PER
grolTe , le bec aquiiin, la langue large , les ongles cro-chus comme un oiseau de proie ; ils ont tous quatredoigts à chaque pied, dont deux íont dirigés en avantâ deux en arrière. La plupart se fervent de leur piedpour porter leur nourriture à leur bec. Ils vivent defruit quand ils sont sauvages. On en donne auffi auxperroquets apprivoisés. On leur donne encore du paintrempé dans du vin qu on appelle soupe à perro-
1^3“ Les Perroquets de la première classe sont de lagrosseur du chapon; ceux de la seconde, de la grosseura peu-près, d’tni pigeon domestique ; ceux de la troi-sième , font encore plus petits. Les perroquets de laseconde Sc de la troisième classe s'appellent ordinaire-ment perruche , perriche, perrique, ou perique.
Le Perroquet s’appeloit anciennement papegai ; ScAldrovand dit que ce nom lui vient de ce qu’il estcomme le Pape , ou le Roi des oiseaux, ou parce qu’ilest digne d'être offert au Pape, à cause de sa beauté. Ilrapporte les noms qu'il a en plusieurs Langues. LesGrecs modernes l’appellent papaga^ ; les anciens■^íTÍaKoí ; les Italiens papagallo les Espagnols papa-gayo ; en Flamand Sc en Allemand papegai , ou fit-tik ; en Anglois apopingay , ou popiniay ; en Polo-nais papuga ; en Sclavon pappanfek j en Turc dudijen Indien carindi.
Les Perroquets de l’île de Nicobar font estimésdans 1 Inde, parce qu’il n’y en a point qui parlent lidistinctement. Lett. Édif. T.X 3 p. 68.
LesP erroquets font fort communs dans l’île de Saint-Domingue. On ne rencontre jamais ces oiseaux seuls,ils volent toujours par bande, Sc vivent de semence,comme les ramiers ; ils font leurs nids dans de certainstrous d’arbres, où Tannée précédente Toiseau nomméCharpentier a fait son nid ; Sc il semble que la natureait commis ces petits oiseaux pour rendre service auxperroquets. Leurs petits dans ces trous, ne font jamaismouillés ; ils les font en nombre impair, trois , cinqSc sept. Le premier nombre est plus ordinaire, Sc ledernier plus rare. Quand on veut les élever & les ap-privoiser , il faut les dénicher pendant qu'ìls íont jeu-nes; car quand ils sont grands, Sc qu’on les prendavec des appas, ils demeurent (toujours sauvages , &ne parlent jamais. Pour avoir les jeunes, il faut cou-per par le pied Tarbre où ils ont fait leur nid, car onn y sautoir monter ; & il arrive souvent que Tarbreen tombant les tue, it bien que de deux ou trois ni-chées , on ne fauve que deux ou trois oiseaux. Oex-meun. Les perroquets ne mangent point de mancenille;la graine de coton les enivre. Le goût de leur chair estexcellent; mais changeant selon la qualité de la nour-riture qu'il prend. P. du Tertre. T. F, C. /, §. z.Les jeunes perroquets sont bons rôtis & en ragoût.Les vieux font de bonnes soupes. Foye\ sor ces oiseauxl’Histoire naturelle des Antilles, par M. de PoincyC. XV } art. //, Sc celle du P. du Tertre, T. F C 1
J.t. , J ' 5
^ Les Anciens ne connoissoient qu'une espèce de per-roquet , qui étoit celui dont le pennage étoit entiere-ment vert, Sc qui avoir un collier de couleur de ver-millon ; mais depuis la découverte de T Amérique parChristophe Colomb , Sc ensuite par les autres Espa-gnols , nous nous sommes apperçus qu’il y en avoirune si grande quantité , qu’à présent.on en connoitde plus de cent espèces. Vespuce a rapporté qu’au defi-US du Cap de Bonne-Espérance , il y en a h grandequantité, qu’ils donnent le nom à cette région; queque ques-uns íont íì prodigieusement grands , qu’ilsont prés de trois quartiers de longueur. Scaliger dit enfan U VUU1 V 1 £ lan< ^’ chez un Marchand de ía connois-naire hq" * occupoit une fenêtre de la grandeur ordi-les Inde- le S̰ n de Grachana, qui cil iiruée dansque les f a -p r * enta ^ es > les communs íont plus grandspapegais Y'” ’ n0lls a PP e l° ns en France les gros, des
Perriques. IsoY^a 'P erroc ] uets ' & lcs T ll,s ,Pf lts »chosoriq,I a de tant de couleurs, que c est une
' oui sont í <n C ‘ Dans le Manassapan & le Caïman ,TO ,í £ S” S |f," 0 ” 1 ' 11 ' Espagne, » à. les ré-J - p is biulees à l Ethiopie, & les dernières
P E R 695
contrées des Indes, il rien rencontre de tout blancs ,à ce que dit Scaliger. A Tíle de Ternaire, Tune desMoluques, dans le Brésil Sc TEthiopie , Ton en voltde rouges ; aux environs de Tarnassare, ville des Indes,Ton en trouve de très-bcaux, qui íont de íepr couleurs;dans le Calécut, il y en a aussi de couleur de pourpre, Scd’autres diversifiés.Dans la région de Grachana, il y en ade très-grands, qui ont lcs ailes de pluhcurs couleurs,mais ils ont le reste rouge ; d’autres sont tout bleus ;quelques-uns entièrement cendrés. Dans Trie de Ba-den , qui est proche celle de Java, Ton trouve de troissortes de perroquets ; savoir, de rouges, qui ont lebec jaune ; d’autres de pluueurs couleurs différentes,qu’ils appellent nor en leur langage, comme qui di-roit luisons, à causo de Téclat de leurs plumes. Lcsderniers íont blancs ; ils les appellent cachi , qui signi-fie en leur langue, précieux. Dam, les bois Sc les fo-rêts de TEthiopie, il y en a quantité de verts, d autresdiversifiés, quelques-uns noirs, quelques autres gris-cendrés. Bellon dit que les plus grands sont blanchâ-tres; que les médiocres íont divertifìes de rouge, Scque les plus petits sont verts. Il s’en trouve qui ontdeux coudées de long, qui n’apprennent jamais à par-ler , & qui sont pour cette raison appelés muets. Plu-sieurs Auteurs, du nombre desquels íont Scaliger, So-lin , Apulée Sc Suidas, ont remarqué que tous les oi-seaux qui ont la langue plate Sc approchante de cellede Thonnne, ont pareillement la faculté de prononcerdes paroles. L’on nourrit \esperroquets de toutes sor-tes de fruits. Ils aiment beaucoup le pain avec le vin.Dans TEthiopie, & au pays des Nègres, ils gâtenttous les grains. Dans T Amérique ils font un si granddégât de maïs, qu’on est contraint de poster de petitsgarçons pour les chaíler avec des cris extraordinaires;ce que pratiquent auílì les habitans du Calécut, par-ce que fans cela , ils ne feroient point de récolté; ilsse nourrissent de toutes sortes de grains. Sc ils ontcela de particulier, que comme les cailles aiment l’el -lebore, & les étourneaux la ciguë, íans que cela leursoit nuisible ; ils vivent de-même de la graine de car-thame, qui sert de purgatif à Thomme , sans que celaleur caule aucun dévoiemeqt ni incommodité. Ils caslent facilement toutes sortes de noyaux auffi-bienque les noix ; la nature leur ayant donné un bec pro-pre pour cela. Ils aiment extrêmement le lucre, Scfie plaisent beaucoup fur ies arbres qui portent de lanoix muscade, soit à cauíe de leur bonne odeur, soità cause de la beauté Sc la diversité des couleurs de cesfruits. On leur donne pour leur ordinaire de Teau ;mais ils aiment beaucoup mieux le vin. Sc s’enivrentcomme les ivrognes.
Gros Perroquet. Foye% Papegai.
Grand Perroquet bleu & jaune. Psittacus maximusCyano-croceus. Il est de la groílèur d’un chapon, Scfort long de corsage; son bec est noir, & courbé ende-mi-ccrcle en dedans comme la moitié d’un anneau oubague, Sc long d une paume en tout, au commence-ment fort menu, & la partie de dellusfurpaste de deuxbons doigts celle de délions : ce qui en est courbé , estrond Sc menu : fies yeux sont blancs Sc noirs ; au-déi-fions il y a trois lignes noires qui composent la hguted une S. Le deílus de la tête est uni Sc verd ; fia goigeenvironnée dune espèce de collier; la poitrine, ionventre, fies cuisses, ion croupion Sc tout le délions defia queue font jaunes ; le sommet de so tete, on dos,fies ailes & le deiíhs de fia queue , qui est fort longue,sont colorés d un très-beaubleu; fies jambes sont tres-courtes ; Tos en est gros & brun, ain 1 que fies pieds,dont les doigts sont longs & armes de grands ongles
noirs, extrêmement crochus. ,
Autre grand Perroquet. Il est un peu moins long ,mais aussi gros que celui dont nous venons ae parler;il a le bec plus court & moins courbé, d’emriron troisdoigts de longent, Sc à peu-prés ae la meme largeurvers la tête : la partie de dessus est blanche, & celle dedessous noire : toute la contrée des yeux & Tes yeuxmêmes sont blancs ; il ale dessus de la tête long dunepalme Sc trcs-applati ; ion dos, le commencement defies ailes, son gosier , fia poitrine, son ventre, fies cuií-