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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Platon aussi pur & auíïï dégagé de la matière ; mais ilest certam qu il a bien dégénéré depuis, & qu aujour-d'hui il est devenu bien sensuel.

Année Platonique. Révolution à la fin de laquelleon suppole que tous les corps célestes seront dans lemême état où ils étoient à la création. Le inonde a lespériodes , dit Platon. A la consommation de ces pé-riodes, il revient à son état d’origine, & la grandeannée recommence. Voye y Précession des Equi-noxes.

§3 Homme Platonique. On raconte que Platon avoitdefini l'homme un animal à deux pieds, fans plumes,& que là-delíus, Diogène avoit plumé un coq, Scl’avoit jetté dans 1 auditoire de Platon, en diíant : Voi-ci un homme Platonique. Dialogue fur l’Etendue,par M. de Leibnitz , p. 12 du Mere, d’Avril 1 ji j?.

PLATONISME, f. m. Secte de Platon, système Philoso-phique de Platon , école de Platon , doctrine de Platon& des Platoniciens. Platonis schola , Platonis & disci-pulorum ejus, feuPlatonicorum fecla, doclrina, placita.Platon , après avoir donné ses premières années auxexercices du corps, à la peinture , à la poche épique&■ dramatique, se fit dilciple de Socrate. Il fit de figrands progrès fous ce grand Maître, qu’on lui don-na le nom de divin, & que Cicéron l’appelle l’Ho-mère des Philoíophes. Pour se pcrtecsionner davan-tage , Platon voyagea beaucoup pour voir Euclide àMégare, Théodore le Mathématicien à Cyrène , lesPythagoriciens dans la grande Grèce. Il alla cn Egypte,& vouloit aller aux Indes , pour conférer avec les Gy m-nosophistes. Il est si éloquent, & parle avec tant d'élé-gance , que l’on disoit que li Jupiter vouloir parlerGrec , il parleroit comme Platon. Après les voyages,il enseigna à Athènes, dans l’Académic. C’est de-làque son école fut appelée l'Académie. Cette secte dePhilosophes, comme il arrive toujours, a extrêmementvarié ; ce qui a fait comme trois disterens états de l’A-cadémie , ou trois différentes Académies, lancienne ,la nouvelle & la moyenne. Dans la fuite des tems , Scaprès Jésus-Christ , les Sectateurs de Platon quittè-rent le nom d’Académistes & d'Académiciens, Sc pri-rent celui de Platoniciens. Plusieurs Pères ont suiviles opinions & la Philosophie de Platon, & Ponttrouvée favorable à la Religion. Saint Justin a crumême que Platon n avoit pu , par la feule lumière dela raison, trouver bien des choses qu’il a dites, &qu’il les a puilées dans les livres de Moïse , qu’il avoitlus en Egypte- Neumenius l’appela le Moïse Attique.Saint Augustin loue austî beaucoup fa doctrine dans leVII e Livre de tes Confessions , chap. 9. Il dit encore,dans son Livre de vera Religione , C. 4. que les Pla-toniciens n croient point éloignés du Christianisme, &que 1 a plupart des nouveaux Platoniciens de son temsavolent embrasié la foi. Mais pour nette pas éloignésdu Christianisme, & avoir des sentimens favorablesau Christianisme, ils n avoient pas pour cela les mc-mes sentimens ni les mêmes idées que les Chrétiens;Sc c’est une grostiere erreur de croire que les dogmesde notre Religion ne disserent point des opinions dePlaton, que les Peres ne nous ont debite fur ce mystèreque les idées de Platon, & que ce mystère n’est rienautre choie qu’u \\Placonisme grossier. C est ce que pré-tend tout ouvertement l’Auteur de 1 impie & extrava-gant ouvrage intitulé le Platonisme dévoilé , & M. leClerc, dune manière plus cachée, & ce que le P. Bal-tus réfute parfaitement bien dans le Livre IV de fadéfense des Pères accusés de Platonisme. Foycy austîles lettres du P. Mourgues, Jésuite , dans lesquelles ilexpose le système de la Philosophie Sc de la Théolo-gie des Anciens.

PLATRAGE, f. m. Ouvrage faits de plâtre. Ce n’estpas de la maçonnerie, c’est du plâtrage. Acad. Fr.

!P* PLATRAS, s. m. Démolitions de murs fait de plâ-tre , morceaux de plâtre qu’on tire des démolitions.Rudera. Il est tombé des plâtras de cette cheminée'du plafond. Maison bâtie de plâtras.

fCTPLATRE. f. m. Pierre fossile, que l’on cuit Sc que l’onpulvérise ensuite pour la gâcher avec de seau, &: enfaire des ouvrages dc maçonnerie. Gypfum. Les plus

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belles carrières de plâtre font celles deMontmartre,prèsParis. On emploie le plâtre crud, c’est-à-dire, la pierrede plâtre, telle qu on la tire de la carrière, & on s’ensert comme de moellon pour bâtir, & alors il sc vend àla toilesil le conserve dans la terre austî bien que 1c rcochIon: on l’emploie plus souvent cuit & il se vend aumuid,qui est de 56 sacs de deux bouleaux chacun. Le plâtrecuit est celui qui a été mis au Feu & calciné dans unfour, ensuite battu de réduit en poudre. Il sert auxenduits, à lier les pierres , Sc ii s’emploie délayé avecde l’eau. On en fait toutes sortes d’ouvrages qu’onjette en moules. Du plâtre au sas , est celui qui estfort menu & pallé par le tamis. Le plâtre au panier,est celui qui est pallé au manequin , & qui sert pourle crépi. On appelle plâtre clair, celui où il y a beau-coup d’eau ; Sc plâtre noyé , celui où il y en a encoreplus, & qui ne sert que dc coulis. Plâtre gras , c’estcelui qui étant cuit à propos , est le plus doux à ma-nier , &Te meilleur à l’emploi, parce qu’il se prend,se durcit promptement, Sc fait bonne liaison. Plâ-tre blanc , celui qui a été râblé , c’est-à-dire , dont ona ôté le charbon dans la plâtrerie ; & plâtre gris, ce-lui qui ne l’a pas été. Plâtre vert, celui qui n’eranrpas allez cuit, se prend trop tôt en le gâchant, Sc sedistoud , ou ne fait pomt corps. Plâtre éventé , celuiqui ayant été long-tems à Pair, a perdu la bonnequalité, íe pulvérise, s’écaille , se gerse & ne prendpoint. Plâtre mouillé, celui qui ayant été exposé à lapluie, n’est d’aucune valeur. Gros plâtre, celuiqu on emploie comme il vient du four de la plâtre-rie , & dont on sc lert pour épigeonner, &c. On ap-pelle aussi gros plâtre , les gravois de plâtre , qui ontete cribles, Sc qu’on rebat pour s’en servir à renfor-mir , hourder & gobeter. Plâtre ferré, celui où il ya peu d eau , & qui sert pour les soudures des enduits.Plâtres de couverture , ceux qui íervent à arrêter lestuiles , & les racorder avec les murs & les lucarnes,comme font les tuilées, solins, arrêtières, crêtes,croílettes , cueillies, devantures, parcmcns, filets&c. Daviler. *

Le Plâtre noyé, Sc fur lequel on a versé de l’eau parexcès , sert à tremper des toiles dont on fait des dra-peries aux figures, qui ne doivent durer que dans quel-ques cérémonies ou palladcs, Gypfum inundatum. Mé-nage etoit que ce mot peut venir du Grec wAaç-c;.

On appelle plâtre en général, tous les menus ou-vrages de plâtre d’un bâtiment ; comme les lambris,les corniches, &c. Gypsatura. On les marchande sé-parément.

Peinture sur plâtre. C’est un genre de peinturedon r l’invention est assez moderne. Foye-q en quoicet art consiste , dans le Dicl. de Peint, (y d'Ardu

On dit tirer emplâtre fur quelqu’un, pour dire ,prendre la figure de son visage avec du plâtre préparépour cet ester ; Sc on appelle absolument plâtre , unefigure ainii tirée. On u a pas ion portrait, mais on ason plâtre. Il íe dit aussi de toutes figures tirées cnplâtre. On a tous les plâtres de la colonne Trajati-ne. Il y a dans son cabinet des plâtres fort curieux.Acad. Fr.

03 * Plâtre, fe dit figurément de la céruse, & de toucautre fard apparent. Cette vieille a toujours deux doigtsde plâtre fur le visage , pour dire quelle a beaucoupdc fard.

On dic proverbialement, qu on a battu un hommecomme plâtre , pour dire qu’on 1 a bien battu ; parcequ’il faut battre Ie plâtre cuit pour le rendre menu, Scl’employcr avec de l’eau. Egregi'e excipere .fp* PLATRER, v.a. Couvrir, enduire dc plâtre. Gypfoincruflare. Ce mur est plâtré de nouveau. On plâtre lestonneaux d’huilc qu on transporte,fp* Plâtrer , sc dit figurément en morale , pour dire,couvrir les défauts de quelque chose. Cacher quelquechosc de mauvais fous des apparences peu solides. Re-bus speciem obtegere , tegere , obtendere. Certe assu-re ne vaut rien au fond , il faut la plâtrer. Ila fait unefaute qu’il tâche dc plâtrer du mieux qu’il peut. Aulieu d’accommoder cette affaire, on n’a fait que kplâtrer. .

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