P E N
ífT Seroit-il à propos 3 & de la bienséance
De dire à mille gens tout ce que d’eux on pense.
Dans cette acception il est ausiì neutre. Penser avan-tageusement de quelqu’un. Penser bien, penser mal deson prochain. Je pense que vous vous contenterez demes raisons.
$ 3 “ On dit proverbialement, honni soit qui mal y pense,pour dire, qu il ne faut pas interpréter en mal unechose qui peut être innocente. Voys £ Honni.
On dit proverbialement, il est comme le perroquet<le M. de Vendôme, s’il ne dit mot il lien pense pas■moins.
§ 3 “ Penser , songer , rêver, synonymes. On pense tran-quillement 3 & avec ordre , pour connoître ion objet.On songe avec plus d’inquiétude Le fans fuite , pourparvenir à ce qu’on souhaite. On rêve dune manière-abstraite & profonde, pour s’occuper agéablement. LePhilosophe pense à l’arrangement de son système.•L'homme embarrassé d affaires songe aux expedienspour en sortir. L'Amant solitaire rêve à ses amours.Syn.Fr.
PENSÉ, ÉE. part. Un dessein bien pense jchosc bien pen-sée. Cela est allez bien pensé.
PENSER. Foyei Panser.
PENSER, f. m. Pensee , réflexion. Attentio 3 recordatio 3memoria . Il faut chasser le triste penser, le triste souve-nir de cette perte. A ce seul penser je sens que je m’é-gare. Boil. Les Amans aiment à s’entretenir de douxpensers 3 d agréables rêveries. Les ardens pensers m’é-chaustent le cœur. Rons. L’ufage a préféré pensee àpenser ~ 3 qui étoit un si beau mot, & dont les vers se•trouvent bien. La Br. Au relie., penser 3 au lieu de pen-see j ne se dit plus' qu en Poésie. Réf l.
Soucis prcjsans ckajfent pensers gaillards. Des-H.
La mer a moins de vents qui ses vagues irritent 3Que je n ai de pensers. Malh
Tous ces ambitieux désirs 3Tous ces vastes pensers, dont noussommes la proie 3Quefont-ils , que rendre nos joursEt moins fortunés 3 & plus courts ! M. Scud.
On disoit autrefois pensai la même signification,■d’où nous est demeuré le guet k-pens 3 oaappens 3 pourdire , un assassinat fait de dessein prémédité. On le ditencore des choses préméditées. C'est un guet-à-pe/w ,Confeikò , data opéra , ex compaclo , de industria .PENSIF, IVE. adj. Qui rêve profondément à quelquechose, occupé d’une pensée qui chagrine , ou qui em-barrasse. Cogitabundus. Je Lai trouvé tout pensif 6c mí-lancholique. Un Amant triste & pensif Un Poète quicompose est rêveur & pensif. Cette femme est pensivechagrine , depuis quelle a perdu son mari. Tristi-tia & molestia afficitur.
$3“ PENSILVANIE. Province de l’Amérique septentrio-nale, bornée au nord par le pays des Iroquois, Tl’o-rient par le nouveau Jersey ; au midi par le Mariland,6c à l’occident par le pays des Oniasontkc. La propriétédc le gouvernement de cette province furent donnéspar Charles II, Roi d’Angleterre, à Guillaume Pen ,de la secte des Trembleurs, en considération des ser-vices de Guillaume Pen son pere.
TENSION, s. f. Somme qu’on donne pour la nourriture& le logement de quelqu’un. On a mis cet enfant enpension en un tel Collège, on donne tant pour sa pen-íOm ■ ^ uerum puelá merccde alendum tradiderunt.
ension , se dit quelquefois dulieu où l’on donne àmanger s ou p eu où l’on élève des Pensionnaires ,^yennant une certaine somme qui se paye ordinaire-ss P ar quartier. Il y a une pension en tel endroit,
Pension, tei ste ,? nX -,, n ■ .
I * uit auih collectivement des gens que 1 on ami n u* jC * e tous ceux qui font en pension chez qucl-" ... 11 j u uombre de ses pensionnaires. Domus , fa-mi la ' ^P en sion d’un tel est fort nombreuse. Le Pré-cepteur a mené toute la pension se promener , se di-vemr au Pre-aux-Clcrs. On appelle Maître de Pension ,
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ceux qui tiennent pension 3 qui prennent des écoliersen pension. Ce Maître de Pension a bien foin des éco-liers. La Pension de ce Maître emporte toujours desprix.
ZMt2Ì-Pension. Ce que donne un Ecolier, ou un autreparticulier, qui ye fait que dîner au lieu où il est enpension. Il ne paye qu une demi -pension. Ac. Fr.
PENSION, se dit aussi d’un redevance qu’on paye, ou qu’onreçoit tous les ans. Attributio. Les enfans naturels ob-tiennent des pensions alimentaires. Alimenta. Il a unepension annuelle assignée íur une telle terre.
ífT C n appelle pension viagère , une rente constituée aupiofit de quelqu’un, pour lui servir pendant sa vie ,desorte qu elle soit éteinte par sa mort naturelle. Carces fortes de pensions destinées à fournir des alimens ,ne font point éteintes par la mort civile de ceux à quielles font dues.
ÌCFPension , en matières bénéficiales. C’est un droit dejouir dune partie des fruits d’un Bénéfice , fans titreni fonction ; comme quand le Titulaire d’un Bénéficele résigne à un autre, en se réservant le tiers ou lequart des revenus par chacun an.
Les pensions fur les Bénéfices ne s’accordent quepour de certaines raisons. Pensio beneficiaria. Autre-fois on les imposoit avec beaucoup de facilité, Sc loris:prétexte d’inhrmité & de pauvreté. Depuis le X 1 T siè-cle ces prétextes furent poullés si loin, que les Titu-laires des Bénéfices n’étoient presque plus que desFermiers ; ensorte qu on fut obligé de fixer la caule &la quantité des pensions. Elles ne peuvent donc êtrecréées que par le Pape, & pour des causes légitimes*.La pension ne peut être créée, i°. Qu’en conférantle Bénéfice, & parles Lettres de provision. z°. Par larésignation pure & simple. 3 0 . Pour cause de permuta-tion , & en cas d’inégalité. 4 0 . Par translation entredeux contestans. y°. Les Résignans ne peuvent retenirde pension , s’ils n’ont desservi le Bénéfice pendantquinze ans, & s ils ne font en infirmité, ou caducité.6 °. Un Benefice ne peut etre chargé d une pension quîexcède le tiers du revenu ; parce que les deux tiers dut.revenu doivent toujours demeurer au Titulaire. L’E-vêque ne peut autoriser une pension ; il faut qu’ellesoit approuvée par le Pape. On peut racheter les pen-sions , parce qu’elles font purement temporelles. ParArrêt du Grand-Conseil de Pan 1683 on a confirméune dispense obtenue par un homme marié, pour jouird’une pension de dix mille livres sur l’Evêohé de Ca-hots.
ÇfT Le Roi peut aussi créer, & crée souvent des pensionsen faveur des Particuliers fur les Abbayes & les Evê-chés quand il y nomme ; c’est-à-dire, qu’il donne à cesParticuliers une certaine portion à prendre par cha-que année fur les fruits de ces bénéfices, Brevet depension. Ces brevets font envoyés à Rome, pour faireautoriser la pension.
Pension, se dit aussi des appointemens que le Roi, oules Princes donnent-à ceuxqu’ils veulent récompenser,ou gratifier. Jus annua.pensionis Reg'u. Il est sur letatdes pensions.
On dit vulgairement, qu’une chose est en pension ,quand elle est engagée, ou égarée.
PENSIONNAIRE, s. m. & f. Celui qu’on nourrit pourcertain prix. Les Régens-& les Maures d auberges tien-nent des Pensionnaires. Les Religieuses ont des fillesPensionnaires. Il y a tant de Pensionnaires dans ce
PENSIONNAIRE, se dit aussi de celui qui a une pension surun Bénéfice , ou sur l’état d un Roi , ou d un Prince,Penfionarius. Il y a deu x Pensionnaires sur ce Benefice.Lc Roi sl un grand nonibic dc r cnjiOTUiuiTts*
Pensionnaire. Premier Ministre des Etats de la Provincede Hollande. Primus Reipublica Ratavica Minister. Sacharte ne lui donne point de voix decisive dans l’Assem-blée des Etats de la Province , où il prend séance à latable des Nobles. Mais c est lui qui propose les affaires& les matières fur lesquelles l’Assemblée doit délibé-rer. Il prend & recueille les avis 6 c les suffrages des
1 villes. Il forme & prononce les résolutions des Etats ;
[ il les fait résumer. Il ouvre toutes les Lettres adressées
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