PER
VCrs ìe panneton de la clef, quand elle est forée. Fo-ramen. «
Pertuis , chez les Tireurs d’or, fe dit des ouvertures outrous dune filière par où ils passent le lingot, pour fairedu fil d or ou d argent ; & parce que ce trou est plusgrand à f entrée qu’à la sortie,la plus grande ouvertures appelle pertuis , & la plus petite Y œil. On passe lelingot par plus de sept-vingt pertuis pour le porter juf-qu au superflu. Foramìnula.
Pertuis , est aulïï un pasiâge pour les bateaux fur les ri-vières, où l'on Tellerre l'eau, par une espèce d ecluíeqsson fait à la maîtresse-arche d un pont par le moyende bâtard eaux & de palissades ou aiguilles mobiles,qui élèvent l’eau d’un pied ou deux, quand les rivièresfont basses. Sinus. Il y a plusieurs pertuis fur la rivièred Yonne, à Joigny, à Sens, 8c autres lieux. On fait aussides pertuis aux moulins, qui font des eclufes ou passa-ges pour les bateaux. L’Ordonnance de i J70 , les ap-pelle haute-serrées. Les propictaires de moulins fonttenus d’cntretenir ces pertuis , & de fournir les hom-mes & les cables nécessaires & tout prêts à rendre leservice aux bateaux qui montent & qui descendent,comme le témoigne le Commentateur des Us & Cou-tumes de la Mer , par exemple de ce qui fe pratiqueaux moulins de Clérac , Cassanel & Sainte-Livrade,fur le Lot , & à Bourges, fur la rivière d’Eure. L’Or-donnance de la Ville porte : Que ceux qui ont droitd’arches, gors, moulins & pertuis , leur doivent don-ner vingt-quatre pieds de largeur, &c les tenir ouvertsà l’approche des bateaux, fans qu’on puide remettre lesbarres & les aiguilles , qu’il ne soit écoulé assez d’eaupour le conduire au prochain pertuis ; pour l’ouver-ture deíquels il n’est rien dû.
Pertuis , est aussi un terme de Géographie , qui signi-fie un détroit de mer entre une Île 8c la Terre-ferme.Sinus , Euripus. On les marque fur les Cartes des cô-tes de Poitou , de Saintonge. Le Peptuis de Maumuf-fon vers l’ïle d’Oleron. Le Pertuis d’Antioche : le Per-tuis Breton entre l’ïle de Ré & la côte du Poitou.
AZ" Pertui s fe dit encore quelquefois d’un pafìage étroitdans des montagnes. Il y a dans cette montagne despertuis , où cent hommes en arrêteroient mille.
On appelle aussi en termes de Marine, Pertuis , lespetits passages ou filets d’eau, qui font entre des bancsde fable , qu’on nomme autrement Trépas.
PERTUIS AGE. f. m. Tribut dû aux Seigneurs, pouravoir deux la permission de percer un tonneau, & devendre enluite le vin qui est dedans. Tributum pro dolioperforando & vendendo vino. Doublet , en son Histoirede S. Denis, L. I.C. 60 , p. 434 3 dit : Et si doit qua-tre deniers de pertuisage pour chaque pièce, depuis lejour de S. Denis, jusqu a la S. André, du vin afturé enicelui tems. N’est-ce point le même que celui qu’onnommoit forage&aíforage? Non , selonBorel. Voye\
Forage.
PERTUIS ANE. f. f. Arme d’hast , qui est une espèce dehallebarde qui a un fer plus long, plus large & plustranchant que les autres. Sicilis , spiculi longioris &latioris hasta. Les Gardes qui font proches de la per-sonne du Roi , portent des pertuisanes. Ménage dérivece mot de Partisan Anglois, signifiant la même chose.PERTUIS AN IER. f. m. Homme de guerre armé d unepertuifane. Sicilianus.
1 ERTUISER. v. a. Percer ; donner des coups de pertui-fane dans le corps. Vieux & suranné.
Et le bon vieillard Jean Galese 3Paysan des plus à son aise ,
Fut ausïfortscandaliséDs se veir le corps pertuisé.
Scarron , Virg.trav.l. 7. T. IEp- 2fj.
Dict. Com.
Ce mot fe trouve aussi dans Nicot 8 c dans CotgravePERTUNDE, f. f. Terme de Mythologie. Nom d’unDéelìe de 1 Antiquité. Pertunda. Cetoit une desDivinités qui préíidoient aux Mariages, & l’une de celledont on mettoit les statues dans la chambre de la nouvelle épousé le jour des noces. Voyep S. AugustinTorne VI.
P E R 707
Ve Civit. Dèi j L. VI. C. 6 , & L. VII. C. 24 , &Rosn . Antiq. Jud. L. V. C. 37.
&T PERTURBATEUR, BATRICE. f. m. & f. Qui cau-se du trouble. Turbator , perturbator. On ne le ditguerre que dans cette phrase. Perturbateur du repospublic. Ón fait le procès aux séditieux, à ceux qui sè-ment des libelles, qui font des cabales secrètes, com-me à des perturbateurs du repos public. Cette Reineéroit une perturbatrice du repos de fEglilè. Mau-CROIX»
ffT En Géométrie , on donne le nom de perturbatrice tà une force qui dérange le mouvement d’un corps.
PERTURBATION, f. f. Terme Didactique. Trouble ;émotion de l ame à l’occasion de quelque mouvementqui fe passe dans le corps. Perturbatio , animi motuscommotio.
PERTURBER, v. a. Vieux mot. Troubler.
PERTURBÉ, ÉE> vieux adj. & part. Troublé. Du Latinperturbare. Borel. Perturbatus .
PERTUS. f. m. Ce mot fe dit pour pertuis. Terme de Sa-lines. Le pertus est une petite planche percée de plu-sieurs trous, qu’on place dans la terre ou lavette d’uumarais salant : les trous du pertus font bouchés avecdes chevilles, & quand on veut introduire l’eau dumort dans la table , on tire les chevilles, en commen-çant par les plus hautes; & ainsi de fuite , jusqu à cequ’il en soit allez entré.
Pertus. Nom de lieu. Le col de Pertus. Pertuis. sauces.C’est un passage des Pyrénées. Il est entre le Roulsil-lon & la Catalogne, à la source du petit Lobrcgat,une lieue au-dessus de Jonquéra, & à demi-Iieue deBellegarde , vers le levant. Ce passage qui prend sonnom du village de Pertus étoit appelé par les AnciensAd Pyramum , Trop hua Pompei , 8c il faifoit la sépa-ration de la Gaule Narbonnoiíe, d’avec 1 Espagne Tar-ragonoife. Maty.
Pertus , ou Pertus a. Nom d’un ancien bourg réduiten village. Pertusa , Percusa. Il est dans le Royaumed’Arragon , fur la rivière d’Alcanadre , entre Huefca& Monçon. Maty.
PÉRU. Voyei Pérou. C’est ainsi qu’il faut écrire Sc pro-
noncer.
'ER VENCHE. f. f. On prononce Pervanche. Plante quipousse des tiges grêles, longues, s'étendant fur la ter-re. Ses feuilles font semblables à celles du laurier ; maisbeaucoup plus petites , pointues, polies, de la con-sistance 8c de la couleur de celles du lierre , attachéesà des queues courtes ; d’un goût astringent, un peuamer. Sa sieur est un tuyau évasé en manière de soucou-pe , découpée en cinq parties, de couleur ordinaire-ment bleue , quelquefois blanche, & rarement rouge.Son fruit est à deux lìliques, dans chacune defquellesfont contenues des semences oblongues, presque cy-lindriques , sillonnées ordinairement d’un côté. Sa ra-cine est fibree. M.Tournefort l’appelle Pervencia vul-garis augusifolia. Cette plante est vulnéraire, astrin-gente , fébrifuge. Elle est bonne pour le siux immodérédes hémorrhoïdes, des ordinaires, dès sieurs blan-ches , & pour la dyssenterie. Il y a une autre espèce dePervenche qui diffère de la précédente, en ce quelleest beaucoup plus grande en routes fes parties. M.Tournefort l’appelle Pervencia vulgaris latifolia. LaPervenche a été ainsi nommée, suivant quelques Bota-nistes , parce qu elle rampe à terre, 8c qu elle fe lie a
tout ce qui est auprès d’elíe.
fr II y a de la Pervenche à sieur double, bleue ; d autrebleue, 8c d’un pourpre fonce ; d autre a sieur doublevariée de plusieurs couleurs. ...
CT La Pervenche de Madagascar est un peut arbrisseaudont la sieur ressemble à celle du laurier-rofe, maiselle est beaucoup plus belle. Cet arbrisseau fleurit pen-dant six mois ; il aime le soleil.
icBvtnniR. Vieux verbe neut. Verdoyer. Bor et. V<-
rejeerc* , ,
$£T PERVERS , ERSE. adj. Dépravé , corrompu. Per-versus j, depravatus. Dans ce íiecle pervers où tout vaen désordre. Sentimens pervers. Doctrine perverse.Mœurs perverses. Le monde est plein d’hommes per-vers j dames perverses.
V u u u i j