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place , quand on n’a pas droit d'en prendre uneautre. S. Évr. Cet homme vain s’est emparé de la pla-ce d’honneur : il ne cède la place à personne. Il y a au-tant d’habileté à bien garder son rang & sa place ,que dé fierté à ne céder jamais. Homère tient la pre-mière place entre les Poètes au Parnasse.
'I pT En parlant des paillons, des íentimens, &c. on ditque Pamour a pris la place de 1 amour ; qùe la com-passion prend la place de la fureur, &c.
Place, se dit aussi dc Tordre ou de la disposition natu-relle 8c convenable des choses. Rerum ordo , series& dispositio naturalis. Cet os est disloqué, il est horsde sa place. Ce meuble est tout dérangé, remettezchaque chose en sa place. Ce n’est pas là la place dece tableau, il n est pas en son jour. C est par le juge-ment que les vertus peuvent avoir un bon usage, 8csans lui, elles ne ('croient pas toujours à leur place.M. Scud. Voilà une belle pensée , mais elle n est pasen fa place. Toute plaisanterie dans un homme mou-rant est hors de fa place. La Bruy. ipT Un mot quiia'est pas à fa place , est celui qui ne convient pas à Ten-droit où on Ta mis.
Place, se dit aussi d’un emploi, d’un poste avantageux,soit pour Phonateur , soit pour futilité. Vos ancêtresont occupé les premières places de 1 Etat. Primas se-des tenuerunt majores tui. Lf.Mait. Ceux qui occu-pent les premières places à la Cour , ne font pas tou-jours d’un mérite à ne point craindre ceux qui en ontextraordinairement. S. Réal. D’où vient cet ennui,qui accable ceux qui ont été dans les grandes places,quand on les réduit à vivre dans la retraite î C’estqat’ils s’y voient trop, 8c que la vue de leur misèreles y vient troubler. Nrc. De mortelles inquiétudesaccompagnent quelquefois la félicité extérieure deceux qui occupent les grandes places. S. Evr. Hom-mes en place, Ministres, Favoris, ne vous reposezpoint fur vos descendans pour le foin de votre mé-moire , & pour la durée de votre nom. La Bruy.
Être en place , être hors de place. C’est être dans unemploi, dans un poste qui donne de Tautorité, de laconsidération, ou en être dépouillé.
fsT Les premières places de l’Etat s’appellent dignitésdans TÊglise 8c dans la robe.Urussir dans l’épée ;placesdans le ministère ; charges dans la Maison Royale.
Place, en termes de Négocians, se dit du lieu où serient la banque, où se tait le négoce d'argcnt. Forumargentarium vel danifïarum. A Paris on Tappelle ab-solument la Place ; à Lyon , le Change ; à Londres8 C a Amsterdam, la Bourje. Les Marchands 8c Ban-quiers se trouvent à midi sur la place ; ils négocient,ils font des remises de place en place. Il a beaucoupd’argcnt fur la place. L’nrgent de la place vaut tant àprésent j c’est-à-dire j se donne à tel intérêt. Dans lemcme sens, on dit entre Marchands, jour de place,pour dire, un des jours où les Négocians d’une villeont coutume dc s’aílembler.
Place , se prend encore quelquefois pour tout le corpsdes Marchands, des Banquiers d une ville. SocietasMercatorum. La Place de Lyon est une des meilleures,une des plus riches de Fronce. La Place de Londres,la Place d’Amsterdam, font les meilleures Places dcl’Europc.
Place , en renne de Palais, se dit de ceux qui sont audroit & condition d’un autre. Locus sedes. Un ceffion-naire est subrogé de droit au lieu 8c place dc son cé-dant. Il est colloque en ordre à la place de lui.
Place , se dit proverbialement en ces phrases : Descomplimens de la Place Maubert, pour dire , des civi-lités communes 8c populaires. On dit aussi a celui quiredemande une place qu’il a quittée: votre place estau cimetière. Il est aujourd’hui Saint Lambert, quiquitte fa place la perd. On dit aussi quand on se metau milieu de la table , qu on s'est mis à la place duniais. On dit encore, qu on est en place marchande,quand on est dans un lieu où Ton ne peut manquerd être vû. L’origine de ce proverbe vient des Mar-chands qui se placent ainsi, pour mieux vendre leursmarchandises.
On appelle proprement place marchande, une pla-
PLA
ce commode pour vendre fa marchandise. Figuré-ment , le mettre en place marchande , c’est se mettreen un lieu exposé à la vûe de tout le monde.
FsT Place , Lieu , Endroit , synonymes. On est dans klieu ,• on cherche F endroit ; on occupe la place. Lespremières places ne font pas toujours les plus com-modes. Il faut préférer, tant qu'on peut, les placesconvenables.
ìfl' Lieu , marque un total d’espace. Endroit , n’indi-que proprement que la partie d’un espace plus éten-du. Place , insinue une idée d’ordre& d’arrangement.La place d’un convive, ou de quelqu’un qui a séancedans une assemblée.
PLACEBO. Vieux mot, qui se disoit autrefois des cour-tisans qui cherchent à plaire au Prince. On le dit en-core aujourd'hui en Normandie ; 8c les Ecoliers ap-pellent ainsi ceux qui rapportent en secret les foutesde leurs compagnons à leurs Maîtres, pour gagnerleurs bonnes grâces. On lit dans les Mémoires deVillars, L. VI ,p. j6 o : Si les Princes savoient plu-tôt embrasser les utiles conseils , que les passionnés &déguisés de leurs Ministres, qui vont, comme on dit,toujours à placého.
PLACEE, f. m. Vieux mot. Dans Perceval, ce mot estemployé pour un siège. Borel. Sedile. On dit aujour-d’hui un placet.
Placel. s. m. Terme de Marine, en usage dans la merdu Sud. (Test un fond également élevé, sur lequel hmer change de couleur, elle y est aussi plus unie. Fnn-dus maris planus , solum planum.
PLACENTA, f. m. Terme d’Anatomie. C’est une massemolasse, dans laquelle plusieurs ont cru que le Pingse persectionnoit 8c se purilìoir pour la nourrituredu fœtus ; de-là vient qu’on Tappelle Hepar uteri-num , le foie de la matrice, parce qu’on a cru qu’eisepurifioit le sang comme le foie: on la nomme pFcenta , à cause qu elle a la forme d’un gâteau. Placen-ta secunda. Ce n'est proprement que du fong caille ,car en le. pressant ou en le lavant, il se dissent. Sonvéritable usage est de servir de coussinet aux vais-seaux ombilicaux. Il a un pied de large, 8c trois doigt*d’épais au milieu ; il est plus mince aux bords. BarthO"lin , L. I , Ch. 36. Les artères de la mere portent un ecertaine quantité de sang dans le placenta , qui 1étant versé , est reçu par les branches de la veine om-bilicale , qui le conduit dans la veine porte , pourêtre filtré à travers du foie de Pensant, avant qtied'entrer dans la veine cave. Dionis. Foye\ ArR^'re-Faix.
£GT Placenta. Terme de Botanique. Partie des fruit?à laquelle aboutissent les vaisseaux ombilicaux, se 11portent la nourriture aux semences. Quelquefois seplacenta est la même chose que le réceptacle, quelque-fois aussi il fait partie du péricarpe. Voycrj ces inott-
PLACER. v. a. Asseoir, poser quelque chose en une pse"ce. Collocare. Dieu a placé le soleil au milieu , au cen-tre du monde pour le bien éclairer. Cet Exempt a 511Tordre de placer relies Sc telles personnes au ballet duRoi. Les Prélats se placent dans Tceuvre pour entend 15le sermon.
CtéT Placer , signifie, mettre les choses avec ordre dansle lieu & dans le rang qui leur conviennent. Or-dinare , disponere. Cette colonne est bien placée, b lCIÎposée sur son piédestal. Columna in ftylobatâ statutsCe tableau n’est pas bien placé en cetendroit-k- Ce 11 'vie est placé hors de son rang. On dit qu'un m ot e *bien placé, qu’un passage est bien placé, quand h eldit, ou cité fort à propos. Les événemens ie placesdans la tête selon le rang qu’on les lit ; c’est pourquoi 1faut d’abord donner à chaque chose sa véritable/Vm^-Val. Je ne veux point d’un ami qui me place dans sencœur avec cent personnes fans mérite. M. Scud. 1bien placé son affection, pour dire, il a fait choix d umaîtresse, d’un ami qui le méritent. Notretion place mal nos bienfaits , fans choix, fans d> 5 ^nement. Si Ton fait réflexion fur ceux qui reinP 1les emplois du monde, Ton trouvera que preseuep^sonne n’est bien placé. Nie. Les louanges m al Pne font guère d’honneur à ceux qui les donst ellt ’