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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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sJCF PÈLERIN,PÈLERINE, s. du Latin Peregrinus.V oya-gcur, étranger , ou de Lltalien Pelegrino , qui signi-íîe la même chose. Ce mot lignifie proprement celuiou celle qui voyage , qui court le monde, particuliè-rement ceux qui font des voyages à un lieu de dévo-tion , pour viliter les saints lieux , ou pour s’acquitterde quelque vœu. Les Pèlerins du Saint Sépulchrc,deSaint Jacques en Galice , de Saint Michel du Mont.Les caravannes d’Orient font pleines de Pèlerins'qui vont à la Méque. On a fondé pluiîeurs hôpitauxpour recevoir des Pèlerins. Rien ne plaît tant auxfemmes Chinoises que la qualité de Pèlerines ; carn ayant point d autre occasion de paroître au dehors,elles font ravies de voir un peu le monde par dévo-tion. P. le Comte. Les Pèlerins <f Emails font un beautableau du Titien.

fCT On appelle Pèlerins d’Emaiis, les deux Disciples quiallcient à Emails, après la réíurrcétion de Jéfu:-Chvist. Le Sauveur apparut aux deux Pèlerins d’Émaiis.

Le mot de Pèlerin fe dit figurément & familière-ment pour ruse, dillimulé. Vous ne connoiflèz pas lePèlerin. Voilà un étrange Pèlerin, pour dire, c’estun ruíé, un matois. Cautus callidus , vafer. Voilàune bonne Pèlerine , une fine , une dangereuse fe-melle.

Air On dit proverbialement, rouge au soir, blanc aumatin , c est la journée du Pèlerin. Ce proverbe s’ex-plique en deux façons ; lune , qu’il faut boire du vinrouge au soir , & le matin du vin blanc à déjeuner ;l’autre, que le ciel rouge au soir l Sc blanc au matin,présage un beau tems durant le jour. Pluie du ma-tin n’étonne pas le Pèlerin.

Pèlerin j fe dit quelquefois des oiseaux de passage. Unfaucon pèlerin. Peregrina aves. Voye ç Faucon.

En termes d’Astroìogie, une planète est appelée pè-lerine , lorsqu elle est en un lieu , où elle n'a aucunedignité, ni disgrâce.

PELERIN. C m. Nom d’homme. Coye^PEREGRiN.

PELERINAGE, f. m. Voyage de dévotion. PeregrinatioReligionis causa. U est allé en pèlerinage à Notre-Dame de Lorette , de Lielfe, des Ardillieres , à SaintJacques, à Sainte Reine. Louis XI entreprenoit despèlerinages plutôt par timidité que par pénitence.FlÉch.

AiP Ces pèlerinages ont été autrefois, fort en usage cheztoutes les nations : 011 prenoit mente avec certainescérémonies, Phabit de pèlerin, qui consistoít parti-culièrement dans un bourdon & dans une escarcelle.L’Eglife avoir approuvé la dévotion des Fidèles pourcertains pèlerinages. Aujourd’hui que I on fait que1 esprit de libertinage est le plus souvent Puniquecause de ces voyages , elle les condamne plus qu ellene les approuve. Ce mot vient du Lati n 3 peregrinatio.

ífT Pèlerinage , fe dit auffi du lieu où un Pèlerinva en dévotion. Ainsi, l’on dit que Notre-Dame deLorette est un des plus fameux pèlerinages de laChrétienté.

Pèlerinage , fe dit ausïî figurément du tems que leshommes demeurent fur la terre. Peregrinatio , vitaspatium. Jacob difoit que les jours de son pèlerinageavoient été courts Sc mauvais. Port-R.

Pèlerinage de grâce. Nom d une Ligue des Catholi-ques Anglois de la Province de Lincoln , qui prirentles armes en 1 Jjd, contre Henri VIII.

PELERINE, f. f. C’est le nom qu’ona donné à cette fa-meuse perle qu’on apporta en i J74, à Philippe IIRoid’Efpagne ,qui est en forme de poire, Sc est gros-se comme un œuf de pigeon. Un Marchand 1 achetacent mille écus, en songeant, dit-il, au Roi, quand illa lui présenta, qu il y avoir encore un Roi d’Efpagneau monde.

PELIA. Nom d une petite île de l’Archipcl. Pelus,Elle est à six lieues de celle de Scio , vers le cou-chant, & près de la côte occidentale de celle de Cia.Maty.

PÉLIAS. f. m. Etoit fils de la Nymphe Tyro Sc de Nep-tune , ou plutôt de quelqu un de fes Prêtres. Il usur-pa le Trône d’Iolchos fur Eíon , son frère de mere,qu’rl obligea de vivre en íimple particulier.

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PÉLICAN, f. m. Oiseau aquatique, qui approche deìa

forme d’un héron, dont le cri rellemble au braire del’âne , d’où vient que les Grecs l’ont app elcovoxfraM*On tient qu’il aime li fort fes petits , qu’il meurt poureux, & fe déchire l’cstomac pour les nourrir. Pelica-nus. Cn en dit plusieurs fables, & on en fait l’hiérogty-phede l’amour paternel.

Jean-George Volkamer a découvert l’origine de cet-te fable dans les Ephéinérides de la Nature, Decui'III. An. ID. p. 24j & 248 j où il fait des remar-ques curieuses fur le pélican. Il rapporte, qu il cnavoir vu un à une foire de Leyde, ou de Lyon, nuis 1 'nis Lugdunensibus j que le maître de ce pélican disqu’il avoir cinquante ans. Il étoit beaucoup plus grandSc plus fort qu un aigle , mais très-femblable à un ai-gle par fa figure & ía couleur, si ce n’est que depu ,sla tête jufqu’aux aîles il blanchistoit de vieilleífe. R re 'marque que le pélican est de tous les oiseaux ansceux qui vit le plus, qu’il rajeunit même comme 1 sgle j Sc qu’il paste quelquefois cent ans ; mais ce qu 11y a de singulier, & que les autres oiseaux if ont point»c’est que l’efpace qui est entre fes deux clavicules >n’est point continu Sc couvert de peau comme au*autres oiseaux , mais contigu, & fait un grand trou»Sc une espèce de faux œsophage, astèz grand p 01 ”qu’on y mette la main, comme fit Volkamer, fi 111dit que par-là il mania les alimens que l’oifeau avoitdans l’estomacj & qu’il sentit demi digérés, Sc nchauds, qu’ils lui brûloient la main. C’est par ce ti' oLlque le pélican tire avec son bec, de son ventricule»les alimens déjà préparés pour les donner à fes petits»qui ne pourroientpas-les digérer fans cela. Il ajoute»que c’est peut-être là ( il devoir dire que c’est allure'ment là ) ce qui a donné occasion au conte que l’° nfait du pélican, qu’il fe déchire le poitrail de f° nbec pour nourrir fes petits du sang qui en découle*Il finit en disant que cet oiseau est très-fobre, qu e)1une semaine entière il fe contente d’un morceau d®racine d’olivier long deux fois comme le doigt.

Ai? Le pélican, dans le blason , est toujours represo}'té fe perçant l’estomac avec le bec pour nourrir > eSpetits de son sang , Sc íc nomme piété.

A? Pélican , est un vailfeau de Chimie, fait ordinaire'ment de verre avec des anles creuses Sc percées, f 1sert à faire plusieurs distillations de liqueurs par cir-culation , Sc à les réduire dans leurs plus petites pFtics. Pelicanus. Cet alembic bouché est garni de dstuyaux tellement disposés, que ce qui s’éleve dan s 1,1distillation, retombe fans ceste dans Ia cucurbite* .

Pélican , est aulìì un ferrement dont fe fervent les Cl”'rurgiens pour arracher les dents. Pelicanus. C’est 111)2tenaille ainsi appelée à cause de la restem blance f fle bec de l’oifeau de ce nom. Foyey ía figure dans 1 dfenal de Scultet, Table X, Fig. j.

Pélican , est austì un nom qu’on donne à une ancie llpepièce d’artillerie , qui est un quart de coulevrine P° Ltant six livres de boulet. Tormentum bellicum m LnuS \PÉLIÇON, ou PELLIÇON, & PLISSON- Habitpeaux. Foye^ Pélisson.

Péliçon aurai vair ne gris,

Mantel , chappe forrée ,

Ne de buens parifis ,

Une grande henepée. Huon de ViEl-EEl-

Feftoit un péliçon ermin ,

Sa sambue d’un drap sanguin.

G A vvá m -

C’est austì le nom d’une illustre famille sortie dsProcureur Général Anglois du Prince de Galles , losqu il étoit cn Guienne. La vigne qui porte le raeilso 11vin du fameux vignoble de Condrieu , est encore spelee la Pelisfonne, en mémoire du célèbre Graimso'^rien Jean Pélilîon de Condrieu, qui étoit de cette âmille. Borel.

PELIE. Foyer Pelade.

A? PELIN. f. m. Foyer Plain.

PÉLING. f. m. Etoffe de foie qui fe fabrique à la Chine-PÉ’LION. f. m. Nom d’une montagne de Thestâsie en