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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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POE

affectation, Sc parler le langage des Dieux fans diredes extravagances. S. Évr. Pour exceller dans la Poé-sie , il ne. suffit pas d avoir de 1 esprit ; il faut être néPoëte , & avoir ce naturel qui ne dépend ni de fart nide Pétude, & qui tient quelque chose de ^inspiration.Bouh. Le principal avantage de la Poésie coulisse ànous dépeindre vivement les choses qui nous intéres-sent , Sc à saisir avec force ce cœur qui prend plaisir àêtre remué. Font. Nous voulons j uí que s dans les in-ventions mêmes de la Poésie 3 quelque chose de réel,ou de vraisemblable : l’elprit François ne se repaîtpoint de pures chimères. Bouh. On accusé la Poésie«savoir infecté les mœurs Sc gâté les esprits ; en forteque la vérité payoît insipide en comparaison dés fictionsdont la Poésie se nourrit. Baill. Le système de la Poé-sie est de soi fabuleux & tout païen. Bouh. La Poésiequi élève les choses purement naturelles au-dessus dela nature par la sublimité des pensées Sc la magnifi-cence du discours , se peut appeler le langage des Dieux.S. Évr.

La Poésie rimée est très-ancienne dans la langueFrançoise. Po'esis rythmica. On voir encore des versrimés du régné de Philippe I dans le onzième siècle.Mais à proprement parler , la Poésie Françoise necommença que vers le tems de Louis VII, Sc de Phi-lippe-Auguste. On observe que de son tems on faisoitune longue suite de ver s en même rimes, & même ter-minaison. Pierre Abailard fut un des premiers qui miten rimes Françoiíes íes amours avec Héloïlc : ellesfurent mises en musique , & chantées de ion tems.Ensuite la vie d’Alexandre fut traduite de Latin enFrançois par Lambers Licors , Sc parachevée par Ale-xandre de Paris, qui a donné le nom aux vers Alexan-drins. Le Roman de la Rose qui fut commencé parGuillaume de Lorris, & achevé 40 après par JeanClopinel de Mehun ; la Bible Guyot, &c. Les ChantsRoyaux, Ballades , Rondeaux , Pastorales & Virelaiscommencèrent d'avoir ccfurs vers le régné de Char-les V. Il en fut fait beaucoup paf Froisiard dé Valen-ciennes vers lan 1362 ; mais Jean le Maire dé Belgesqui Horisloit fous le règne de Louis XII, fut celui quicommença à mettre la Poésie bien en vogue, & qui aécrit un livre de l’Illustration des Gaules. Elle fit lesplus grands progrès fous François I & Henri II. Mal-herbe est celui qui l’a presque portée au point de laperfection où elle est maintenant. La Poésie a été au-trefois nommée en France, la science gaie.

Poe s ie sc prend quelquefois pour le feu de la Poésie;voilà des vers, mais il n’y a point de Poésie.

tfl' On donne disterentes épithètes à la Poésie, selon lesdifférentes manières dont les Poètes traitent leurs su-jets. Poésie Lyrique , Dramatique , Epique. Voye-qces mots , Sc Drame , Comédie , Tragédie , Epopée.

fsit Poésie burlesque , qui traite son sujet d'une manièreburlesque, elle reçoit encore disterentes épithètes desdift'érens sujets qu’este traite. Poésie morale , qui traitedes mœurs, Poésie sainte , chrétienne, &c.

Poesie , le dit auííì des pièces-mêmes, & des composi-tions en vers. En ce sens on le dit des ouvrages des mo-dernes. Poètica compositio. On a fait disterens Re-cueils de Poésies. Les Poésies de Malherbe, de Racan.

PoEsiE fe prend aullì pour une manière d ecrire pleinede figures Sc de -fictions. En ce sens on dit, qu’il y ade la Poésie dans un ouvrage , soit de prose, íoit devers, pour dire , que le style en est poétique Sc pleind'imageí. Acad. Fiv

POËSTE, ÉE. adj. Vieux mot. Haut & puissant. Excel-sus & potens. Poésies; hauts Sc puillàns. Borel.

POESTEE. f. f. Vieux mot. Puissance. Borel. Potefias.

POESTEIde la ville, en vieux termes, c'est-à-dire, Maî-tres. Borel.

j ou POEDE. f. m. Gros poids dont on fe sert enMoscovie, particulièrement à Archanges II pèle 48

ivres du pays , qui reviennent environ à 31 livres «lePans.

POËTE. f m. Celui qui fait des ouvrages en vers. Poéta,vates. On fait Poète de deux ou de trois syllabes envers, mais plus ordinairement de trois. Pour êtrePoète 3 ce n est pas assez de faire des vers ; il siiut cn-Tome FL

POE 8;r

core inventer , 8c être fertile en fictions. Les Poètespréfèrent la fable, quand elle est agréable, à la vérité *qUand elle est sèche Sc stérile. S.Evr. L esPoètes aimentles descriptions pompeuses, Sc à donner du merveil-leux à tout. Bayl. C'est la fiction Sc l’exagération quifait les Poètes. Bail. Il n'est pas juste de resserrer lesPoètes dans les bornes de la raison étroite & rigou-reuse , on leur permet bien des licences. S. Évr. LeP. Besniera dit du fameux Goudouli, que la Nature1 avoir fait Poète en dépit de l’art. Les Théologiens fefont souvent déchaînés contre la lecture des Poètes ,parce qu’elle gâte l'esprit, Sc le remplit d’idées pro-fanes & mondaines. Le Févre.

Il ne fuit pas fe croire Poète pour avoir fait par ha-sard Un bon Madrigal, une bonne Epigramme , unebonne Chanson , ni entonner la trompette pour avoirpassablement joué du chalumeau. Il faut en tout coinmiter ses forces. Dauier fur Horace , T. X 3 p . no tin- 12. Paris , 170p.

_ Pour quelques courtes chanso'nnetes ,

Pour un seul morceau détaché ,

Le s gens cheq vous font des Poètes 3Fous les faites à ion marché.

En vain.....

Tu veux de Part des vers atteindre la hauteur ,

Si le Ciel en naissant ne t’a formé Poëte. Boni'

Un Poëte à la Côurfut jadis à la \mode z

Mais dessous aujourd’hui e’eft le plus inconimodeAoi

Soye\ plutôt Maçon 3 si c efi votre talent 3

Qu Ecrivain du commun ■ «S- Poëte vulgaire. Id.

Homere & Virgile ont été de flmeUx Poètes Épi-ques ; Sophocle , Corneille, Racine, de célèbres PoètesDramatiques ; sérence Sc Molière , de bons PoètesComiques ; Horace Sc Malherbe, de grands PoètesLyriques. Regmer & Boileau, ont presque été les seulsPoètes Satyriques «qui aient eu dil succès Sc de la répu-tation. M. Spanheim prétend que les Auteurs Arabesfont plus Poètes que ceux des autres peuples , Sc qu'ily a plus de vers chez les Arabes, que chez toutes lesautres nations ensemble. Les Poètes ont été les pre-miers Théologiens du Paganisme. Les Grecs Sc lesRomains les appeloient Prophètes. Le mot Grec si-gnifie Faiseur .‘ c’est pourquoi on les appeloit autre-fois Fatiflcs. Pasq. Nos ancêtres les nommoientTròubádours, ou Trouveurs 3 fans doute à cause desfictions qu'ils imaginent. Quand on dit que quelqu'una lu les Poètes 3 qu’il entend les Poètes 3 on entendtoujours parler des anciens Poètes Grecs «Se Latins.Par uné Loi de l’Empereur Philippe , insérée dans leCode. L. X 3 T. / 2 3 les Poètes font exclus des im-munités accordées aux autres Professeurs des Sciences.

Poète , se dit quelquefois odieusement de ces malheu-reux porteurs de rogatons en vers, Sc qui font déshon-neur au Parnasie. Saint Amant a fait la description duPoète crotté. Il y a des Poètes bourrus , déchirés,extravagans, qui ont donné occasion au peuple dedire que les Poètes font fous.

fîCT En parlant dune femme , on dit qu’elle est Poète.

POÉTEREAU, s. m. Petit Poëte , méchant Poète. Impe-ritus versificator. C est un terme de mépris.

POËTERIE. s. f. Vieux mot. Poésie. O11 a dit au (h Poitoie.

POÉTESSE, f. f. Femme qiti fait de la Poche, qui écrit envers. D’une Poétesse. C’est le titre d’une Épigrammedu Chevalier de Gailly , p. 26 r. Ce mot qui n estplus d’usage en parlant sérieusement, 11’aété employéici qu’cn dérision d’une femme qui faisoit de mauvaisvers, de même qu’on nomme Poitereau , un méchantPoëte: SC dans ce sens Poétesse^ me paroît meilleurque Poète au féminin dans le sérieux , comme l'y amis le P- Bustier, qui après avoir rapporté une Fableallégorique , de M‘ lc Bernard, p. 3p Sc 40 , de l’A-brégé des Règles de la Poésie Françoise,dit qu’il Ue peutfi»st ce Traité par un nom plus propre à réveiller leI goût de la Poésie ; cette ingénieuse Poète pouvant rc-

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