Band 
Tome sixieme. [MIT - PRO.]
Seite
772
JPEG-Download
 

774 PIE

mettre des marques de distance en distance divisées enpieds 8c pouces, afin de connoïrre combien il enfoncedans seau. Dans ce sens il est actif.

AI" On pourroit dire de même piéter une toise, piéterune canne, y marquer de distance en distance les pieds,les pouces.

§3" PIÉTINER. V. n. Remuer fréquemment les pieds.Cet enfant ne fait que piétiner : ou bien frapper plu-sieurs fois la terre, de fuite avec les pieds. Terram percutere. Les gens qui piétinent témoignent de l’im-parience, ou de la colère.

PIETISME. f. m. Pietismus. Secte d’Hérétiques , quis’est élevée parmi les Luthériens , 8c qui a fait degrands progrès en Allemagne. Elle a eu pour Chef Spé-nérus. Les Piétistes font Tolérans, ou indifférentistes,comme on dit en Allemagne ; & Raccommodent aífezde routes les Sectes Protestantes. Ils souffrent 8c reçoi-vent les Calvinistes contre la pratique 8c le sentimentdes vrais Luthériens. Un Luthérien de Dantzic définitXePiétifme ,une Secte qui a pour Auteur 8c pour Propa-gateur Spénérus, qui est composée des hypothèses ousystèmes des Anabaptistes, des Schwénekfeldiens, desWeigéliens, des Rathmanniens, des Labadistes, desQuakresou Trembleurs, & de plusieurs autres Fana-tiques ; & qui fous prétexte dune nouvelle réforma-’tion, 8c dans 1 espérance de tems meilleurs, s’est for-mée pour troubler & pour détruire entièrement l’E-glife de la Confession d’Ausbourg , 8c tous les Ecritssymboliques contenus dans le livre de la Concorde.Le merae Auteur déclare qu’ils font non-íeîilementSchifmatiqucs ; mais encore Hérétiques proprementdits. Les erreurs qu’on leur reproche , font qtt’ilscroient comme les Donatistes & les Hussires, que l’eífetdes Sacremens dépend de la probité 8c de la vertu duMinistre, que les Créatures lotit des émanations de lasubstance de Dieu : que l’état de grâce est une profes-sion réelle des attributs de Dieu, une véritable déifi-cation : qu’on peut être uni à Dieu, quoiqu’on nie laDivinité de Jéfus-Christ ; que nulle erreur ne nuit ausalut, pourvu que la volonté ne soit point déréglée :que la grâce prévenante est naturelle. 8c que la volon-té commence l’ouvrage du salut : qu’on peut avoir lafoi fans aucun secours surnaturel, que tout amour dela créature est mauvais : qu un Chrétien peut évitertous les péchés t qu’on peut dès cette vie posséder leRoyaume de Dieu, 8c la béatitude des Saints. C’est ceque leur reproche un livre intitulé , Manipuli Obser-vationum Antipietifticarum , imprimé à Rostok , il ys plusieurs années. Schéguignius a laisie une Histoiredu Piétisme. L’Histoire du Piétisme est souhaitée ; ilfaudroit que quelque Ecrivain modéré , judicieux ,exact l’entreprit. Mém. de Tr.

PIÉTISTE. f. m. 8c f. Nom de Secte parmi les Protestansd’Allemagne. Pietista. Les Piétistes font une espècede Quietistes plus outrés que ceux que l’Eglife Romai-ne a condamnes. Ils ont beaucoup d’affînité avec lesTrembleurs d Angleterre. Ils méprisent la JuridictionEcclésiastique, la Théologie fcholastique: ils n’estimentque la contemplation, & la Théologie mystique : ilsrenouvellent les erreurs des Origénistes & des Anaba-ptistes ; 8c cachent ces erreurs d’un extérieur de piétéqui impose aux simples. Il y a des Piétistes de plus d’u-ne effèce. Les uns font dans des illusions grossières, 8cpouílèntleur erreur juíqu au renversement de la plû-.part des vérités chrétiennes , 8c presque juíqu’à l’a-théifme. D’autres font feulement visionnaires ; d’autresenfin font de bonnes gens, qui choqués de l’extéricurpeu dévot de leur Eglise prétendue ,8c charmes de lapiété apparente des Piétistes , font lies de coeur à leurparti, 8c ne donnent pas cependant dans leurs grossièreserreurs. Mém. deTrév. Arnoldus Piétìfie a écrit con-tre le pouvoir d’excommunier.

PIÉTON, si m. Fantassin,soldat qui est à pied. P odes.Dans ce sens on ne le dit plus.

^3* Piéton, Piétone. si m. & f. Se dit plus ordinaire-ment de ceux qui marchent à pied, qui font grandediligence. Pedites. Les Basques font bons piétons. Lesfemmes font mauvaises piétonnes , & ne fauroient allerbien loin à pied.Onne 1 e dit que dans ces deux phrases.

P I E

PIÉTOT. si nii Petite monnoie qui fe fabrique 8c qui acours dans l’ile de Malte. Le piétot vaut un grain 8c de-mi , ou 3 deniers de France.

PIÉTRA MARIZZ1. Nom d’un ancien bourg réduit envillage. Petra Maricorum. Il est dans le Duché de Mi-lan, fur IcTanéro, à une lieue au-deílous d’Alexan-drie. Maty.

PIÉTRAPILOSA. Nom d’une petite ville de l’Istrie.Elle est située fur un rocher, près de la source du Quie-fo, & elle est capitale d’un Marquisat, qui appartientà la République de Venise, Petra pilosa. Maty.PIÉTRA SANCTA. Nom d’une ville avec Evêché. Pc"tra Sancla. Elle est dans les Etats du Duc de Toscane >près de la mer, à cinq lieues de Lucques, vers le cou-chant. On croit qu’elle est la petite ville nommée an-ciennement Feronia , ou Lucus F eronis , , Fanum Pe-ronis , à cause d’un Temple qui y étoit dédié à jFéro-nie où les Esclaves qui étoient affranchis, alloientprendre le chapeau ou le bonnet, qui étoient les mar-ques de leur liberté. Maty.

PIETRE, adj. m. & f. Vilain , sale, mesquin. Sordidus ,foedus , conspurcatus. On dit que des meubles, des ha-,bits font piètres , quand ils font usés, déchirés, fanséclat : que de la marchandise est piètre , íorfqu’elle estsale, fripée , hors de mode ; qu’elle a trop íongtems. garde la boutique : qu’un homme est piètre , quand ilest avare, mesquin. Il est familier.

PIÈTRE , ou FIÉTRO. f. m. Nom d’homme. Pierre.Petrus. Ce mot est Italien, nous le conservons en no-tre Langue aux Italiens qui portent le nom de Pierre.Les Voyages de Piétro délia Valle , en Italien, con-tiennent des singularités curieuses. Piétro Orféolo,XXIII e Doge deVeniíè,qui mourut en odeur de sainte-té l an 978 ,fit refaite par des Architectes Grecs,dont ôstignore les noms,l’Eglife de S. Marc,qui avoir été brûléeavec le Palais Ducal, & plus de zoo maisons,fous Pié-tro Candiano son prédécesseur. Fél. On le dit aussi dequelques autres , que des Italiens ; mais je crois que csfont des gens qui ont demeuré en Italie, & à qui lesItaliens avoient donné ce nom. Piètre Nœfs pere 8Cfils, Peintres Hollandois, repréfentoient des perspecti-ves , 8c les faifoient avec beaucoup d’art, & le pere en-core mieux que le fils. Fél. Piètre Teste, dontl’hu-meur bizarre 8c capricieuse fe voit dans tous les ou-vrages qu’il a faits. Id.

PIÈTREMENT, adv. D’une manière sale & vilaine. Sor-dide j feedè. Ce Pédant est piètrement vêtu, logé. Il estfamilier.

PIÉTRERIE. si f. Marchandise vile, de nulle valeur.Merces viles. Ce Marchand n a que de la piéterie en f*boutique, du rebut. Il est bas.

SAN-PIETRO , Borgo di San-Piétro ; c’est-à-dire , 1®Bourg de S. Pierre. C’est le quartier de Rome, quià l’occident du Tibre. Burgus Sancli Petri autrefois».Urbs Leonina , Urbs Transtiberina. C’est dans le Bourgde Saint Pierre que font l’Eglife de Saint Pierre 8c 1®Palais du Vatican.

San-Piétro. Nom d’un village de la Natolie. Fanufì*Sancli Petri. IÌ est fur la côte de l’Archipel, entreEphèfe 8c Mendes. Quelques Géographes prennent cevillage pour l’ancienne Jassus , ou Jasus , ville Epis®?'pale de la Carie , que d’autres placent à Askemkaleh »petite ville presque ruinée. San-Piétro est fur un petitgolfe qui porte son nom, 8c qui étoit appelé ancien-nement Ceramicus stnus. Maty.

San-Piétro Celauro. C’étoit autrefois un faubourg dePadoue, ville de l’Etat de Venise. Cœlum Jureum ,anciennement Gergonis oraculum. C’est maintenant ustdes quartiers de la ville. Maty. . ,

San-Piétro dei Frati. C’est une fort petite île, qui PJ enson nom d’une Eglise qui y est construite. Fanum Santti Petri. Cette île est à l’entrée du golfe de Salerne »près de la Principauté citérieure , province du Royaume de Naples. Maty.

San-Piétro -di-Usel. Usellus , Usellipolis.Céw it autre-fois une ville Episcopale, suffragante d’Onstag 01 ' .n’est maintenant qu’un village, situé dans la ‘gne, à trois lieues d’Oristagni, vers le levant-

San-Piétro. Nom d’ua village de I’île de Sardaigne