombre de ceuxqui s’en fervent le plus souvent : on le trouve partoutdans ion Apologie pour Hérodote. Je me contente decet exemple , tiré de la seconde partie; tom. 3. p- J*» Il est à présumer que les siècles qui précédent le nq-« tre de tant de centaines dans, ont eu leur iourderie" propre 8c péculière. >-

PÉCUNE. f. f. Vieux mot qui signifioit autrefois de 1 ar-gent. Nicole Gille rapporte que Louis XII retira gran-des pécunes de la vente des Charges. Il íe peut dire en-core en style badin.

Le mérite & l’ esprit dénués de fortune,

Ne font que des qéro bien véritablement ;

Mais quand bon nombre de pécuneLes précédé, on voit clairement,

Que ces %éro qui n ont tout seuls valeur aucune >Valent alors extrêmement. Rec. ee bons mots.

Ce mot le tire de pecunia Latin , qui signifie la mê-me chose , 8c qui vient de ce que fous le règne de Ser-vius Tullius on fabriquoit à Rome une certaine mofl-noie d’airain qui avoit pour marque une brebis, q uCles Latins appeloient pecus.

Pécune. f. f. Terme de Mythologie. Nom d’une Divini-té chez les Romains. Pecunia. Il semble parle 113 v£t>de la première Satire de Juvénal,que la Pécune neroitpoint encore au nombre des Dieux , du moins qu'ellen’a voit encore ni temple , ni autels. Cependant Arno-be , contra Gentes , L. VI,8c S. Augustin , de O v 'L. IV. C. 21 j la comptent au nombre des Dieux ,en font le reproche aux Payens. Louis Vivèsdit, ÍJj rcet endroit de Saint Augustin, que Juvénal a pû 1 *"gnorer ; que Varron dit qu’il y avoit bien des Dieux',des sacrifices 8c des cérémonies que les Savans in clIlCne connoilfoient pas. Quoi qu’il en soit de Juvénal Nde ion tems, on ne peut douter qu’au moins au tem sd’Arnobe & de Saint Augustin, la pécune ne furnombre des Dieux. Peut-être même y étoit-elle déjà dutems de Juvénal, 8c que ce Poète vent feulement du equ’elle n’avoit point encore de temple, ni d’autripublics. Voye-q Riiodigin, L. XXII. C. 34. TuMssbe, L. XI, adverf. C. 20. Vives ciré. Quelle nécctj itede sc recommander à la Décile Pécune, pourpécunieux ì De Cerisiers , Traduci, de la Cd cDieu.

PÉCUNIAIRE, adj. m. & f. Qui a rapport à Fargent-dit au Palais, une amende pécuniaire, mulcla , pouUdistinguer de l’amende honorable. Emenda honoff ^lis. Peine pécuniaire , dont on est quitte pour de 1 fgent, qui est opposée à la peine corporelle. On ditauintérêt pécuniaire , pour dire, un intérêt d’argent- Ln’est pas pour un intérêt d’honneur , c'ertpourunmtéret pécuniaire qu’ils fe font brouillés. AcAdG 1Françoise.

PÉCUNIEUX , EUSE. adj. Qui a beaucoup d ar =ss__comptant. Pecuniosus , nufnmosus. Les grandsgneurs ont de belles terres, & ne font guère V cCU,llt ' ca .Les Marchands 8c les Banquiers font des gens /meux. Les femmes préfèrent les Amans riches 8c p ^nieux, quelques fors qu’ils soient, à des hommesmérite , fans argent. Bell, Pécune ne fe dstql us -/nieux est encore en usage dans le style farnm e *