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Capitaine Vasco Nufies deBalboa,qui rôdoit la côte .& qui ne put tiret autre parole de cet Indien, que lenom propre dont il s’appeloit, qui étoit B cru ; suivantle rapport de l’Inca Garcilaço de la Vega, qui dit quecela fit donner ce nom à toute la province, &à unfleuve qui la traverse, cui est proche de la'Ligne équi-noxiale. Le Pérou a 700 lieues de côte fur la merduSud , & les nouvelles conquêtes qui vont juíqu’auChili, ont 500 lieues. On tire tous les ans douze à treizemillions d or du Pérou. Les mines de Potocchi ou Po-tojì font d’argent , & furent découvertes en 1yqy ,quatorze ans après la conquête du Pérou. If enclosqui en borne l’étendue s’appelle Potofi: c’est une mon-tagne située en rase campagne , qui a la forme d unpain de sucre , qui a plus d une lieue de circuit par en-flas , &par en-haut un quart de lieue. Les richesses duPerou ne font pas concevables. Les Incas avoient nonfeulement tout le service de leurs maisons, de leurstables, de leurs cuisines tout d’or, mais ils avoient aullldes statues d or, dans leurs antichambres ; aulìì gran-des que des Géans, Sc des figures au naturel de toutce que leur Royaume produit d’animaux, d’oiíeaux,d arbres, d’hlrbes, de plantes & de poissons, & desgreniers pleins de grains d’or & d’argent, & de groslingots d’or rangés les uns fur les autres , comme íìc’eût été des bûches de bois en pile. Ils avoient unemaison de plaisance, dont tous les arbres, les fleurs& les plantes étoient d’or ou d’argent massifs. Les por-tes des Temples étoient couvertes de lames d’or Scd’argent, & semées de turquoises Sc d emeraudes. Il yavoir entre autres une chaîne d’or fameuse, longue de3 50 pas, dont chaque chaînon étoit gros comme lepoignet. Deux cens hommes des plus robustes à peinela pouvoient lever de terre. Elle fut jettée dans un lac àl’arrivée des Espagnols qui ne l’ont pu jamais trouver.,?Les liaisons des pierres de leurs bâtimens étoient faitesavec de l ot, de l’argent, du cuivre & du plomb fon-dus ensemble ; car ils n’avoient ni mortiers, ni plâtre,ni aucuns outils pour tailler les pierres, ni de machi-nes pour les transporter, quoiqu’>1 y en eût de prodi-gieuses , puisqu’Acosta dit en avoir mesuré une de 3 8pieds de long fur 18 de large & de deux d’épaillcur.Vasques dir qu’en la ville de Panchelme le bassin de lafontaine publique étoit d’or , Sc pesoit vingt-quatremille marcs ; & qu’il y avoir des maisons couvertes delames d’or si grossies, que douze hommes n’en pou-voient remuer qu’une. Arabalipa oftritde payer pourfa rançon en sept jours vingt-fept millions d’or ; &les Indiens Dour avoir leur liberté z 1 millions d’or. Onprit aux Indiens 70 millions d’or, Sc autant en joyauxqui furent apportés en Espagne lors de la conquête.Mais quoique ce soit le plus riche pays du monde, leshommes y font les plus pauvres & les plus misérables,à cause de la cherté des denrées à proportion. Les. premières bouteilles de vin furent vendues zoo ducats;une aune decarlate 60 ducats; une paire de bottes 3 dducats ; une main de papier 4 ducats ; un fer à cheval6 ducats. Une truie & un cochon furent vendues 1600poids, qui valent 19ZO ducats. Les chevaux ont étévendus jusqu’à 6000 poids, Sc jusqu’à izooo ducats.Avec tout cela un Indien disoit aux Espagnols quequand ils n’auroient fait que leur apporter des rasoirs,des ciseaux, des peignes & des miroirs, on ne les pou-Voit aísiez payer par tout l ot & l’argent du Pérou.
Le Pérou est un grand Pays de l’Amérique méridio-nale , à laquelle il donne le nom de Péruviane. P c-niez , Peruense Regnum. Il est borné au nord par le1 opayan, Sc au midi par le Chili & par le Paraguai ;
1 a au levant les terres inconnues de l’Amazone, &r couchant la mer du Sud. On lui donne environ sixcens feues de cotes, & quatre-vingt-dix de largeurmoyenne ; on le divise en trois grandes provinces ouu ìences ; le P trou propre qui est au milieu ; le Qui-to au nord ; & os Charcas, ou la Plata au sud. I.erou etantentie la Ligne équinoxiale, Sc le Tropiquedu Capricorne, ne peut être que fort chaud. Il n'vpleut presque jamais, principalement le long d"s côtes ; le terroir ne laisse pas d’être fertile en quelquesendrorts, a cause des grandes rosées qui tombent leTome VI.
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soir & le matin, Sc du soin qu’on prend de l’arroler,par tout où il y a des rivières. Il produit du maïs, ducoton, des cannes de sucre , Sc plusieurs fruits qu’ony a transportés de 1 Europe; du bled, de 1 huile, & duvin meilleur que celui d Espagne. Mais les mines d’or,d’argent, d’argent vif, de vermillon, & d’émeraudes,sont ce qui rend ce pays plus important aux Espa-gnols , qui en tirent de grandes richesses.
Il y a au Pérou trois fortes de nations. Les naturelsdu pays qu’on nomme Indiens , Sc deux nationsétrangères, les Espagnols qui en sont les conquérans,qui y dominent, Sc qu’on nomme les Blancs ; Sc lesNègres ou Noirs, qu’on y amène d’Afrique. Ces troisespèces d’hommes en reproduisent par les mariages &la débauche beaucoup d’autres ; dont voici les princi-pales Sc leurs noms.Les enfuis d’unpere & dune me-re Espagnols, mais établis au Perou , Sc qui leur sontnés au Pérou _, s’appellent Créoles Sc Blancs. Les en-fuis nés des Espagnols & des Négresses s’appellentMulatos j & par nos François Mulâtres. Les enfuisd’un Espagnol Sc d une Indienne ou naturelle du Pé-rou se nomment Me/ligos , en François Mestices ;d’un Indien Sc d’une Négresse, Z ambos ; des Espa-gnols & des Mestices ou des Mulâtres, Quarterones ■des Espagnols Sc des Quarterones , Quinterones.; ciesEspagnols & des Quinterones, Re^uinterones , c’estle dernier degré après lequel les en fans sont entière-ment Blancs, pourvu qu’il n’y ait point d’inrerrup-tion dans ces générations ; car s’il y en a, les enfansdes Requinterones ont encore quelque teinture de leurorigine , & on les nomme Saltatras , c’est-à-dire ,qui faute en arrière , qui recule. Il y a encore d’autresnoms suivant les dissérens degrés de mélange. Ceux-cifont les principaux.
Le Printems commence au Pérou le 6 Septembre ,& dure jusqu au 10 de Janvier. L’été dure depuis le10 de Janvier jusqu’au 15 de Mars, l’automne depuisle 1 y de Mars jusqu’au 1 y de Juin, & sihiver depuis le1 y Juin jusqu’au 6 Septembre.
Il y a au Pérow quelqucs pommes assez bonnes Scapprochant du goût de la reinette. Les oranges, les ci-trons , les figues, les noix , les raisins, les goyaves,les platanos j les pallas , les palillos, les granadillas ,les chirmiollas, íont les fruits ordinaires*
Il y a au Pérou des bœufs , des moutons, des pou-lets, des poules-d’inde, des cochons, des canards,des pigeons; mais moins qu’au Chili. Le gibier y esttrès-rare , on n’y voit presque que des tourterelles Scdes ramiers.
Il y a vers la pointe de Sainte-Hélene une bonne Sa-line : le sel n’y coûte que quatre réaux la faneque , Scse vend fort bien à Panama. Il y sort de terre des sour-ces d huile & de goudron. Nos François qui ont été àla mer du sud , s’en íont convaincus plus d’une fois.Quoique le Pérou soit sous la Zone torride, il faittrès-froid fur le haut des montagnes, qui toute l’annéesont couvertes de neige. Avant la conquête des Espa-gnols le Pérou s’appeloit Tagnantin Su'ui. Fréz. p •24.S , où il rapporte auisi les noms des Incas Sc desReines leurs épouses.
Pérou propre , ou l’Audience de Lima. Perua propria,Limenjìs prdiseclura , ou pr&feclura Regurn. C est undes trois Gouvernemens, auxqucls les Espagnols ontdivisé le Royaume du Pérou. Il s’etend depuis la merdu Sud, jusqu’aux Terres del Amazone, ayant le Qui-to au nord , & los Charcas ou la Pyta au midi. Sesprincipales villes íont Lima los Reyés capitale , Cuí-co qui l’étoit autrefois , Truxillé, Oiopeía, Guaman-ca, S. Juan de l’Oro & Arequipa. M. Gage allure qu’ilne pleut pas dans ce pays, Sc que pour cette raison lesEspagnols n’y couvrent leurs maisons que de nattespour les garantir de la poulsière.MAxv. M. Frézier ditla même choie quant aux pluies.
La mer du Pérou , Peruanum mare. C’est une par-tie de la mer du Sud. Elle s etend tout le long des cô-tes d u Pérou , depuis la Ligne équinoxiale jusqu’auTropique du Capricorne, ayant au nord la mer duSud particulière, Sc au midi celle du Chili. Matv.
Le baume qui porte le nom ste Baume du Pérou 1
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