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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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il l’a peinte avcc toufes ses couleurs. On court aprèsles Déclamateurs qui savent peindre , ou en grand,ou en miniature. La Bru y. II faut peindre un vieuxRomain , agité d une liberté farouche, autrementqu un flatteur du teins de Tibère. S. Evr. l/art duPrédicateur consiste à bien peindre les disterens ca-ractères d’une vertu qui nous est commandée, 8cd’un vice qui nous est défendu. Çl. Pour bien re-présenter les choses, il faut les peindre II vivement,qu’on pense les voir devant les yeux. Le Ch. de M.Les pallions se peignent elles-mêmes dans les yeux ,& dans les paroles. Port-R. On vous a peint avecles plus noires couleurs. S. Evr. Combien de gensembrassent serrent, parce qu’elle est peinte 8c embel-lie des couleurs de la vérité. Bal. Error fucatus subspecie veritatis. Une modeste joie & la simplicitéétoient peintes fur son visage. Fl. Il portoit la dou-leur peinte sur son front. Vaug.

|K? On dit qu’un Auteur se peint dans ses ouvrages,pour dire que fans y penser, il y donne à connoîtreson caractère & ses inclinations.

A Peindre, adv. se dit des choses qui font excellentes& bien faites, qui méritent cletre peintes. C est unhomme de bonne mine , & qui est fait à peindre.Vir eleganti forma. Cet habit vous vient fort bien,il est fait d peindre.

Peindre, se dit proverbialement en ces phrases. Voilàpour l’achever de peindre , c’est-a-dire , pour ache-ver de le ruiner de biens, de réputation , de santé,&c. Cela se dit aulli d’un homme qui après avoir déjàbeaucoup bù, recommence à boire encore.C’étoit pourY achever de peindre en cramoisi. Mascur. On ditd’u-ne chose qu on ne peut peindre parfaitement , c estcomme on peint le soleil avec du charbon.

Peint , einte. part. Piclus , delineatus. vfs? On appelle toiles peintes , des toiles de coton desIndes, ou contre-faites en Europe, fur lesquellesfont représentées en couleurs très-vives, diversessigures d’hommes, d’animaux, de fleurs. Il en estde même des satins. Foyqr Furies.

PEINE. f. f. Châtiment qu on fait souffrir à ceux quiont fait quelque faute. Punition d’un crime. Cas-tigatio } punitio ^pcem irrogatio j supplicium. La pei-ne de Penser sera éternelle. Les Catholiques croientque les prières 8c les indulgences les garantissent despeines du Purgatoire. Dans le péché j il y a la coulpe8c la peine. La peine du talion étoit celle qui impo-íoit la nécessité de donner œil pour œil, dent pourdent. Jusqu’au tems de Charlemagne, excepté le cri-me de lèze-Majesté, on ne puniíïoit tous les crimesque par des peines pécuniaires qui étoient même simédiocres, qu’on étoit quitte de la mort d’un Evê-que pro nonagentis solidis. fCT On appelle peine pé-cuniaire , celle qui consiste à payer quelque sommed argent à la partie lézée , par forme de dommages &intérêts, pour réparation de quelque tort ou injure.On appelle aulli de ce nom l’amende envers le Roi,8c saumoné applicable au pain des prisonniers.;Peine Capitale. C’est celle qui fait perdre la vie natu-relle ou civile au criminel. Telle est la peine de mort,ou la condamnation aux galères à perpétuité , ou l’e-xil perpétuel hors du Royaume ; cependant, à propre-ment parler, par peine capitale, on entend la peine demort. .

Peine non Capitale. C’est celle qui ne fait perdre ni lavie civile, ni la vie naturelle ; comme la fustigation ,l’amputation des mains, l’application de la marque pu-blique fur les épaules ; la condamnation au carcan, lacondamnation aux galères.

Peine Infamante. C’est celle qui otel’honneur à ce-lui qui est condamné, comme la peine de mort ouautre peine afflictive, samende honorable , 1 amendepécuniaire en matière criminelle. Peine nòn infaman-te, qui note point 1 honneur, comme saumoné enmatière criminelle.

Peine Légale , qui est imposée par la loi ; c'ëst-à-dire _> par les Ordonnances Royaux.ffT Peine Arbitraire , celle qui n’étant point définie par .les loix j depend du Juge. C’est une erreur dé croire

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qu’en France les peines soient arbitraires ; ce n'estqu’en certains cas ; chaque crime a ía peine fixe por-tée par l’Ordonnance. Sanclio 3 pcena sancita. Maisdans les crimes où les loix ont défini les peines , ontrouve souvent dans le corps du délit des circon-stances qui rendent les Juges maîtres d’adoucir oïld’augmenter les peines établies par les loix.fTLes Peines Spirituelles , font celles par lesquelles lesFidèles, en punition de quelque péché notable &scandaleux, sont privés des biens spirituels que Dieua 1 aillé à la disposition de son Eglise. Telles font l’ex-communication, la suspense, l’interdit.

Les Peines comminatoires sont celles qui ne sontimposées que pour obliger les hommes à faire ce aquoi ils font obligés, dans l’appréhension d’encountles peines qui font énoncées contre les concrevenans;mais qui souvent ne lont pas observées à la rigueur.

On dit fur peine d’excommunication, de suspension,d'interdiction de ía charge. Sub peena vetitum. A p el ~ne de la vie, de la hart, de punition exemplaire. P fna capitali. A peine d’amende, d’une peine pécuniai-re. Pœnâ pecuniaria , vel mulclâ. Cela est défendusous de très-griéves peines. On lui a ordonné cela fouspeine , fur peine , à peine de la vie. On le défend fousdes peines tres-rigoureuses. Pasc. On les oblige sutpeine de péché mortel à absoudre. Id. Obligez- 1 £Sd’absoudre les criminels qui ont une opinion proba-ble , à peine d’être exclus des Sacremens. Id. La peinede l’omiísion de recette contre les Financiers est I equadruple. Le Roi donne des lettres de grâce pour re-mettre la peine , il accorde une commutation de pei'ne. Rex admissi criminis gratiam facit 3 pcenam mu-tat. On met aulli dans les compromis une peine; ouconsent de payer certaine somme , si on n’acquiesteau jugement des Arbitres. On a déclaré la peine en-courue.

Peine, signifie auísi , fatigue , travail corporel. Labof >defatigatio. On est mauvais ménager des biens qui s ac-quièrent fans peine. On souffre à la guerre bien despeines 8c des fatigues. Les gens de journée louent leurpeine 3 leur travail. Je n’ai point regret à la peine qu ej’ai prise , ma peine a été bien employée. Cet homrnône veut pas prendre la peine d’amalìer du bien.fy On appelle un homme dc peine , celui qui gagne fovie par un travail pénible ; Sc servante de peine , celleque l’on destine à la grolïg bésogne d’une maison.fy Peine , sentiment de quelque mal dans le corps 011dans l’eíprit : forte de sensation disgracieuse quisouffrir , qui nous rend notre existence désagréable-Molesia j anxietas animi 3 dolor. Il y a des peines, dcorps & des peines d’eíprit. Les peines de l’esprit éga-ient les douleurs du corps. Les peines 8c les soucis dménage me font trembler. Les peines 8c les plaisirssuivent nécellairement dans la vie. B. Rab. Tousplaisirs , amour, n’égalent pas tes peines. M. Sc. Nlaviez-vous pas les peines que souffre un cœur q lUlaisse enflammer ? S. Evr.

Pour moi la plus aimable , efl la moins inhumain e >

Et de quelques douceurs qu on flatte mes defirs 3Ce qui me donne de la peine,

Ne me donne point de plaisirs. Corn.

Ah ! fl vous connoiffle £ les amoureuses peines ,

Vous faunes qu en mourant on adore ses chain^ s ^

, jj

Quoi que nous faisions, nous aurons toujours e ^.peine 3 car enfin il en faut avoir. Ecoutez notss ^Commines fur le chapitre des traverses de la v |5 g}maine. Aucune créature n'est exempte de P a ^î 0 '- e -tous mangent leur pain on peine 8c douleur )Seigneur le promit dès qu 11 fit l’homme, & loyauu^l’a tesiu à toutes gens. Il n’y a personne qui ne „cela aulsi-bien que M. d’Argenron : mais vous m aV _rez qu’on nè le sattroit dire plus plaisamment qric ^Lettres deBujfl 3 t.l 3 p. 28p. Mém. de Pf l fp8ít.Commines 3 l. 8. chap. 13 3 p. 318 & 319de Paris 3 in-fol. 161 y. . ffain-

On appelle peine du seps, les douleurs que