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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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un peu de soupirs, &c. comme on dit un peu d’eau, unpeu de pain., On dira bien, elle a versé peu de larmes ;mais non pas un peu de larmes. Elle a peu de douleur,peu d’amour , non un peu de douleurs, un peu d’a-mour; un peu dc chagrin, ôc non de chagrins, &c.

%ìéT Corneille a dit dans Sertorius , un peu de nom fa-meux. Le mot de peu ne convient point à un nom. Unpeu de gloire, un peu de renommée, de réputation, depuissance, se dit dans toutes les langues, & un peu denom dans aucune. Voltaire.

|C? 11 y a une Grammaire commune à toutes les nations,qui ne permet pas que les adverbes de quantité se joi-gnent à des choses qui n’ont pas de quantité. On peutavoir plu s* ou moins de gloire ou de puissance, maisnon pas plus ou moins de nom.

Peu -à-peu , par un progrès presque imperceptible.Pedetentim 3 senfim. Les jours augmentent peu-à-peu.£CP Dans peu . Dans peu de tems. Nous verrons cela dans

peu.

Pour peu que, avec le subjonctif, équivaut à si. Pourpeu que vous lui parliez de mon affaire , pour peu quevous en preniez soin, si vous lui en parlez le moins dumonde , si vous en prenez le moindre soin.

^ 3 “ Peu , manière abrégée pour dire ,peu de chose. Secontenter de peu. Vivre de peu. Il tient à peu.

A 3 " Si peu j aiiili peu , trop peu. Façons de parler relati-ves ôc comparatives. Si peu 3 auilì peu que vous vou-drez. Il a trop peu d’intérêt dans cette affaire pour s'enmêler.

fCF Un peu , tant soit peu. Attendez un peu 3 tant soitpeu , tantillum. Le peuple dit un petit peu.

% 13 “ A peu- près, à peu de chose près, presque, environ. Ilssont à peu -près de même âge ; ces deux étoffes sontde même valeur, à ppu de chose près.

Peu , est quelquefois substantif. Le peu que je vaux. Lepeu de cas que je fais de cet Auteur. Son peu de bienle contente. Un Sage vit du peu qu’il a. Parvo 3 velmodico contentus. On dit ausii, pour marquer la soi-bleíse & la misère de la condition humaine, que c’estpeu de chose que de nous.

IJCF Toutes les fois qu’il y a un substantif joint avec lepeu j le relatif ou l’adjectif qui suit, doit se rapporter àle peu 3 Sc non pas au substantif : le peu d’affection qu’ilm a témoigné 3 Sc non pas témoignée. Il en est de mê-me de tous les adverbes de quantité, plus, moins ,beaucoup , autant, &c. Lai perdu plus de pistoles en unjour que vous n’en avez gagné dans toute votre vie.Mais lì le substantif est au pluriel, il faut que l’adjectiffe rapporte au substantif. Le peu de visites que j'ai re-pues. Vau. Corn.

On dit proverbialement, à grand Seigneur peu deparoles. A peu de chose peu de plaid. On dit, peu ôcbon , pour dire , qu’on se contente de peu 3 pourvuqu il soit bon. On dit encore proverbialement ôc dansle style familier ,peu ou prou, ni peu ni prou, pourdire , peu ou beaucoup, ni peu ni beaucoup. Don-nez m en peu ou prou. Je n’en ai ni peu ni prou. On ditaussi, peu ou point, pour dire , presque point ; ôc ,ni peu ni point, pour dire ; point du tout. Ac. Fr.

Ce mot vient de paucum 3 ou de paulum.

PEUCEDANUM, s. m- Plante qui a été ainsi appelée ,parce que ses feuilles ont quelque ressemblance aveccelles du pin, que les Grecs appellent 7 nwn. On la nom-me autrement, queue de pourceau , on fenouil de porc.Voye\ Queue de Pourceau.

PEUCRON. f. m. Nom d’homme, que les fables di-sent avoir été fils de la Palus Méotide. Il fut tué dans laguerre de la Colchide. Voye £ VFer . Flaccus , L. VI.v. s64.

PEUILLE. f. f. Terme d'Assineur. C’est un petit morceaude l’espèce monnoyée, ou du métal, fur lequel on faitl’essai du reste, ôc qu’on met à la coupelle, pour enconnoître le titre ôc la bonté. Dans le fécond estai desmonnoies , on les coupe en quatre parties appeleespeuilles , dont on laisse une partie au Maître, 1 autreaux Juges-Gardes , une à l’Estaycur, ôc on fait un essaide la quatrième; & ces peuilles doivent être renfer-mées dans des papiers cachetés jusqu’après le jugementdéfinitif des espèces.

PEU

FEULE. Le pays de Peule. Pabulenfis pagus , Pabula »Petit pays de la Châtellenie de Lille en Flandres, il estentre le Bailliage de Douai, le Tcuarneíis ôc le Melan-tois. Il n’y a que des villages, dont Mons en Peule estle principal. Gn dit auilì Puelle. La célèbre Abbayede S. Arnaud, Monajlerium Elnonenfe 3 est dans cecanton.

PEUMO. f. m.. Arbre qui croît au Chili, dans l’Améri-que méridionale, Peumo. L'écorce de peumo en décoc-tion foulage beaucoup Phydropisie. Le peumo porte unfruit de couleur rouge , & semblable à une olive ; sonbois peut aussi servir à la construction des vaisseaux.FrézieiI ,p. 73. Le peumo est fort cassant. Id. p. 10 S.PEUPLADE, s. f. Colonie , multitude de gens qui

f iassent ou qu’on envoie d’un pays dans un autre poure peupler. Colonia , incolarum inductio. On a envoysdisterentes peuplades dans l’Amérique. Les Espagnolsont fait différentes peuplades dans les Indes , c’est- a-dire, y ont envoyé,y ont établi disterens habitanspour les peupler. Voye\ Colonie.

Peuplade, signifie auilì le lieu habité. On envoya desMissionnaires dans les nouvelles peuplades ôc habitairions du Canada. IncoLz.

PEUPLE. Nom collectif. Qui dans son acception laplus générale signifie une multitude d hommes d unmême pays , qui vivent sous les mêmes loix. C’estainsi qu’on dit, le peuple Juif, le peuple Hébreu, I epeuple de Dieu. Le peuple Romain. Les peuples duNord. Les peuples barbares. Les peuples civilisés. P 0 'pulus j gens 3 natio. Le peuple François aime sonSouverain, ôc le Souverain est occupé du bonheur deson peuple , de ses peuples. Nommer un Roi le pet' edu peuple 3 c’est moins raire son éloge que 1 appeler pa*’son nom.

££? Le mot de peuple s’applique quelquefois à une mul-titude d’hommes dune même Religion , soit qunssoient du même pays ou de pays différais. C'est ain»qu’on dit que le peuple Juif est dispersé par toute laterre. ,

fCF Peuple se dit aussi des habitans dune même vilso*Cives. Il y a beaucoup de peuple dans Paris.fGr Ce mot fe prend souvent pour la partie la moinsconsidérable d’entre les habitans. On ne volt que dé-peuple dans cette promenade. Alors il y a une grandedifférence entre le mot François peuple ôc le mot Latinpopulus. Dans cette acception , il signifie ce que so sRomains appeloient plebs. Il y a beaucoup de peupladans le quartier des halles. O11 dit en ce sens le p ctltpeuple 3 le menu peuple 3 c’est-à-dire, les petites gens*Plebecula. ~

On le dit à peu-près dans le même sens par oppyétion à ceux qui font nobles, riches, ou éclairés- V a “gus. Qui dit peuple , dit plus d’unc chose ; c’eft lin ?vaste expression, dit la Bruyère. Il y a le peuple qu 1opposé aux grands ; c’est la populace & la multitu® 'Il y a le peuple qui est opposé aux Sages ôc aux h-m^les ; ce font les grands comme les petits. Le peuple Cun animal qui voit & qui entend, mais qui ne .P^'Vjamais. Montesq.. Il faut être bien peuple pour fe ta 1fer éblouir par leclat qui environne les grands. Bgens de Cour méprisent le peuple 3 ôc ils sont so uvCpeuple eux-mêmes. ,

Si je compare ensemble , dit la Bruyère, l cS “f cconditions des hommes les plus opposées, je veu*les grands avec le peuple , ce dernier me paroit ctent du nécessaire, ôc les autres font inquiets ôc P^.vres avec le supe r H u. Un homme du peuple ne j 11 ,

faire aucun mal ; un grand ne veut faire aucun ’soÔc est capable de grands maux : l’un ne fe foi ‘£ ie ^ ys’cxerce que dans les choses qui sont utiles y I aU ^ ^

joint les pernicieuses : là fe montrent ingenumengrolììerete & la franchise ; ici íè cache une sève ma s .ôc corrompue sous l’écorce de la politesse'- e F> :n’a guère d’esprit, ôc les grands n’ont point clcelui-là a un bon fonds ôc n’a point de dehors ; cn’ont que des dehors, ôc une simple superficie-il opter ? Je ne balance pas , je veux être F^Jffigpudo»Peuple , fe dit aussi dune multitude de gens. 'Balzac a dit :