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On a remarqué que nos thermes ont deux parties ;savoir, la substance minérale , comme la partie prin-cipale & l’agent , & seau peu salée qui sert de véhi-cule à cette substance ; Sc pour parler avec plus dejustesse, celle-ci n’est autre chose que l’esprit univer-sel , renfermé dans le sein de la terre , où , suivant ladiversité des matrices , il se change en diverses na-tures minérales, & s’unit presque avec son véhicule.
En 1721,1e 8 e Août, feu S. A. R. Léopold I,d’heureuíe mémoire, fit analyicr nos eaux chaudesminérales de Plombière. On a observé par plusieursopérations chimiques, que ces substances minéralesparticipoient de parties métalliques, spiritueuses ,íalines, sulphureufes, bitumineuses , terreuses, fixesSc non point alumineuses. La première source , ditedu Chêne, a toujours été regardée la meilleure à boi-re, comme étant la plus spiritueuse Sc la moins char-gée de sel. La seconde source , dite des Dames, con-tient par pinte , dix grains d’un sel cristallisé , indisso-luble à l’air ni dans seau, insipide au goût, qui setrouva fixé au fond des matras, qui contenoient laliqueur spiritueuse des eaux chaudes.
Le Bain du Chêne est à sec pour la commodité desbûveurs ; il a 16 pieds de longueur , fur 14 de largeur.Le bain des Dames n’a que y o pieds de circuit.
La troisième source est pour remplir ce vaste Scgrand bain, qui a 100 pieds de longueur fur 3 9 delargeur, Sc 14 de profondeur. Sa source fort a rez-de-chaussée du pave. Cette eau participe d'une matièrevolatile condensée, comme un cristal minéral. Endébitant les vaisseaux, les colonnes d’air agissent furlui, Sc il se résout en une matière épaisse : elle estaulli caustique que la pierre infernale. C’est dans cebain qu’on porte les impotens Sc les paralytiques.
C’est ce principe si actif, si pénétrant, qu’on peutcaractériser avec juste raison, de mercure principe ;c’est le furet, l’esprit le plus vif & le plus insinuant.Il est fans cesse en action dans la matière : il est fanscontredit, l’agent de tous les autres principes ; &conséquemment, c’est lui qui végété tout le corps ma-tériel.
Si les autres principes avec lesquels il est marié for-tement , ne modèroient son activité, il causeroit plusde désordre aux malades , qu’il ne leur apporteraitde soulagement à leurs maladies.
Par la Chimie, on a encore remarqué qu’il y adeux portions différentes dans ce sel volatil. La pre-mière , est ce sel fixe, dont la partie la plus affinéeest sulphureuse, se condense au froid Sc à l’humide,cn figure uniforme.
, Le second principe est un soufre bitumineux, char-ge de trois portions différentes. La première est la plusgrossière, qui est intimement jointe avec le sel fixe quise tire par évaporation , ce qui le rend difficile à des-sécher ; on 1 exprime par la calcination du sel, &alors il est blanc.
La seconde portion de ce soufre est celle qui Ratta-che comme une huile figée en larmes aux parois desvaisseaux de rencontre supérieurs, pendant la circu-lation de l’eau spiritueuse. Celle-ci est inflammable.
On a fait évaporer les eaux contenues, qui étoientde cinq pintes Sc demie dans trois cucurbites, danslesquelles on avoir commence les opérations ; Sc par lafiltration , on a trouvé dans le résidu la quantité de 68grains dc tel noir bitumineux, résoluble a 1 air, d’ungoût salé, agissant comme les alkalis fur les acides desoufre.
Le même Chimiste ayant fait évaporer 20 pintesd’eau de la source du Chêne , elle n’a perdu sa beaute. d’eau, jusqu’à réduction dune pinte, qui a paruelexivieuse ; l’ayant filtrée pour séparer la terre , etantséchée , il n’y en avoir que 10 grains , charges de par-ticules d sor.
Ayant enfin fait évaporer la liqueur filtrée jusqu àsiccite, le résidu salin peloit 3 gros, faisant 10 grainspar pinte. Ce sel est de saveur légèrement salée, Scrant soit peu acide. 11 fermente foiblcment sur les aci-des. Cest une espèce de salé filant.
Le quatrième bain, est celui qu’on nomme des
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Gouttes ou des Pauvres. Il a 27 pieds de longueur,fur 21 de largeur. C’est le plus tempéré.
La pinte d’eau chaude pèse trois livres, trois onces,deux gros, plus légère d’une demi-once que l’eaucommune.
La cause de la chaleur des Thermes en général, estattribuée à certains feux souterrains, Sc la vertu me-dicinale aux sels mêlés avec les parties sulfureuses mé-talliques dans les entrailles de la terre. Si cela est ainsi,pourquoi ces feux qui brûlent de tout tems, ne íeseraient ils point fait de jour ? Ainsi , le feu souter-rain paraît suspect. On devrait plutôt croire que lachaleur des eaux chaudes minérales, s’excite par uneffet naturel. Qu’une eau saline passe sur des veinesmétalliques sulfureuses, salines , volatiles & balsa-miques : il se fera une effervescence perpétuelle. Sil’on osoit faire une comparaison de la chaux vive,lorsqu’on verse de l’eau dessus, ou de l’eau saline surquelque métal, notamment sur le fer , on verroit ex-citer une effervescence ou ébullition.
On ne peut nier qu’il ne se faste de semblables ébul-lirions dans la terre, par le moyen des eaux salines Stdes matières calcinées par la chaleur qui vient de l’ef-ferveícence mutuelle de differens sels. Pour abrégercette question , Rochas, célèbre Médecin François,prouve ceci par une expérience qu’il a faite fur unefontaine d’eau chaude minérale , qui est dans lesAlpes Suisses. Il fit fouiller jusqu’à la naissance de lasource ; il reconnut une eau un peu salée Sc médio-crement acide , froide & sans chaleur. En suivant lecours de la fontaine , passant au travers d’une miniè-re métallique sulfureuse fixe, elle y excitoit une for-te ébullition, après quoi elle étoit chaude.
Quoique nos Thermes soient très-utiles Sc nécessai-res pour la guérison d’un nombre infini de maladies,ils peuvent néanmoins être très-nuisibles à d’autresmaladies, comme celles qui suivent.
Ceux qui sont attaqués de crachement de sang , dephthisie ,de pulmonie, d’asthme provenant des pou-mons, de jauniste ,de consomption, d’instammationsinternes, de chaleurs d’entrailles, de fièvres conti-nues, d’épilepsic, d’hydropisie formée, de squirres in-vétérés , d’abscès aux parties solides, de grolíès pier-res aux reins & à la vessie ; Sc enfin, ceux qui sonttravaillés d'hémorrhagic, n’en doivent jamais user.
L’eau froide savonneuse , tire son nom de cequ’elle passe sur un savon, qui est naturel. Elle acommencé à se mettre en usage en 1680, depuislequel tems, elle est dans une grande réputation. Lasource la plus abondante Sc la meilleure, est dans lejardin des RR. PP. Capucins. La seconde coule dansle chemin qui conduit au Comté de Bourgogne. Latroisième coule au bas du grand bain, qu’on nom-me Fontaine Sainte-Catherinc.
Ces eaux sont imprégnées de parties fluides, dou-ces Sc balsamiques, fans goût ; il ne s’y trouve nisoufre ni bitume. Elles contiennent feulement cinqgrains de sel volatil par pinte ; ce sel est très doux,il sc fond à l’air, il fermente légèrement avec lesacides.
Les eaux savonneuses sont utiles pour toutes lesmaladies des reins Sc de la vessie, en ce qu’elles par-ticipent de parties balsamiques, volatiles & veloutées.
Elles conviennent encore dans toutes inflamma-tions d’entrailles, intempérie au foie, modèrent leschaleurs internes ; caressent les aigres de la masse dusang ; enlèvent les fleurs blanches, & tous autresécoulemens ; culbutent la bile trop exaltée par les dé-jections. Elles sont propres aux fluxions de poitrinecausées par voie d’irritation, dont la lymphe est char-gée d’un sel trop acrimonieux : modèrent les sueurs ex-cessives , sont salutaires dans les ulcères pour rendreau sang des parties plus affinées, douces Sc balsami-ques. On peut les mêler avec des eaux chaudes miné-rales , pour empêcher que les chaudes ne fouettenttrop le sang, aux personnes qui sont sujettes aux he-morrhagies, aux pertes de sang ; reçues en lavement,elles calment les coliques de quelques espèces qu’ell cspuissent être, comme un bain intérieur.