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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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PER

servent îes Taillandiers, Serruriers & autres ouvriersqui travaillent les métaux , principalement le fer.Morceau de fer rond 8c troué, ou espèce de grosse vi-role percée à jour, fur laquelle on appuie une pièce demétal, pour y faire un trou avec le poinçon ou lemandrin. Il y a d esperçoères de différente figure, sui-vant la figure du trou qu’on veut percer.

PERCUNTATION. s. f. Enquête. Borel. Percunclatio.Inusité.

PERCUNUS. f. m. Nom d'un feux Dieu des anciensPrussiens. Percunus. Ces peuples entretenoient un feuperpétuel à l’honneur du Dieu Percunus. Le Waide-lote, ou Prêtre qui en étoit chargé, étoit puni demort, s’il le laissoit éteindre par fa faute. Les Prussienscroyoient que quand il tonnoit, le Dieu Percunus par-loir à leur Grand-Prêtre, qu’ils nommeient R rive.Áiníî ils fe prosternoient alors par terre pour adorercette divinité, & la prioient de donner la fertilité àleurs campagnes. Voye\ Hartfnoch, Differt. X 3 deCultu Deorum Bruff.

A? PERCUSSEUR. í. m. Qui frappe, qui bat. Percuffor.C’est avec raison que les Loix Ecclésiastiques contre lesPercuffeurs des Clercs subsistent dans toute leur vi-gueur. Mém. de Trév. D après M. de la Blandinièrecour. des cons. d’Angers. Ce terme manque à notrelangue.

PERCUSSION, f. f. Terme de Physique. Impression d’uncorps qui frappe, qui tombe lur quelque autre. Per-euffio. C’est le choc de deux corps , qui Rapprochantl’un de l’autre , s’empêchent par leur impénétrabilité.Le P. Pard. Tous les sons ne font autre chose qu’unepercussion de 1 air. A'éris agitatio , pulsatio. Les tam-bours , les cloches font un grand bruit à cause de laviolente percuffion de l’air. On n a pû encore détermi-ner le poids, la force que donne le mouvement de lapercuffion , la proportion de la percuffion & de la ré-percussion. Le P. Pardies a traité des loix de la per-cussion , & des règles de la réflexion. C’est une maxi-me générale que quand deux corps fe frappent, la per-cussion est mutuelle, 8c égale de part & d’autre. Ainsila force de la percussion fera damant plus grande, queleur approche mutuelle fe fera avec plus de rapidité.Le P. Pard.

Percussion , en termes de Chìromance , signifie le grasde la main depuis le bas jusques vers le petit doigt.

PERDANT, ANTE. f. m. Sc if. Celui qui perd. Jaclurampatiens. Il n esc dit guère que des joueurs. Je me fuistrouvé du côté des perdons , je pariois pour les per-dons.

PERDIABLÉ, ÉE. adj. Très-possédé du diable. Poussépar le diable dune manière singulière & violente. M.Pélisson s’est servi de ce mot pour exprimer un de cestermes par lesquels Luther exhaloit ses fureurs, 8c quine font connus que de cet Hérésiarque. Luther, par unstyle qui ne donne pas grand sujet d’estime pour lui,ne craint pas d’appeler tous ceux qui croient moinsque lui, c’est-à-dire , nos freres ( les Calvinistes ) en-diablés , ptrdiables , tranfdiablés. Pelis.PERDITION, f. f. Ce qui cause dommage, dégât, dissi-pation. Amiffio , perditio, disperditio. En ce sens il n’aguère d’usage qu’en parlant du mauvais emploi qu’on■fait de son bien. Tout son bien s’en va en perdition.Dissipatio. Langage barbare.

Ce mot s’emploie plus ordinairement pour signifier‘1 état d un homme, ou qui est dans une croyance con-traire à celle de l’Eglise, ou qui est dans Habitude desvices. Perditio. Les Hérétiques font dans la voie deperdition. Dieu met au jour tout cet ouvrage de perdi-tion Sc de ténèbres. Pat. Anéantissez dans mon coeurtout ce qui me peut porter à me glorifier en moi-mê-Liè â^ ^ous ces talens de perdition. Mad. de laVal-dam E * ^ Est-à-dire, de tous ces talens qui peuvent me

PERDOïtc C r ntri ^ uer ^ ma perte.

• r,,, i , . f m. Nom propre d’un faux Dieu des an-o ans de la Prusse. Perdoïtus. C’étoitle Nep--, / es . mssens, ou leur Dieu de la mer ; d’où vientrlí V C I°i t "ouoré sur-toutpar lesnautonniers, les mao s scies pécheurs. Ils sc le figuraient comme un An-ge a une grandeur prodigieuse* Ils croyoient qu’il ha-

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bitoit-la mer, & qu’il faifoit tourner les vents commeil lui plaisent. Avant que de partir pour la pêche, ilslui festoient des sacrifices de postions, dont ils man-geoient les restes, en buvant abondamment. Ils appe-loient ensuite les Sigonotta ou Prêtres, qui examinantles vents, leur prédisoient le jour & le liçu auquel ilspourroient faire une heureuse pêche. Voye~{ la Chro-nique de Wailsel, Sc Hartfnoch, Differt. X. De Cul-tu Deor. Bruff.

PERDRE, v. a. On conjugue, je perds , tu perds, il perd.Je perdis , j ai perdu , je perdrai , que je perde. Ceuxqui parlent bien ne peuvent souffrir perdé-je , qui estcontre la Grammaire 5 ni perds-je ils veulent-qu’onprenne un détour, efi-ce que je perds ? A impératifil fait perds. Vau. Corn. Etre prive de quelque chosedont on étoit en possession. Perdere , amittere. Perdrefe bourse , son argent , son pere, ses enfens. Nousavons perdu telle ville. Ce Prince a perdu ses Etats. 11 aperdu la couronne avec la vie.

§ 3 “ Perdre , relativement à la privation de quelqueavantage naturel ou moral. On perd ses forces, la san-té , la vie. On perd la mémoire, la raison , la parole oùl’usage de la parole. On perd la grâce de Dieu , les bon-nes grâces de quelqu’un, son amitié , ion estime. Onperd son crédit, sa réputation , son rang.

ft? Perdre , cesser d’avoir. Les arbres perdent leursfeuilles. Une étoff e perd son lustre. On perd l’envie defaire une chose. On en perd l’idée. On perd l’estimequ’on avoir pour quelqu’un.

fie? Perdre , avoir du désavantage contre quelqu’un. U11joueur perd la partie. Un plaideur perd son procès. UnGénéral perdì a bataille, un Marchand perd fur fa mar-chandise. Marchand qui perd 11e peut rire.

Perdre , signifie quelquefois , manquer à gagner. Jaclu-ram pati. Ce Marchand a perdu beaucoup de n’avoirpas été à cette foire. J’ai bien perdu de ne m’être pastrouvé à la mort de mon oncle.

jCT Perdre. Faire un mauvais emploi dune chose, n’enpas profiter. Perdre son tems , c’est l’employer inuti-lement. A laver la tête d’un more, on y perd fe lessive.JEthiopem lavare ; tempus & operam , oleum perdere.On perd fe peine , ses soins 8 c ses pas auprès de certai-nes femmes. On perd fe jeunesse au service de bien desgens. Perdre l’occasion , c’est n’en pas profiter.

|C? Perdre de vue, en parlant des choses qui disparois-sent à nos yeux, cesser de voir. Un aigle vole si haut,qu’on le perd de vûe. Á mesure que notre vaisseau s’é-loignoit, nous perdions de vue les objets qui étoientfur le rivage. a

On dit figurément perdre de vue un dessein, une af-faire , pour dire , cesser de les suivre ; Sc perdre unhomme de vue, pour dire , êtrelong-tems íans en en-tendre parler.

On dit, perdre le chemin, pour dire, être égaré duchemin. On dit figurément dans les affaires ,perdre lesvoies, pour dire , nette plus dans le train d’une af-faire.

ft? En termes de Chasse, on dit auffi perdre les voies ,perdre la piste dans le même sens.ft? On dit en parlant d’une marche qui se fait avec quel-que ordre, perdre la file , pour dire, ne se plus prou-ver dans la file où l’on étoit. Un cocher qui sc lailfe

couper, perd la file. *

On dit, perdre le fil d’un discours , pour dire, nepouvoir plus suivre le discours qu’on avoir commence,ft? Une rivière perd son nom dans un autre, lorsqu elleprend le nom de celle dans laquelle elle tombeOn toi, perdre pied, pour dire , ne trouver plus le

fond de l’eau avec les pieds. r • 1

Au figuré,perdre pied, perdre terre, ne savoir plus

où l’on en est. .

ft? En termes de Marine, perdre la tramontafte, ne pou-voir plus s’aider de la boussole, à cause de la violencede la tempête , ou parce qu on perd de vûc l’étoile po-' laire. Au figuré dans le discours familier ; c’est setroubler au point de ne plus savoir où l’on en est.ft? Perdre la tête , au propre, c’est avoir la tête coupée.Au figuré, c’est devenir fou, ou perdre la tramon-tane.