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Pensée signifie encore sentiment, opinion. Cen’est paslà ma pensée 3 c’est-à-dire, ce n’est pas mon sentiment.Vous avez mal compris ma pensée 3 ccst-à-dire, monopinion. Consilium 3 opinio 3 sententia.
Pensée , sentiment, opinion, synonymes tous troisd’ufage , lorsqu’il ne s’agit que de la simple énoncia-tion.de ses idées : mais la pensée est moins fixe & moinsaísurée ; elle tient de la conjecture. Ce mot se dit plus.particulièrement lorsqu il s’agit de juger des événe-mens des choses ou des actions des hommes. La pen-sée de quelques Politiques est que le Moscovite trou-veroit mieux ses vrais avantages du côté de l’Asic quedu côté de l’Europe. Enfin les pensées tiennent allez del'imagination ; on en a souvent de chimériques. Voye yles autres mots.
On dit proverbialement, quand deux personnesont en même rems la même pensée 3 nous cuisions bienfait un Pape. Idem sentire.
Pensée , en terme de Peinture , d’Architecture, de Scul-pture Sc autres Arts libéraux. C est une légère esquillede ce qui s’cft présenté à l’imagination fur un sujetqu’on se propose d’exécuter. Prima, delineatio. J’ai de-mandé un tableau à ce Peintre ; il m’a montré deux outrois pensées à choisir. On dit d’un dell'ein qui n estpas fini, c’est une première pensée , ou ce n’est quela pensée d’un ouvrage. Félib.
ísT Pensée & Esquisse ne íont point synonymes, quoi-que ces deux mots annoncent un dessein d’ouvrage.Pense dit quelque choie qui n’est pas encore digéré ,arrêté ni fini. Vesquisse peut avoir toute la perfectionde l’ouvrage même, sinon qu’elle est cn plus petit vo-lume.
ffcf Pensée n’est pas non plus synonyme de croquis. Onfait le croquis d une pensée. Voye y Croquis. Voye-;aullî Ebauche.
On le dit ausiï d’un projet de tout autre ouvrage ; cen’est là qu’une pensée ; il n’y a rien encore de poli &de digéré.
Pensée, ou Belle Pensée, est une tulipe de couleur depensée avec du blanc de lait. Morin.
Pensée , est auisi une espèce de violette , qui a les tigesmenues triangulaires, rampantes, rameuses. Ses feuil-les font tantôt rondes, comme celles du lierre terre!-tre , tantôt oblongues, dentelées alentour. Il fort desaisselles des feuilles de longs pédicules, qui soutien-,nçnt de belles fleurs , composées de cinq feuilles mê-lées de trois couleurs différentes, bleue, purpurine oublanche , & jaune fans odeur. Il leur succède des co-ques qui contiennent des semences menues, luisantes.Sa racine essdéliée Sc fibreuse. En Latin, Viola tricolorhortensis repens. C. Bauh. ou herba Trinitatis. Lessieurs de la pensée font bonnes pour l’épilepfìe, Sc pourles maladies du poumon. Les Anglois appellent cetteplant epanjy.
On appelle couleur de pensée 3 une espèce de vio-let tirant fur le pourpre.
PENSEMENT. t. m. Vieux mot. On s’en servoit autre-fois au lieu de Pense.
Notre amoureux sourhit plus d’une traite :
Un Muletier à ce jeu vaut trois Rois.
Dont Teudelingue entra par pluseursfois
En pensement.
Le Muletier, r. 1. des Contes de la Font. p. 3 p.J’ai vécu fans nul pensement,
Me laissant aller doucementA la bonne loi naturelle ;
Et je m étonne sort pourquoiLa mort daigna songer a moi 3Qui ne pensai jamais à elle. Reg.
PENSEMENT. Voye; Pansement.
PENSER, v. n. Cogitare. Former dans son esprit l’idéede quelque chose. L’ame pense Sc la matière est incapa-ble de penser : Voye; Pensée. Cette partie de nous-mê-mes qui pense , Sc qui fait réflexion fur tout, ne seconnoir non plus que le reste. Pas c. Descarres dit quela première Sc la plus certaine des vérités c’est , je pen-se, de laquelle il cire cette conséquence, donc je suis.Je pense 3 donc je fuis, est une conclusion bien froide,
PEN
& bien languissante : mais j'aime, donc je fuis, est uneconclusion toute vive, toute animée. S. Evr. Je pense,donc Dieu existe ; car ce qui pense en moi, je le doisà un Être qui est au-deílus de moi, qui n’est point ma-tière ; & cet Être, c’est Dieu. La Bru y.
Ce mot vient du Latin pensare. Mén.
AèT On dit penser noblement, finement, avoir des
pensées nobles, fines.
A? PENSER , synonyme de raisonner. Penser juste. LaLogique est l’art de penser.
|p*P enser, frire réflexion, faire attention, songeraquelque chose. Meditari , Je cum in animo versare- nfaut penser sans celle à son salut. Penses bien à ce queje vous dis : vous avez tout le tems d’y penser. Il eacondamné par les Médecins , il faut qu’il pense à lesaffaires. Plus je pense, plus je médite là-delîus, Sc plusj’y trouve de difficulté. On s’ennuie d’ordinairc avecces gens distraits, qui pensent à toute autre chose,qua ce qu’on leur dit. M. Scud. Les Anglois pensestrop, & les François ne pensent pas d ordinaire allez*S. Evr. Il j a des gens qui parlent toute leur vie lan 9penser. S. Evr. Personne ne voudroit mourir fans yavoir bien pensé; mais on suppose qu’on y pensera que*'que jour, Sc sur cette assurance on prend toute fa vie leparti de n’y penser point. Nie. il y a des gens quidisent presque rien , pour trop pensera, ce qu'ils veu-lent dire. Bouh. Le mariage est un engagement auque*on ne sautoir penser trop mûrement. Mol.
Penser, signifie encore, inventer, imaginer. Excostare 3 comminisci. Cet endroit de l’Énéïde est bien pense»est bien tourné. Dac. Avant que decrire, apprenez îpenser. Boit. Quand l’esprit perd fa force, il aime adire ce qui ne coûte rien à penser. S. Evr. L'agrémentde ceux qui Rattachent plus à parler,qua bien pcns ! •>11e plaît pas long-tcms. Val.fjcr Penser , prendre garde. Vous avez des ennemis,penses à vous. Il se perdra, s’il ne pense à lui.
0 CF Penser, signifie encore, attacher fa pensée, avoiren vue quelque chose, former quelque dessein- Amn 10traclare , versare fecum in animo . Il pense à achetesune charge. Vous devriez penser à cela. Il ne f cn splus à cette terre qu’il avoir dessein de joindre àsienne. Ce jeune homme pense à cette fille , il la vei lCdemander en mariage. Un Moine Proses ne doit plt ,spenser au monde , auquel il a renoncé. J’ai pensé cílvous dans ma solitude ; c’est-à-dire , j’ai été occupévous ; vous avez été l’objet de mes pensées Sc de m eSrêveries. Penser en vous, emporte amitié 6c tendrellcyau lieu que pensera vous, n’emporte guère qu’honrx-"teté Sc générosité , Sc ne marque qu une pensée f u P e . r _ficiclle Sc passagère. L’un vient plus du cœur que “l’esprit ; Sc l’autreplus de l’esprit que du cœur.
On dit qu’un homme pense à mal, pour dire, si 11 ^a quelque mauvaise intention ; 6^ qu’on a fa |C l ! n “chose sans pensera mal, c’est-à-dire, fans aucune 1^tenrion de fâcher personne. Cette bonne fortune m ^venue fans y penser. Vue prosperafortuna mihi cas $venit , lorsque je ne m’y attendois pas. J’ai fait te ^chose sans y penser , inopinato 3 imprudenter 3 e* Qconfiderantiá 3 par mégarde, fans y faire attention*me fuis trouvé auteur , lans y penser. ,
fsT Penser , être fur le point, être près de faire q u£ ^que chose. Il a pensé mourir. Propè nihil défaitoccideret. Il a pensé tomber dans le précipice* ' .pensé dire une sottise ; peu s’en est falu. P arum asuitj Sc c. c
§CF Penser, v. a. Avoir dans l’esprit. On dit Ta s cl J! C ^ ece qu’on pense. On parle dune façon, on pense ffjssautre. Je crois que ce que wous dites, est bien e ^gné de ce que vous penses. Dans un état dcfpotN.^on ne dit point ce qu’on pense , Sc on ne pense P°ce qu on dit. _ .
§3 “Penser , imaginer. Savez-vous ce que j aï penjeyfaire réussir votre entreprise. yv-
IsT Penser, synonyme de croire , juger* Que VsL c ?vous.de cette affaire, de ce procès, de^cetQu/d censes ? on ne nous dit jamais qu une 01 !^
rite partie de ce qu’on pense de nous ; on ne s e si er se.qu’à demi. Nie. Dire les choses comme on e c