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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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fP* Plante du pied. Planta pedis 3 solum. C’est la par-tie la plus baffe du pied de l’homme , fur laquelleporte le corps quand on est debout. Chatouiller laplante des pieds. Plus particulièrement c est la partiedu dessous du pied comprise entre le tarse & les or-teils , entre les doigts du pied & le talon.

PLANTÉ, f. m. Vieux mot qui signifioit autrefois abon-dance. Abundantia 3 mejjis copiosa . Il y a eu cette an-nee un grand planté de tous biens. Badebec femme dePantagruel 3 mourut pour avoir mangé un grand plantéde tripes.

Si bien vous vient à planté,

Votre coeur ne soit point plantéEn une chose tant frivole. Beze.

Ce mot vient de plenitas. Borel. Marot s’en sertdans les Pfeaumes. Nicod le met auffi dans son Dic-tionnaire.

Ou grand planté de bien abonde. Font. des Am.

PLANTE-GENÊT. f. m. Surnom d’homme. Bourdigne,Skinner &: d’autres écrivent Planta-GenÊt. Ce noma Ppartenoit à la maison d’Anjou. Henri II, le porta furle trône d’Anglcterre, où ía postérité masculine l'aconservé pendant plus de 400 ans, qu’elle a régné juí-qu’à Henri VII. Larrey. Henri II 1 avoir hérité deson pere Geoffroi V , dit le Bel & Plante - genêt 3Comte d’Anjou, fils de Foulques V Roi de Jérusa-lem, qui vivoit dans le XII e siècle, & qui mourut en1144. Car Geoffroi épousa en secondes noces Mahaudd’Angleterre , fille unique d’Henri I Roi d’Angle-terre , &c veuve d’Henri V du nom , Empereur ; & decette Princesse il eut Henri II Roi d’Angleterre , sur-nommé Plante-genêt comme lui.

On ne lait pas bien quel est le premier qui a portéce nom de Plante-genêt 3 & moins encore la raisonpour laquelle on le lui donna. Geoffroi V Comte d’An-jou, dont je viens de parler, est le premier que jetrouve qui Tait porté. Encore M. Ménage semble-t-ildire dans la Table de Ion Histoire de Sablé, qu’il ìsy aque les Anglois qui le lui donnent, & enfin le vieuxAnnaliste d'Anjou, Jean Bourdigne, ne l’appelle pointainsi. Le premier auquel il donne ce nom, est Geoffroitroisième sils, leloníui, de ce Geoffroi V, surnom-mé le Bel, & non pas Ion second, comme l’écrit M.Ménage dans son Histoire de Sablé-Z./, c. 2 3 p. j 3 dansune note marginale. Cependant le nom de Plante-ge-nêt devroit être plus ancien que ces deux Princes dansla Maison d’Anjou , si ce que dit Skinner de son ori-gine & de son étymologie, est vrai. Cet Auteur prétendque ce nom vint à la Maison d’Anjou , d’un Prince decette Maison, qui ayant tué son Itéré pour avoir sesÉtats , prit la croix pour faire pénitence de ce crime,alla à la Terre-Sainte ; & pour expier ion crime , toutesles nuits pendant le voyage prenoit la discipline , ou sefustigeoit avec une verge de la plante appelée Genêt 3d’où il sut surnommé Plante-genêt, ou, comme Skin-Uet écrit, Planta-genêt. Geoffroi le Bel entreprit bienle voyage de Jérusalem, mais il n’avoit pas tué sonfrété , & ce ne fut point par pénitence, mais pour se-courir le Roi Amauri son frété de Pere. Quel est doncce Prince de la Maison d’Anjou ? Est-ce Foulques IV.

la vérité il déposséda Geoffroi ion frère aîné, dit le Bar-fret, & le fit prisonnier ; mais il ne le fit point mourir ;& son fils Geoffroi le Bel dit Plante-genêt 3 le délivra*jp priíon, comme Bourdigne ledit dans ses Annalesd Anjou , ch. 4.2. De plus, Foulques fit le voyage d’Ou-tremer , mais Bourdigne dit que ce fut parce que con-* erant qu’il avoit été en tant de mortelles batailles,t ff C s U k t C ^ mort de plusieurs Chrétiens, & grandeD U 10 ^ u C ^ ng frumain , il craignoit le jugement delcu & damnation éternelle. Il fit encore un secondvoyage d Outremer , mais pour remercier Dieu desgrâces dont il l’avoit comblé, dit Bourdigne, ch. 3 r.11 dt qu’il ajoute que quelques-uns diícnt qu’ilavoit lait encore un autre voyage: mais il ne paroîtpas le croire , du moins il n’en dit mot, & nous n’enTome VI.

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savons point la cause. Ce ne put certainement être lamort de son frete , puisqu’il ne le fit point mourir.Enfin ce Foulques n’est point surnommé Plante-genêt.Je ne crois pas qu’avant lui aucun Comte d’Anjou eutnasse la mer. Ainsi ce que dit Skinner paroît être unefable.

Il y a encore une chose que Ion suppose communé-ment , & qui ne paroît pas trop bien fondée , c’est quetous les Princes de la Maison d’Anjou, au moins de-puis Geoffroi le Bel , ont porté le surnom de Plante-genêt. Cependant il semble qu’on l’ait donné à quel-ques-uns seulement pour les distinguer des autres ,qu’on surnomme autrement. E11 effet Bourdigne, c. 42 3ne le donne qu’au troisième des fils de Geoffroi leBel, & semble par ce nom le distinguer des autresPrinces de fa maison. Cetui Geoffroi, dit-il, qui pourl'élégance de son personnage fut surnommé le Bel,épousa Mathilde fille du Roi d’Angleterre & veuve del’Empereur Henri, de laquelle Mathilde il engendratrois beaux fils , savoir Henri qui fut Roi d'Angleterre& Comte d’Anjou , Guillaume surnommé Longue-épée, & Geoffroi dit Planta-genêt. Op le donne pour-tant auffi à l’aîné Henri Roi d’Angleterre , commenous avons dit ci-deíTus. Bourdigne ne le donne pointà son pere le Comte Geoffroi V, qui pourtant est ap-pelé Plante-genêt dans la Chronique du Prieur deVigeois, C. LIV, comme a remarqué M. Ménagedans son Histoire de Sablé ; mais il semble dire dans faTable , comme nous Pavons remarqué, qu’il n’y a queles Écrivains Anglois qui donnent ce nom à ce Geof-froi , ce qui s’accorde avec ce que nous venons de direde Bourdigne, son troisième fils, qui est le premierque Bourdigne appelle Plante-genêt.

PLANTÉE, s. f. Vieux mot. Abondance, quantité. Poes.du R. deNav.

PLANTEINEMENT. Vieux adv. Abondamment. Bo-rel. Plantureusement. Abundè 3 copiosè.

Et de nouuel faonement ,

Empli Dieu plantéivement. Ovid. Msde Borel »

D’où vient plantureux, c’est-à-dire , fertile.

J 2 " PLANTER, v. a. Mettre en terre les racines d’uníplante, d’un arbre, desorte qu’elles y soient disposées ,autant qu’il est possible, auffi avantageusement qu elles1 croient avant que dette arrachées. La saison de plan-ter les arbres qui quittent leurs feuilles, & qui ne crai-gnent point les gelées, est l’automne & l’hiver. Alegard des arbres qui craignent les fortes gelées, ainsique les arbres qui conservent leurs feuilles l’hiver,on les plante au primeurs : Serere 3 conserere , plan-tare. Planter des arbres, des choux, de la chicorée.

O11 dit planter des sieurs , des oignons, des pois ,&c. les mettre en terre. O11 le dit généralement detoutes les graines qu’on met cn terre l une après l’autreavec la main, par opposition à semer.

IJCs Planter un bois , une allée, &c. c’est planter desarbres pour en former un bois, une allée.

fCT Planter un parterre , c’est former des comparri-mens & rinceaux de broderie fur un terrain bien dres-sé , suivant le dessein.

tp” Planter signifie aussi ficher, enfoncer une chose enterre , ensorte qu’il en paroisse une partie en dehors.Figere 3 infigere. On plante des bornes pour sépareruif terrain d un autre. On plante des jasions pour pren-dre des alignemens. On plante des piquets pour tenirune tente en état. On plante des pieux pour faire despabssades, ou pour bâtir fur pilotis. Planter une croix.

ffj- l) ans lc style familier on dit figurément, planter lepiquet en quelque endroit, s’y établir pour y demeu-rer quelque tems.

Planter un étendard , planter un drapeau , se ditdes soldats qui montent les premiers fur les rempartsd une ville prise d’allaut, & y arborent leurs enseignes.Figurément planter l'étendard de la croix dans un pays,c’est y introduire le culte du vrai Dieu.

ÇjgT En termes de guerre, planter les échelles à une mu-raille , c’est y appliquer les échelles pour monter àl’astaut. Admovere , applicare scalas.

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