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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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PERCEPTIBLE, adj. m. & f. Qui peut être apperçu,qu’on peut voir Sc découvrir avec les yeux. Il y ades parties dans les petits infectes qui ne devien-nent perceptibles qu 5 avec le íecours du microscope.L eau forte qui diítòut le fer & f acier , ne produitsur la poudre .purette aucun eff ct perceptible. Les par-ties génitales du Roi des abeilles font perceptibles.Swammïrdam. il ne s’cmploie guère qu’avec la né-gative : cela n’est point perceptible. Il s'étend auíïìaux autres sens, Sc aux choies de l’efprit. Cela n est:presque point perceptible a a goût. Il y a là un pe-tit trait de raillerie , mais cela n’est presque pointperceptible.

PERCEPTION.s.s. Recette, recouvrement. Perceptio ,Jive jus percipiendi jruclus. On n’a droit de faire laperception des fruits d’uu Bénéfice, que depuis la prisede posseíhon. Perception d’un droit.

fìCP Perception , en Métaphysique. Imprelllon que lesobjets extérieurs Km fur lame , ou plutôt attention ,réflexion de l'aiMfur ce que nous éprouvons quandnous sommes astectés par les objets extérieurs.

AIT Telles font les loix de leconomie animale , quenous sommes astectés paries objets qui nous environ-nent. Nous recevons les impressions du chaud, dufroid, des couleurs, des odeurs , des sons, des la-veurs, &c. qui produisent différons mouvemens dansnos organes. Ces impressions dans les organes, fontce qu on appelle sensations. Mais ces impressions furles sens deviendroient inutiles , si Lame n’en prenoitconnoUìhnce. En conséquence, de son étroite unionavec le corps, elle fiait attention à ces mouvemensdans les organes ; Sc c’est en réHéchiííânt íûr ce qui sepaflè alors dans le corps, fur les sensations , qu’ellese procure la connoiíïàncc des objets qui les ont occa-sionnées. C’est cette réstexion de lame que l’on appelleperception , c’est-à-dire , Pacte par lequel Pâme con-noit, apperçoir les objets qui ont fait impression furles sens. Perceptio.

|Cr Ainsi la sensation s’arrête aux sens, & ne va pas au-delà du Phylique. Elle fait uniquement sentir ce que lemouvement des choses matérielles peut occasionnerde plaisir ou de douleur par la méchanique des organes :au lieu que la perception s’adreífe à l’esprit, & enfermedans son district tout ce dont Pâme peut se former uneimage. Nous ne jugeons de la composition ou de lasimplicité des objets que par le nombre des percep-tions qu’ils produisent en nous.

AéT Une des lources les plus générales de nos erreurs,c’est que nos jugemensont plus d étendue que nos per-ceptions. Quand nous considérons quelque objet, nousne l’envisageons ordinairement que par un côté : Scnous ne nous contentons pas de juger du côté quenous avons considéré ; mais nous jugeons de l’objettout entier. Ainsi il arrive souvent que nous noustrompons, parce que n'ayant point d’idée des autrescotés de notre objet, ou de leur différence d’avec celuiqui est prcícnt à notre eíprit, nous croyons que cesautres côtés ne font point differens , ou tout au moinsnous supposons qu’ils n’ont point de différence parti-culière. On aime à décider, Sc à décider fans peine Sclans examen. Il en coûte moins à la paresse, Sc l’ a -mour propre est satisfait.

PERCER, v. a. Faire un trou, une ouverture avec uninstrument pointu. Fodere , fodicare , forare , effo-rare j inforare , perforare. Le coup de lance lui percel’estomac. Un coup d epée qui perce la capacité dela poitrine. On a percé un abfces à ce malade avecune lancette. On perce le bois avec des tarières, desvillebrequins ; le cuir avec des alênes, des poinçons,des aiguilles. Ce navire ctoit percé de coups de canon,percé à jour, percé des vers. On dit aussi , percer levin ; pour dire , faire un trou au myi4ppur y mettreun fausset, ou une canule, une foiMme. Dolium adcommmem usum forare , perforare»

Ménage dérive ce mot de Pltalien pertugiare , oude l’Anglois to pearcc , qui signifient la même chose :ou plutôt du Latin pertusus , ou de perserere , ou permedium inserere.

Percer , signifie aussi, faire une ouverture, un p a liage. Il

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a percé la muraille pour avoir communication plus libreavec son voisin. On a percé une montagne pour faire lecanal du Languedoc, Sc onnavige délions.

§CT On dit de même percer une croisée, percer une portedans un mur , c’est-à-dire , faire l’ouverture d uneporte, d une croisée dans un mur.

|Cî“ Percer , pénétrer. La pluie a percé tous ses habits-L’eau ne perce point cette étoffe.ifT On dit d’un homme qui a été extrêmement mouillé»qu’il a été tout percé , percé jusqu’aux os.

§CT On dit percer la foule , fendre la presse, en écartanttout ce qui s oppose au passage. Percer un bataillon,se faire jour, le faire un pallage les armes à la mainà travers un bataillon. Hof ile agmen vi perrumpere •On dit que le soleil perce un nuage , pour dire queles rayons du íoleil passent à travers un nuage.

En termes de Chasse on dit que le cerf perce , quandil tire de long.

fCTP ercer les buissons, les halliers, les forêts, .c’estpasser au travers. Ignace perca les broussailles qui f" 01 '"moient les avenues de la caverne. Bouh.

Percer , en termes de Jardinage , le dit des couches, Scc’est faire des trous, des traces fur une couche ; cCqui le pratique, lorsqu’on íeme des raves. Aperire »jodere. Il faut commencer à percerons couches. VoR*bientôt le teins de gercer les couches.

Percer. On dit figurément, percer les nuits à jouer, * .étudier ; pour dire , passer entièrement les nuits ajouer , à étudier. Ac. Fr. On le dit aussi figurémentchoses Ipirituelles Sc morales, & signifie, pénétrer»parvenir jusqu a. Les gémissemens & les cris des inn°'cens ont percé le ciel, Sc font parvenus jusqu’au trouede Dieu. Quelques noms Celtiques ont percé Sc ^lont maintenus jusqu’à nos jours. Description GéogWphique & Historique de la Haiite-Normandie , Tom • />p. 30 . On le dit aussi des choses qui font sensibles, ^qui touchent. Cela me perce le cœur.

Percé jusques aufond du cœur,

D’une atteinte imprévue auffi-bien que mortelle-

Coîts-

La ìjelle faifoit un vacarme ,

Un bruit, & des regrets à percer tous les cœurs-

La Font-

fHF Percer 1 avenir, c'estprévoir ce qui arrivera,gré l’incertitude des événemens. Multo ante providesPercerle fond dune affaire, c’est la connoître,la v ° utelle qu’elle est , malgré les difficultés & les voiles Q uíla couvrent.

On dit dans le même sens percer quelqu’un ; Pf urdire, pénétrer ion íecret , connoître son caraéh’ss-Dèsles premiers entretiens, le Cardinal Mazarinpercé Dom Louis de Haro. U Editeur des LettresCardinal Ma\arin. Voye% Per çant.ffT Percer, v. n. se faire ouverture. Les enfans fontlades quand les dents leur percent , c’est-à-dire,elles commencent à sortir de la mâchoire, chm detiuntchm pullulant dentes. Les cornes commetRà percer à ce chevreau. r

fssT On dit qu’une maison perce sur les deux rues, P°dire qu’elle a issue fur deux rues. Qu’un coup P e!dans les chairs, pour dire qu’il y pénètre.ffl' Et figurément qu’un homme perce dans 1 aveu Jperce dans le fond dune affaire. Que j'entrcvois ^belles conséquences. Je perce dans les fuites- RMVoye^ Percer , à l’actif dans le sens figuré- , ,jPercer une étoffe. Terme de Manufacture de lainage-fe dit des étoffes qui à force detre foulees devmnutrop étroites, & perdent de la largeur ordonnée Vles Pléglemens. On dit aussi, échauffer ou video ^ffT Percer l’aiguille, terme d’Epinglier- C est enmer le trou par le moyen d’un petit poinçoncier bien trempé, que l'on frappe avec un mai tel’enclume, de chaque côté du plat de la tete cguille. Dict. de Comm. jur

Percé , ée , part. Il fe dit proverbialement en ces Exp-ies. Il est bas percé , pour dire, il n’a plus g liel