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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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Cinq corps réguliers qui font le tétraèdre, Y octaè-dre, le cube j le dodécaèdre , & Y eicosaèdre. On ap-pelle auffi des lunettes polyèdres, celles qui font àplusieurs facettes, qui multiplient les objets, & quele peuple appelle des lunettes d’avaricieux. Un polyè-dre gnomonique, est une pierre à plulicurs laces,lur laquelle il y a plusieurs espèces de cadrans.

Ce mot est Grec, formé de wîAÙ, beaucoup , & detépà,fiége.

POLYGALA. f. £ Plante qui poulie plusieurs petites ti-ges à la hauteur de presque un demi-pied , revêtues depetites feuilles rangées alternativement , les uneslongues Sc pointues, les autres arrondies. Ses Heursfont petites, disposées en manière cfépi, de couleurbleue, ou violette, ou purpurine , ou rouge, rarementblanches. Chaque HeUr est un tuyau évasé dans le fond,

& découpé par le haut en deux lèvres. Lorsque cetteHeur est passée, il lui succède un fruit ou bourse apla-tie , divisée en deux loges remplies de íemences ob-longues. Sa racine est menue , dure, ligneuíe. En La-tin polygala vulgaris. C. Bauu. Un verre de vin danslequel on fait iní-uscr une poignée de cette plante, pur-ge fort doucement, & fans aucun accident fâcheux. 11y a quelques autres espèces de polygala .

Ce mot vient des mots Grecs ntox-í , beaucoup , & de5 áxx , lait , parce que la plante à laquelle les Anciensont donné ce nom, failoit venir abondamment dulait aux animaux qui en mangeoient.

POLYGAME, f. m. Celui qui a épousé plusieurs femmes,soit qu’il les ait eues enícmble, loir qu’il les ait eueslune après l’autre. Polygamus. Le polygame ne peutpas prétendre à l’Epifcopat. On le dit aullì en ma-tière canonique,de celui qui a épouíé une veuve , &qui a besoin d’une diípenfe pour les ordres sacrés.Voye^ Bigame.

POLYGAMIE, f. f. Mariage d’un homme avec plusieursfemmes, ou d’une femme avec plutieurs hommes, enméme-tems. Polygamia. La polygamie est défenduechez les Chrétiens : elle étoit tolerée chez les Juifspour la dureté de leur cœur. On a imprimé à Londresun livre intitulé, Polygamia triumphatrix , dont l’Au-teur prend le nom deThéophilus Aletheus, mais dontle vrai nom est Lyferus, natif de Saxe. Il a été réfutépar plusieurs. Seldenus a prouvé que la pluralité desfemmes a été permise prelque par tout le monde. LesEmpereurs Théodoíe, Honorius Sc Arcadius la défen-dirent l’an 393 j par une loi expresse. Avant cerems-là elle étoit assez fréquente dans tout l’Empire, Sc sur-tout parmi les nations de l’Orient. Les Romains, plussévères dans leurs mœurs , ne l’avoient point prati-quées. Marc-Antoinc le premier, s emancipa à pren-dre deux femmes. L’Empcrcur Valentinicn I, par unEdit, permit à tous les sujets de l’Empirc d'épouserplusieurs femmes. On ne remarque point dans l’Hif-toire Ecclésiastique que les Evêques fe soient récriéscontre cette loi en faveur de la polygamie , que l’Em-percur mit le premier en exécution. L’exemple desPatriarches est l’argument le plus pressant pour justifierla polygamie. Bail.

tpT La Polygamie est défendue par le Droit Divin.Erant duo in carne unà. Elle est contre les loix géné-rales de la France. Autrefois elle étoit punie de mortdans quelques Parlemens. Mais comme nous n’avonspoint de loi qui condamne à mort ceux qui font cou-pables de ce crime ; il n’est puni que du bannisse-ment ou des galères. Chez les Romains la peine dece crime étoit l’infaraie.

§- 3 * On distingue une polygamie simultanée Sc une suc-cessive. La première , quand un homme a plusieursfemmes à la fois. La (econdc , quand il a convole àde nouvelles noces, après la mort de la femme quiavoir épousée.

POLYGAMlTE. f. m. & £ Nom de secte. Les Polyga-rnîtes ,, dont Bernardin Okin fut chef, furent ainsinommes , parcc qu ils croyoient qu’il étoit permis àim man d avoir plusieurs femmes ensemble. Jovet.

1.1 ,p. 4-jo. Quelques-uns diícnt Poly garni (les. Po-lygamisia.

<£ 3 * POLYGARCHIE. f. f. Gouvernement où l’autorité

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publique est entre les mains de plusieurs personnes ;du Grec wcAti, beaucoup , & dfx^iv, gouvemenfCT POLYGLOTTE, adj. m. & f. C'est une épithètequ’on a donnée à la Bible imprimée en diveríes lan- 1gués. Il est aullì substantif. La polyglotte de Paris. Lapolyglotte d'Angleterre. La première est celle du Car-dinal Xìinenès, imprimée Pan ryiy, à Aícala deHénarès, & on Pappclle ordinairement la Bible déComplute. Elle contient le texte Hébreu, la Paraphra-se Chaldaïque fur le Pentateuque feulement, la ver-sion Grèque des Septante, & 1 ancienne édition La-tine. Il n'y a point dans cette polyglotte , d autre ver-sion Latine lur l’Hébreu, que cetce dernière : mais011 en a joint une littérale au Grec des Septante. Letexte Grec du Nouveau Testament y est imprimé fansaccensjpour repréíenter plus exactement l’onginal desApôtres, ou au moins les plus anciens exemplairesGrecs } où les accens ne font point marques : on y Aajouté à la sin,.en forme d’Apparat des Grammaires,des Dictionnaires & des indices, ou tables. FrançoisXimcnès de Ciíneros, Cardinal & Archevêque de To-lède , qui est le principal Auteur de ce grand ouvrage,marque dans une lettre écrite au Pape Léon X qu'ilétoit à propos de donner i'Ecriture Sainte dans lesoriginaux, parce qu’il n’y a aucune traduction, quel-que parfaire quelle soit, qui les représente parfai-tement.

La seconde Bible polyglotte , qu’on appelle la Bi-ble Royale , ou de Philippe II, a été imprimée parPlantin à Anvers en 157Z. Arias Montanus qui futchargé de cette édition , a fait réimprimer tout cequi étoit déjà dans la Bible de Complute , y ajoutantpour ce qui est dc l’Ancien Testament , les Para-phraíes Chaldaiqucs fur le reste de I’Ecriture , aveclïntepretation Latine de ces Paraphrases. Il y afu<h Hans certe polyglotte , une version Latine fortlitterale du texte Hebreu , pour Futilité de ceux quiveulent apprendre la langue Hébraïque. Et à legarddu Nouveau Testament, outre le Grec & le Latin dcla Bible d’Alcala , on a mis dans cette édition, l’an-cienne version Syriaque en caractères Syriaques, Scen caractères Hébreux , avec des points voyelles pouren faciliter la lecture à ceux qui étoient accoutumés àlire l’Hebrcu. On a aussi joint à cette version Syria-que une interprétation Latine , composée par Gui leFévre de la Boderie, qui étoit chargé de sédition Sy-riaque du Nouveeu Testament. Enfin , l’on trouvedans la polyglotte d’Anvers, un plus grand nombrede Grammaires Sc dc Dictionnaires que dans celle deComplute , Sc l’on y a ajouté plusieurs petits traitésqui ont été jugés nécessaires pour éclaircir les matièresles plus difficiles du texte.

La troisième polyglotte est celle de M. le Jay, im-primée à Paris en 1645. Elle a cet avantage fur la Bi-ble Royale de Philippe II, que les versions SyriaqueSc Arabe de l’Ancien Testament y font avec des inter-prétations Latines. Elle contient de plus, fur le Penta-teuque, le texte Hébreu, Samaritain, & la versionSamaritaine en caractères Samaritains. A l'égard duNouveau Testament, on a mis dans cette nouvellepolyglotte , tour ce qui est dans celle d’Anvers ; Sc ou-tre cela, on y ajouté une traduction Arabe, avec uneinterprétation Latine : mais il y manque un Appa-rat, Sc les Grammaires & les Dictionnaires qui fontdans les deux autres polyglottes. C est ce qui rend cegrand ouvrage imparfait.

La quatrième polyglotte est celle d’Angleterre, im-primée à Londres en 1657, que quelques uns nom-ment la.Bible de Walton, parce que Wallon prit lefoin de la faire imprimer. Elle n’est pas à la vérité,li magnifique, tant pour la grandeur du papier, quepour la beauté des caractères, que celle de M. le Jay :mais elle est plus ample Sc plus commode. On y amis la vulgate selon sédition revue 6c corrigée parClément VIII, ce qu’on n’a pas fait dans celle de Pa-ris , où la vulgate est telle quelle étoit dans la Bibled’Anvers avant la correction. Elle contient de plus,une version Latine inter linéaire du texte Hébreu, aulieu que dans 1 édition de Paris -, il n’y a point d’autre