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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Sc signifie , ajuster. Componere. Je viens de peigner cetœillet ; c'est-à-dire, d’en ajuster les feuilles , de lesranger avec les doigts , de les disposer dans Pordreoù elles doivent être.

PEIGNÉ, ÉE. part. adj. Pectitus. On dit de la laine pei-gnée , du chanvre peigné , lorsqu ils ont passé par lesmains des Cardeurs, ou qu’ils ont eu quelque autre

^préparation pour les nettoyer. Carminata.

Au figure, jardin bien' peigné. Style peigné. Cequ'on pouvoit reprocher à M. de Sacy, c’est d’avoirlaissé dans son style quelque chose d’affecté, de troppeigné , & qúi se sent un peu du style de ton Auteurfavori, Pline. Goujet. Un discours qui est partoutpeigné Sc ajusté, où tout brille fans variété, ne peutêtre long-tems goûté, quelque beau qu il toit d’ail-leurs.

PEIGNERAN. s. m. Terme de Manufacture ; particu-lièrement en usage dans la Sayetterie d’Amiens. Il li-gnifie l’Ouvrier qui fait les peignes, dont se serventles Houpiers qui apprêtent les laines de cette Manu-facture.

PEIGNEUR. Qui peigne. Peigneur d’étaim , ou Tireurd’étaim .Peigneur de chanvre, de lin ; c’est l’Ouvrierqui peigne le chanvre, qui le démêle, pour séparer leplus fin du plus grossier.

Peigneur de laine. Ouvrier qui démêle la laine. Cestune des qualités des Maîtres Cardeurs de Paris.

PEIGNIER. í. m. Marchand ou Artisan , qui vend, ouqui fait des peignes. Pectinum opifex , peclinopola.

§3" PEIGNOIR. 1. m. Linge fait en forme de petit man-teau , ou de cafique , qu’on met fur ses épaules tan-dis qu on est à fa toilette, qu’on se peigne. Mundimuliebris involucrum humerale. Les femmes en désha-billé ont de beaux peignoirs à dentelles.

Peignoir , se ditauffi de la troufle où l’on enferme lespeignes à peigner les cheveux.

4JCP PEIGNON. s. m. ou CEINTURE, f. f. Terme deCordier, Paquet de chanvre affiné & suffisammentgros pour faire un fil de la longueur de la filerie , &que lesFileurs prennent autour deux, ouqu’ilsatta-chent à une quenouille.

PEIGNONS ou PIGNONS. Terme de Manufàctu-- re de Lainage. Sorte de laines dune très-mauvaiscqualité , qui ne font pronrement que les rebus , ouplutôt ce qui reste des iaines qui ont été peignéesavant que d’être filées pour frire la chaîne de certai-nes sortes detoffes. Dict. de Com.

PEIGNURES. s. f. pi. Cheveux qui tombent quandon se peigne. Peclinationis exuvidt. Les peignures quel'on met au nombre des cheveux morts, font moinspropres à faire des perruques que les cheveux vifs.

PÉÍK, ou PÉÏQ. f. m. Foye\ PÉYQ.

§3“ PEILLES. f. f. pi. Terme de Manufacture de Papier.Vieux chiffons, ou morceaux de toile de chanvre Scde lin, qui s’emploient dans la fabrique du papier.

PElLLIER. f. m. Cest celui qui ramasse des peilles ouchiffons. On le nomme plus communément Chiffon-

nier.

PEINA. Nom d’une petite ville du cercle de la BasseSaxe. Peina 3 Poynum. Elle est dans l’Évêché d’Hildesheim , fur la petite rivière de Fuse, entre Brunswick & Hanover, à quatre lieues de la première& à sept de la dernière. Peina est défendue par un ancien château, Sc elle a eu autrefois titre de ComtéMaty.

pftm AL ’ pénal.

EINDRE. V. a. Je peins , tu peins 3 il peint 3 nous peignons yvous peignes , ils peignent. Je peignois. Je peignis.J ai peint. Je peindrai. Que je peigne. Que je peifvp C ’ ° U \ é P cln drois. Mêler & employer les couleurqu’iìT tC d 11 ’ quelles représentent un objet quten A'-ssss' i ln S íre ' depingere 3 expingere. On peirou de coBe Pe J 1VCC ^ CS couleurs imbibées de gomme

oudel,„

mâture avec de s couleurs r.mplâ qu'emLrcur les E,lumineurs. On peint en émail avec des codeurs minerales qu on sert fondre au feu, & qui è°r auTome FL

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injures de l’air. On peint à fresque sur des murs fraî-chement enduits. On peint en pastel Sc en crayon avecdes pâtes de couleurs, de la mine de plomb, de la san-guine , &c. On dit qu’une chose est bien peinte , lors*qu’on y voit une grande hardiesse ou liberte de pinceau.Mais on dit qu’elle est bien léchée, lorsque les cou-leurs y font feulement noyées & bien adoucies, fansy marquer une grande franchise de pinceau. Consul-tez ici ce que l’on a dit au mot Flou.

On dit j qu’un Peintre peint l’histoire ; pour dire ,qu’il travaille sur des sujets historiques ; & cela se ditpar oppoíition aux Peintres qui ne peignent que desportraits. Acad. Franc.

Ce mot vient du Latin pingere.

De tous les Peintres qui ont vécu jusqu’au milieu dtiXV siècle, il n’y en a pas un qui ait eu l’usage depeindre à 1 huile. Ce fut en Flandre, qu'un Peintre quiétoit en assez grande réputation en ce pays-là, Sc quise plaisoit à la Chimie , reconnut qu’en broyant lescouleurs avec de l’huile de noix, ou de lin ; il s’enfuioit une peinture solide, qui non-seulemeut réfis-toit à Peau, mais qui conservoit une vivacité & unlustre, qui n’avoit pas beíoin de vernis. Il vit de plusque le mélange Sc les teintes des couleurs se fu-ioient bien mieux avec de Fhuile qu’autrement ; Scil fit plusieurs tableaux dans cette nouvelle manière ,Sc en préíenta un à Alphonse I, Roi de Naples. Fé-

LIBIEN.

On dit auffi peindre fur toile, fur cuivre, fur le bois,fur le verre en apprêt ; peindre en grand -, peindre enpetit. Peindre des histoires, des paysages ; peindred’après nature; peindre d’après Raphaël, le Titien;c’est-à-dire, les copier. Ce jeune homme apprend àpeindre ; il peint de la manière de Rubens , du Pouí-íîn. Je fuis long tems à faire un tableau, disoit Zeu-xis , parce que je peins pour 1 éternité.

Peindre , íignifie quelquefois simplement, faire un por-trait. Delineare. Je m en vais me faire peindre. Cechomme réussit bien à peindre, il attrape bien Pair du-ne personne. Ceux qui ont les traits délicats font diffi-ciles à peindre. Il est peint au naïf. Voilà ilne bellefigure à peindre. Alexandre voulut qu’il n’y eût qu’A-pelles qui le peignît. Vaug.

En peignant aujourd’hui Cloris ,

Tu ne peindras qu une peinture. Gon.

Peindre , se dit aussi simplement pour, orner, embellirde divers ornemens avec des traits Sc des couleurs. Il-luflrare , exornare , perpolire. On a peint fa chambre,son cabinet, sa galerie, sa maison.

Peindre, signifie quelquefois barbouiller, couvrir, en-duire avec de la couleur broyée. Incondite pingere. Ilfaut peindre cette travée ,ce lambris , cette menuise-rie, avec de l’ocre. On peint une balustrade de fer,pour empêcher qu’elle ne se rouille.

Peindre, ic dit aussi des représentations naturelles quife font par la réflexion de la lumière. Reflectere duc-tus. Les objets fe peignent au fond de l’ceil fur la reti-ne , comme fur une toile. Ils fe peignent aussi fur laglace des miroirs, dans Peau, Sc íur tous les corpsfort polis. Le soleil se peint dans les nuees ; peint

l’iris de vives couleurs. .

Peindre, signifie farder,donner de la couleur. Faciem

fucare. Jésabel, dit l’Ecriture, se , J eux ave f î

de Pantimoine , pour plaire à Jehu. Cet homme fepeint la barbe, les sourcils. Les buveurs íe peignents’enluminent la trogne. Nimio hauftu jaciem illumi-

fCT Peindre, signifie aussi simplement, ecrire avec laplume ; former bien les caractères. Cet homme peintbien il a un beau caractère. Scribere 3 pingere feifl.

Peindre , fe dit figurément en choses morales, & ligni-fie , faire par le discours des représentations vives ,des’descriptions de quelque chose. Graphice descri-bere. L’art duPoëte consiste à bien peindre , à bien dé-crire & représenter les choses dont il parle, à bienpeindre les mœurs , & les caractères des personnesqu’il introduit. Cet Avocat a bien peint fa Partie ,

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