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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Ces eaux tendent à rafraîchir, à humecter, àadoucir, à dessaler, absorber & briser intérieure-ment les sels caustiques.

Reste à dire comment les malades qui se baignentdans nos eaux chaudes minérales de Plombière , Sc sefont donner des douches , reçoivent non-seulemcntdu soulagement à leurs maladies ; mais même leurguerilon.il est aisé de le comprendre, lorsqu’on laitque ces eaux font infiniment chargées d’eíprits vola-tils très-aétifs, qui ont allez de force pour ouvrir lespores Sc occasionner des issues aux humeurs viciéesextravasées, en s’iníìnuant jusqu a la partie affectée ,pour la débarrasser des digues & des humeurs fixées,fl en est de même de ceux qui vont aux étuves pourdes hydropisies naissantes ; les vapeurs de ces eauxfont suffisamment capables d'ouvrir les vaisseaux lym-phatiques qui font obstrués par un sel volatil péné-trant Sc insinuant, qui se glisse Sc s’arrête dans lesglandes cutanées, de forte qu’étant ouvertes, elles fontdistiller les sérosités lympides qui forment leurs en-flures : les libres reprenant leur élasticité & leur os-cillations naturelles insensiblement broyèrent les par-ties étrangères Sc chyleuícs, qui nc s’allimiloientpasbien ; & le sang pour lors, deviendra pour ainsi dire,une liqueur homogène, en ce que les vibrations ré-glées, toutes les parties le placeront où elles doiventêtre, & ce qui doit sc séparer par les couloirs ou parla peau, se séparera.

Cet article eíl entièrement tiré des Mémoires deM. Mengin , premier Médecin ordinaire de S. A. R.le Duc de Lorraine. On n a pas même jugé à proposd'en retoucher U ftyle.

PLOMMÉE. s. f. Vieux mot, qui signifioit autrefois uneespèce d’arme ancienne en forme de massue, garnie dcplomb, pour la rendre plus lourde. En Latin plumba-ta clava •

PLOMMER de la potterie , c’est y appliquer du plomb •'pour la vernisser. Plumbo illinere. Il n’y a que les Po-tiers qui disent ordinairement plommtr ; car tousceux qui ne font pas du métier disent plomber.

PLOMMET. s. m. Vieux mor. Niveau de plomb. Borel.Perpendiculum. Il est dit figurément pour règle.

AuJJì ces fols en mainte guise ,

Qui damour porte la devise ,

Vive sans règle & fans plommer.

Blas. des faus. am.

ÇéF PLOMO-RONCO. I. m. Lest le nom que les Espa-gnols donnent au plus riche de tous ies minerais d’ar-gent qui le tirent des mines du Chilv & du Pérou. Ilest noir Sc mêlé de plomb , d’où il a pris son nom.

PLONGÉE, s. f. Terme de Fortification. On appelle plon-gée du parapet, la partie du parapet qui va en talus,ou glacis. Propugnaculi declivitas.

Tirer par plongée , ou de plongée , se dit aussi entermes d’Artillerie, pour plonger, tirer en plongeant,c'est-à-dire , de haut en bas. On élève des cavaliers detranchée pour tirer d t plongée dans le chemin cou-vert , asin d’en chasser ceux qui le défendent.

PLONGEON. L m. Oiseau qui se trouve sur la mer 8csur les rivières, 8c qui a le dos noir 8c le ventreLiane, qui a le bec long & rouge, & qui approchedu canard. Mergus.

Il y a un grand nombre de plongeons de toutes for-tes de grandeurs 8c d’espèccs différentes. Nous nouscontenterons de parler des plus connus.

Albert, parlant des plongeons f dit que c’cst ungenre qui comprend en foi plusieurs espèces : aussiv oyons-nous quen Normandie, ils appellent quel-ques-uns de ces plongeons , destingres ; il y en a quine fréquentent que les mers , d’autrcs qui ne se plai-sent que dans les étangs, dans les petites rivières 8cfes grands Meuves. Ovide dit qu’ils aiment la mer ;

Virgile rapporte, q U ’il s cherchent les lieux ex-posés au soleil.

Campus & apricis satio gratissima Mergis.

De tous les oiseaux qui aiment l’eau , cc sont les

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plongeons qui nagent le mieux , & qui y demeurent lepluslong-tems. llsdisparoifsent quand ils veulent & secachent fi adroitement , qu’il est impossible de les dé-couvrir, parce qu'ils ne font sortir de l’eau que l’extrêmi-té de leur bec. Ils vivent de petits poissons, & de toutce qu’ils rencontrent dans les rivières. Varron, Op-pian , & plusieurs autres rapportent qu’il n’y a pointd’oiseau qui soir plus goulu que les plongeons, 8cqu’ils font insatiables. Aristote en dit la raison, enparlant des animaux en général ; il allure que ceuxqui n'ont qu’un boyau tout droit, font toujours affa-més ; damant que les viandes ne séjournent pointdans leur corps. Les plongeons , tant ceux qui viventdans les mers, que ceux qui fréquentent les rivières,ne font que deux ou trois oeufs, 8c font leurs nidsdans des pierrailles, ou des herbages, le long deseaux, au commencement du primeurs, & couvent àla manière des autres oiseaux.

sT Grand Plongeon. Mergus major. Quoique ce plon-geon soit nommé grand, il est néanmoins plus petitque la canne sauvage. Celui dont parle Aldrovand ,aveit la tête blanche , 8c ses yeux étoient environnésde taches noires ainsi que le derrière de fa tête, quiétoit marqué de pareilles taches, à l’exception dumilieu qui étoit blanc ; fa poitrine , son ventre , 8cson cou , étoient entièrement blancs ; fur le haut dudos , on lui voyoit de fort belles plumes, qui étoientblanches 8c noires, mises par ordre alternativement;8c fur les côtés vers la poitrine, on lui voyoit des ta-ches dc distérentes couleurs, mises de part & d’autre.Son bec étoit dentelé comme celui d une oie , maisplus étroit; il étoit brun, tirant un peu fur le bleulave, 8c à l’extrémité il étoit courbé. Ses ailes quiétoient noires , étoient distinguées d un grand espaceblanc, 8c plus bas, de deux autres lignes blanches :son dos etoit tout noir, fa queue brune & longued une paume. Les petites plumes de son ventre , endedans, croient brunes ; celles qui paroilloient à l’cx*-terieur, étoient blanches.

Autre grand Plongeon à long bec crête , ou espècede bièvre. Mergus cirratus , five longirostrus. Les ha-bitans des environs du lac de Constance Rappellentgawer. L’on en volt aussi en Italie , Sc dans ce pays, ilest nommé garganey. Voici à peu-près ce qu’en ditAldrovand. Dans un lac qui est situé aux environs deBologne-la-Gralse, l'on en volt dans les plus courtsjours dcl’hiver ,Sc lorsque l'on en volt en ce tems, c’estune marque infaillible de très-grand froid. Il a le becplus étroit que la canne, Sc environ de la lon-gueur du petit doigt ; c’est de-là qu’il tire le nom delong bec ; la peau ou la membrane qui est aux côtésdu haut du bec, est d’un rouge éclatant, il est noirpar le milieu, & dentelé de fortes dents, & courbé àI envers. Sa tête est rousse , ou de couleur de terre cui-te , avec une crête élevée en arrière. Le cou est appro-chant de cette couleur en dedans, Sc le reste en de-hors est cendré, ainsi que le dos, la queue & les ailes ;mais les grandes pennes des ailes font brunes, & ontà l’extrémité une tache blanche ; ses jambes, & lesdoigts de ses pieds font rougeâtres avec leur membra-ne entre deux, qui est d'un rouge, ou plutôt d’unroux brun ; les plumes de son ventre sont d’un blanctirant sur le jaune, un peu approchant du roux. Cetteespèce de plongeon fait son nid dans les roseaux.

Plongeon, qui approche dc la grandeur de loie, enLatin , merganjfer. Cette espèce de vlongeon estsemblable à une oie,& est de pareille grandeur.Sa tête Sc son cou jusqu'à la troisième partie, estd’un vert tirant sur le noir ; le reste de son couest d’un blanc pâle; le dessous noirâtre, aufsi-bicnque son dos , sà queue de couleur cendrée ; sesailes approchant de son dos, font noires Sc blanches,ensuite avec cette pâleur qui paroît au col, ellesfont un peu noirâtres, mais d un noir toutefois quin’est pasdì obscur ; elles font ensuite d’un blanc très-

' éclatant. Les dernières font noirâtres par le dessousdes ailes; la première partie est blanchâtre , & la der-nière est mêlée d’un blanc & d’un noir éclatant. Lesplumes du ventre Sc du dessous dc la queue, font blau*