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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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C’est une- gousse longue comme le petit doigt, grosseà peu-près comme une plume à écrite , brune en des-sus, jaunâtre en dedans , divisée par nœuds, entrechacun de fquels est contenue une petite fève noireen dehors, jaunâtre en dedans. Ce poivre long naît àune plante rampante, qui ne pousse ni feuilles nifleurs, mais feulement une tige où font attachées plu-lìeurs têtes grosses comme une petite châtaigne, d’oùsortent des gousses qui ont un goût acre , piquant,Sc allez aromatique : mais les petites fèves qu’ellesrenferment n’ont presque aucun goût ni odeur. Cepoivre est rare & peu connu en France. Les Ethiopienss’en fervent pour le mal de dents.

Poivre à queue , ou Poivre musqué. Ce font de petitsfruits qu’on appelle autrement cubébe. Voye% CubÉ-Bes, Cubebœ.

Pline dit que de son tems, le poivre s’achetoit aupoids de l’or 8c de largeur. Et de-là vient peut-être ,que lorfqu’on veut patler d une chose dont on a granddébit, & qui fe vend bien, on dit encore aujourd'hui,que cela le vend comme poivre. S. Augustin donnele nom de poivre à toutes fortes d’épiceries 8c d’a-romates.

Poivre de la Chine. Parmi les arbres extraordinairesde la Chine, il y en a qui portent le poivre , non pasun poivre semblable à celui dont nous usons en Eu-rope , 8c que les Indes seules nous fournissent, maisune autre espèce de grains, qui ont à peu-près lesmêmes propriétés. Ils viennent fur un arbre grandcomme nos noyers, de la groílèur d’un pois, de cou-leur grise, mêlée de quelques filets rouges. Quand ilsfont mûrs , ils s ouvrent d’eux-mêmes, 8c font paraîtreun petit noyau noir comme du jayet. Codeur en estli forte , qu’on ne peut, fans s’incolnmoder notable-ment, demeurer long-tems fur l’arbre pour les cueil-lir ; ainsi, il fuit fe retirer bientôt, & y revenir à di-verses fois. Après avoir exposé ces grains au soleil, onjette le noyau d’un goût trop fort 8c trop âpre ; maisson écorce desséchée, quoique moins agréable 8c moinspiquante que notre poivre ordinaire, ne laisse pasdette d’un assez bon usage dans les ragoûts. P. leComte.

Il croît à Pile Bourbon une espèce de poivre très-tnenu. Ses grains, qui ne font guère plus gros queceux de notre chenevi, font de couleur brune, 8cd’un goût piquant aromatique, très-agréable. Fla-cour , qui est le seul qui en ait parlé, le compare auxcubébes, fruits poivrés, qui entrent dans la théria-que ; 8c il pourrait, pour cette raison, leur être sub-stitué , de même qu'à notre poivre noir, s’il étoitmoins commun ; mais comme il est plus doux , il enfaudrait une plus grande quantité pour assaisonner lesviandes.il peut être d’une grande utilité dans la Phar-macie. De Jussieux. Mém. ms.

§3“ On dit d’une personne qui a le teint extrêmementnoir , qu’elle a le teint noir comme poivre. En parlantd’une chose fort chere , on dit proverbialement 8cpopulairement, qu elle est chere comme poivre. Acad.Franç.

POIVRER, v. a. Assaisonner de poivre. Pipere con-spergere. Les gens du Nord poivrent beaucoup toutce qu’ils mangent.

ísT On dit populairement, qu’une femme a poivré unhomme, pour dire qu’elle lui adonné du mal.

$3* En Fauconnerie, poivrer l’oiícau , c’est le laver avecde Peau 8c du poivre , quand il a la gale ou la vermine.

§3“ On poivre auiîi l’oifeau pour l’alfurer, quand il esttrop farouche.

Íoivrè , ÉE. part. & adj. Se dit des choses que l’on man-ge, & où l’on a mis du poivre pour en relever le goût.Pâté poivré. Ragoût poivré. Sauce poivrée. Pipere con-ditus.

On dit populairement, en parlant d’une chose qui aété vendue fort cher, qu’elle a été bien poivrée. Acad.Fr. A3 Et qu’un homme est poivré , pour dire qu’il agagné du mal.

§3”POIVRIER, f. m. L’arbrisseau qui produit le poivre,qui a quelque rapport au genévrier. Arbor ,_ piperise-ra y piper odoràtum. Le poivrier s’attacheuoujours fur

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un autre arbre qui ne porte point de fruit, 8c qui a íatige fort haute ; autrement il ne pourrait pas fe soute-nir , ion bois étant foible comme celui de la vigne.Chaque grappe de poivre a trois feuilles qui la cou-vrent , tour en est vert, 8c ce vert est semblable à ce-lui de la rue. Cet arbre fur les lieux, s’appdle pipe .Voye^ au mot Poivre.

§3° Poivrier , fe dit aussi , mais rarement, des Mar-chands de poivre, à moins qu’on n’entende par-là ,ces petits Marchands qui débitent des épiceries dansles villages. Ce font les Epiciers qui font le commer-ce de poivre à Paris. Piperarius. Mais ce mot fe ditsouvent d’un petit vase , d’une petite boîte , où l’onmet du poivre. Un poivrier d’argent.

POIVRIERE, f. f. Petite boîte à divers compartimens ,où l'on met du poivre, de la muícade , &c. qu’on sertordinairement fur les tables. Il y a auíìl de petites poi-vrières de poche, qui ne fervent qu’à mettre du poi-vre concallè.

POIX. i. f. C’est un suc 011 gomme qui fe tire des boisgras, comme pins , ou sapins, qui fervent de flam-beaux pour s’éclairer la nuit dans des pays de mon-tagnes. Pix. La poix réfine fe fait de la même gommedont on a fait évaporer les parties aqueuses, & quidevient extrêmement sèche. Celle-ci vient des pins 8cde la pelle. La poix résine liquide vient du térébinthe,méléze, lentiíque & cyprès. Pour tirer la poix , onfend ces arbres en petites bûches, qu’on met dans unfour qui a deux ouvertures ; par l’une , l’on met le feu,8c par Pautre, on recueille la poix qui coule íur lechamp du four, 8c tombe dans des bassins. La fuméequi est épaille, la rend noire comme on la voit.

On fait de l’huile de poix, en séparant l’aquositéou matière aqueuíe, qui nage fur la poix , comme lelait clair fur le lait epais. Oleum picinum. On fait ausside la luie de poix , en brûlant la poix liquide,‘'lors-qu on veut la convertir en poix sèche. La poix navaleíe fait de vieux pins , qui font presque tous conver-tis en torches, qu’on arrange en un bûcher de l a mê-me manière qu’on fait le charbon, 8c c’est celle donton enduit les navires. Pix navalis. Mais les Médecinsappellent poix navale, celle qui est raclée des na-vires, Lc qui a acquis une vertu astringente- par lemoyen de l’eau de la mer. On s’en sert à faire desemplâtres. On y ajoute quelquefois du sel commun 8cde la résine ; 8c quand on y jette des étoupes , ou devieux cables battus, cela fait le goudron pour pois-ser les vaisseaux. La poix Grecque , ou la poix d’Es-pagne , est de la résine du pin, ou de quelque arbresemblable, qu’on fait cuire dans l’eau , jusqu a cequ’ayant perdu son odeur naturelle, elle devient sè-che 8c friable. Les Anciens l’appeloient colophone , àcause qu'il en venoit quantité d’une ville de Grèce,nommee Colophon. Il y a de la poix qui coule na-turellement des rochers, qui est bonne à poisserles navires , 8c il y en a dans quelques iles de l’Ar-chipel.

Poix de Bourgogne , est une poix blanche, qui vientde certains arorcs réhneux, c roi fl an s dans la Fran-che - Comté, vers le mont Jura. Pix Burgundica. Elleest extrêmement tenace ; c’est pourquoi onl’emploieà faire des emplâtres deflìcatifs.

Poix noire. En termes de Philosophie hermétique, c estla matière philofophale qui fe cuit dans l’œuf, lorf-qu’elle est parvenue à la couleur rrès-noire, 8c qu elles’épaissit. Cette couleur est une des clefe principales detout l’ouvrage de la pierre des Philosophes , fur la-quelle il est nécessaire de faire de bonnes réflexions.Dict. Herm.

On dit proverbialement d’une personne fort noire,qu’elle est noire comme poix ; 8c d’une chose qui tientfortement à une autre, qu’elle tient comme poix. Ac.Franç.

POIX. Nom d’un village, avec château, 8c titre de Prin-cipauté. Pis*. Il est dans la Picardie, à huit lieues,au midi, d’Abbeville.

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POKUTIE. Voye^ Pocutie.