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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Ge n’est pas far de cels modèles qu’on doit former sonstyle.

PLÉNIPOTENTIAIRE, f. m. Ministre qui a un plein-pouvoir d’agir. Legatus cum summa potestate . On ledit particulièrement des Ambassadeurs que les Roisenvoient pour traiter de paix, de mariages , ou d’au-tres affaires importantes. La première chose qu’on exa-mine dans les conférences de paix, c est le pouvoirdes Plénipotentiaires. Quelqu’un a appelé Meilleursde l’Académie Françoise, les Plénipotentiaires de laLangue. Le P. Bourdaloue a dit dans son Exhortationfur la dignité des Prêtres : voilà, MM. le ministère dela réconciliation que Dieu vous a commis. Vous êtesses délégués, 8c si j’ofe user de ce terme, vous êtes fesplénipotentiaires .y pour conclure cette grande paix quife traite entre le ciel & la terre, entre Dieu offensé8c l’homme pécheur. fCF Ce mot est formé du Latin,plenus , plein, 8c potentia , pouvoir.

§^?PLÉNIPRÉB£NDÉ. f. m. Chanoine qui jouit duneprébende entière, à la différence de quelques Cha-noines qui n ont qu’une demi-prébende, 8c qui, pourcette raison font appelés Semì-prébendés. Voye\ Pré-bende. Ce terme de plénïprébendé n’est d’usage qu’enJurisprudence. Par l’Arrêt prononcé en l’Audience dela Grand’Chambre le zo Mai 1669, par M. le PremierPrésident de Lamoignon, les Chanoines pléniprébendésde l’Églisc de Sens ne peuvent gagner leur gros qu enrésidant neuf mois de l’année, malgré la délibérationcapitulaire de 1594qui ne portoit que six mois de ré-sidence. Journal du Palais , T. I, p. 80 , 81.

PLÉNISTE. f. m. 8c f. Philosophe qui soutient que toutest plein, qu’il n’y a point de vide dans la nature.Dans le fy sterne des P lénifies , le plein n’augmente nine diminue. Obs. sur les Ecrits modernes , T. XIX yp. 106.

AIT PLÉNITUDE, f. f. Terme relatif à une très-grandeabondance. Plenitudo, plenitas. Plénitude cauíée parl’excès de nourriture. Plenitas cibi. Plénitude d’hu-meurs. Être malade de plénitude. Cela annonce unegrande plénitude. Il ne fe dit guère au propre que dansces phrases & autres semblables. Plénitude est le termevulgaire ; pléthore est le terme scientifique.

fC? On le dit au figuré en parlant de la souveraine puis-sance des Papes 8c des Rois. C’est par la plénitude depuillànce que le Roi accorde de certaines grâces, decertaines rémissions qui ne font point fondées en droit.

.A? C est un terme consacré dans quelques phrases del’Ecriture. Saint Paul dit que la plénitude de la Divi-nité habitoit corporellement en J. C. La plénitude dela grâce.

OC? Nous disons de même que l’Epifcopat est la pléni-tude 8c la souveraineté du Sacerdoce.

tstT Dans la plénitude des rems. Façon de parler dontfe sert l’Ecrimre pour marquer le rems de l'accomplis-sement des Prophéties par la naissance & par la mortde J. C. Notre Seigneur est venu au monde dans laplénitude des tems.

£tC? On s est encore servi de ce mot au figuré pour mar-quer letat de celui qui ne peut plus renfermer lès fen-timens au dedans de lui-meme. Il etoit dans un de cesnaomens de plénitude h communs aux Amans, ou l’onne peut résister au penchant de dire tout ce que l'onpense. Vill.

ÊLENTÉ. Voye | Planté.

ÊLENTEINE.Vieux adj. Fertile. Ovide. Ms. Borel. Fer-tilis , ferax , abundans.

PLENTE! VETEZ. Vieux mot. Fertilité, fécondité. Fer-tilitas 3 fcecunditas.

Plentcive virginité y , & plentcivetez.

Ovide , Ms. de Borel.

PÊENTEUROS, OSE. adj. Vieux mot. Plantureux,abon-dant, fertile. Abundans , fertilis. Villehardouin fe sertde ce mot.

PLENTIEUX, EUSE. adj. Vieux mot. Fertile, abondant.Bibles Historiaux. Les champs plentieux. Borel. Fer-tilis , ferax , abundans.

d-CTPLÉONASME.L m. Pleonasmus ,du Grec n'kwa.e-

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qui signifie abondance ou fuperfluité. Ainsi lepléonasme est proprement une abondance ou une fu-pertìuité de paroles. Souvent les mots qui paroissentinutiles dans une phrase pour l’intelligence du sens,fervent à donner de la netteté, de la force , de l’em-phafe au discours; quelquefois ils font absolumentsuperflus , 8c ne présentent aucune idée accessoire :ainsi le pléonasme est quelquefois une figure de con-struction , quelquefois un vice d elocution. C’est ceque les Grammairiens n ont pas assez distingué, puis-qu ils ont exprimé par le même mot, & compris dansla même définition deux idées aussi opposées. Quoiquel’on appelle pléonasme , dit le P. Lancelot, tout ce quin’est point nécessaire, ou tout ce qui entre dans lediscours avec indépendance du sens 8c du régime , ily a pourtant quelquefois des mots qu'on juge super-flus , & qui font employés pour donner plus de grâce,plus de force , ou plus de netteté au discours.

|C? Quand on dit, je l'ai vu de mes yeux, de mes propresyeux , ces phrases,dit Vaugelas, ne font point des pléo-nasmes, parce que, quand nous voulons bien assurer 8caffirmer quelque chose, il ne suffit pas de dire simple-ment, je l’ai vu • puisque bien souvent il nous sembleavoir vu des choses que nous noierions affirmer, sion nous pressoir de dire la vérité. Il faut donc dire,je l’ai vu de mes propres yeux, pour ne laisser aucunsujet de douter que cela ne soit ainsi. C’est pourquoi( quoiqu’011 ne voie que des yeux, & que qui dit, f aivu, fasse suffisamment entendre qu’il a vu par les sien Qil n’y a point là de mots superflus, puisqu’au contraireils, font tous nécessaires pour donner une plus forteaflurance de ce que l’on affirme. En un mot il suffitque lune des phrases dise plus que l’autre pour éviterle pléonasme.

£C? C est la meme chose quand on dit, je l’ai entendude mes oreilles, je ferai cela mai-même, j’irai moi-memevous avertir; parce que tous ces mots, inutiles pourle sens donnent de la force, de l’éncrgie au discours.

IfT Mais h je dilois par la bouche il s’écrìe , ces mots parla bouche font absolument oisifs , & n’ajoutent rienau discours. C’est un vice du discours en François, unebattologie, quoique Virgile dise ,sic ore locutus. Rienn’est plus ordinaire dans nos Poètes Latins &. Grecs.Si ce font des beautés chez eux, c’est qu’apparemmentil ne faut pas juger des Langues mortes comme desLangues vivantes.

tfX Quoiqu’il en soit,on voudroit dans l’Encyclopédie,pour mettre de la distinction dans les choses 8c dansles idées j qu’on conservât à la figure de mots, le nomde pléonasme qui marque simplement abondance, ri-chesse ; & qu’on désignât le vice du discours, l’espècede battologie, ou fuperfluité de mots oisifs , par celuide peristologie, formé du Grec mputroi , superflu, ayantpour racine mpa. adverbe, outre mesure, 8c Ao yoç, dis-cours.

_ Le pléonasme est visiblement du aux bornes étroitesd’un langage simple. L’Hébrcu où cette figure revientfréquemment, est la moins abondante de toutes lesLangues savantes de l’Orient. Essais fur les Hiéro-glyphes, p. 193-

PLÈSE. f. m. Nom d’homme. Plesius. S. P lèse prêchal’Evangile en Egypte, & y sot martyrisé avec 37 autres.Voye\ M. Chastelain au 16 Janvier.

PLESKOW. Ville de Moscovie, capitale de la Princi-pauté de Pleskow, & située à l’embouchure du Weli-ki, dans le lac de Péïbas, à trente lieues de Narva ,vers le midi. Plescovia. Pleskow est grand, fort, di-vifé en quatre quartiers , dont chacun est entoure demurailles ; 8c il est défendu par un bon château con-struit fur un rocher. Etienne Battori Roi de Polognel’assiégea inutilement lan 1/87. Maty. Long. 4y d.18 m. lat. 37 d. 33 m.

Pleskow, Principauté, ou Duché. Plefcoviensts Prin-cipatus , ou Ducatus. Elle est entre le Duché de Novo-grod Weliki, la Lithuanie, la Livonie 8c l’Ingrie.Elle peut avoir soixante-cinq lieues du nord au sud ,& trente-cinq du couchant au levant. Pleskow capi-tale,Ostrow 8c Opolsko en font les lieux principaux.Ce pays fut autrefois une puissante République ; il eut